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jeudi 10 août 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'HOMME QUI N'AVAIT PAS D'OMBRE, Colin Wilson.

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Roman – L’Homme qui n’avait pas d’Ombre (1963, Man without Shadow ; Belles Lettres, 2000) est une suite directe du Sacre de la Nuit (1960). Le texte se présente comme le journal de Gerard Sorme, récit dont quelques extraits seront publiés en version « pirate » par un journaliste peu scrupuleux sous le titre Le Journal Érotique de Gerard Sorme. Suite à cette édition, et voulant couper court à tout scandale, l’auteur décida d’en fournir une version complète.


Le récit se traîne en longueur sur la première partie durant laquelle Sorme se cherche toujours ; on y apprend que Austin Nunne, faute de preuves, n’a pas été arrêté par la police suite aux crimes de Whitechapell mais placé par ses parents dans un hôpital psychiatrique ; on y retrouve le peintre qui aimait trop les petites filles, la vierge de glace qui perdra sa virginité et la  jeune étudiante amoureuse qui finira par préférer un jeune acteur à l’auteur, faute à ce dernier de se décider à l’épouser. On y rencontrera de nouveaux personnages comme un musicien fou dont la charmante épouse tombera entre les bras de Sorme. Mais on fera surtout la connaissance de Caradoc Cunningham qui va faire littéralement exploser le récit.
Cette nouvelle relation est pour le moins sulfureuse : bisexuel dilettante, porté sur l’alcool et les drogues, Caradoc se veut magicien et va entraîner Gerard Sorme dans un tourbillon d’expériences auquel il participera à la sauce « Wilson », sceptique, mais on ne sait jamais… On plonge en effet dans une magie sexuelle débridée, pratique à tester car toute la clef de l’existence humaine est dans la jouissance sexuelle. On retrouve bien sûr sur la thématique de l’élargissement de la conscience que permet l’orgasme, et sur les moyens de prolonger cette illumination trop brève pour accéder à l’extase. Colin Wilson profile ici ses travaux ultérieurs sur « l’Occulte », rejetant les charabias des magiciens, leurs soi-disant manuscrits maudits, mais intuitant derrière tout ce fatras le fameux facteur X, à savoir les pouvoirs latents de l’esprit.
Cette aventure se terminera évidemment par un fiasco, suite à une messe noire dont les dégâts collatéraux généreront un joli scandale. Cunningham disparaîtra de la circulation et Gérard Sorme épousera Diane, la femme du musicien fou. Le couple s’installera en Irlande et l’auteur débutera une belle carrière littéraire. On le retrouvera dans Le Dieu du Labyrinthe (1970).

Livres Imaginaires
° Méthodes et Techniques de l’Auto-Illusion, Gerard Sorme
° Le Journal Érotique de Gerard Sorme
° Le Livre du Rituel Magique du Magicien Abrahamelin, traduction par Caradoc Cunningham
° La Voix de Baphomet, Caradoc Cunningham
° Les Armes Gluantes, recueil de poèmes pornographiques, id .


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