dimanche 2 août 2020

LOVECRAFT ET LA GROSSE POMME, Jacky Ferjault



Lovecraft à New-York de Jacky Ferjault (EODS, 2016). L’auteur nous avait déjà donné Moi, HPL (EODS 2004), une vraie-fausse autobiographie de Lovecraft réalisée à partir de ses lettres. Il récidive en couvrant cette fois en détail sa période new-yorkaise qui débute en 1923 et qui en fait ne termine pas réellement en 1926. Car s’il rejoint Providence cette année-là, il reviendra souvent voir la Grosse Pomme où sont nombre de ses amis. Un récit intimiste, sur le thème « je t’aime, moi non plus ». Tout est beau au début, d’autant plus que Lovecraft est amoureux de Sonia Greene qu’il épouse. Tout est de surcroît joyeux avec une bande d’amis qui se structure en Kalem Club et qui mène une vie dilettante, faite de ballades dans la ville, de visites d’expositions et de furetage chez les bouquinistes. Mais l’argent ne rentre pas, tant il est vrai que Lovecraft ne recherche guère un job qui de toute façon ne lui conviendrait pas. Il fera une tentative chez un recouvreur de créances, travail complétement décalé pour un vieux gentleman comme lui. Quant aux affaires de Sonia, elles périclitent, amenant la jeune femme à quitter New York pour chercher du travail ailleurs. Cela se terminera par un divorce. Reclus dans un petit studio, l’auteur vivote et finit par retourner chez sa vieille tante à Providence, loin d’une ville métissée qu’il a prise en horreur.

Lovecraft parle toujours avec réserve de son œuvre ; mais il peste contre des révisions roboratives, il évoque le début de l’écriture de l’Appel de Cthulhu, en admettant que c’est un gros travail qui lui prendra du temps. En revanche, il s’enthousiasme pour la commande qui lui a été passée pour Épouvante et Surnaturel en littérature. Un travail qui le fait vibrer et qui lui montre l’étendue de ses lacunes qu’il lui faudra rapidement combler.

Un récit touchant qui nous montre un personnage loin de l’image de l’ermite qu’on a voulu lui attribuer.

jeudi 30 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LOVECRAFT COUNTRY, Matt Ruff




Le titre est surprenant et pour le moins trompeur : Lovecraft Country de Matt Ruff (10/18, 2019) n’est lovecraftien que du bout des ongles, et encore. Le titre résulte de l’erreur d’une lecture de carte par Atticus, un jeune homme passionné de SF, devant traverser les États-Unis en compagnie de son oncle à la recherche de son père, dans la localité d’Ardham. On imagine la déception du fan lorsqu’il comprendra que l’on ne va pas chez Lovecraft à Arkham ! Mais là n’est pas l’intérêt de ce gros thriller, habilement découpé en une série de mini-romans qui s’emboîtent parfaitement.

Nous suivons les périples de deux familles noires dans l’Amérique violemment ségrégationniste des années 50 (dite Amérique de Jim Crow), en butte à une société secrète blanche, l’Ordre Adamite de l’Aube Ancienne. Ce Ku Klux Klan ésotérique se targue de magie et recherche activement le dernier descendant d’Adam ! Et ce rejeton ardent, qui n’est autre que le sympathique Atticus, a la peau basanée… Manifestement un de ses lointains ascendants avait fauté avec une servante noire….  La lutte va se dérouler à grand renfort de thématiques fantastiques : monstres terrifiants (lovecraftiens ?), portes temporelles, pouvoirs supranormaux, élixirs improbables, le tout bourré de clins d’œil amusants. L’un des jeunes noirs est un fan de comics et se sert de ses planches (Les Aventures Interplanétaires d’Orithya Blue) pour passer des messages discrets à sa famille. L’Ordre Adamite possède son livre Sacré, Le Livre des Noms, dont on nous précise bien qu’il n’a rien à voir avec le Necronomicon qui est Le Livre des Noms Morts.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est la façon dont est traité le racisme au quotidien contre lequel il ne sert à rien de se révolter, mais qui permet aux victimes de développer toute une ingénieuse panoplie de parades pour tenter de passer entre les gouttes. Et ça fonctionne ! Bravo.

 

Note rédigée avant la diffusion en série sur OCS (août 2020)

 

jeudi 23 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE BAL DES OMBRES, Joseph O'Connor






Joseph O’Connor nous offre, avec Le Bal des Ombres (Rivages/Payot 2020), une petite perle : une biographie romancée de Bram Stoker, joliment écrite et superbement traduite. Le récit commence au début de le vie professionnelle de l’auteur, obscur employé dans une administration dublinoise, alors que sa véritable passion est le théâtre et l’écriture. Et de courir les salles de spectacles après son travail, pour s’abreuver des productions de passage dont il tire des petits billets critiques pour la presse. Et c’est suite à une notule enthousiaste qu’il rencontrera Henry Irving, le célèbre tragédien shakespearien anglais. Sa vie va alors totalement basculer, et malgré le manque d’enthousiasme de sa jeune femme, il décide de suivre à Londres cet acteur hors du commun qui lui confiera la gestion de son théâtre, le Lyceum. C’est l’occasion de découvrir un Londres victorien, entre splendeur et décadence. On y devine la voix d’Oscar Wilde, celle de George Bernard Shaw, et on sent la menace de Jack l’Éventreur planer dans le brouillard.
Le personnage est à la fois bourru et tendre, travailleur forcené et manager hors pair. Il est littéralement fasciné par le maître des lieux, qui est pourtant souvent odieux avec lui, et par la diva de l’époque, Ellen Terry, qui n’en finit pas de ne pas flirter avec lui. On devine chez Stoker une sexualité trouble, bien mise en lumière dans la biographie d’Alain Pozzuoli, mais qui ne le pousse jamais à l’acte. On le voit un soir aller dans un bar homosexuel, mais les clients étaient soit trop jeunes, soit trop libidineux…
Le besoin d’écrire continue de le ronger et il s’est installé un petit refuge secret dans les combles du théâtre où il noircit des nouvelles qu’il arrive difficilement à placer, et qui seront systématiquement vilipendées par Irving. On le voit, et c’est fort intéressant, mûrir dans sa tête le projet de ce qui deviendra son roman culte. Il s’intéresse aux vampires et s’inspire de Account of the Principalities of Wallachia and Moldavia de Wilkinson (1820) et de Varney le Vampire de Ryner (1845). Le récit est de surcroît truffé de clins d’œil : il remarque sur le cou de sa jeune femme des égratignures bizarres ; Mina est le fantôme qui hante le Lyceum; il embauche pour les décors un jeune artiste du nom de Jonathan Harker mais qui est en réalité une femme travestie ; il rencontre dans un hospice un fou très distingué qui mange des créatures vivantes comme le fera Renfield….
Le roman paraîtra en 1897 ; il n’aura aucun succès. Bram Stoker le fera jouer au théâtre devant une salle vide. Il recevra dans un rêve une lettre de Dracula l’injuriant pour l’avoir ridiculisé dans son livre… Puis ce sera la fermeture du théâtre, la mort d’Irving et la solitude du vieil homme dans un hospice pour handicapés. On lâche le livre avec un sentiment de tristesse, en se disant : que de ratages dans de si beaux décors…

Illo "Crème et Marron" (C)

vendredi 17 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LES CHIENS DE TINDALOS, Frank Belknap Long






Bonne idée que de reprendre les nouvelles lovecraftiennes de Frank Belknap Long en un seul volume, même si la plupart des textes sont bien connus des amateurs. L’ouvrage porte le titre de de la nouvelle culte, Les Chiens de Tindalos (Mnémos, 2020). L’ensemble est solide et montre, s’il en était besoin, que l’auteur est l’un de ceux de « la bande » à avoir le mieux cerné le concept d’horreur cosmique.

Les Mangeuses d’espace (The Space Eaters, Frank Belknap Long, Weird Tales, 1928). Un pur produit du “Circle”, mettant en scène les deux amis, Frank et Howard. L’écrivain cherche à fixer l’horreur cosmique sur le papier mais n’y parvient guère jusqu’à ce que pénètre chez les deux amis Henry West qui leur raconte une histoire invraisemblable. Il a été poursuivi dans la forêt par une créature innommable qui lui a « balancé » ce qui semble être un morceau de cervelle. Et le brave Henry de montrer sur sa tempe un trou cylindrique profond, tout en hurlant « qu’elle veut lui prendre le cerveau ». S’ensuivra une course poursuite dans les bois pour localiser la créature qui les traquera jusqu’à à la maison au prix de la vie de Frank et de Henry. Un texte assez faible - pourquoi la créature disparaît-elle après (elle a trop mangé de cervelle ?) - au sujet duquel Lovecraft protestera avec gourmandise, n’aimant pas être le personnage d’une fiction !
Pour l’anecdote, cette nouvelle s’ouvre sur une citation du Necronomicon traduit par John Dee. Lovecraft reprendra cette pseudo-paternité dans son histoire du livre maudit.

La croix n’a rien d’un simple objet. Elle protège celui dont le cœur
Est pur, et elle est souvent apparue dans l’air au-dessus de nos sabbats,
Jetant le trouble sur les pouvoirs des Ténèbres et les faisant fuir.

Pour les amateurs, ce recueil de Mnémos contient également en fin de volume une autre citation du Necronomicon, non sourcée, avec la simple indication suivante : « F.B.L qui refuse de révéler de quelle manière ces quelques lignes sont entrées en sa possession ».

Il serait illusoire de penser que les puissances capables des pires malfaisances ne nous apparaissent que sous la forme de familiers répugnants, ou d’autres démons de même nature. Ce n’est pas le cas. Ces petits démons visibles ne sont que les émanations que les vastes amas de destruction ont laissé dans Leur sillage – des peaux mortes, voire même d’infimes particules maudites, qui se sont collées à ces êtres comme des sangsues sur un immense Léviathan mort, issu des profondeurs, et qui a ravagé une centaine de cités côtières avant de plonger à sa perte avec un millier de harpons frémissants vrillés dans la chair.
Sur ces pouvoirs hors norme, la mort n’a pas de prise, et les harpons lancés infligent, au mieux, des blessures superficielles qui se soignent rapidement. Je l’ai déjà dit, et je le répéterai jusqu’à ce que mes frères humains acceptent ce que j’ai appris sur le tard comme étant la vérité : un maître des arts magiques qui voudrait se confronter à ce qui a été, et qui sera toujours, ne devra s’en prendre qu’à lui-même et désespérer, s’il confond une victoire éphémère avec celle qu’il ne pourra jamais espérer remporter de manière permanente.


Les Chiens de Tindalos de Frank Belknap Long (The Hounds of Tindalos, 1929). J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour cette nouvelle du « circle » dans lquelle FBL montre qu’il a bien intégré le process de l’horreur cosmique lovecraftienne. Chalmers est un érudit en sciences occultes qui jongle en permanence entre les travaux du Dr John Dee et ceux d’Einstein. Et qui s’est mis entête de remonter le temps grâce à une redoutable drogue asiatique. Ce qu’il va faire sous la surveillance de son ami qui n’arrive pas à l’en empêcher. Et de plonger dans un maelstrom où il revoit toute l’histoire humaine. Et delà de l’homme, il pénètre dans des géométries improbables et inquiétantes où son terrés les chiens de Tindalos.  Ce sont des créatures de l’origine des temps, faites pour récupérer le mal originel. La chute est un peu téléphonée et ces sympathiques bestioles viendront faire la fête à l’importun Chalmers.

L’Horreur venue des Collines de Frank Belknap Long (1929, in Weird Tales 1931) est une production assez remarquable du « Lovecraft Circle ». Ce n’est pas une révision à proprement parler, mais un produit d’inspiration qui va jusqu’à incorporer et poursuivre un rêve de Lovecraft (cf Le peuple ancien, 1927). Tous les ingrédients du mythe sont réunis et donnent naissance à une nouvelle créature diabolique, Chaugnar Faugn.
La thématique est assez classique ; nous la retrouverons dans Surgi du fond des siècles (1933, une révision pour Hazel Heald) : un musée qui reçoit une statue maudite. Le héros est ici Algernon Harris, jeune et brillant conservateur du département d’archéologie au Manhattan Museum of Fine Arts, et digne successeur à ce poste de feu Halpin Chalmers (cf Les Chiens de Tindalos). L’un de ses collaborateurs, Clark Ulman, lui rapporte d’Asie une créature monstrueuse, sorte d’éléphant avec des tentacules et des palmes, en lui demandant de le détruire après examen car il en a été la victime. Et de suivre le récit d’une traque archéologique mouvementée au terme de laquelle le gardien du temple où est adoré Chaugnar accepte de lui remettre la statue pour l’amener en Amérique, à condition de la nourrir. Ce que la sympathique bestiole fera de sa propre initiative en vidant l’archéologue de son sang. On apprend du reste en aparté que Chaugnar est un grand voyageur et qu’il a déjà séjourné dans les Pyrénées. Ulman va décéder alors que plusieurs meurtres atroces sont commis dans le musée. Le dossier d’investigation sera pris en charge par le Dr Henry Imbert, une haute autorité américaine en matière d’ethnologie et son ami, Roger Little, détective psychique. Très versé dans l’étude des mythes, mais aussi fin connaisseur de la physique quantique, ce dernier embraye immédiatement lorsque Harris lui résume l’affaire ; ce Chaugnar n’est pas un inconnu et lui rappelle un étrange rêve qu’il avait fait ; cela se passait dans les Pyrénées sous l’occupation romaine où un peuple très ancien se livrait à de sinistres rituels dans la région de Pomelo. Little a par ailleurs mis au point une machine spatio-temporelle, capable de voyager dans les quatre dimensions. Celle-ci sera utilisée pour traquer Chaugnar qui s’est échappé du musée afin de le renvoyer dans d’autres contrées.
Ce mini-roman se termine par un débriefing en compagnie de Little qui explique (clin d’œil à Lovecraft, cf Les Montagnes Hallucinées) avoir été en présence d’une créature bien matérielle, venant d’autres dimensions, mais sans aucune connotation divine.

Les Mangeurs de Cerveaux (The Brain Eaters, 1932, première traduction) nous fait partager un voyage maritime avec le professeur Stephen Williamson. La mer est agitée par de mystérieuses créatures et le vaisseau croise une embarcation dont les passagers sont morts, l’un d’entre eux étant de surcroît décapité. L’enquête menée par le savant l’amène à la conclusion que des monstruosités du dehors sont friandes de cerveaux humains, et notamment ceux de personnes possédant une grande intelligence. Un piège leur sera tendu sur le pont du navire, et Williamson ne sera sauvé in extremis que par l’intervention du capitaine qui avait compris que le bateau s’était engagé dans une dimension maléfique qu’il fallait quitter de toute urgence. Le savant sort de cette aventure ravi, car il a pu récolter suffisamment de matière première pour rédiger son étude sur les Créatures du Dehors.

Avec L’Envahisseur des Profondeurs (The Malignant Invaders, 1932, première traduction), l’auteur nous fait retrouver le professeur Williamson, auteur de Le Monde Souterrain : un essai sur ses étranges habitants. Il sort d’une conférence où il a cherché à développer une théorie révolutionnaire : J’ai la conviction que nous sommes cernés par des forces qui nous veulent le plus grand mal et que nous deviendrions fous si nous pouvions apercevoir les êtres qui se terrent et creusent leur chemin dans le sol, sous nos pieds. Mais force est d’admettre qu’il a fait un bide et qu’il a dû écourter sa conférence sous les huées du public. Il se réfugie au bord de la plage pour méditer sur son échec, reprenant sa démonstration en détail sans lui trouver de faille. Absorbé par ses pensées, il ne remarque pas les petites boules gélatineuses qui remuent sur le sable. Des tentacules en jailliront et l’entraîneront dans les profondeurs. Un quidam observera la scène et reviendra avec un ami pour mener l’enquête. Le même phénomène se reproduira et les deux compères ne s’en sortiront que de justesse.

Sombre éveil (Dark Awakening, (1980, in « Livre Noir », Pocket 1991) est un petit texte attachant, mettant en scène un jeune citadin venu se reposer dans une pension de famille, sur la côte de Nouvelle-Angleterre. Il sympathise avec sa voisine au restaurant, une jeune veuve avec ses deux enfants. Lors d’une promenade au bord de la plage, le petit garçon s’échappe et tombe dans un trou d’eau caché entre les rochers. Il réussira à le ramener à la surface et constate qu’il serre dans sa main un objet qu’il lui est difficile d’extirper. Il s’agit d’une « médaille » représentant un abominable être marin. Il la prendra à son tour et se précipitera vers l’océan en tenant des propos difficilement compréhensibles, sur le thème « je vais les rejoindre ». Ce sont les deux enfants qui le sauveront. Il apprendra de retour à la pension de famille qu’une secte ésotérique était passée là quelques semaines auparavant et se réunissait près du trou d’eau.
Le récit dénote de la prose habituelle de F.B.L. et laisse place à une tendre idylle qui semble naître entre le voyageur et la jeune veuve. On a le sentiment de lire un bref résumé de ce qui aurait pu être une nouvelle consistante, donnant plus d’épaisseur aux personnages et les lançant dans une aventure intéressante à la recherche de la secte mystérieuse.

Il faudra 55 années pour que F.B.L se décide à reprendre la plume pour donner une suite à sa nouvelle culte. Le passage vers l’éternité (Gateway to Forever, 1984, première traduction) met en scène Thomas Granville qui vit seul dans un manoir, suite au décès de sa femme, et mène des recherches dans le domaine de l’expansion de la conscience. La solitude lui pèse et il se rend un soir dans un « bar à rencontres » où il va faire la connaissance d’une jeune femme, ravissante et mystérieuse. Le courant passe entre les deux et chacun se raconte, permettant à Thomas d’apprendre que la jeune femme et son oncle travaillent sur le même sujet. L’oncle est momentanément absent et elle l’invite à visiter la demeure familiale, située dans un quartier décrépi, mais richement décoré… et particulièrement bien approvisionné en drogues de toutes sortes. Un immense tableau attire son attention et semble l’hypnotiser. Dans un décor de désert dans lequel il pénètre, il retrouve l’oncle poursuivi…. par les chiens de Tindalos.

Outre l’extrait du Necronomicon déjà cité, l’ouvrage se termine par quelques poèmes dans grand intérêt sauf celui, touchant, dédié à Lovecraft.

vendredi 10 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE CHIFFRE DE CTHULHU, Brian Stableford





Les aventures du Chevalier Dupin contre Cthulhu s’enrichissent d’un nouveau volume signé Brian Stableford, Le Chiffre de Cthulhu (Les Saisons de l’Étrange, Moutons Électriques, 2020). Un récit agréablement écrit et mis en valeur par une traduction de qualité. On y retrouve avec plaisir notre détective de l’Étrange et son faire-valoir américain, une copie conforme de Watson dont on ne connaîtra jamais l’identité. Appelé à l’aide par un psychiatre de Bicêtre, nos deux compères vont rencontrer une prostituée qui se meurt de la syphilis, Ysolde, et ne survit que sous hypnose qui la plonge dans d’agréables rêves. On a droit ici à quelques belles pages de réflexion sur la folie et le combat de l’époque entre les thèses rationalistes (maladie du corps) et les thèses spiritualistes (maladie de l’esprit). Mais ce qui frappe chez la malade, ce sont ces inscriptions étranges qui figurent sur son dos et que Dupin identifiera rapidement comme étant du R’lyehien. La patiente sera sortie de Bicêtre et installée chez « Watson », afin de permettre à nos enquêteurs d’analyser en profondeur ses récits sous hypnose. Et c’est là ou Brian Stableford nous étonne, faisant basculer l’enquête dans une chasse au trésor menée par des pirates deux siècles auparavant. Ysolde faisait partie de l’équipe, et avec d’autres comparses, a survécu jusqu’à nos jours en se mettant dans un état de transe. Le chiffre de Cthulhu bien sûr était destiné à protéger les brigands. Mais cette protection est-elle toujours efficace aujourd’hui ?

dimanche 5 juillet 2020

RICHARD UPTON PICKMAN





Notre cher Richard Upton Pickman continue d’inspirer les « pasticheurs fous ». Avec L’Autre Modèle de Pickman, Caitlìn R. Kiernan met en scène un ami de Thurber[1], perturbé par le suicide de ce dernier. A la demande de la famille, il met de l’ordre dans les papiers du défunt et tombe sur quelques croquis représentant une jolie jeune femme. Les coupures de presse jointes au carton à dessin lui apprennent qu’il s’agit d’une actrice de seconde zone, Vera Endecot dont l’histoire est pour le moins sulfureuse : participation à des orgies, meurtre, satanisme… Obsédé par l’actrice, et après de longues recherches, il finit par la rencontrer. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et avoue avoir servi de modèle à Pickman, en raison de sa particularité physique : sa colonne vertébrale se prolonge par une queue. Elle avoue aussi que Endecot est un pseudo pour dissimuler sa véritable identité, celle d’une famille d’Ipswich. On la retrouvera quelque temps après pendue à un arbre et affreusement déchiquetée.
Il est amusant de noter que le narrateur, qui se veut un pur rationaliste, consacre un long développement à Charles Fort et aux « imbécilités » qu’il véhicule dans Le Livre des Damnés.

C’est au tour de Brian Stableford de poursuivre les investigations sur le peintre démoniaque avec La Vérité sur Pickman. Silas Eliot, petit fils d’un ami de Pickman, vit isolé dans une maison de l’île de Wight et reçoit la visite de Aleister Thumber, petit-fils du Thumber de la primo-nouvelle. C’est un savant biologiste qui travaille sur les processus de dégénérescence qui ont affecté Pickman et ses « modèles ». A ce titre, il souhaite compulser les archives de Silas sur l’artiste, à la recherche d’un ADN « pur ». Il remarque dans la salle de séjour un tableau étonnant. En fait, il ne s’agit pas d’une œuvre de Pickman, mais de Silas qui a attrapé le virus de dégénérescence, particulièrement contagieux…

In 
Les Chroniques de Cthulhu, anthologie dirigée par S.T. Joshi, Bragelonne/Sans Détour, 2017.


[1] Ami de Pickman dans la primo-nouvelle de Lovecraft.

NUIT DES LEGENDES 2



 
     Nuit des Légendes
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Nuit des Légendes 2 est paru aux Éditions de l'Œil du Sphinx. C’est le second volume d’une collection éponyme qui a un double objectif : d’une part, collecter les histoires des conteuses et des conteurs du spectacle Nuit des Légendes qui a lieu fin juillet chaque année depuis 2018 en Bretagne, à Pleuven (Finistère Sud) ; d’autre part, permettre à ces derniers de commenter le parcours qui les a amenés à devenir conteuses ou conteurs.
Dans la première partie de Nuit des Légendes 2, on retrouve ou on découvre les histoires contées au cours du spectacle Nuit des Légendes de juillet 2019 par Nolwenn CHAMPAGNE, conteuse d’histoires féeriques, et Ludovic SOULIMAN, figure emblématique du conte urbain. On découvre aussi leur parcours et comment ils sont devenus conteuse et conteur.
Dans la deuxième partie de Nuit des Légendes 2, la conteuse LULU et les conteurs Jean-Marc DEROUEN, Claude ARZ et Mark GLEONEC ont retranscrit les histoires qui ont enchanté les promeneurs de la Balade contée dans la belle campagne de Pleuven en septembre 2019.

vendredi 3 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE SONGE DE "CENT-CINQUANTE", Tony Baillargeat



Nous avions apprécié le premier opus des aventures d’Arthur Brenac, Le Secret de Diana Dãnesti de Tony Baillargeat. L’auteur nous livre, toujours chez « La Pierre Philosophale », une suite étonnante pour qui apprécie le thriller ancré dans les profondeurs les plus secrètes de l’ésotérisme : Le Songe de « Cent-Cinquante ». Nous avons quitté l’univers des vampires. Le moteur de ce récit repose maintenant sur deux gros cylindres. Le premier, indiqué dès l’exergue, est formé par les œuvres de Jean Parvulesco et de Jean Robin. J’y rajouterais volontiers celles de Lovecraft, auteur souvent cité, du moins le Lovecraft tel qu’interprété par Jean Robin[1]. En substance, les Monstruosités du Dehors (Les Grands Anciens) veillent et attendent que leurs disciples leur ouvrent la porte pour réaliser l’eschatologie noire. Le second cylindre n’est autre que « Cent-Cinquante », le petit Louis XVII, revenu à la vie après d’obscures opérations magiques. Inutile de dire que les Grands Anciens veulent son extermination.
Le récit commence à Paris où Arthur Brenac et son compère Pierre Laroche suivent un petit oiseau bleu qui les mène de nuit place d’Aligre où ils pénètrent dans un obscur tripot peuplé d’êtres repoussants, de véritables caricatures de l’humanité. Brenac poursuivra seul son investigation dans les souterrains du rade pour pénétrer dans une vaste grotte où les monstruosités humaines invoquent un Grand Ancien qui se verra offrir en sacrifice un enfant. Les amateurs du Prince Noir de Providence connaissent bien ce type de scène d’horreur (Le Festival (1924) par exemple), mais force est d’admettre que Tony Baillargeat y a rajouté une couche particulièrement nauséabonde ! Brenac se sortira de ce lieu infect, non sans être passé par un cachot souterrain où était emprisonné l’enfant sacrifié. Il se retrouvera dans le cimetière de l’église Sainte Marguerite, émergeant de la tombe supposée de l’Enfant du Temple, où l’attendent Pierre Laroche et une charmante créature qui répond au nom d’Agnès de Lupé.
Cette descendante des mérovingiens a en fait sauvé le néo petit Roi auquel a été substitué une autre pauvre victime. Grâce à la géométrie sacrée et au décryptage symbolique, nos trois aventuriers, accompagnés de l’enfant partiront poursuivre leur enquête à Lyon. Et pas seulement pour goûter à la cuisine délicieuse des « Bouchons », mais parce ce que c’est dans les sous-sols d’une église de la capitale des Gaules que doit se réaliser « l’avènement ». Je n’en dirais pas plus pour ne pas « spolier » cet invraisemblable récit d’une érudition époustouflante. Attention du reste, l’excès d’érudition peut tuer l’érudition : 233 notes sur 412 pages, c’est parfois assez lourd à digérer !!!
Un roman au total très attachant, et on a hâte de retrouver Arthur Brenac et Pierre Laroche dans de nouvelles aventures aux confins de l’Extrême.


[1] Lovecraft et le Secret des Adorateurs de Serpent, Trédaniel 2017.

vendredi 19 juin 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : PAR TOUS LES TEMPS, Colette Fayard





Colette Fayard, avec Par tous les Temps (Présence du Futur 1990), réalise un véritable exploit : intégrer Arthur Rimbaud dans un récit de science-fiction, afin d’en mieux cerner le génie. L’aventure démarre en 2891, dans un monde dirigé par un Islam Socialiste dont les représentants sont de grands poètes ! Et les délinquants sont condamnés à être injectés dans le passé, dans l’esprit d’une « jeune pousse prometteuse » et à en parfaire le talent. Tout cela peut prêter à sourire, mais cette mise en scène est le prétexte à nous faire vivre la courte existence du poète de Charleville et à nous faire partager avec beaucoup de sensibilité ses aventures exotiques et sa lente descente aux enfers. La plume est magnifique et la vie de Rimbaud est très sérieusement documentée. On ne saura jamais vraiment quelle est la part de « l’autre » dans la création de l’auteur, mais on sent qu’il se rebiffe et lutte en permanence pour garder la main et imprimer de sa patte ce qui sont devenus des chefs d’œuvre.
Bravo !

samedi 13 juin 2020

NICOLAS FLAMEL est parmi nous ?

Roger Facon affirme que Nicolas Flamel est parmi nous

Publié le par MG
Roger Facon affirme que Nicolas Flamel est parmi nous
Nicolas Flamel est entré dans ma vie à la Noël 1965 pour ne plus en sortir. Avec un roman du Fleuve Noir, collection Angoisse, intitulé La figurine de plomb, de B. R. Bruss. Ma grand-mère Louise, fille de l’alchimiste rouge Léon Patin, ami de Fulcanelli, enquêtait sur lui. Elle disparaissait pendant des journées entières, en faisant du stop. Le fruit de ses découvertes, elle m’en offrait la primeur…
Roger Facon, 20 mai 2020.
Quand Roger Facon frappe à la porte de La Belle Journée, c’est souvent pour m’offrir un exemplaire dédicacé de son dernier ouvrage. Celui reçu hier vient d’être publié aux éditions de l’Oeil du Sphinx, association active coordonnant de nombreux événements dans les domaines de l’imaginaire, de la science-fiction et du fantastique. Un roman vrai, précise l’auteur, dont l’illustration d’André Savéant placée en première de couverture ouvre sur une énigmatique biographie du plus célèbre des Adeptes, Nicolas Flamel (1330 ou 1340-1418). Une enquête policière qui se termine, le vendredi 24 juin 1966, dans le jardin médiéval du musée de Cluny. Retour en arrière !
De l’expédition militaire d’Alger de juillet 1830 aux sombres affaires politiques des années 1960, Roger Facon nous invite à reconsidérer l’Histoire au travers des investigations du détective Roger Fage qui révèlent que « Flamel est parmi nous [...]. Quand il s’absente de Paris, une fois sur trois, c’est pour se rendre en Inde et deux fois sur trois pour se rendre à Jérusalem. Le sort de la Terre Sainte, les comportements d’Israël le préoccupent particulièrement… C’est un homme de paix et d’amour comme tous les immortels. Il a créé la Société des Nautes afin de préserver ce qui doit l’être. Il a besoin d’hommes et de femmes de bonne volonté pour mener sa tâche à bien… Une tâche faite d’observation et d’action. Vous allez comprendre très vite pourquoi il s’intéresse à vous, Roger. Cette nuit, avant de sombrer dans le sommeil, glissez ce plomb de Seine sous votre oreiller et accueillez avec humilité ce qui vous sera transmis. »
Ce plomb de Seine renvoie au tapuscrit La figurine magique que devait publier en mars 1954 Pierre Dron, ancien conseiller de Pétain en matière de renseignement intérieur et de lutte contre les sociétés secrètes, s’il n’avait pas été dérobé par un certain Christian Soreau de la SDECE (ancêtre de la DGSE), assassiné peu de temps après son méfait. Cette figurine de plomb permettant le voyage dans le temps est aussi l’objet d’une histoire de chasse au trésor, celui de la Casbah d’Alger qui, après l’inventaire du 6 juillet 1830 par une commission, fut estimé selon le général en chef du corps expéditionnaire contre la Régence Louis Auguste Victor de Ghaisne comte de Bourmont (1773-1846) à plus de 80 millions en espèces d’or et d’argent et 20 millions de denrées et de marchandises. Un butin qui aurait été pillé et détourné !
Balthasar Moncornet, Portrait de Nicolas Flamel, XVIIe siècle, gravure, Österreichische Nationalbibliothek
Balthasar Moncornet, Portrait de Nicolas Flamel, XVIIe siècle, gravure, Österreichische Nationalbibliothek
Répondant à l’appel de son camarade de lycée Jacques Bromy avec qui il avait fondé en 1938 le club des Argonautes, Roger Fage part en quête de vérité. Ses recherches se cristallisent d’abord autour de la « Diabolique de Caluire » comme l’écrivait Pierre Péant (1938-2019) : Lydie Basténi. Maîtresse de René Hardy dit Didot (1911-1987) représentant du mouvement Combat, elle est celle qui a permis à la Gestapo conduite par Klaus Barbie d’arrêter le chef de la Résistance Jean Moulin et six de ses camarades le 21 juin 1943. La prêtresse à la beauté fatale, passionnée d’occultisme et de spiritisme ne sera par la suite jamais inquiétée par la justice. Parmi ses « pions d’échiquier, marionnettes à manoeuvrer », on compte Samuel Ogus, puissant homme d’affaire lié aux milieux financiers du parti communiste.
L’enquête de Fage va progressivement tisser une multitude de liens entre le service de renseignement Abwehr et certains intellectuels de l’extrême-droite. L’auteur nous livre au travers de cette aventure spatio-temporelle les aspects peu glorieux de l’orientaliste, essayiste, journaliste et scénariste du film Les Forces occultes Jean Marquès-Rivière (1903-2000) ou du dessinateur Pierre Plantard (1920-2000) connu pour s’être déclaré dirigeant du Prieuré de Sion et revient sur les périodes les plus troubles d’après-guerre (l’assassinat de Lumumba en 1960 ou les liens secrets entre l’armée française et Tsahal relatifs à l’élaboration de la bombe H, par exemple). L'histoire du XXe siècle semble ne tenir qu'à un fil ... d'or !
Passionné par les grandes énigmes, Roger Facon nous emmène, entre autres, sur les traces de l’abbé Saunière (1852-1917) à Rennes-le-Château et du fermier Roger Lhomoy à l’ombre du château de Gisors, tous deux à la recherche d’un trésor. Du même trésor ? Celui alchimique de Flamel ? Mais l’art de Facon tient surtout au fait d’entremêler avec brio les mystères et les faits établis, l’histoire du Douaisis (celle de la voie du verre) dont il est originaire et l’histoire universelle, celle de ses aïeulx (Louise et Léon Patin, Marcel Dana) et celles de personnalités historiques ou emblématiques (Fulcanelli, Léonie et François Jollivet-Castelot). C’est pourquoi, ce roman truffé de références, tantôt de passerelles, tantôt de caches culturelles, est difficilement résumable. En définitive, le plus grand des mystères ne serait-il pas l’auteur lui-même ?
MG – 13 juin 2020.

LA KABBALE, Jean-Charles Pichon

La kabbale dénouée de Jean-Charles Pichon, nouvelle édition

La kabbale dénouée de Jean-Charles Pichon. Éditions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com
Voici une nouvelle édition d’un texte fondamental de Jean-Charles Pichon (1920-2006), enrichie et complétée d’extraits et de citations de différents ouvrages de Jean-Charles Pichon, au sujet de la Kabbale et de la métaphysique.
Jean-Charles Pichon est un penseur aussi exceptionnel que méconnu, à la fois inconnu romancier, poète, auteur dramatique, dialoguiste, philosophe, métaphysicien, en quête d’un modèle intégral ouvert.


Extrait de la préface de Rémi Boyer :
« Jean-Charles Pichon « explore extrêmement » l’évolution humaine à travers les cycles qu’elle manifeste. S’il s’inscrit ainsi dans les pas d’un Mircéa Eliade ou de quelques autres auteurs traditionnels, il va bien au-delà, tout comme un Lucian Blaga, par son questionnement et sa démarche des explorations linéaires et temporelles.
Toujours, il cherche à rendre dynamique ses modèles théoriques. Il conçoit ainsi une machine à penser rigoureuse, nourrie du langage des noms, des nombres et des signes[1]. Une méta-machine plutôt puisqu’elle est destinée à mettre en évidence les mécanismes, les interactions mais aussi les erreurs d’autres machines à penser comme celles de Goethe, Joachim de Flore, Kafka, Duchamp, Artaud… autant de regards posés sur le monde, autant de lucidités diverses.
Il convient de distinguer deux types de machines. Nous avons d’une part les « grandes machines » mythiques et ésotériques, celles-là rigoureuses (Maya, Homère, Hésiode, Platon, la Kabbale, etc.), en regard d’autres machines littéraires plus « flottantes ». Les premières prendraient leurs sources dans l’Imaginal pour venir féconder les esprits tandis que les secondes orienteraient, plus ou moins adroitement, au gré du vent de l’inspiration de l’auteur, vers ce même « Entre-Deux ». Avec Louis-Claude de Saint-Martin, nous pourrions dire que les « grandes machines » sont inventées par les penseurs, et les machines littéraires par des « pensifs ». Jean-Charles Pichon aurait sans doute froissé Quintilien et Tertullien. Ses discours et ses écrits exigent un effort de l’esprit. Pourtant, ces machines sont simplement efficaces et sobres. Elles dissipent la confusion, elles clarifient, elles confèrent de l’ordre, plutôt qu’elles n’organisent. Jean-Charles Pichon sait autrement. Il enseigne autrement. Il éveille autrement au Réel, à la fois toujours le même et toujours autre.
Porteur d’un art de vivre qui allie poésie et rigueur encyclopédique, Jean-Charles Pichon renvoie dos à dos l’Eglise et le scientisme, c’est pour mieux contribuer, tout en s’en gardant farouchement, à une alliance du religieux et de la science, le premier parce qu’il relie, la seconde parce qu’elle dénoue.
La pensée de Jean-Charles Pichon n’est jamais chronique, il investit avec fermeté l’aïon et  ses dynamiques spiralaires. Procès, figures, lois, forme-vide… préparent l’élaboration d’une scolastique machinale mais c’est son utilisation des verdicts zodiacaux qui demeure la plus étonnante et la plus riche en perspectives créatrices. »
[1] Le petit métaphysicien illustré de Jean-Charles Pichon. Editions L’œil du Sphinx.

lundi 8 juin 2020

SHERLOCK HOLMES ET LES DEMONS MARINS DU SUSSEX, James Lovegrove





La saga de James Lovegrove se termine avec Sherlock Holmes et les Démons Marins du Sussex (Bragelone 2020), un dernier cross-over en dolby stéréo ! Et de commencer en fanfare par l’assassinat par colis piégé de Mycroft et de six de ses amis du Club Diogène. Cette petite équipe avait en effet le défaut d’appartenir au très secret cercle intérieur, le club Dagon, dédié à la lutte contre les Monstruosités du dehors. De quoi bien sûr perturber la paisible retraite de Sherlock Holmes dans le Sussex, région côtière où se manifestent parfois d’étranges créatures marines friandes de jeunes filles du cru. Derrière ces crimes se cache bien évidemment Moriarty dont une des Monstruosités, R’Luhlloig, a pris le contrôle. Et de nous convier à une sympathique croisière dans un sous-marin allemand, l’ennemi préféré de Sherlock Holmes s’étant incarné dans la peau de l’ambassadeur de Germanie en Grande Bretagne. Le but de cette expédition ?  Aller éliminer à R’Lyeh l’ennemi mortel de R’Luhloig qui n’est autre que Cthulhu. Un combat titanesque dont Cthulhu sortira vainqueur, avec l’aide de Sherlock Holmes qui avait bien potassé son Necronomicon.

dimanche 7 juin 2020

LE TESTAMENT DE LA LICORNE, Jean Hautepierre





LE TESTAMENT DE LA LICORNE
précédé des IDOLES
Œuvres poétiques (1982-2019) de Jean Hautepierre

Le Testament de la licorne regroupe la grande majorité de l’œuvre poétique de Jean Hautepierre, exclusion faite de ses pièces de théâtre et de son épopée Le Siège, déjà publiées par ailleurs. Les textes du Testament sont inédits pour la plupart d’entre eux. Jean Hautepierre y aborde ces grands thèmes de la poésie que sont la mort, l’amour et la douleur, y joignant parfois l’occultisme et le fantastique. Quoi d’étonnant, puisqu’ils sont les grands thèmes de la vie même ? La fidélité de l’auteur au vers classique s’accompagne d’une rénovation de celui-ci qui va jusqu’à la proclamation d’une nouvelle catégorie de vers, les vers cataphractaires, longs et rythmés.

La licorne oubliée, regardait fixement
S’éloigner dans la mer de plomb, le ciel de cendre,
L’arche qui se perdait dans un vaste méandre
Et, foudroyant le monde entier dans un soupir,
Briller au loin l’éclat sombre du devenir.

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Je souhaite acquérir .…. exemplaire(s) du Testament de la licorne (444 pages).
Je joins à cet effet un chèque de :.…. x 27,76 euros (20 euros + 7,76 euros de frais postaux) = ….. euros.
Envoi à : Jean Hautepierre, 122 avenue du général Leclerc, 75014 Paris
(06-18-43-25-58 ; jean_hautepierre@yahoo.fr). ChÈque À l'ordre de JPT.
Autres frais postaux (outre-mer, étranger) : consulter l’auteur.
On peut aussi se procurer Le Testament de la licorne auprès des éditions Unicité, 3 sente des Vignes, 91530 Saint-Chéron.

lundi 1 juin 2020

POETES, A VOS PLUMES


ASSOCIATION
« LES AMIS DE MAURICE ROLLINAT »

Siège social : Mairie d’Argenton-sur-Creuse, 36200 Argenton-sur-Creuse

Présidente : Catherine RÉAULT-CROSNIER, 54, rue du Docteur Ledouble, 37000 Tours, France, tél. : 02 47 61 43 08, courriel : cathregis.crosnier@aliceadsl.fr
Vice-présidents : Pierre BRUNAUD, François LEMAIRE
Secrétaire : Régis CROSNIER
Secrétaire-adjointe : Suzette AUPETIT
Trésorière : Louisette CAÇAO, 76, rue de la Saboterie, 37550 St-Avertin.
France, tél.  : 02 47 28 79 63, courriel : cacao.michel@orange.fr
Trésorier-adjoint : Jean HAUTEPIERRE

Président du prix de poésie Maurice Rollinat :
François Lacore, 1, jardin Bouzignac, 37000 Tours
tél. : 02 47 20 67 98, courriel : francois.lacore@free.fr
Rollinat-portrait1








Prix de poésie classique MAURICE ROLLINAT 2020

RÈGLEMENT

            Le prix de poésie classique, d’un montant de 150 euros, sera décerné par la société des « Amis de Maurice Rollinat », à un tapuscrit(1) de 10 à 30 poèmes classiques dans l’esprit de Maurice Rollinat(2), rassemblés sous un titre général. Le prix sera remis dans le cadre de la journée annuelle à Argenton-sur-Creuse, le dimanche 22 novembre 2020. La présence du lauréat est obligatoire le jour de la remise du prix (hébergement et repas à la charge des lauréats). Des mentions et accessits peuvent être attribués aux candidats ayant des résultats très proches. Ceux-ci auront alors un diplôme.

            Le tapuscrit(1), anonyme, doit être dactylographié (fonte recommandée : Times new roman ou Arial, pas de caractère fantaisie) et porter le nom de la section, « Section poésie classique » et un signe distinctif composé de 2 lettres et 3 chiffres sous le titre de la première page. Il doit être envoyé au président du prix, M. François Lacore (1, jardin Bouzignac, 37000 Tours, France), en cinq exemplaires et impérativement avant le 30 juin 2020(3). Un recueil ou des poèmes déjà présentés ne peuvent concourir une autre année pour conserver l’anonymat. Les candidats doivent présenter des œuvres n’ayant jamais été primées ni publiées ; ils veilleront particulièrement au respect des principales contraintes au plan des rythmes, des rimes et des types de poèmes à forme fixe. Les poèmes de forme néoclassique seront inclus dans la section poésie libre ou prose. Les tapuscrits ne sont pas renvoyés aux auteurs.

Joindre à l’envoi :
  1. Un chèque de 15 euros pour droit de participation à l’ordre « Les Amis de Maurice Rollinat » inclus dans l’enveloppe anonyme.
  2. Une enveloppe anonyme, cachetée contenant tous les documents : chèque, papier libre avec nom et adresse, téléphone, courriel ainsi que le titre du tapuscrit et, sur l’enveloppe, les 2 lettres et 3 chiffres, une enveloppe libellée lisiblement à votre adresse et timbrée au tarif lettre pour l’envoi du résultat.
  3. Le tapuscrit en cinq exemplaires avec un signe distinctif composé de 2 lettres et 3 chiffres, sous le titre de la première page, suivi de « Section poésie classique ».

(1) tapuscrit : manuscrit dactylographié.
(2) Les renseignements sur l’œuvre littéraire de Maurice Rollinat figurent sur Internet à l’adresse : http://www.crcrosnier.fr/rollinat/rollinat-oeuvrel.htm. La plupart des œuvres de ce poète sont consultables sur Gallica ou peuvent être achetées sous forme de livres en fac-similé.
(3) Tout tapuscrit arrivé après le 30 juin, participera au concours de l’année suivante.

ASSOCIATION
« LES AMIS DE MAURICE ROLLINAT »

Siège social : Mairie d’Argenton-sur-Creuse, 36200 Argenton-sur-Creuse

Présidente : Catherine RÉAULT-CROSNIER, 54, rue du Docteur Ledouble, 37000 Tours, France, tél. : 02 47 61 43 08, courriel : cathregis.crosnier@aliceadsl.fr
Vice-présidents : Pierre BRUNAUD, François LEMAIRE
Secrétaire : Régis CROSNIER
Secrétaire-adjointe : Suzette AUPETIT
Trésorière : Louisette CAÇAO, 76, rue de la Saboterie, 37550 St-Avertin.
France, tél.  : 02 47 28 79 63, courriel : cacao.michel@orange.fr
Trésorier-adjoint : Jean HAUTEPIERRE

Président du prix de poésie Maurice Rollinat :
François Lacore, 1, jardin Bouzignac, 37000 Tours
tél. : 02 47 20 67 98, courriel : francois.lacore@free.fr
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Prix de poésie libre ou de prose MAURICE ROLLINAT 2020

RÈGLEMENT

            Un prix de poésie néoclassique ou libre ou de prose, d’un montant de 150 euros, sera décerné par la société des « Amis de Maurice Rollinat », à un tapuscrit(1) de 10 à 30 pages ou poèmes libres dans l’esprit de Maurice Rollinat(2), dans un français de qualité et rassemblés sous un titre général. Le prix sera remis dans le cadre de la journée annuelle à Argenton-sur-Creuse, le dimanche 22 novembre 2020. La présence du lauréat est obligatoire le jour de la remise du prix (hébergement et repas à la charge des lauréats). Des mentions et accessits peuvent être attribués aux candidats ayant des résultats très proches. Ceux-ci auront alors un diplôme.

            Le tapuscrit(1), anonyme, doit être dactylographié (fonte recommandée : Times new roman ou Arial, pas de caractère fantaisie) et porter le nom de la section, « Section poésie libre ou prose » et un signe distinctif composé de 2 lettres et 3 chiffres sous le titre de la première page. Il doit être envoyé au président du prix, M. François Lacore (1, jardin Bouzignac, 37000 Tours, France), en cinq exemplaires et impérativement avant le 30 juin 2020(3). Un recueil ou des poèmes déjà présentés ne peuvent concourir une autre année pour conserver l’anonymat. Les candidats doivent présenter des œuvres n’ayant jamais été primées ni publiées. Les poèmes de forme néoclassique seront inclus dans la section poésie libre ou prose. Les tapuscrits ne sont pas renvoyés aux auteurs.

Joindre à l’envoi :
  1. Un chèque de 15 euros pour droit de participation à l’ordre « Les Amis de Maurice Rollinat » inclus dans l’enveloppe anonyme.
  2. Une enveloppe anonyme, cachetée contenant tous les documents : chèque, papier libre avec nom et adresse, téléphone, courriel ainsi que le titre du tapuscrit et, sur l’enveloppe, les 2 lettres et 3 chiffres, une enveloppe libellée lisiblement à votre adresse et timbrée au tarif lettre pour l’envoi du résultat.
  3. Le tapuscrit en cinq exemplaires avec un signe distinctif composé de 2 lettres et 3 chiffres, sous le titre de la première page, suivi de « Section poésie libre ou prose ».

(1) tapuscrit : manuscrit dactylographié.
(2) Les renseignements sur l’œuvre littéraire de Maurice Rollinat figurent sur Internet à l’adresse : http://www.crcrosnier.fr/rollinat/rollinat-oeuvrel.htm. La plupart des œuvres de ce poète sont consultables sur Gallica ou peuvent être achetées sous forme de livres en fac-similé.
(3) Tout tapuscrit arrivé après le 30 juin, participera au concours de l’année suivante.