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samedi 23 juin 2018

LECTURES CROISÉES D'UN IMAGINAIRE DU TEMPS DANS INCOHERISM

Lectures croisées d’un imaginaire du temps

Lectures croisées d’un imaginaire du temps. Essai d’anthropologie historique comparée sous la direction de Georges Bertin. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com
Cet ouvrage collectif  offre un très beau sommaire au lecteur passionné par la recherche sur l’imaginaire : Pour une herméneutique du temps de Georges Bertin – Le calendrier celtique de Paul Verdier – Carnaval ou le Temps à  l’envers de Georges Bertin – Banvou, histoire d’un nom au Pays des Grandes merveilles par Claude Letellier – Le temps des Indo-européens de Bernard Sergent – Imaginaire et histoire cyclique par Lauric Guillaud.

Couv Imaginaire

Afin d’explorer les mythes en leur multiples dimensions et d’en retirer connaissances et expériences, Georges Bertin propose la mise en œuvre d’une herméneutique du temps. En s’appuyant sur les travaux de personnalités fort diverses comme Henri Laborit, Jean Borela ou Gilbert Durand, c’est une véritable pédagogie du mythe que recherche Georges Bertin :
« Celle-ci est à la fois :
– instituante, en fixant les mythes dans une tradition, un terroir, un topos particulier, ce qui entraîne une limitation de leur sens,
– spéculative dans la mesure où le Mythe doit rester intelligible aux groupes sociaux concernés, puisqu’il permet de poser à son sujet la question de l’être, il est facteur de communication et Marcel Mauss nous enseignait jadis qu’on ne peut communier et communiquer entre hommes que par symboles.
– intégrative, car il ne devient efficace qu’intégré à soi-même et nous amène à édifier notre corps spirituel en même temps que nous l’accomplissons selon sa vérité profonde. L’herméneutique l’actualise comme il nous actualise. »
Carnaval est un thème idéal pour Georges Bertin en raison de sa proximité, de son intimité même, avec l’imaginaire. A la fois intervalle et célébration, Carnaval est indissociable de Pâques et du Carême. Le fou, le charivari, les veillées mascarades et cavalcades, la mise à mort du roi, l’enterrement de Carnaval évoquent la dimension dionysiaque de cette fête dont la fonction sociétale fut de première importance, notamment aux 15e  et 16e siècles :
« La contre-culture qui éclot à cette époque, indique Georges Bertin, y gagne en même temps que, au sens propre, ses lettres de noblesse, une audience et une reconnaissance publique. Le réalisme et la provocation de l’Art Roman, le monstrueux présent dans toutes les églises sont là pour en témoigner, au même titre que l’exaltation du bas corporel, de la laideur et du grotesque dans les images d’une fête populaire laissant issir tout ce qui avait trait au bas ventre.
De fait toutes les tendances régressives, les plaisirs et défenses d’ordinaire contenus pouvaient se donner libre cours dans le Carnaval.
La licence extraordinaire que l’on pouvait constater dans les manifestations de la fête des Fous, du Carnaval était en effet profondément ambiguë : contestation de l’ordre établi, libération du paraître et du discours en même temps que récupération, exutoire, et au bout du compte confortement de l’ordre social. »
Et Georges Bertin d’avertir avec force et raison :
« Que disparaisse Carnaval de nos pays aseptisés, de nos systèmes culturels où déjà règnent en maîtresses absolues téléparticipation mentale, société du spectaculaire et imageries virtuelles, et le souffle froid de la mort sociale se ferait bientôt sentir, présageant sans doute inévitablement le retour de dieux beaucoup plus violents.
Entre le multiple et l’un, entre le temps des origines et celui de la nécessité, tant que vit la fête carnavalesque vit encore sans doute notre liberté. »
Les différentes contributions rassemblées dans ce livre relèvent de cette anthropologie de l’imaginaire que Gilbert Durant a promu, discipline qu’il y a urgence à reconnaître comme des plus essentielles à l’humanité.

jeudi 21 juin 2018

VOUS AVEZ DIT CONTRE-CULTURE ?



J’ai baigné, dès le début de mon aventure intellectuelle, dans la contre-culture, même si je n’aime pas cette expression. Il est vrai que ce mouvement est né contre la culture dominante, qualifiée de bourgeoise et de capitaliste. Mais ce « contre » a été rapidement dépassé pour laisser place à « de marge », « différente », « à côté ». Et du reste, plusieurs des « vedettes » de la contre-cultue on rejoint les rangs de la « culture tout court », leurs talents leur ayant donné droit de cité aux côtés des plus grands. Il suffit de se promener au Mo’Ma à New York pour voir la place qui est réservée à Andy Wharhol. Je ne parle pas de Bob Dylan qui a reçu un prix Nobel.
De nombreuses zones restent à explorer dans cet « à côté », comme les angry young men anglais qui ont précédé la beat génération. Il s’agissait d’ouvrir les portes et de laisser les jeunes artistes respirer pour s’épanouir. Cette période a été romancée avec talent par Colin Wilson dans Soho à la dérive et théorisée dans The Outsider. Ce besoin d’ouvrir les portes est fondamental et il a été magnifiquement illustré par Le Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier et l’aventure de la revue Planète. On n’a pas fini de mesurer l’impact de ce mouvement sur la pensée et la littérature contemporaine. Il ne faut pas non plus négliger l’aventure du « fandom » comme véhicule extraordinaire d’exploration des marges. Ces publications d’amateurs, souvent mal ficelées, ont permis de regrouper des passionnés solitaires autour de leurs thèmes de prédilection. Les fanzines de l’imaginaire des années 70/80 ont notamment amené à faire « péter les barrières » et de révéler de nouveaux talents qui se retrouveront plus tard dans des collections grand public. Ce phénomène a existé de tout temps. Il suffit de retracer la carrière de Lovecraft pour voir comment la presse amateur a forgé sa personnalité en lui donnant de premiers débouchés .

Le livre de Jean Rouzaud, Contre-culture (Nova, 2018) est un livre jubilatoire, qui se lit à petites gorgées. Auteur phare du mouvement punk avec Ze Craignos, il nous propose aujourd’hui un dictionnaire qui plongera le lecteur dans un univers halluciné à la rencontre d’écrivains, de peintres, de cinéastes, de musiciens et de groupes qui ont tous franchi un jour la « frontière ». La contre-culture, selon wikipédia, est un terme utilisé pour caractériser l'explosion des mouvements contestataires de la jeunesse du monde libre envers la domination culturelle de la bourgeoisie. Il s'agit de courants nés dans les années 1960 aux États-Unis (culture hippie notamment) et qui éclosent après Mai 68 en France. La contre-culture fut représentée par des organes de presse comme le magazine Actuel (première et deuxième époque), le quotidien Libération (première époque), la librairie Parallèles, le Novamag et les Éditions Alternatives, les premières radios libres, les labels de musique indépendants, etc.
Jean Rouzaud reste fidèle aux figures historiques du mouvement, évoquant la Beat Generation, le sulfureux Kenneth Anger, Bob Dylan, William Burroughs, Bunuel, Led Zeppelin, Nico, Andy Wharhol et bien d’autres icônes des années 60 et 70. Mais il brasse beaucoup plus large, faisant entrer dans sa galaxie déjantée Baudelaire, Alain Bashung, Michel Houellelbeck ou Marcel Duchamp. Et j’ai la modestie d’avouer avoir découvert dans cette mine nombre d’artistes qui m’étaient jusqu’alors inconnus.
Je regretterai cependant que le livre ne s’ouvre pas sur une préface dans laquelle l’auteur donnerait sa vision de la contre-culture. Il est vrai que le matériau brut qu’il nous propose parle de lui même : nous sommes dans les terres enivrantes de « l’hors normes ».

mardi 12 juin 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'AUBE DES EXTRATERRESTRES, Colin Wilson





L’Aube des extraterrestres (1998, Le Rocher 2000) est un livre important de Colin Wilson, passé malheureusement inaperçu lors de sa publication, alors qu’il pose clairement un décor qui nous est bien connu aujourd’hui, notamment par les travaux du groupe « OVNI-Conscience ». Et même si les OVNIS sont bien le prétexte de l’étude, l’auteur englobe dans sa recherche les phénomènes paranormaux, apparitions mariales et autres manifestations étranges. Son enquête est éclairée par sa fameuse « faculté X » (cf L’Occulte) et sa lancinante quête d’un « élargissement de la conscience », à la traque de facultés inexploitées.
Wilson s’appuie très largement sur les travaux de Jacques Vallée. Rappelons que ce dernier entrevoit dans le phénomène ufologique un système de “contrôle” évolutionniste terrestre, opérant sur l’inconscient collectif de notre espèce, d’où une vision holistique au travers d’exemples de phénomènes folkloriques ou contemporains sortant de l’ordinaire humain. Il se réfère également à Bud Hopkins et à ses incroyables enquêtes sur « les enlèvements ». Il se tourne enfin fréquemment vers la mécanique quantique, nous offrant de magnifiques pages de vulgarisation qui ne sont pas sans nous rappeler celles de Dos Santos dans La Formule de Dieu. 
Il en arrive à la conclusion que quelque chose essaie de communiquer avec nous, mais que cela ne peut se faire directement, comme s’il y avait nécessairement une part de mystère…. Il y a une bonne dose de « mystique » dans ce phénomène.

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mardi 5 juin 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA CLEF D'ARGENT DES CONTRÉES DU RÊVE, collectif





Belle idée que de consacrer un recueil de nouvelles aux Contrées du Rêve. La Clé d’Argent des Contrées du Rêve (Mnémos 2017) poursuit de la sorte le travail important déjà effectué sur ce sujet avec la traduction de Davis Camus (Les Contrées du Rêve), le guide de Kadath et le recueil de Brian Lumley (Légendes des Contrées du Rêve). L’ouvrage s’ouvre sur une introduction fort intéressante de Frédéric Weill, montrant toute l’originalité de cette création de Lovecraft. Le recueil comprend 11 nouvelles, et comme d’habitude, il y a du bon et du moins bon, du téléphoné et quelques petites perles.
J’ai classé mes notules par ordre d’intérêt croissant (de 1 à 10), ce qui est évidemment totalement subjectif et n’engage que moi !

3 – David Calvo nous parle dans Mkraow des chats d’Ulthar, de façon certes poétique, mais sans aucune trame.

4 – Avec Urjöntaggur, Fabien Clavel nous entraîne sur les traces du Lieutenant A. Desplagnes, militaire à la « coloniale », mais aussi explorateur à ses heures perdues. Il est hanté par des rêves récurrents dans lesquels il voit une tombe gigantesque remplis de cadavres « noirs », une cité inconnue et un rocher rouge. Les médecins sont incapables de le débarrasser de ces songes qui lui pourrissent la vie. Mais l’un d’entre eux croit reconnaître dans sa description du rocher l’Ayers Rock qui se trouve au centre de l’Australie. Et de monter une expédition qui ne fera qu’accroître ladite maladie. Il tombera en transe au pied de la formation rocheuse en tenant des propos incohérents (Kadath, le château d’Onyx, Shantaks) et en affirmant avoir rencontré le Grand Ancien Urjöntaggur qui lui demande de le libérer de Nyarlathotep. La chute sera un peu confuse, et le Lieutenant reviendra en métropole à moitié fou avant de se faire tuer sur le front près de Charleroi.

Livres :
° Le Plateau central nigérien, A. Desplagnes
° Les mystères de l’Australie, id

4 – Dans Caprae Ovum, le rêveur erre dans une cité décrépie et découvre dans une barge pourrie un mystérieux cartulaire qui lui donne une idée de la géographie des lieux. Il retrouve une émanation de sa maison dans le monde de la réalité, mais n’y entre pas car elle semble maléfique. Il pénètre dans une crypte où était célébré le Culte de la Chèvre puis suit un groupe de pèlerins qui se dirigent vers un pic dans lequel est creusé une caverne. C’est le nouveau sanctuaire du Culte, et il va enfin pouvoir contempler la statue de la divinité avec son… œuf. Manifestement le but de sa quête, afin de le ramener dans le monde normal où il pourra éclore. Le texte est accompagné d’une illustration qui renforce notre éclat de rire !

Livre :
° Le Cartulaire encyclopédique des hautes et basses terres du rêve.

5 – C’est sous forme d’un long poème que Thimothée Rey nous conte l’aventure de Ylia de Hlanith. Une jeune fille recluse chez ses parents, commerçants dans les Contrées. Elle rencontre un jour une créature diaphane, un nouvel arrivant dans le monde des rêves. Elle accepte de répondre à ses questions. Il lui dit s’appeler Howard, et muni d’une Clé d’Argent, il est à la recherche de son Archétype Suprême. La jeune fille lui subtilisera la clé, pensant pouvoir ouvrir la porte qui la ramènera au monde de l’éveil. Mais elle ne fera que libérer les Grands Anciens qui patientaient de l’Autre Côté pour envahir les Contrées.

6 – Nos amis Ward & Miller nous font rencontrer, dans Le Rêveur de la Cathédrale, Kevin, un jeune guide de la Basilique de Saint-Denis. Dans une arrière crypte de l’édifice, il trouvera une vieille clef alors qu’une forme nébuleuse qui lui dit s’appeler Randolph Carter lui demande de le délivrer. Au sortir de la cathédrale, il se retrouve… dans Kadath. Il sera transporté au Château d’Onyx par des « maigres bêtes de la nuit », plongera dans les souterrains et, grâce à la clef, libérera Randolph Carter, prisonnier de Nyarlathotep. Il reprendra conscience dans la crypte de la cathédrale où il ne sera pas reconnu par les gardiens de nuit. Il est devenu un vieillard du nom de … Randolph Carter.

7 – Morgane Caussarieu nous apporte un peu d’humour félin avec Les Chats qui rêvent. On suit les aventures d’un petit chaton, prisonnier avec ses congénères d’un Vieil Homme morbide qui les martyrise Ce dernier passe son temps à étudier un ouvrage ancien en psalmodiant des invocations incompréhensibles. La maman chat parle à son rejeton de la magnifique cité d’Ulthar, qu’elle visite régulièrement en rêve. Le chaton arrivera à s’échapper pour rejoindre le paradis des chats mais sera attaqué par des créatures immondes qui l’enverront au paradis tout court !

8 – Belle petite pièce que De Kadath à la Lune de Raphaël Granier de Cassagnac. Le héros s’embarque avec le capitaine Omen au Port du Bout du Monde, à la recherche de sa belle. Ils croiseront Serranie, la Cité des Nuages où Kuranès leur remettra une carte des Contrées, Dylath-Leen, Ulthar ; ils rencontreront un dieu clochard et un sculpteur de rêves puis partiront pour la Lune sur les indications de certains prêtres. Le héros sera attaqué par des crapauds immondes et se retrouvera sur le plateau de Leng dont il sera expulsé par l’Innomé. Il poursuivra sa recherche à Paris où il se réveille et retrouvera une ombre qui a son propre visage. « Jamais je n’aurais dû quitter Kadath ! ».  On croirait lire du Lovecraft ! Bravo.

8 – Bien ficelé également Le Tabularium de Laurent Poujois qui nous présente la caste des Arpenteurs, chargée d’établir la Carte des Marcheurs du Rêve. Nous sommes invités à participer à l’exploration d’un secteur fort mal connu des Contrées, le Dédale, dont personne ne semble être revenu vivant. En compagnie d’un marchand qui laisse pourtant entendre qu’il connaît le secteur, les Arpenteurs découvrent un gouffre au fond duquel se déploie une somptueuse cité d’albâtre. Le marchand s’écrie « enfin » avant de se réveiller dans le monde réel où il sera conduit dans un asile psychiatrique.
Cette nouvelle ne demande qu’à se transformer en jeu de rôle.

9 – Avec Le Corps du Rêve, Neil Jomunsi nous fait rencontrer une petite famille de 6 enfants, réfugiés dans les Contrées suite à une catastrophe (guerre ?) dans le monde de l’éveil. Ils vivent dans une grande demeure que l’aînée a façonnée à partir de ses souvenirs. Mais ils sont sans cesse menacés par des attaques du Rêve, les contraignant à se calfeutrer et à se cacher dans les sous-sols de la demeure. Une dernière attaque particulièrement violente détruira une partie de la maison…. que le Rêve reconstruira selon les canon architecturaux des Contrées et non de l’Éveil. Émouvant.

9 – Vincent Tassy, dans Le Baiser du Chaos Rampant, nous fait partager la quête d’une jeune femme, mal dans sa peau, qui se réfugie dans les Contrées pour rencontrer Nyarlathotep dont elle est éperdument amoureuse. Un périple haut en couleurs, comme il se doit, avec une petite incursion dans le monde du dessous, infesté de goules dont une lui ressemble étrangement. Elle finira par rejoindre le château du Prince Noir qui, entre deux étreintes, lui révélera sa véritable nature. Elle est la fille d’un écrivain fantasque, Howard, et de son épouse Sonia qui lui avait caché sa grossesse, comprenant bien que son mari n’était pas fait pour vivre en ce monde. On l’aura compris, Lovecraft est désormais une goule dans le monde du dessous.

10 – Mon coup de cœur pour Les Fragments du Carnet de Voyage Onirique de Randoph Carter qui se présente comme un document inédit mystérieusement récupéré par l’éditeur. Mnémos aime bien les « vrai-faux » lovecraftiens… et moi aussi ! La première partie qui nous est présentée ici, et qui sent bon la plume de Davis Camus, est un Fragments d’Atlas des Contrées du Rêve. Un document original, présenté sous forme d’encyclopédie, et qui, pour chaque entrée, reprend ce que Lovecraft en a dit. Fallait le faire, et c’est fait !

lundi 4 juin 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : VATICANUM, J.R. Dos Santos





Dos Santos est manifestement fasciné par la religion catholique – même s’il se déclare incroyant- et avec Vaticanum (Pocket, 2017), l’auteur nous entraîne dans les méandres les plus glauques du Vatican. On n’est pas dans le registre des thrillers métaphysiques flamboyants (La Formule de Dieu, La Clef de Salomon ou Signe de Vie), mais dans un honnête « polar pontifical », catégorie de fictions foisonnantes que nous avions étudiée dans notre Le Polar Ésotérique (EODS, 2016). Le héros en est la Pape François, terrorisé par les Prophéties de Malachie et le troisième secret de Fatima : il serait le dernier Pontife, et son règne se terminerait par sa mort, dans le feu et dans le sang. Il est persuadé que pèse sur lui une menace. Celle-ci qui va se matérialiser rapidement par son enlèvement par un groupe islamiste qui annonce sa décapitation « en direct », faute aux grandes nations de se soumettre au Califat ou de payer la dîme des infidèles. Panique mondiale, explosion de guerres de religions, tensions dans les Balkans, l’émotion est immense. Mais l’enquête que va mener l’inépuisable Thomas Noroña va nous entraîner sur de curieux chemins : celui des scandales financiers du Vatican, de la banque Ambrosiano et de l’IOR. De gigantesques machines de blanchiment ont été mises à jour, et après Jean-Paul I dont le décès reste suspect, le Pape François est bien décidé à faire le ménage dans le marigot cardinalice dont les liens avec la maffia sont plus que suspects. L’argent permet de faire beaucoup de choses, jusqu’à demander à la Famille de commanditer à Daesh le Crime Suprême.
Comme toujours chez Dos Santos, le récit est très documenté et sa partie sur la diabolisation de la finance vaticane à elle-seule justifie de dévorer ce bouquin.