Chez le Bibliothècaire

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mardi 27 septembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : BOTHON Henry Whitehead





Bothon (1930, une révision pour Henry Saint-Clair Whitehead, West India Lights, 1946). Un petit texte sympathique et bien écrit, mettant en scène Powers Meredith qui se blesse en se cognant à la tempe dans la chambre qu’il occupe dans son club à New York. Il se met alors à percevoir des bruits de catastrophe qui l’amènent à se précipiter dans la rue où il n’y a rien à signaler. Ces hallucinations auditives persistent et il perçoit même des hurlements style « Lï, Lï, Lï, R’Lyeh, kho thut-thut… ». Il consulte un spécialiste qui le met en observation en commence à basculer, en rêve, de l’autre côté du miroir. Il est dans cet autre monde un certain Général Bothon, commandant des forces militaires de Ludekta en Atlantide. Épris de la belle sœur de l’Empereur de Mû, il demande sa main qui lui est refusée en raison d’une naissance trop modeste. Il se rebelle, est emprisonné et parvient à s’enfuir en enlevant la belle, alors qu’un séisme épouvantable est en train de détruire Mû. Ils se réfugieront en haut d’une montagne où ils seront épargnés de la submersion du continent. De retour à l’état de veille, le médecin constate que sa lésion à la tempe est en train de se résorber. Ses hallucinations auditives cesseront définitivement, ainsi que ses rêves d’un autre monde.

lundi 26 septembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CASSIUS Henry Whitehead





Cassius (1930, une révision pour Henry Saint-Clair Whitehead, Strange Tales of Mystery and Horror, 1931). Dans les notes qui accompagnent cette nouvelle (Bouquins, tome II), Lovecraft explique la genèse de cette fiction. Il s’agit en fait d’un texte de HPL dont Whitehead a modifié la chute qui ne satisfaisait pas l'auteur. Nous sommes aux Antilles, chez Gérald Canevin qui accepte d’embaucher Brutus, ami de son majordome, et en difficultés financières. Souffrant, ce dernier se fait opérer d’une petite tumeur par le Dr Pelletier. Commence alors une série d’incidents sanglants, Brutus étant régulièrement agressé la nuit et dans sa case, par une petite créature vicieuse et violente. Brutus refuse de décrire précisément la vilaine bestiole et murmure régulièrement le nom de Cassius (compagnon de Brutus, l’assassin de César). Suite à un débriefing scientifique entre Canevin et Pelletier, il apparaît que la tumeur a disparu de l’hôpital, et qu’il s’agissait vraisemblablement d’un jumeau de Brutus, survivant recroquevillé dans sa chair. Il est décidé de l’éliminer ce qui sera fait tout simplement par le chat de la maison ! Influence de la foi du Révérend Whitehead, la dépouille du petit monstre étant une créature de Dieu par le baptême de Brutus, elle sera enterrée avec les prières d’usage.

UN COLLOQUE ALCHIMIQUE


JEAN-FRANCOIS GERAULT ET LE MENTALISME

Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie 

 

eBooks, 105 Pages
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Existe aussi en version papier
 
 
 
Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie
 
Prix : 10,00 € (HT)
En tant que mentaliste, hypnotiseur et mnémotechnicien, je suis souvent amené à donner des cours et à effectuer des démonstrations. Je me suis rendu compte au fil du temps qu'il n'y avait pour ainsi dire pas de livres en français rapidement opérationnels pour un débutant sur les trois sujets du mentalisme, de l'hypnose et de la mnémotechnie. Voilà pourquoi j'ai conçu cet ouvrage d'apprentissage avant tout pratique.

dimanche 25 septembre 2016

POLITICA HERMETICA D'OCTOBRE

Daniel Druart

« Un exemple d'urbanisme maçonnique, la cité des cheminots de Tergnier »



Le samedi 22 octobre 2016 à 19 heures



Au couvent de l'Annonciation, 222 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris, métro Place des Ternes ou Charles de Gaulle-Étoile.



Participation aux frais : 15 € pour le buffet qui vous sera servi après la conférence; 5€ pour ceux qui ne pourraient pas prendre part au buffet. Soyez assez aimables pour donner réponse afin de prévoir l'organisation.





Pour tout renseignement : politicahermetica@gmail.com

     +33 6 85 73 36 98

samedi 24 septembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL BIB : Le PIÈGE, Lovecraft




Le Piège (1931, une révision pour Henry S. Whitehead, The Trap in Strange Tales, 1932). Lovecraft avouera à Derleth avoir refait les 2/3 environ du texte. Une histoire bien troussée qui se déroule dans le cadre d’un pensionnat du Connecticut où le professeur Gerald Canevin, qui réside dans l’établissement, exhume d’une de ses malles un vieux miroir hollandais qu’il avait trouvé lors d’une de ses précédentes affectations aux Iles Vierges. Et curieusement, il a le sentiment que quelque chose remue dans l’objet. L’un de ses élèves, Robert Grandison vient un jour réviser chez lui et est littéralement fasciné par le miroir. Et Grandison de disparaître sans laisser de trace. Le professeur remarque une curieuse agitation sous la glace, et finit par rentrer en contact télépathique avec son élève qui est passé de l’autre côté. Il lui explique être dans un univers inversé par rapport au notre et qu’il n’a plus de besoins vitaux. Et il n’est pas seul dans cet autre monde habité par un magicien danois du XVII ème siècle, Alex Holm, qui avait fabriqué l’objet en créant un passage vers l’immortalité. Gerald Canevin finira par découper la vitre pour récupérer son élève. Il reprendra une vie normale dans notre monde, avec curieusement des organes « inversés ».

vendredi 23 septembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : PROVIDENCE de Alan Moore





Que voilà un travail remarquable. Les deux premiers tomes de la saga Providence de Alan Moore et Jacen Burrows La Peur qui Rôde & Dans l’Abime du Temps - (Panini Comics, 2016) ouvrent un nouveau genre, celui de la « méta-fiction lovecraftienne ». Différentes nouvelles du Maître sont emboitées dans un récit unique et diablement cohérent. On utilise pêle-mêle Herbert West, Le Cauchemar d’Insmouth, L’Abomination de Dunwich, Air Froid, Le Modèle de Pickman, Démons et Merveilles et bien d’autres textes, on y injecte des éléments de la vie de l’écrivain tirés de ses lettres et on secoue le tout que l’on injecte dans une trame solide. Il s’agit du récit d’un journaliste au Herald Tribune, Robert Blake, dont les penchants homosexuels ont conduit sa petite amie au suicide. Il décide alors de prendre un congé sabbatique pour écrire un roman ayant pour contexte les traditions ésotériques de la Nouvelle Angleterre. Il part d’un ouvrage, Sous le Monde de Guillot qui aurait inspiré Le Roi en Jaune de Chambers et débouche sur un manuscrit sulfureux, le Kitab al Hikman al Najmiyy (« La Sagesse des Etoiles) de Khâlid ibn Yazid (VIII ème siècle), utilisé par une société secrète, la Stella Sapiente. La quête de cet ouvrage va peu à peu lui faire perdre ses repères et l’amènera à naviguer en permanence entre rêve et réalité, navigation qu’il apprendra à maîtriser grâce aux bons conseils de Randolph Carter (ici Randall Carver). Ce dernier l’emmènera du reste à assister à une conférence de Lord Dunsany dans un grand hôtel de Boston. Et là ce sera le coup de foudre : Robert Blake rencontre Lovecraft qui participait lui aussi à l’événement et dont il venait de lire avec enthousiasme Par-Delà le Mur du Sommeil. Lovecraft l’invite à Providence pour prolonger l’échange (fin du tome 2).


L’ouvrage est original, car c’est beaucoup plus qu’une BD. En dehors des cases et des bulles, le récit est enrichi par des extraits du journal de l’apprenti-écrivain qui essaie de décrypter ce qui lui arrive. Ce journal, écrit à la main façon lettres de Lovecraft, est accompagné de divers documents qui donnent de la consistance à la narration : extraits d’une brochure d’un occultiste (Robert Suydam de Red Hook) sur La Sagesse des Etoiles, 



 bulletin paroissial d’une Église de Salem (Innsmouth) qui voue un culte aux Profonds, croquis réalisés par la fille Whateley prisonnière de sa folie… 


On ne peut qu’attendre avec impatience la suite !

vendredi 16 septembre 2016

JEAN ALAIN SIPRA, RIP

Notre ami et fidèle adhérent, Jean Alain Sipra, s'est éteint le 7 septembre dernier.à l'âge de 82 ans.


 

Il était une figure de légende de la Colline, notamment de par son implication dans l'association "Terre de Rhedae" de la belle époque. Il en était un pilier rédactionnel, émaillant les bulletins de ses chroniques historiques toujours originales. De formation d'ingénieur, il n'en était pas moins un boudetologue avisé. Je lui avais dit un jour, "il faudra que tu m’écrives un la vraie langue celtique pour les nuls". Il est revenu me voir un an après avec ce monumental pavé.



 Je le retrouvais tous les ans à l'Hostellerie de Rennes-les-Bains où il venait se ressourcer, retrouver sa famille d'Espéraza et participer à nos conférences de l'été.



A sa famille et à sa charmante épouse, toutes nos sincères condoléances.



 

mercredi 7 septembre 2016

COMMUNIQUÉ DE JEAN HAUTEPIERRE



EVENEMENT POETIQUE TRES PARTICULIER

J’annonce pour ce jeudi 22 septembre 2016, jour de l’automne, un événement poétique très particulier à l’occasion de mon intervention au Cénacle du Cygne (à La Cantada, 13 rue Moret, Paris 11e), qui aura lieu comme presque toujours au début de la soirée (soit vers 20h00-20h30). Cet événement est tellement particulier qu’il pourrait être unique dans tout le siècle, voire dans tout le millénaire. Ce caractère ne tient pas à ma personne (comment aurais-je une telle outrecuidance ?) mais au seul fait que, par sa nature même, il s’agit d’un événement qui a eu peu de précédents et qui pourrait n’avoir aucun successeur.

JEAN-MICHEL NICOLLET AU SALON DES LITTERATURES MAUDITES (Charleville Mézières)


Le talentueux Jean-Michel Nicollet sera à Charleville ce week end.


On pourra y admirer notamment les originaux de ses illustrations de couverture des ouvrages de la collection Néo.



Il sera accomagné de Marie Mallard qui dédicacera son dernier ouvrage, réalisé avec Thomas Day :


LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'HORREUR VENUE DES COLLINES, F.B. Long





L’Horreur venue des Collines de Frank Belknap Long (1929, in Weird Tales 1931) est une production assez remarquable du « Lovecraft Circle ». Ce n’est pas une révision à proprement parler, mais un produit d’inspiration qui va jusqu’à incorporer et poursuivre un rêve de Lovecraft (cf Le peuple ancien, 1927). Tous les ingrédients du mythe sont réunis et donnent naissance à une nouvelle créature diabolique, Chaugnar Faugn.
La thématique est assez classique ; nous la retrouverons dans Surgi du fond des siècles (1933, une révision pour Hazel Heald) : un musée qui reçoit une statue maudite. Le héros est ici Algernon Harris, jeune et brillant conservateur du département d’archéologie au Manhattan Museum of Fine Arts, et digne successeur à ce poste de feu Halpin Chalmers (cf Les Chiens de Tindalos). L’un de ses collaborateurs, Clark Ulman, lui rapporte d’Asie une créature monstrueuse, sorte d’éléphant avec des tentacules et des palmes, en lui demandant de le détruire après examen car il en a tété la victime. Et de suivre le récit d’une traque archéologique mouvementée au terme de laquelle le gardien du temple où est adorée Chaugnar accepte de lui remettre la statue pour l’amener en Amérique, à condition de la nourrir. Ce que la sympathique bestiole fera de sa propre initiative en vidant l’archéologue de son sang. On apprend du reste en aparté que Chaugnar est un grand voyageur et qu’il a déjà séjourné dans les Pyrénées. Ulman va décéder alors que plusieurs meurtres atroces sont commis dans le musée. Le dossier d’investigation sera pris en charge par le Dr Henry Imbert, une haute autorité américaine en matière d’ethnologie et son ami, Roger Little, détective psychique. Très versé dans l’étude des mythes, mais aussi fin connaisseur de la physique quantique, ce dernier embraye immédiatement lorsque Harris lui résume l’affaire ; ce Chaugnar n’est pas un inconnu et lui rappelle un étrange rêve qu’il avait fait ; cela se passait dans les Pyrénées sous l’occupation romaine où un peuple très ancien se livrait à de sinistres rituels dans la région de Pomelo. Little a par ailleurs mis au point une machine spatio-temporelle, capable de voyager dans les quatre dimensions. Celle-ci sera utilisée pour traquer Chaugnar qui s’est échappé du musée afin de le renvoyer dans d’autres contrées.
Ce mini-roman se termine par un débriefing en compagnie de Little qui explique (clin d’œil à Lovecraft, cf Les Montagnes Hallucinées) avoir été en présence d’une créature bien matérielle, venant d’autres dimensions, mais sans aucune connotation divine. 


samedi 3 septembre 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CIMETIERE DE L'EFFROI, Donald Wandrei





Le Cimetière de l’Effroi (Donald Wandrei, 1931, Dead Titans, Waken, ; 1948 sous le titre de The Web of Easter Island ; 1954 Cimetière de l’Effroi, Fleuve Noir). Une autre perle du « Lovecraft Circle », une nouvelle pour laquelle Lovecraft a suggéré de nombreuses révisions et qu’il considérait comme un chef d’œuvre : Je pense que vous aimerez le roman de Wandrei... tout particulière­ment la seconde moitié, d'une poésie cosmique, dont certains chapitres atteignent des sommets nouveaux dans l'horreur... Wandrei était un correspondant et ami de Lovecraft. Il fondera, après sa mort, Arkham House avec Derleth. On lui doit les deux premiers tomes des Selected Letters.
Et c’est vrai que cette nouvelle est une petite perle. Joshi, dans The Rise and the Fall of the Cthulhu Mythos (2008, cf infra) consacrera deux pages à se demander si cette nouvelle est à classer dans la famille du Mythe ou pas. L’influence de Lovecraft est en tout état de cause évidente avec une nouvelle race de Grands Anciens, les Titans, et des rituels en langage de R’Lyeh (ou langue duriaque) qui laisse suinter, sous forme de contractions, le nom de Cthulhu. Nous sommes en Angleterre, dans la région d’Isling où un jeune garçon meurt dans des conditions horribles aorès avoir récupéré une étrange statuette dans le cimetière local. Ses parents, ayant conservé l’objet, connaîtront le même sort. La presse fera écho de ce mystère, ce qui attirera l’attention de Carter Graham, archéologue et conservateur du musée Ludbury. Celui-ci fera une enquête au cimetière et retrouvera la statuette et une étrange dalle pivotante. Il emportera la statuette et rentrera chez lui par le train, traim qui va subir un accident effroyable, perdant par cette occasion le précieux objet. Il reprendra ses investigations dans le cimetière et à l’aide d’un collègue descendra dans la cavité située sous la dalle. Le cable d’escalade s’étant rompu, il partira à la recherche d’une autre sortie, laissant son ami sur place. Il finira par déboucher à Stonehege. De retour sur les lieux, il retrouvera son partenaire affreusement décomposé. Il en sera de même du Professeur Charles Alton à qui il avait confié, pour décryptage, des copies des inscriptions relevées dur la dalle. Dans ses notes, il est question de Titans qui attendent qu’on les invoquent par le biais d’un Gardien du Sceau.
La presse se fait l’écho de crimes mystérieux et de rituels sataniques perpétrés tout autour de la planète, alors que les poètes et les artistes les plus sensibles deviennent fous (thème cher à Lovecraft !). Mais c’est sur l’île de Pâques que les phénomènes les plus inquiétants semblent se produire. Et d’embarquer pour cette destination, le voyage laissant le temps à Graham de mettre ses notes au clair. Prétexte pour nous offrir un intéressant récit sur la vie du chercheur, qui a plongé corps et âme dans l’archéologie pour tenter d’oublier la douleur consécutive à l’assassinat de sa femme bien aimée. Il nous explique avoir rencontré un sage au Tibet qui lui a lu quelques passages du Livre des Livres (Necronomicon ?). Il y est question également des Titans, du Gardien du Sceau, mais également de l’élu qui peut arrêter le processus de réveil par une incantation appropriée.
L’Ile de Pâques est déserte et soumise à une agitation géologique surprenante. Sur une colline, il retrouve la statuette et sa dalle, le tout enveloppé par une colonne de lumière qui ne cesse de s’élargir, l’amenant à se réfugier dans la mer. Il prononce le rituel de l’élu et sera sauvé pas un vaisseau volant qui l’emménera dans son monde, à des milliers d’années plus tard. Les indigènes possèdent une culture colossale et lui montreront l’évolution de la planète depuis son époque. Alors qu’il en a le choix, il décidera de rester dans ce monde futur.
Grands Anciens, Anciens Astronautes, Archéologie Mystérieuse, Livres Maudits, langage non humain et Science-Fiction, quel excellent cocktail !

dimanche 28 août 2016

LE THRILLER ÉSOTÉRIQUE EST-IL UN NOUVEAU MATIN DES MAGICIENS ?

C'est à cette question que répondra le Pr Lauric Guillaud au Salon des Littératures Maudites de Charleville-Mézières .



 


UNE EXPOSITION SUR LE NECRONOMICON ?

Mais oui, ça sera au Salon des Littératures Maudites de Charleville-Mézières à partir du 9 septembre.

 

JACKY FERJAULT ET LE MYTHE DE CTHULHU

Une exposition au Salon des Littératures Maudites à Charleville-Mézières à partir du 9 septembre :




 

LE MANUSCRIT VOYNICH EST-IL UNE VERSION ILLUSTRÉE DU NECRONOMICON ?


Joslan Keller répondra à cette question lors du SALON DES LITTÉRATURES MAUDITES DE CHARLEVILLE-MÉZIÈRES.

 

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE DEFI D'OUTRE-ESPACE, Lovecraft





Le défi d’Outre Espace (1935, The Challenge from Beyond in Fantasy Magazine, 1935). Un texte très original, réalisé sous forme de « round robin » avec C.L. Moore, A. Merritt, HPL, Robert Howard et Franck B. Long. Il s’agit du récit d’un campeur, George Campbell, qui découvre un petit cube au sein duquel se trouve un disque avec des inscriptions qui semblent être en cunéiforme. Ce disque scintille et finit par absorber le campeur pour l’amener ailleurs. Il se souvient en esprit de l’étude réalisée par le Révérend Arthur Brooke Winter-Halls sur les mythiques « tessons ou elytres d’Eltdown » dont il avait réalisé le décryptage. Il existerait une race d’extra-terrestres, en forme de vers, capables par ce cristal d’absorber un individu pour lui soutirer ses connaissances, et vice-versa pour le ver à l’apparence humaine. Et Campbell de visiter l’immense bibliothèque de ces créatures qui n’est pas sans rappeler celles de Dans l’Abîme du Temps. Le campeur réussira à s’enfuir et pénétrera dans le temple du Dieu indigène qu’il tuera, prenant sa place. Pendant ce temps, le corps de Campbell se traînera dans la forêt sous forme de loup-garou et finira par se noyer dans un lac.

mercredi 24 août 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE MODELE DE PICKMAN, Lovecraft





Le modèle de Pickman (1926, The Pickman Model in Weird Tales, 1927). Ce texte est certainement celui dans lequel Lovecraft exprime le mieux sa fascination pour l’art macabre. Il s’agit du récit d’un dénommé Thurber, fasciné par les créations du peintre Richard Upton Pickman qu’il rencontre à l’Art Club de Boston, musée qui vient de refuser d’exposer un de ses tableaux intitulé Le Festin des Goules.
Les artistes, les vrais artistes connaissent l'anatomie de la terreur, la physionomie de la peur. Ils savent lier leurs tracés, leurs perspectives avec nos instincts les plus profonds et nos terreurs ancestrales. Leurs contrastes si singuliers, leurs jeux de lumière éveillent en nous ce sentiment latent d'étrangeté. Je n'ai pas besoin de vous expliquer comment une œuvre de Fuseli nous fait frissonner tandis qu'on se mettra à rire devant la couverture d'une nouvelle fantastique à dix cents. Ces créateurs perçoivent quelque chose, quelque chose qu'ils parviennent, l'espace d'un instant, à nous transmettre. Doré y parvenait. Sime y parvient. Angarola de Chicago aussi. Et Pickman y parvenait à un degré qui n'avait jamais été atteint auparavant et, que le ciel m'entende, qui ne sera plus jamais atteint.
Il finit par sympathiser avec l’artiste avec lequel il a de longues discussions, dans le cadre de la rédaction d’une monographie sur laquelle il travaille et consacrée à L’Art Ésotérique. Pickman l’entraîne dans le vieux quartier de Copp’s Hill où il réside, et où habita le démonologue Cotton Mather. Je pourrais vous montrer la maison où il a vécu et une autre dans laquelle, malgré ses rodomontades, il était trop lâche pour entrer. Il en savait plus long que ce qu'il a écrit dans ce stupide Magnialia ou dans Les merveilles du monde invisible. On dirait le titre d'un livre pour enfants !
Mais le véritable atelier du peintre se trouve dans la cave d’une vieille masure abandonnée où il entraîne l’étudiant. Et là, c’est le choc : Je n'essayerai pas de décrire ces œuvres : l'atrocité, l'horreur blasphématoire, une incroyable abhorrence et l'abomination morale émanaient de touches subtiles, que les mots seraient impuissants à décrire. Il n'y avait là nulle ressemblance avec les techniques saisissantes de Sidney Sime ou les étendues trans-saturniennes, les thallophytes lunaires qui glacent le sang dans les toiles de Clark Ashton Smith. Les paysages ne représentaient que des cimetières, des forêts, des falaises de bord de mer, des tunnels de briques, des pièces lambrissées ou de simples caveaux de pierre. Le cimetière de Copp's Hill, tout proche, était le panorama le plus représenté. Mais ce qui terrifie le plus le visiteur, c’est l’incroyable vérité des visages des monstres représentés, ces maudits visages qui semblaient lorgner hors du cadre en bavant, comme animés d'une vie propre ! Bon sang, mon vieux, j'avais vraiment l'impression qu'ils étaient vivants ! Pour animer ce cauchemar, cet infect sorcier avait étalé sur sa palette les feux de l'enfer et employé un bâton de sorcier comme pinceau.
Et de pénétrer dans le sanctuaire secret de Pickman, une pièce voûtée au milieu de laquelle se trouve un puits recouvert d’un couvercle en bois. Découvrant avec horreur un tableau en cours, Thurston se met à hurler. Il s’enfuit, un croquis entre les mains alors que l’artiste tire plusieurs coups de feu. Il explique à son visiteur que son cri a réveillé un troupeau de rats. L’étudiant découvrira en rentrant chez lui que le croquis est en fait une photo représentant un monstre abominable sortant du puits. On ne retrouvera jamais Pickman.

lundi 22 août 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : AIR FROID, Lovecraft





Air Froid (1926, Cool Air in Tales of Magick and Mystery, 1928, Weird Tales, 1939). Un récit au décor autobiographique mettant en scène un jeune écrivain sans le sous qui migre dans un appartement bon marché dans la 14 ème rue Ouest de New York[1]. Il est perturbé par des odeurs d’ammoniaque qui filtrent de l’appartement du dessus. La concierge lui explique qu’il s’agit de la demeure du Dr Munoz, un médecin célèbre gravement malade qui vit en recourant à de nombreuses drogues. Frappé une nuit par une crise cardiaque, l’écrivain se précipite chez son voisin. Il est reçu dans un appartement magnifique par un personnage distingué qui le sauve. Il lui explique que pour survivre, il doit vivre dans le froid produit par une machine qui fonctionne à l’ammoniaque. Suite à une panne de pompe, le médecin appelle à l’aide son voisin qui, à défaut de trouver rapidement la pièce de rechange, part quérir de la glace. Il retrouvera le médecin dans son laboratoire, liquéfié, mais ayant eu le temps de griffonner quelques mots sur un papier expliquant qu’il était mort depuis 18 ans.


[1] Résidence de son ami George Kirk.