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jeudi 11 décembre 2025

DRACULA: A LOVE TALE (2025) - LUC BESSON - VERSION 4K UHD Blu-ray

 


Luc Besson orchestre en 2025 un retour singulier au cinéma fantastique en s’appropriant le mythe de Dracula, librement inspiré du roman de Bram Stoker. Intitulé à l’international Dracula: A Love Tale, le film s’écarte des sentiers balisés du récit gothique traditionnel pour plonger au cœur d’une fresque romantique, où l’éternité devient le théâtre d’un amour impossible. Portée par une mélancolie diffuse, cette relecture s’attarde sur la solitude abyssale d’un être maudit, consumé par sa passion et condamné à errer dans l’ombre de ses désirs inassouvis.

Le film était à découvrir en août dernier dans les salles obscures. Il s’offrira en fin d’année une sortie en vidéo disque. Outre une édition simple Blu-ray déjà disponible en précommande depuis quelques temps, une édition 4K UHD Blu-ray verra finalement le jour chez M6 Vidéo. Avec au choix : une édition combo standard et édition spéciale Fnac.

Les bonus attendus sont les suivants :

- Making of (14 min)
- Documentaire « Dracula- L’Immortel » (30 min) (édition Fnac)

La sortie est annoncée pour le 2 décembre prochain sur le marché français. Les précommandes restent ouvertes.

Rappelons qu'une édition 4K Ultra HD Blu-ray verra finalement le jour chez M6 Vidéo ! Précommandes ouvertes en France pour une sortie fixée au 2 décembre.

🧛‍♂️ Dracula – Édition Spéciale Fnac (4K UHD Blu-ray + Blu-ray)
👉 Disponible ici chez Fnac

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👉 Disponible ici chez Fnac, et ici chez Amazon

© Source



mercredi 12 novembre 2025

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : STOKER & DRACULA, LA FABRIQUE D'UNE LÉGENDE, Adrien Party

 


Après son monumental traité de Vampirologie (Actu SF 2023), Adrien Party persiste et signe avec Bram Stoker & Dracula, la fabrique d’une légende (Actu SF 2025). Un travail d’une érudition époustouflante sur les influences de l’auteur, sur la réception du livre du vivant de Stoker et sur son incroyable descendance. Dracula, comme Sherlock Holmes, Tintin, Bob Morane ou Cthulhu, a complétement échappé à son géniteur et vit désormais de façon autonome dans la littérature, le cinéma, la BD, le jeu de rôle etc…. L’étude est agrémentée de quelques pages d’un « carnet de voyage » où l’auteur nous fait visiter les sites « du pays où Stoker ne s’est jamais rendu ». Mais l’enquête en Roumanie semble avoir été menée au pas de course et l’on reste un peu sur sa faim alors qu’il y a tant de choses à dire sur Brasov, Bran, Sighişoara ou Poenari[1]. Sur le fond, Adrien Party n’insiste guère sur l’ombre d’homosexualité qui flotte autour du père de Dracula, évoquée dans la biographie de Alain Pozzuoli Bram Stoker, dans l’Ombre de Dracula (Pascal Galodé, 2012) et dans l’excellent roman de Joseph O’Connor Le Bal des Ombres (Rivages/Payot 2020). On regrettera également que ne soient pas évoquées des deux préquels/séquels signées par l’arrière petit neveu de l’écrivain, Dacre Stoker, Dracula l’Immortel (avec Ian Holt, Michel Lafon, 2009) et Dracula, les Origines (en compagnie de J.D. Barker, Michel Lafon, 2018). Qu’en est-il des documents soi-disant retrouvés par les chercheurs et donnant une autre couleur à l’œuvre originale, à savoir vouloir à tout prix faire rentrer l’auteur dans sa propre histoire ? Mais la ficelle est tellement grosse qu’il n’était certainement pas nécessaire d’en parler !

Dernière critique, qui ne remet pas en cause l’excellent travail d’Adrien Party : l’iconographie de l’ouvrage (essentiellement des couvertures de livres) est tout simplement atroce. Le papier « cheap » utilisé transforme la plupart des vignettes en de vilaines taches d’encre. Je suggère à l’éditeur de les supprimer en cas de retirage ! Elles n’apportent rien et gâchent le visuel de ce pavé.

 



 

 



[1] Voir par exemple Simon Sanahujas et Gwenn Dubourthoumieu avec A la poursuite de Dracula, pour le compte des Moutons Electriques (2012).

dimanche 31 août 2025

LES BALADES DU BIBLIOTHÉCAIRE :CADERONNE

 

 


🏰 Guide occulte du Domaine de Caderonne

(Commune de Couiza – Aude, 11260)

Présentation générale

Aux abords de la petite ville de Couiza, sur les rives tranquilles de l’Aude, s’élève le Domaine de Caderonne. Aujourd’hui transformé en résidence paisible et moderne, cet ensemble conserve dans ses murs les traces d’un passé bien plus ancien : celui d’une propriété seigneuriale mentionnée dès le XIᵉ siècle, à l’époque où les collines de la Haute-Vallée bruissaient des croisades cathares et des légendes de trésors cachés.


Les lieux

·       Le parc
Deux hectares d’arbres anciens, de clairières ombragées et de recoins propices aux songes. La tradition locale affirme qu’à certaines nuits d’été, on entend le murmure d’une procession invisible longeant la rivière.

·       Les caves médiévales
Sous les fondations rénovées, des couloirs voûtés s’enfoncent dans la roche. On dit qu’ils communiquaient autrefois avec d’autres domaines du Razès, formant un réseau souterrain utilisé par les moines et, plus tard, par des sociétés secrètes.

·       La façade rénovée
Malgré son confort moderne, certains voyageurs prétendent que les pierres suintent parfois une humidité étrange, et que des ombres sans source se projettent sur les murs intérieurs.


Folklore et rumeurs

·       Le spectre de l’évêque rouge : un prélat du XIVᵉ siècle, inhumé dans la chapelle disparue du domaine, hanterait encore les abords, vêtu de pourpre, demandant aux passants « où sont ses clefs ».

·       Les nuits de l’Aude : pêcheurs et riverains racontent avoir vu des silhouettes vêtues de blanc traverser la rivière à gué, disparaissant dans le parc du domaine.

·       Le lien au trésor : certains auteurs ésotériques du XXᵉ siècle évoquent Caderonne dans le sillage de Rennes-le-Château, suggérant que le site aurait servi de dépôt ou de relais aux gardiens du secret.


Conseils au visiteur nocturne

·       Évitez de vous aventurer seul dans le parc après minuit.

·       Si vous séjournez au domaine, laissez une bougie allumée dans votre chambre : coutume qui, dit-on, éloigne l’évêque rouge.

·       Ne descendez pas dans les caves sans guide local : on rapporte que les passages se déplacent comme un labyrinthe mouvant.


✒️ Note marginale

« Caderonne est calme le jour, mais à la tombée de la nuit, la rivière elle-même semble chuchoter aux murs. »
— Annotation anonyme, carnet trouvé en 1932 dans une chambre du domaine.


 

 

mercredi 31 mai 2023

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE GRAAL DU DIABLE, Giacometti et Ravenne


Les compères Giacometti et Ravenne continuent de presser le citron du crypto-nazisme pour nous proposer des trouvailles surprenantes. Avec Le Graal du Diable (Lattès 2023), ce sont nos bons vieux amis vampires qui revêtent la chemise brune. Et à la clef, il s’agit de retrouver la coupe légendaire, pas si sacrée que ça du reste. Le Malin y aurait trempé les lèvres, transformant son contenu en un breuvage infernal conférant d’étonnants pouvoirs. L’action se déroule dans une province d’Europe Centrale, le Banat, ballotée au cours de l’histoire entre la Serbie, la Hongrie et la Roumanie. De nombreuses légendes vampiriques y circulaient et on y croisera Vlad Tepes, ayant réussi à se libérer des Ottomans et cherchant à reconquérir son trône, accaparé par Radu, son frère félon. Sa route croisera celle de Barbara de Cilli, impératrice de Bohème, en quête de la jeunesse éternelle. De nos jours, cette région est sous contrôle de l’occupant nazi, sans cesse harcelé par des partisans se comportant comme des vampires. Pour tenter de libérer son amie Laure d’Estillac, prisonnière d’un Lebensborn, notre fidèle Marcas devra se mettre une nouvelle fois au service d’Himmler pour récupérer la coupe maudite et de sauver le Reich dont la débâcle vient de commencer.

On apprend en refermant le livre qu’il s’agit de la fin du second cycle du « Soleil Noir ». Mais je suis persuadé que nos deux auteurs n’abandonneront pas si facilement ce bon filon et qu’on retrouvera Marcas dans le bunker du Führer envahi par des zombies ou, que sais-je, dans une Amérique Latine où se reconstitue une internationale nazie sous le Signe de Cthulhu !


 


vendredi 15 janvier 2021

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DICTIONNAIRE DES LITTERATURES VAMPIRIQUES, Jacques Finné & Jean Marigny


 

Un dictionnaire, certes. Mais qui, à l’instar de La Bible Dracula (2010) d’Alain Pozzuoli, se lit comme un roman. Tel est le travail que nous livrent Jacques Finné et Jean Maigny avec le Dictionnaire des Littératures Vampiriques (Terre de Brume, 2020), le tout préfacé par l’auteur de l’excellente Bible. Cette véritable somme permet de mesurer l’ampleur de la littérature (et uniquement en langue française) consacrée à nos amis de la nuit. J’ai été surpris, pour ma part, de constater la part prise dans cette production par la Bit Lit et autres récits de vampires à l’eau de rose. Ce phénomène, à l’origine typiquement anglo-saxon, s’est manifestement bien adapté à l’espace francophone ! Le travail de nos deux chercheurs permet aussi de prendre un peu de recul sur le sujet, le dictionnaire recensant les auteurs, mais aussi les grandes thématiques (par pays, par genres…). Il ne manque qu’un chapitre de réflexion psychanalytique, recherchant pourquoi les buveurs de sang continuent à faire autant d’adeptes !

Le chercheur exigeant trouvera du grain à moudre. C’est ainsi que les auteurs émettent un doute sur l’authenticité de Der Fremde de Karl von Wacksman (1844, cf L’Étranger des Carpathes, 2014), voyant dans cet anté-pastiche du roman de Stoker (1897) manifestement une mystification littéraire non identifiée. Ils s’interrogent également avec pertinence sur le fait de savoir si le texte connu sous le titre L’Invité de Dracula (publié en 1914) était bien le premier chapitre du roman-culte.

Le puriste relèvera bien sûr qu’un tel travail n’est jamais exhaustif. N’est pas recensé le magnifique Dracula, mon amour de James Syrie (2010, Hachette) qui réécrit le roman de Stoker sous la plume très féminine de Mina.  Ne figure pas non plus le curieux Noces de Sang à Bucarest de Rémi Boyer (EODS, 2011) mêlant, dans le Bucarest d’aujourd’hui ésotérisme et culte du sang. On pourrait citer aussi la très belle saga de Cathy Coopman qui s’ouvre sur Les Poussières de l’Aube (Rivière Blanche, 2013), revisitant le thème du vampire à travers la narration d’une jeune femme, Susylee, qui reprend conscience à la fin du XVIII ème dans une Famille anglaise… de vampires. On y rajoutera encore Le Secret de Diana Danesti de Tony Baillargeat (La Pierre philosophale, 2015) qui nous plonge dans un ésotérisme roumain sulfureux et de surcroît mis en valeur par une belle écriture.

Mais qu’importe, la critique est facile, et je classerai précieusement ce livre dans la série des ouvrages de référence indispensables.

dimanche 13 décembre 2020

SUPERSTITIONS EN TRANSYLVANIE, Emily Gerard

 


 

 

Le Castor Astral nous donne régulièrement des petites perles vampiriques, et ce bouquin en est une. Superstitions en Transylvanie (2018) est signé Emily Gerard, une autrice écossaise mariée à un cavalier hongrois stationné en Roumanie (Sibiu). Elle donne une première description détaillée du sujet dans son article « Transylvanian Superstitions » à la page 136 du magazine littéraire anglais The Nineteenth Century de . L'article fut par la suite reproduit et développé dans son ouvrage The Land Beyond the Forest, publié en 1888. Il est évident qu’il s’agit de l’une ses sources de Bram Stoker. Je cite Emily Gerard :

« Et tant que je suis sur le sujet des orages, je pourrais aussi mentionner ici la Scholomance, une école censée exister quelque part au cœur des montagnes où tous les secrets de la nature, le langage des animaux, et tous les sorts de magie et charmes imaginables sont enseignés par le diable en personne. Seuls dix étudiants sont admis à la fois ; et quand le cours de l'apprentissage a expiré et que neuf d'entre eux sont libres de rentrer chez eux, le dixième est détenu par le diable en guise de paiement, et monté sur un Ismeju (dragon), il devient désormais l'aide-de-camp du diable et l'assiste pour « faire le temps », c'est-à-dire pour préparer la foudre. Un petit lac, infiniment profond, situé très haut dans les montagnes au sud de Hermanstadt, est censé être le creuset où est brassée la foudre, et par beau temps le dragon dort sous les eaux. »

Une citation à mettre au regard de celle de Van Helsing :

« D’après ce que j’ai appris grâce aux recherches de mon ami Arminius de Budapest, il (Dracula) était de son vivant un homme remarquable, guerrier, homme d’État, alchimiste ; et l’alchimie représentait alors le plus haut degré de la science. Il avait une puissante intelligence, une culture sans égale, et un cœur qui ne connaissait ni peur ni remords. Il eut même l’audace d’assister aux leçons de Scholomance et ne laissa sans s’y essayer aucune branche du savoir de son époque. »

Précisons encore que la voyageuse décrit précisément le « canon » qui deviendra célèbre sous la plume de Bram Stoker : 

« … Toute personne tuée par un nosferatu devient elle-même vampire après sa mort et suce le sang des innocents tant que son esprit n’a pas été exorcisé ; pour cela, il faut ouvrir sa tombe et lui enfoncer un pieu dans le cœur, ou tirer au pistolet à travers le cercueil. Un autre moyen de contenir un vampire dans sa tombe est de marcher autour de celle-ci en fumant à chaque anniversaire du décès. Pour les cas de vampirisme persistant, il est recommandé soit de couper la tête et de la replacer dans le cercueil après avoir rempli la bouche d’ail, soit d’extraire le cœur et de le brûler, puis d’éparpiller les cendres sur la tombe. »

On rappellera enfin, pour être complet que, Vámbéry a transmis à Bram Stoker les Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian von Engel (publiées au début du XIXe siècle) pour le roman Dracula : Stoker le cite à travers son personnage, Abraham Van Helsing qui dit avoir été inspiré par my friend Arminius Vambery, of Buda-Pesth University.

 

Un excellent petit livre à mettre au regard de Où sont passés les vampires ? de Ionna Andreesco (Payot et Rivages, 1997, réédition en 2004), une véritable enquête ethnologique au cœur de la Transylvanie Profonde


 https://lebibliothecaire.blogspot.com/2010/04/de-lexistence-des-vampires.html

 


jeudi 23 juillet 2020

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE BAL DES OMBRES, Joseph O'Connor






Joseph O’Connor nous offre, avec Le Bal des Ombres (Rivages/Payot 2020), une petite perle : une biographie romancée de Bram Stoker, joliment écrite et superbement traduite. Le récit commence au début de le vie professionnelle de l’auteur, obscur employé dans une administration dublinoise, alors que sa véritable passion est le théâtre et l’écriture. Et de courir les salles de spectacles après son travail, pour s’abreuver des productions de passage dont il tire des petits billets critiques pour la presse. Et c’est suite à une notule enthousiaste qu’il rencontrera Henry Irving, le célèbre tragédien shakespearien anglais. Sa vie va alors totalement basculer, et malgré le manque d’enthousiasme de sa jeune femme, il décide de suivre à Londres cet acteur hors du commun qui lui confiera la gestion de son théâtre, le Lyceum. C’est l’occasion de découvrir un Londres victorien, entre splendeur et décadence. On y devine la voix d’Oscar Wilde, celle de George Bernard Shaw, et on sent la menace de Jack l’Éventreur planer dans le brouillard.
Le personnage est à la fois bourru et tendre, travailleur forcené et manager hors pair. Il est littéralement fasciné par le maître des lieux, qui est pourtant souvent odieux avec lui, et par la diva de l’époque, Ellen Terry, qui n’en finit pas de ne pas flirter avec lui. On devine chez Stoker une sexualité trouble, bien mise en lumière dans la biographie d’Alain Pozzuoli, mais qui ne le pousse jamais à l’acte. On le voit un soir aller dans un bar homosexuel, mais les clients étaient soit trop jeunes, soit trop libidineux…
Le besoin d’écrire continue de le ronger et il s’est installé un petit refuge secret dans les combles du théâtre où il noircit des nouvelles qu’il arrive difficilement à placer, et qui seront systématiquement vilipendées par Irving. On le voit, et c’est fort intéressant, mûrir dans sa tête le projet de ce qui deviendra son roman culte. Il s’intéresse aux vampires et s’inspire de Account of the Principalities of Wallachia and Moldavia de Wilkinson (1820) et de Varney le Vampire de Ryner (1845). Le récit est de surcroît truffé de clins d’œil : il remarque sur le cou de sa jeune femme des égratignures bizarres ; Mina est le fantôme qui hante le Lyceum; il embauche pour les décors un jeune artiste du nom de Jonathan Harker mais qui est en réalité une femme travestie ; il rencontre dans un hospice un fou très distingué qui mange des créatures vivantes comme le fera Renfield….
Le roman paraîtra en 1897 ; il n’aura aucun succès. Bram Stoker le fera jouer au théâtre devant une salle vide. Il recevra dans un rêve une lettre de Dracula l’injuriant pour l’avoir ridiculisé dans son livre… Puis ce sera la fermeture du théâtre, la mort d’Irving et la solitude du vieil homme dans un hospice pour handicapés. On lâche le livre avec un sentiment de tristesse, en se disant : que de ratages dans de si beaux décors…

Illo "Crème et Marron" (C)

mardi 7 avril 2020

ANN RADCLIFFE CONTRE DRACULA, Bénédicte Coudière




Les « Saisons de l’Étrange » nous proposent, sous la signature de Bénédicte Coudière, un cross-over au titre alléchant, Ann Radcliffe contre Dracula (2020). Mais l’hémoglobine proposée prête à sourire, tant le scénario est invraisemblable laissant une désagréable impression de bâclé. Notre auteure anglaise est invitée à une réception chez le Comte qui peuple régulièrement son sommeil de cauchemars atroces. Mais elle décide pourtant d’y aller, emmenant mari et valet et cornaquée au travers de l’Europe Centrale par un guide aux canines pointues. Tout ce petit monde va disparaître en cours de route laissant Ann seule face à une jeune femme aux lèvres écarlates. Accueil rapide par le Comte qui la laisse avec un chat qui parle ! Elle se prépare pour le bal, aidée par une domestique exsangue. Le bal est somptueux et réunit la crème des créatures de la nuit. Ann s’intéresse surtout aux cocktails qui défilent et se prend une belle cuite dont elle sortira brutalement lorsqu’elle comprend que c’est à son tour de passer à la casserole. Heureusement, sorti de nulle part, son valet fait éclater les meubles dont les morceaux peuvent servir de pieux. Quant à elle, elle trouve une hache dans la cave, mais décide au dernier moment de laisser le Comte en vie. Elle s’enfuit avec son valet et son mari retrouvé drogué dans les sous-sols !
On est vraiment loin des Mystères d’Udolphe…

mercredi 28 novembre 2018

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DRACULA, LES ORIGINES, Dacre Stoker & J.D. Barker





Dacre Stoker, arrière petit-neveu de Bram Stoker, continue d’exploiter la veine (l’artère ?) familiale avec Dracula, les Origines (en compagnie de J.D. Barker, Michel Lafon, 2018).  Il faut resituer cet ouvrage par rapport au précèdent, Dracula l’Immortel (avec Ian Holt, Michel Lafon, 2009) en revenant à l’ouvrage source de Bram Stoker (1897). On sait que le manuscrit original a été tronqué, et une première partie, supprimée par l’éditeur par « manque de place », a été remise dans le circuit par l’épouse de l’auteur sous le titre de L’Invité de Dracula (1914). On sait également que la conclusion a été amputée et a donné lieu à la « sequel » de 2009, Dacre Stoker se référant à des notes retrouvées de son ancêtre. Mais la saga du manuscrit original est loin d’être terminée. Ce document a en effet été acquis par un riche collectionneur[1] qui, sous le sceau de la plus grande confidentialité, a accepté que l’arrière petit-neveu puisse le consulter. Et la surprise était au rendez-vous, la primo-version débutant à la page 102. Toujours sur bases de notes retrouvées[2] dans la famille, Dacre Stoker et J.D. Barker ont imaginé une « prequel » assez décoiffante reconstituant cette première partie manquante.
Il s’agit du récit de la jeunesse de l’écrivain irlandais, petit garçon souffreteux, vivant quasi reclus sous la protection de nanny Ellen, une employée de maison particulièrement dévouée mais au comportement bizarre. Pourquoi ces absences répétées de la maison familiale pendant plusieurs jours ? Pourquoi dormait-elle dans un lit rempli de terre ? Alors que Bram était sur le point de trépasser, elle réussira à le sauver en échangeant son sang avec le petit garçon avant de disparaître. Mais ce n’est que le début d’une saga d’horreur romantique, particulièrement bien ficelée, dont je ne dévoilerai pas le fil, si ce n’est pour préciser que l’on y retrouvera bien sûr le Prince des Carpates, mais aussi l’attachante comtesse Dölingen de Gratz. La famille et l’entourage de Bram prennent une place importance dans cette « autobiographie », notamment sa sœur Matilda et son frère, le médecin William Thornley dont la charmante épouse dépérit à la suite à de bizarres morsures constatées dans son cou. Très présent également le savant Arminius Vambéy qui est un peu la charpente sur laquelle vont s’appuyer les Stoker dans leurs mésaventures. Petit clin d’œil enfin à la fin du roman où Bram reçoit la visite d’une certaine Mina Harker qui lui demande à l’aider à retrouver son mari disparu dans les Carpates.
Inutile de préciser que, selon Dacre Stoker, ce récit, certes romancé, est véridique, mais que l’éditeur avait demandé à l’écrivain irlandais de revoir sa préface, présentant l’ouvrage comme un témoignage vécu. Il lui aurait également conseillé de modifier certain noms pour ne pas choquer les lecteur londoniens encore sous le choc des méfaits de Jack l’Éventreur !


[1]  Paul Allen,, cofondateur de Microsoft
[2] Les quelques reproductions de notes de Bram Stoker figurant dans les deux ouvrages sont plus que maigrelettes.