Chez le Bibliothécaire

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lundi 12 novembre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : UNE NUIT AVEC LOVECRAFT, Marcelé & Rodolphe





Une nuit avec Lovecraft de Marcelé et Rodolphe (Moskito, 2018) est une sympathique BD en noir et blanc qui ne nous narre pas une nuit d’amour mais une belle rencontre. Nous sommes en 2022 et Mary Wells prépare une thèse sur Lovecraft, son écrivain fétiche. Lors d’une soirée chez des amis, elle s’essaye au D-Time, sorte de jeu vidéo qui permet de remonter le temps et programme son trip temporel sur Providence, 24 mai 1935. Elle finit par localiser le 66 College Street, et bien qu’il fasse nuit, frappe à la porte du vieux gentleman en pleine écriture de « Dans l’Abîme du Temps ». Surprise de l’écrivain, choqué de voir arriver une jeune fille en mini-jupe et interloqué par la connaissance qu’elle a de son œuvre. Elle lui explique qu’elle vient du futur (avec une machine comme celle de Wells ?) et l’accompagne dans une déambulation nocturne dans Providence. Lovecraft lui conte des fictions de Poe et Mary… des fictions de Lovecraft. Elle ne manque pas de l’accrocher sérieusement sur son racisme, ce qui le met mal à l’aise (mais comment savez-vous cela, c’est de l’ordre du privé ?) tout en finissant par admettre que ses opinions ont fortement évolué (c’était la conséquence de mes années d’enfer à New York). La jeune femme le quitte quelques instants pour satisfaire un besoin naturel, lui laissant son sac. Lovecraft remarque des livres dans ce dernier et en sort un, une biographie qui porte pour titre H.P. Lovecraft, le Maître de Providence (1890[1]-1937).  Dommage qu’elle n’ait par emporté avec elle HPL (1890-1991 de Roland Wagner, cela aurait évité à notre écrivain de devoir s’interroger sur ce qu’il allait faire de ses deux dernières années !



[1] Avec une jolie coquille : 1990 !!

dimanche 11 novembre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE RAPPORT OBERLANDER, Laurent Mantese






Le Rapport Oberlander de Laurent Mantese (Malpertuis 2018) n’est pas un roman crypto-nazi, ni un roman de guerre, ni un thriller ésotérique. C’est tout cela à la fois et surtout c’est une étourdissante Symphonie du Mal. Le Mal absolu, celui qui glace le sang en brouillant les repères. Marcus Baker, médiocre détective privé, vit modestement avec son amie Mary et un chien adorable qui répond au nom d’Ogami. Une existence sans histoire jusqu’au jour où un mystérieux courrier lui révèle que ses parents ne sont pas ses géniteurs et que ses véritables concepteurs ont disparu dans les conditions atroces lors de la seconde guerre mondiale. Il va se lancer dans une enquête échevelée pour percer le mystère de ses origines, traque qui le conduira en Finlande puis en Ukraine. Ses parents appartenaient au groupe très secret du Directoire, chargé d’éliminer les nazis ayant fait alliance avec la redoutable secte de la Prévôté. Un groupe de savants fous, pilotés par une Reine monstrueuse et ayant réussi à prolonger la vie humaine de façon très significative. Les derniers représentants de cette obédience vivent encore, reclus dans un Burg ukrainien pour y travailler loin des regards sur l’immortalité. Marcus cherchera à les débusquer, ce qui nous vaut des scènes terrifiantes dans un pays noyé dans un hiver glacial et déchiré par une guerre d’une violence inouïe contre les séparatistes russes. Le tout est remarquablement documenté et la chute totalement déroutante.
Une lecture dont on ne sort pas indemne.

samedi 10 novembre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : SHERLOCK HOLMES AUX ENFERS, Nicolas Le Breton





Eh bien non, ça ne passe pas. Sherlock Holmes aux Enfers de Nicolas Le Breton (Les Moutons électriques 2017) est un colossal raté. On conçoit que l’Enfer puisse être perturbé par l’arrivée de dépouilles fraîches qu’il n’est plus loisible de faire souffrir. Mais cela justifie-t-il une enquête d’un Sherlock Holmes qui n’a guère la carrure de notre détective préféré. Et du reste que vient-il faire dans cette galère ? Est-il mort ? Il devra en tout état de cause se pincer le nez car le Prince des Ténèbres trône sur un tas d’excréments. Et pourquoi faire appel à Mary, l’épouse du Dr Watson, pour l’aider dans sa mission ?
Je suis doublement déçu, en tant que sherlockien de stricte obédience bien sûr, mais aussi en tant que fan des Moutons électriques qui nous ont habitués à mieux.
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LES MYSTÈRES DE LA PYRAMIDE DE KHÉOPS AU CACHOT DE SENLIS


DES SOIRÉES HORS DU TEMPS À SENLIS


mardi 6 novembre 2018

RETROUVEZ ROGER FACON AU PETIT SALON DU LIVRE ET DE LA BIÈRE à Aniche


BUREAU DES LÉGENDES, saison 4




Terminé la 4 ème saison du Bureau des Légendes, une grande saison où la guerre « cyber » prend de plus en plus de place. C’est bien troussé, dans un univers principalement russe où Malotru arrive une nouvelle fois à rebondir. Marina Loiseau est toujours d’un. charme efficace et l’ombre d’Henri, ex patron du Bureau tué en mission, continue de planer lourdement. D’autant qu’une enquête des services de sécurité interne est diligentée pour montrer que Malotru, qui est un traître, a pollué par son charme tout le service.
La scène finale, que je ne spoile pas, laisse entendre que cette quatrième saison est la dernière. Dommage bien sûr.
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samedi 3 novembre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE CODEX GIGAS, Stéphanie Del Regno



Stéphanie Del Regno nous donne avec Codex Gigas (Sybilline 2018) son premier roman aux couleurs de thriller médiéval-ésotérique. Son accroche est tour à fait originale car elle met en scène ce mystérieux manuscrit qui est l’ouvrage médiéval le plus imposant (75 kg !) et le mieux conservé. Actuellement déposé à la Bibliothèque Nationale de Stockholm, ce recueil de textes sacrés serait l’œuvre d’un moine bénédictin, Hermannus Inclusus, copiste au monastère de Podlazice en Bohème. La légende veut qu’il aurait été condamné à être emmuré vivant après avoir commis un crime atroce et qu’il aurait négocié sa grâce en réalisant en une seule nuit le livre religieux le plus complet du monde. Tâche évidemment impossible sauf à négocier l’aide du Diable !
L’auteure nous narre le parcours du dit Herman, enfant terrible d’une famille nombreuse qui sera envoyé au monastère par ses parents qui espèrent qu’il pourra se rachètera une conduite. Il est incroyant mais bénéficiera de la bienveillance et de la protection du père Vittore, responsable du couvent. Las, lors d’une permission de Noël pour retrouver sa famille, il étranglera une de ses ex qui avait eu le malheur de choisir un autre parti. Le cheminement du jeune moine devient alors une sorte de calvaire intime, entre une foi qui le perturbe et une culpabilité qui le ronge. On le voit partir à Rome avec Vittore et découvrir l’horreur d’une Église qui se braque pour se protéger, en cherchant à éliminer les Cathares et en créant la Sainte Inquisition. Mais Herman parle trop, et il confiera son péché à un ami de Vittore….
Le récit est bien mené et la plume agréable. On appréciera de surcroît les digressions « féministes » de l’auteure qui nous donne un petit cours sur la place de la femme dans la Bible. Lilith n’est jamais bien loin de Stephanie Del Regno !


L'UP THAÏ, Paris 8 ème


L’Up Thaï (17 rue de Constantinople, 17008 Paris, 01 42 93 27 70) est un tout petit bistrot avec une dizaine de tables. Tenu par deux adorables jeunes femmes, il se targue de ne servir que des produits frais et des saveurs « comme au pays ». La carte est respectable et nous avons démarré l’exercice avec une salade de bœuf (classique mais toujours agréable) et une salade de poissons croustillants à la papaye ; belle découverte. 






Puis nous avons poursuivi notre contrôle qualité avec un poulet à l’ail grillé, surprenant, et un tigre qui pleure à l’avocat. Une pièce de bœuf plus que respectable, servie saignante comme il se doit. 






On n’a pas pu éviter les desserts craquants, comme ces nems aux chocolats blanc et noir et aux fruits frais et ce magnifique riz bleu au lait de coco et à la manque.



Bravo les zartistes !
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L'OEIL DE BALAMOK DANS INCOHERISM





L’œil de Balamok de Victor Rousseau. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

Cet ouvrage fut oublié pour la première fois en 1920 aux Etats-Unis. Richard D. Nolane, qui présente le livre, a révisé la traduction faite pour l’édition française en 1991 aux Editions Antarès. Victor Rousseau, nous dit-il est injustement oublié et Richard D. Nolane compte bien nous le faire redécouvrir aussi bien dans cette collection, RDN’Books que dans la belle revue Wendigo.

De son vrai nom, Avigdor Rousseau Emanuel, l’auteur est né en 1879 en Angleterre. Devenu journaliste pour un éditeur basé en Afrique, il publie un premier roman humoristique en 1901 avant de partir, toujours comme journaliste, aux États-Unis. A partir de 1907, il replonge dans la fiction et, en 1910, commence à publier dans The Smart Set, une revue consacrée à des textes fantastiques ou étranges impubliables ailleurs.
Marié en 1912, le couple choisit de vivre au Québec où Avigdor Rousseau Emanuel débute une nouvelle carrière : feuilletons, romans, dont un premier succès avec The tracer of Egos, consacré au thème de la réincarnation. Suivent de nombreux écrits dont son chef d’œuvre, publié en 1917, The Messiah of the Cylinder. Il sera très prolixe pendant plusieurs années, publiant d’abord en feuilleton avant de rassembler les textes en romans. A partir de 1925, il abandonne le fantastique pour le western, mettant en scène les exploits de la Police montée canadienne. Il fera un retour au fantastique mais connaîtra un déclin progressif en tant qu’auteur. Il mourra en 1960 dans la misère mais continuera à écrire jusqu’à sa disparition de fausses confessions pour la presse féminine.

Dans ce roman, Victor Rousseau traite du sujet de la Terre creuse, un sujet assez commun, considéré déjà par Edgar Rice Burroughs. Son héros, Ronald Gowan, explorateur, est entraîné dans l’intérieur de la terre et accueilli selon une ancienne prophétie comme un sauveur destiné à épouser la princesse Hita après lui avoir restitué son trône. Pour cela, il doit renverser l’usurpatrice qui s’est emparée du trône.
L’histoire débute comme une aventure fantastique avant de prendre une autre tournure plus mystique et symbolique autour de l’amour grandissant et du romantisme du couple. Le texte porte une dimension poétique qui exalte les sentiments. Toutefois, Victor Rousseau pose aussi de vraies questions sur le religieux, la temporalité, le rapport à la technique…

D’une lecture très agréable, ce roman intéressera davantage que les amateurs du genre.

jeudi 1 novembre 2018

TIZANÉ À L'IMI


L'AGENDA CONTRE-CULTUREL DE L'ODS (première quinzaine de Novembre)


LES LOUPS-GAROUS ARRIVENT à Coye-la-Forêt


LIVRES ET VIEUX PAPIERS à Namur

  
Avenue Sergent Vrithoff, 2
B-5000 Namur
Contact : 0475/80.75.76.
Description :La Foire du Livre de Namur est, sans conteste, la plus grande manifestation du genre en Belgique. Créée en 1987, elle demeure Le rendez-vous incontournable des lecteurs et des collectionneurs. Chaque année, pas moins d'une centaine de bouquinistes, de bédéphiles et de spécialistes en vieux papiers de collection propose au public une marchandise diversifiée telle que; des livres d'occasion, épuisés ou rares, de l'antiquariat, des livres neufs à prix réduits, des bandes dessinées mais aussi des cartes postales anciennes, des actions périmées, des chromos, des affiches de cinéma ou publicitaires, des gravures, des factures, des manuscrits, des édits,..., bref, de quoi satisfaire toutes les passions.

RETROUVEZ L'ODS CE WEEK END AU SALON FANTASTIQUE


mercredi 31 octobre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : J'IRAI TUER POUR VOUS, Henri Loevenbruck






Avec J’irai tuer pour vous, Henri Loevenbruck (Flammarion, 2018) abandonne (provisoirement ?) le thriller éso/rationnel pour nous plonger dans l’univers de l’espionnage. Un pavé de plus de 600 pages qui se déroule dans les années 85/87, marquées par une vague d’attentats à Paris et par une tension sanglante entre la France et l'Iran, sur fond de prises d’otages de journalistes. Une ambiance qui du reste, vue d’aujourd’hui, nous montre que les choses n’ont guère changé et que le terrorisme islamique défrayait déjà la chronique. La force de ce récit est de s’articuler autour de Marc Masson, un baroudeur attachant, recruté comme clandé de la DGSE. Un de ces personnages de l’ombre que personne évidemment ne reconnaîtra en cas de bavure. L’auteur nous dit s’être inspiré d’un personnage réel et lui donne une « chair » consistante : enfance médiocre à Lorient, un grand père sud-américain qu’il visite chaque année lors des vacances et qui lui apprendra à devenir un homme, un passage dans l’armée qui se soldera par une désertion, car « il s’ennuyait ». Mais surtout un grand amour de la vie, un attachement viscéral à l’honneur de la France, et pour ne rien gâcher, une passion immodérée pour les livres. Son agent traitant, Olivier Dartan, lui fera subir une formation musclée avant de le lâcher sur plusieurs missions périlleuses, dont certaines qualifiées pudiquement « d’homo » lorsqu’il s’agit d’éliminer physiquement une cible. Cela ne dispense pas de la réflexion morale classique : peut-on qualifier d’assassins ces agents très spéciaux chargés d’abattre des terroristes aux mains pleine de sang ? La sainteté passe parfois par d’étranges chemins !
L’art de Loevenbruck est aussi de restituer de façon particulièrement vivante le contexte politique de l’époque, celle de la cohabitation Mitterrand-Chirac avec un premier ministre prêt à tout, avec son âme damnée de Pasqua, pour remporter les toutes proches présidentielles. Et ce sera raté, car le vieux Tonton a plus d’un tour dans son sac !
Un livre qui se dévore et que je vous conseille de consommer sans modération entre deux épisodes du Bureau des Légendes ».
Bravo l’artiste !
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