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mercredi 6 septembre 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'OCCULTE, Colin Wilson

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Etude - L’Occulte (1971, Albin Michel, 1973)

Après The Outsider, Colin Wilson nous donne avec L’Occulte son second livre fondamental. Il explique qu’il avait été sollicité par son éditeur pour rédiger une histoire de la magie, et que très vite son investigation l’a conduit à dépasser le cadre événementiel pour l’intégrer en une vaste synthèse sur les pouvoirs inconnus de l’homme. Histoire de la magie, partie pour ce qui la concerne, fort bien faite, dans la mesure où elle est truffée de réflexions personnelles de l’auteur qui rendent la galerie des portraits qu’il nous présente particulièrement vivante. Une lecture à conseiller vivement à tous les étudiants en sciences occultes !

Mais l’essentiel n’est pas là. Pour bien comprendre la pensée de l’auteur, il faut s’arrêter sur « les fondamentaux ».
° Colin Wilson est croyant. Ce n’est pas le Dieu du catéchisme qui l’habite, mais une évidence plus profonde qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de principe anthropique, véritable révolution où la physique rejoint la cosmologie. Il nous indique qu’il y a intention dans la conception de la vie. La vie n’est pas un accident, elle n’est pas le fruit du hasard, elle n’est pas le produit fortuit de circonstances anormales. Elle est le résultat inévitable de la plus simple application de la physique ; l’univers est conçu pour créer la vie.
« Les lois de la physique comportent un grand nombre d’ajustements fins sans lesquels l’univers n’aurait pas eu une stabilité suffisante pour que la vie puisse avoir le temps d’y apparaître, ou les étoiles n’auraient pu s’allumer, ou pas pu former d’éléments lourds (niveaux énergétiques permettant à l’hélium de fusionner en fer). Le principe anthropique dans sa formulation scientifique est attribué à Brandon Carter, mais d’autres avaient avant lui discuté de cette question, comme Robert Dicke à la fin des années 1950 et le Prix Nobel de physique Paul Dirac dans le courant des années 1930. »
° La conscience humaine participe de cette intentionnalité et nous ne l’exploitons que très partiellement. L’auteur revient régulièrement sur ces limites, faisant la jonction avec l’Étranger englué dans une banalité quotidienne qui bride sa créativité. Il donne de nombreux exemples de personnes ayant réussi à « défoncer la barrière », notamment dans le domaine des Arts et de la poésie.

Il est ensuite facile d’opérer la jonction avec l’occultisme. La notion de « pouvoirs occultes » ne veut rien dire et les magiciens étudiés sont soit des mystificateurs, soit des individus baignant dans un niveau de conscience supérieur qu’il appelle la Faculté X. Il montre bien que cette immersion peut être volontaire (provoquée) ou totalement transparente chez l’opérateur qui n’en n’a aucune idée. Il rejoint en filigrane les principales avancées de la physique moderne, notamment sur la contraction de l’espace-temps, pour expliquer des phénomènes comme la prescience, la voyance ou le remote viewing.
La réponse à l’angoisse humaine doit être cherchée dans la compréhension des phénomènes de la conscience. Ces phénomènes, une fois bien compris et assimilés, peuvent être alors modifiés, remodelés en quelque sorte, pour permettre d’atteindre une réalité plus profonde. L’opération exige concentration et précision – qualités qui sont celles d’un habile horloger. L’avenir de l’homme réside dans le développement de la Faculté X.
Un livre agréable, stimulant et facile à lire. Il manque évidemment une partie concrète : comment faire pour ouvrir la Porte ?!

Ce livre fait partie de la trilogie : The Occult (1971), Mysteries : An Investigation into the Occult, the Paranormal and the Supernatural (1978) and Beyond the Occult (1988)

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