mercredi 21 avril 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LUNE DE METAL, Antoni Dumé

 


Antoni Dumè avait déjà attiré notre attention avec Le Chaos sans Visage (Rivière Blanche 2016) ; il nous livre maintenant, dans la même veine, Lune de Métal (Exaequo 2021). Et quelle veine, celle d’un fantastique d’une absurdité tellement cohérente qu’il vous prend aux tripes et vous force à abandonner vos repères habituels. En lisant ce roman, j’ai retrouvé le petit parfum des thrillers impossibles de Brussolo des années 80.

Nous sommes dans une famille paisible du XVIIIème arrondissement de Paris avec le père (chef d’entreprise), la mère (qui travaille en milieu médical), Luc, jeune ado passionné par les jeux vidéo et Chris, une petite fille bien sage. Et cette belle harmonie va basculer un matin lorsque les parents constatent que Chris a disparu durant la nuit, dans une maison de surcroît fermée à clef de l’intérieur. Le récit va se dérouler selon la technique du « sandwich », alternance de chapitres courts entre notre monde et celui de Chris. La cadette a en effet changé d’univers et se trouve prisonnière d’un jeu vidéo, « Thalès », regroupée avec beaucoup d’autres enfants sous un chapiteau et livrés à la cruauté de monstres, les occisors. Les joueurs, dans notre monde, par le biais de consoles PS 5 trafiquées, gagnent (ou perdent) des points de vie qu’ils peuvent convertir en monnaie sonnante et trébuchante. Luc est un de ces joueurs et, sous la forme d’un occisor, s’apprête à étriper une petite fille qui n’est autre que sa sœur. Ahuri, il laisse tomber sa manette, mettant fin à la partie. La police est évidemment mise dans le coup, d’autant plus que les disparitions mystérieuses d’enfants se multiplient. L’enquête sera laborieuse compte-tenu de l’invraisemblance du contexte. Un suspect sera cependant repéré dans les milieux « geeks », sorte de « Passeur » entre les deux mondes. Et cette piste conduira chez un vieil aristocrate lorrain, dont le fils a disparu et dont le père s’adonnait aux sciences occultes. Cerise sur le gâteau, ces deux personnes se ressemblent étrangement et correspondent au profil du « Passeur » dont il a pu être établi un portrait-robot.

Je ne spolierai pas la chute, sinon pour dire que la Lune Noire, vaisseau des occisors, fera irruption dans le ciel de Paris, semant une jolie panique. Je spoilerai d’autant moins que cette chute est ouverte et que Antoni Dumè laisse le lecteur sur sa faim, lequel continuera à s’interroger sans trouver la réponse à l’équation infernale : « rêve ou réalité ? ». Bien joué, on attend la suite d’autant que la plume est agréable et que l’on sent poindre la naissance d’une belle signature du fantastique français contemporain.

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mardi 20 avril 2021

LA TERREUR ET LE SACRÉ, Lauric Guillaud

 

Réédition revue et complétée chez Michel Houdiard d'un excellent livre de Lauric Guillaud : la nuit gothique américaine de C.B. Brown à H.P. Lovecraft.

O.V.N.I en Méditerranée, Thierry Gaulin


 

Vient de sortir aux Éditions de l'OEIL DU SPHINX. Disponible sur Amazon et bientôt dans la boutique en ligne de l'ODS.

mardi 6 avril 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE PEUPLE BLANC, Arthur Machen

 


Bob Price nous propose ensuite une autre nouvelle culte de Machen, Le Peuple Blanc, écrite du reste avant la précédente (Le Grand Dieu Pan, 1890). Un récit envoûtant qui prend la forme du journal d’une petite fille qui vit au milieu de la forêt avec son père (un avocat très occupé) et sa gouvernante. Celle-ci, très au fait des coutumes et légendes de la région, lui raconte des histoires à la fois merveilleuses et terrifiantes sur le petit peuple qui hante les bois et sur les cérémonies secrètes qui s’y déroulent. L’enfant explorera dans les moindres détails la contrée environnante, le Pays de Voor, ce qui nous vaut des descriptions sublimes qui ne sont pas sans évoquer Le Domaine d’Arnheim que Poe avait publié en 1847. Elle découvrira, au fil de ses contacts avec les esprits des lieux, de nouvelles langues, comme la langue Chian ou les lettres Aklo ; elle refusera de nous en dire plus sur les Nymphes, les Dôles, ou sur Jeelo ou les Voolas.; elle contemplera les grands beaux Cercles et participera aux jeux Mao. Son journal se terminera par un cri d’émerveillement « j’ai vu les nymphes, je les ai appelées et Alanna, la nymphe de l’obscurité est venue ». La gouvernante disparaîtra et on retrouvera la petite fille empoisonnée, gisant près d’un objet à moitié enfoui : une magnifique et lumineuse statue d’un Dieu romain. A l’instar de Mary dans Le Grand Dieu Pan, elle a vu l’indicible.

Nouvelle exploration du Mal Absolu, ce texte est également très intéressant par ses créations imaginaires, notamment linguistiques. A l’instar de Lovecraft avec son Necronomicon, Machen suggère sans donner de contenu précis, technique bien connue pour étoffer l’aspect mystérieux de son invention. Les lettres AKLO connaîtront du reste une belle postérité : L'Aklo a été appris par Wilbur Whateley (HPL: The Dunwich Horror) et utilisé par Alonzo Typer (HPL: Le Journal d'Alonzo Typer). Il apparaît également comme un élément clé de l'œuvre sur le Mythe de Cthulhu d'Alan Moore, The Courtyard. D’autres y verront une étrange consanguinité avec le langage énochien du Dr John Dee.

Pour les « complétistes », on signalera que Daniel Harms consacre une entrée à l’Aklo dans son Encyclopedia Cthulhiana (1998) : « Langage qui était originellement celui des Hommes-Serpents de Valusie[1]. Il est encore utilisé sous une forme modifiée par les prêtres au service des Grands Anciens ainsi que par le Petit Peuple du Pays de Galles. Le terme « Aklo » peut aussi se référer à une série de rituels magiques ou désigner un moment précis où une incantation peut être prononcée… » Enfin on ne peut pas conclure sans signaler le site  https://app.memrise.com/course/92726/aklo-building-upon-rlyehian/ qui propose un cours par correspondance sur l’aklo (et le rlyehian) ! Et c’est gratuit…



[1] Une création de Robert E. Howard.

dimanche 4 avril 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE GRAND DIEU PAN, Arthur Machen

 

 


 

Robert M. Price, l’anthologiste, ouvre le recueil (le Cycle de Dunwich, (Oriflam/Nocturnes 1999) en fanfare avec Le Grand Dieu Pan du Gallois Arthur Machen (1894) qu’il considère, à l’instar beaucoup d’autres auteurs, comme l’une des sources de Lovecraft pour sa nouvelle sur Dunwich. Et de fait le Prince Noir de Providence consacrera à Machen et à ce texte une large entrée dans Épouvante et Surnaturel en Littérature : Personne n’est capable d’écrire avec une telle accumulation de suspense, utilisant jusqu’à l’horreur finale, une telle richesse de vocabulaire, de détail amenant toujours avec la précision la plus précise et la progression la plus ferme, les rebondissements et les révélations les plus nécessaires.

L’histoire commence par une intervention chirurgicale, pratiquée par un savant fou sur une petite fille, Mary, pour lui permettre de voir au-delà de la réalité. Après un éclair d’extase, Mary sombre dans la folie et, enceinte, décéder lors de son accouchement.

Puis une jeune fille, Helen Vaughan, placée par des parents inconnus chez de braves fermiers, terrorisera ses camarades de jeu lors de promenades en forêt. Ses expéditions bizarres feront une victime.

Enfin, une charmante jeune femme, Mrs Beaumont, défie la chronique londonienne par ses parties fines durant lesquels sont pratiqués d’infâmes rituels. Plusieurs des invités sombreront dans la folie après « ces séances ». Si l’horreur est instillée par petites touches tout le long du récit, le final – la mise à mort de Mrs de Beaumont par des enquêteurs avertis - est tout à fait à la mesure d’une chute lovecratienne : la victime subit des transformations monstrueuses avant de se répandre en un liquide putride. On l’aura deviné, Mrs Beaumont est Helen, laquelle était la fille de Mary qui avait copulé avec le Grand Dieu Pan. On ouvre ici la série des accouplements monstrueux dont Lovecraft fera son miel à Dunwich.

Deux commentaires :

° L’ouverture du troisième œil et l’élargissement de la conscience vont devenir des thèmes récurrents de la fiction, plus ou moins assis sur des recherches chirurgicales ou l’utilisation de psychotropes. Ce sera par exemple le « fil rouge » de l’essentiel de l’œuvre de l’écrivain anglais, Colin Wilson. Ce fut aussi un sujet largement évoqué dans la revue culte des sixties, Planète.

° L’une des grandes forces de l’écrivain gallois est de façon percutante d’évoquer le Mal Absolu : Le péché́ réside pour moi dans la volonté́ de pénétrer de manière interdite dans une sphère autre et plus haute. Vous devez donc comprendre pourquoi il est si rare. Peu d’hommes, en vérité́, désirent pénétrer dans d’autres sphères, qu’elles soient hautes ou basses, de façon permise ou défendue. Il y a peu de saints. Et les pécheurs, au sens où je l’entends, sont encore plus rares. Et les hommes de génie (qui participent parfois des deux) sont rares, eux aussi... Mais il est peut-être plus difficile de devenir un grand pécheur qu’un grand saint.


samedi 3 avril 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CEUX DES PROFONDEURS, Fritz Leiber

 


 

Merci à Mnémos de ressusciter (2019) cette petite perle de Fritz Leiber, Ceux des Profondeurs, un peu oubliée depuis sa première version française chez Phénix/Pégase en 1987. Ce texte de 1976 montre, s’il en était besoin, toute l’admiration du citoyen de Lankhmar pour notre auteur. Au point de nous donner une véritable œuvre « intertextuelle » (comme disent les universitaires), se glissant dans l’œuvre de Lovecraft pour y puiser tous les éléments de son récit (personnages, créatures, livres etc..) en les remixant astucieusement. Ce qui a pour effet de donner aux créations du Maître de Providence une impression de réalité troublante. Ce procédé sera régulièrement repris par la suite et produira de petits chefs d’œuvre comme Providence d’Alan Moore.

Leiber nous retrace la vie de Georg Reuter Fisher, jeune californien handicapé qui mène une existence de reclus, entre une mère possessive et un père artiste victime d’étranges visions. Des visions qui évoquent des souterrains et des monstruosités rampantes que ne tardera pas à partager son fils. Le père disparaît lors d’une chute mortelle dans un gouffre et Georg part pour Arkham afin de faire ses classes à l’université de Miskatonic. Mais sa mauvaise santé et notamment ses effondrements nerveux l’empêcheront de poursuivre son cursus et il rentrera au pays. Il avait acheté à la librairie de l’université Azathoth et autres horreurs d’un certain Edward Pickman Derby, ouvrage qui lui donnera le goût de la poésie et l’amènera à publier – à compte d’auteur- son propre recueil, Le Tunnelier d’en-bas. Il en envoie un exemplaire à l’un de ses anciens condisciples, Albert Wilmarth, qui le remercie avec enthousiasme : ses visions s’inscrivent en effet parfaitement dans le programme de recherches sur « l’inconscient collectif manifesté dans les rêves » mené par l’université avec les professeurs Armitage, Peaslee, Morgan… Le jeune reclus accepte bien volontiers de participer aux travaux et invite Wilmarth pour lui faire visiter sa région truffée de souterrains… et de serpents. On devine aisément la suite de l’histoire dont le point final se situera en mars 1937, lorsque Wilmarth apprendra la mort de Lovecraft 


samedi 27 mars 2021

L'AGENDA CONTRE-CULTUREL DE L'ODS (2021 ???)

 J'ai arrêté de tenir cet agenda il y a un an, pour les raisons que nous connaissons tous. Il est plus que téméraire de le reprendre aujourd'hui... pour les mêmes raisons. Mais comme je viens d'obtenir un rdv pour me faire vacciner, une petite lueur d'espoir vient de se rallumer à la Grande Loge ! Alors regardons ce que j'ai dans les tablettes, en "présentiel" ou en "distanciel". Le Covid ne tuera pas notre chère contre-culture !




 

 

 

Évènements ponctuels

 

 

 

 

 

Jeudi 1er avril, Museum de Toulouse, 35 allée Jules Guesde, 31000 Toulouse (18h30 et en ligne, gratuit)

CEREBRO, l’illusion d’une conférence

Spectacle intéractif de magie mentale pour adute (à partir de 16 ans)Si vous ne savez pas comment fonctionne votre cerveau, d’autres se chargeront de le faire fonctionner pour vous ! Êtes-vous sensibles aux techniques de manipulation ou d’endoctrinement ? Non évidement... et pourtant. Venez trouver les clefs pour développer vos capacités mentales et défiez les conditionnements. Ayez confiance...Compagnie du Faro. Conception et interprétation : Matthieu Villatelle, mise en scène et co-écriture par Kurt Demey.

 

Jeudi 8 avril, Museum de Toulouse, 35 allée Jules Guesde, 31000 Toulouse (18h30 et en ligne, gratuit)

Le « son » : porte du monde invisible

Le chamane est un médiateur entre les mondes, il ouvre des univers et des espaces d’interaction entre les humains et les non-humains. Le son en tant que vibration est la clef. Le chant, les percussions du tambour ou de la guimbarde ouvrent les portes de la perception en agissant directement sur le cerveau et le corps et transportent au-delà des différents espaces. Par Laetitia Merli, anthropologue du chamanisme (Mongolie, Sibérie et Europe), thérapeute intégrative. A étudié l’utilisation du tambour dans les phénomènes de transe. Auteure et réalisatrice du film Aujourd’hui les chamanes.

 

Jeudi 15 avril, Museum de Toulouse, 35 allée Jules Guesde, 31000 Toulouse (18h30 et en ligne, gratuit)

Animaux victimes de pratiques magiques et commerce illégal

Promesse de guérison, de pouvoir ou de chance, la consommation d’animaux sauvages et protégés entre dans nombre de rituels et de pratiques magiques modernes. À partir de croyances anciennes ou contemporaines, créées et propagées par le web et les réseaux sociaux, se développe un commerce illégal et destructeur d’animaux. Par l’association Robin des Bois, association pour la protection de l’Homme et l’environnement depuis 1985.Auteur de Atlas du business des Espèces Menacées.

 

Jeudi 6 mai, Museum de Toulouse, 35 allée Jules Guesde, 31000 Toulouse (18h30 et en ligne, gratuit)

Au-delà du réel : ésotérisme et pratiques occultes en France.

Depuis les années 1960, le discours ésotérique gagne en popularité dans la culture française. Elle en devient presque un élément tout à fait « ordinaire », à même de faire parfois jeu égal avec le discours scientifique. Comment comprendre la réception de ces nouvelles interprétations du monde qui mêlent science, magie et spiritualité ? Par Damien Karbovnik, enseignant-chercheur en Histoire des religions à l’Université de Strasbourg. Auteur de la thèse L’ésotérisme grand public : le Réalisme Fantastique et sa réception. Contribution à une sociologie de l’occulture.

 

Du 7 au 9 mai, Berder-sur-Loire.  

Le programme non définitif est alléchant, voici quelques projets de conférences :

 * Lauric Guillaud - Du Paradis à l’Enfer : l’Amérique sans dessus dessous

* Julie Cloarec - L’Aventure de l’Enfer.

* Michel Besack - Du carré magique Sator à Tenet

* Hassan Makaremi - Calligraphie thérapie, expérience au sein d’un hôpital psychiatrique

* Jean-Christophe Pichon - Le langage ou le début de l’histoire

* Éric Theallet - Dante, le Rêveur éveillé

* Julien Pichon - Trou noir, vide quantique et antimatière. La respiration en physique

* Julien Debenat - L’Histoire cyclique selon Pichon : la Frise et le livre

* Silvanie Maghe - 24 images à partir des Calligrammes d’Apollinaire

* J.-F. Lecompte - Dante et les nombres

* Jean-Michel Nicollet - Codage des textes du moyen-âge, Cryptographie

* Christian Lestienne - 100 ans de Jean-Charles Pichon, un siècle à venir


3 au 5 juin, Le premier colloque sur le thème de l’intelligence artificielle dans la fiction (littérature, séries, films, bande dessinée, jeux vidéo, arts plastiques) se tiendra à Paris du 3 au 5 juin 2021. Lors de cet événement, il sera notamment question des représentations de l’IA et à leurs significations ainsi des usages créatifs de l’IA pour produire et comprendre la fiction en textes, en sons, en images fixes et animées, comme en jeux vidéo.

 

Lundi 21 juin et mardi 22 juin 2021 : les journées du conte à l’école élémentaire de Pleuven animée par la conteuse LULU.

 

Vendredi 23 Juillet 2021 : Spectacle Nuit des Légendes dans le parc de la mairie de Pleuven (29170), avec le conteur Achille Grimaud 20h30-22h30

 

8 au 12 août, Festival du Film Insolite de Rennes-le-Château.

 

19 au 22 août : La BlueCon (convention francophone de science-fiction) aura le plaisir de vous accueillir sur le Campus International de Valbonne, du 19-22 août 2021. Notre convention aura pour fil conducteur l'histoire des revues d'imaginaire en France !

 

Vendredi 10 septembre 2021, Balade contée, Pleuven, 18h – 21h

 

10 au 12 septembre, Salon des Littératures Maudites à Charleville-Mézières : Bram Stoker, Dracula et autres Vampires

 

9 et 10 octobre, Salon de l’Étrange, Le Manoir, Palais des Congrès de Dijon.

 

14 au 17 octobre, Imaginales à Épinal

 

23 & 24 octobre, Fête du Livre à Orange

 

27 novembre, Salon de la Culture Maçonnique à Limoges

 

Samedi 11 décembre 2021, Fête du Livre, Pleuven, 10h-12h/14h-18h

 

jeudi 18 mars 2021

LES DEMIURGES SCIENTIFIQUES, Jean-Pierre Laigle

 


 

 Jean-Pierre Laigle nous a quitté en 2020. Connu aussi sous son pseudonyme de Rémi-Maure (dont il a signé plusieurs articles comme celui sur « Les Arches Stellaires » dans Fiction), il était un spécialiste bien connu de la science-fiction ancienne et moderne, un analyste de ses thèmes ( Planètes Pilleuses, l’Anti-Terre), un auteur (le roman uchronique Ave Caesar Imperator !, le pastiche tarzanien Retour à Opar, le début de l’histoire future Rendez-vous avec la destinée, publié au Brésil) et un traducteur multilingue. A travers les Éditions Apex et sa revue Antarès, il a fait découvrir ou redécouvrir de nombreux romans, nouvelles et bandes dessinées, français et étrangers, des débuts de la science-fiction. Il nous avait laissé, avant de rejoindre ses chères étoiles, le présent ouvrage qui nous propose une excursion savoureuse dans le domaine des sciences improbables.Bon voyage cher Jean-Pierre et je suis persuadé que tes amis, autour de Martine Blond, ne manqueront pas d’exhumer de tes archives d’autres papiers savoureux.

Philippe Marlin, février 2021

 Disponible sur Amazon, prochainement sur le boutique de l'ODS et à disposition de nos amis libraires

NUIT DES LEGENDES, troisième opus

 


 

En ces temps si particuliers de crise sanitaire, l’association culturelle Nuit des Légendes a relevé le défi en offrant dans le parc de la Mairie de Pleuven (Finistère Sud), le vendredi 7 août 2020, un spectacle de contes de qualité, qui a montré que la tradition orale est bien vivante, avec quelque 300 spectateurs venus applaudir la conteuse LULU (Lucienne MOISAN) et le conteur Loïg PUJOL.De même, l’association, toujours avec le soutien de la Mairie de Pleuven, a pu maintenir sa Balade contée, le vendredi 11 septembre 2020, menée avec talent par la conteuse Marie-Thé SAINRAT et les conteurs Alain SAINRAT, Michel LIDOU et Jean-Marc DEROUEN.Ces six conteuses et conteurs ont retranscrit leurs histoires contées dans Nuit des Légendes 3, troisième volume publié par l’association, dans lequel on découvrira également le parcours qui les a amené(e)s à devenir conteuses et conteurs.

Disponible sur Amazon, prochainement dans la boutique de l'ODS et à disposition de nos amis libraires

mardi 16 mars 2021

LE MORT CAMBRIOLEUR, Noël Corbu

 


 

Noël Corbu (1912-1968) est bien connu dans l'histoire de Rennes-le-Château qui lui doit certainement une grande partie de son actuelle réputation. Héritier de la servante de Bérenger Saunière, Marie Denarnaud, il créa dans le domaine de l'abbé l'hôtel-restaurant - "La Tour". Il aimait raconter à ses visiteurs la belle histoire du cure aux milliards. On connaît la suite....... La presse locale s'empara de la légende et un écrivain de talent, Gérard de Sède, la transforma en un véritable Mythe. Mythe que ses successeurs (Lincoln, Baigent, Leigh avec L'Énigme Sacrée et encore aujourd'hui Dan Brown avec Le Da Vinci Code n'ont cessé d'enrichir. Mais Noël Corbu se voulait aussi écrivain. Il nous a laissé Le Mort Cambrioleur, son seul roman, publié de façon confidentielle en 1943. Nous avons le plaisir de rééditer cette curiosité, un thriller au parfum très british qui n'est pas sans rappeler les meilleurs policiers du début du siècle passé. Préface de Claire Corbu & Antoine Captier 

Disponible à l'ODS et sur Amazon, et à disposition pour nos amis libraires.

lundi 15 mars 2021

LE ROMAN D'ESPIONNAGE ANGLO-SAXON APRES LE WATERGATE, Patrice Allart

 


 Vient de sortir aux Éditions de l'Oeil du Sphinx

Si James Bond est, depuis que le personnage de Ian Fleming est devenu un phénomène cinématographique, le symbole de tout le genre espionnage, cette image du super-espion n'en est pourtant qu'une parmi d'autres. Le terme super-espion fait penser aux super-héros et le lien avec ceux-ci, et avec la littérature populaire qui les engendra, est indéniable. D'ailleurs, l'espionnage n'est pas qu'un genre, il s'est croisé avec tellement d'autres genres : né à la fin du XIXe siècle sous la double étiquette du récit de guerre et de l'anticipation, il s'est confondu avec l'enquête policière dès l'après-guerre. Lorsqu'au début des années soixante-dix la succession de crises (la Guerre du Vietnam et les manifestations pacifistes, les assassinats politiques, le scandale du Watergate...) a sapé la confiance dans les héros, le super-espion les a naturellement suivi dans leur disgrâce. Mais le genre espionnage n'a pas disparu pour autant, au contraire ces crises lui ont donné une nouvelle légitimité, et l'espion a évolué, le héros est devenu anti-héros. Robert Ludlum, le premier, a exploré ce nouveau monde de complots né de l'actualité sulfureuse, Frederick Forsyth et Jack Higgins sont retournés aux sources du genre pour dévoiler les secrets derrière l'Histoire, et le second est revenu à la guerre où était née la vocation même de l'espionnage, tandis que Clive Cussler choisissait lui la voie de l'anticipation. Martin Cruz-Smith suivait John Le Carre plutôt que Fleming, revenant aux enquêtes plus réalistes propres au domaine policier. Et enfin, plus récemment, Dan Brown emmenait le genre à la lisière du fantastique. Mais, même avant lui, c'est dans un monde de mystères à la fois proches de nous et cachés, le nôtre simplement, que nous ont emmené les dix auteurs de best-sellers du genre dont la carrière est examinée dans ce livre : Robert Ludlum, Frederik Forsyth, Jack Higgins, Clive Cussler, Ken Follett, Tom Clancy, Stephen Coonts, Martin Cruz-Smith, David Morrell, Dan Brown."

vendredi 19 février 2021

JULES VERNE FACE AU RÊVE AMERICAIN, Lauric Guillaud

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 Une note de Rémi Boyer

 

 

Jules Verne face au rêve américain de Lauric Guillaud. Michel Houdiard Editeur, 106 rue du chemin vert, 75011 Paris.

Nous retrouvons toujours avec plaisir et grand intérêt les travaux de Lauric Guillaud, spécialiste de littérature et civilisation américaines. Cette fois, il nous entraîne sur les traces de Jules Verne (1828-1905) et de sa passion américaine. En effet, une vingtaine de romans du célèbre auteur ont pour cadre le sol américain, au moins en partie. Ils coïncident avec son attirance pour cette nation prometteuse née avant même son voyage en Amérique de 1867.

La passion de Jules Verne pour la naissance de la nation américaine débute en 1860. Elle n’empêche pas le discernement graduel sur ses dérives, ce qui conduit aujourd’hui à un étrange paradoxe : « Comment expliquer alors, interroge Lauric Guillaud, les contradictions d’un américain américanophile dont l’œuvre est perçue de plus en plus comme américanophobe ? ». En réalité, Jules Verne n’est pas le seul à afficher un pessimisme grandissant face à l’évolution de la jeune nation américaine, d’autres créateurs américains partagent la même déception dans une période particulière. De 1860 à la fin du siècle, c’est une expansion rapide, développée autour du concept de mission, qui entraîne la finalisation des frontières.

Lauric Guillaud traite son sujet sous l’angle qui lui est familier des mythes constitutifs de la nation américaine.

« Le « rêve américain », précise-t-il, n’est peut-être que le dernier d’une longue série de mythes sur lesquels s’est construite la nation américaine. Les premiers mythes sont de nature religieuse : la Nouvelle Jérusalem, la Terre promise, le Paradis terrestre. Sous l’influence du puritanisme se constituent les bases de l’exceptionnalisme américain (élection divine, mission civilisatrice, universalisme) qui nourrira au XIXème siècle, le mythe fondamental des Etats-Unis, celui de la « Destinée Manifeste ». »

Ce concept, toujours à l’œuvre, expose une mission civilisatrice, aux fondements puritains, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières, pour le bonheur de l’humanité. L’idée controversée de Pax americana en découle.

Jules Verne s’intéresse à la conquête de l’Ouest qui fonde la plupart des composants de la mythologie américaine. Ces composants apparaissent à la croisée d’une rude réalité, de mécanismes psychologiques archaïques et d’adhésions fortes aux messages bibliques.

Pour illustrer son propos, Lauric Guillaud puise chez des auteurs américains confrontés à cette gigantesque tension intérieure, quasi métaphysique : William Bradford, Edward Johnson, entre autres, et James Fenimore Cooper qui attira Jules Verne vers l’Amérique.

Nous avons des difficultés aujourd’hui à saisir ce que fut réellement cette quête et conquête. Lauric Guillaud pose des jalons pour notre compréhension avant d’accueillir la pensée vernienne.

Pour Jules Verne, l’Amérique est d’abord marquée par l’idéal et le progrès. Dans un premier temps, il exalte les vertus de « l’homme américain » et reste fasciné par le progrès, principalement mécanique, avant de s’en défier progressivement, défiance qui apparaît au fil des romans américains. Lauric Guillaud nous détaille ce cheminement de roman en roman qui deviendra « catastrographe » et même « apocalyptographe ». Jules Verne dénonce les errances, les spoliations, les impostures, conséquences des mécanismes expansionnistes étatsuniens. Il évoque même les Yankees comme « une réunion d’anges exterminateurs, au demeurant les meilleurs fils du monde ».

La littérature vernienne américaine va « du rêve d’Amérique au cauchemar étasunien ».

Dans sa conclusion, Lauric Guillaud résume cette évolution :

« En proclamant « Tout se fera ! » dans La Maison à vapeur, Jules Verne affichait sa confiance illimitée dans le progrès. « Tout s’est fait », en effet, mais pas toujours dans le sens escompté. Notre romancier idéaliste a assisté, impuissant, au dévoiement de la science qu’incarne désormais le « savant fou » - Robur II finit en psychopathe -, ainsi qu’à l’essor parallèle et conjoint d’un expansionnisme devenu impérialiste. Comme Verne estimait, sans doute trop ingénument, que « les Etats-Unis se rapprochaient le mieux du modèle de développement dont on pouvait rêver pour l’humanité », on saisit l’ampleur de son désenchantement. »

Le livre de Lauric Guillaud est non seulement une plongée dans l’œuvre américaine de Jules Verne mais une occasion de mieux comprendre les immenses contradictions étatsuniennes qui pèsent sur les équilibres mondiaux.



Que la Littérature vous garde !
Rémi Boyer

mardi 16 février 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE GUIDE LOVECRAFTIEN DE PROVIDENCE, Catherine Koeckx

 


 

Le guide lovecraftien de Providence de Catherine Koeckx (autoédition, 2021) est assurément le livre qui manquait. Lorsque je suis allé pour la première fois dans la capitale du Rhode Island, je n’avais en mains que I am Providence de Jean-Christophe Requette (Phénix, 1993), un petit fanzine bien fait mais très succinct. Catherine Koeckx comble le vide et nous donne le premier véritable livre en français sur la ville du Maître. Et il ne s’agit pas d’un guide de Providence, mais d’un guide lovecraftien de Providence, recensant les sites arpentés par l’écrivain ou évoqués dans ses nouvelles. L’objet est joliment présenté, avec de belles photos couleur et de nombreuses citations extraites de sa correspondance et de sa fiction. Le tout est écrit sobrement, mais sur un ton personnel qui met bien en valeur toute la passion éprouvée par la rédactrice lors de son périple.

Bravo, et à quand un guide lovecraftien de New York ?