jeudi 25 septembre 2025

LES BALADES DU BIBLIOTHÉCAIRE : DU COTÉ DE MÛ

 


🌊 The Lost Continent of Mu

(1926 – James Churchward)

Auteur :
James Churchward était un officier britannique, ingénieur et inventeur, qui vécut longtemps en Inde et en Asie. Il affirma avoir eu accès, grâce à un prêtre indien, à de mystérieuses “tablettes Naacal”, rédigées dans une langue pré-dravidienne. Selon lui, ces tablettes décrivaient l’histoire d’un continent perdu nommé Mu, berceau de la civilisation humaine.

 


 


I. Le Mythe de Mu

Selon Churchward, Mu était un immense continent situé dans le Pacifique, qui aurait abrité une civilisation avancée il y a plus de 50 000 ans.

  • Étendue : Il décrivait Mu comme un super-continent de plusieurs milliers de kilomètres de long, reliant l’Asie à l’Amérique.
  • Civilisation : La population aurait atteint 64 millions d’habitants, organisés en une société pacifique et éclairée, possédant une connaissance avancée de l’énergie cosmique et de l’architecture monumentale.
  • Disparition : Vers 12 000 ans avant notre ère, une série de cataclysmes volcaniques aurait provoqué l’engloutissement complet de Mu, ne laissant que des îles éparses — l’archipel hawaïen, l’île de Pâques et quelques atolls seraient des vestiges de ce continent.

II. Les Sources et la Méthodologie de Churchward

  • Tablettes Naacal : Ces tablettes en pierre seraient, selon Churchward, rédigées dans une écriture très ancienne qu’il apprit à déchiffrer auprès d’un prêtre en Inde.
  • Comparatisme : Il rapprochait ses découvertes de monuments mayas, égyptiens et babyloniens, affirmant que toutes les civilisations antiques avaient une origine commune à Mu.
  • Énergie cosmique : Il décrivait l’usage d’une énergie primordiale qui permettait aux habitants de Mu de déplacer d’énormes blocs de pierre sans effort (concept qui réapparaît souvent dans les théories alternatives).
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III. Influence et Réception

  • Impact : The Lost Continent of Mu connut un grand succès dans les milieux occultistes et théosophiques, inspirant des auteurs comme L. Sprague de Camp, Jacques Bergier, et même des références indirectes dans le Mythe de Cthulhu (où l’on trouve des continents perdus comme R’lyeh, Lemuria ou Atlantis).
  • Critiques : Les archéologues et linguistes n’ont trouvé aucune preuve de l’existence de Mu ni des “tablettes Naacal”. Les hypothèses de Churchward sont classées dans le domaine de la pseudo-archéologie.
  • Postérité : Mu reste une figure importante de l’imaginaire ésotérique et a nourri quantité de récits de science-fiction et de fantasy.
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IV. Dans le contexte lovecraftien

Bien que Lovecraft ne cite pas directement Churchward, l’idée d’un continent disparu, antérieur à l’humanité, est centrale dans le Mythe :

  • Les Grands Anciens régnaient sur la Terre avant l’émergence de l’homme.
  • Les cités cyclopéennes comme R’lyeh ou les ruines de l’Antarctique dans At the Mountains of Madness rappellent les visions de Churchward.
  • Certains pasticheurs modernes placent les Voormis et les Hyperboréens comme des héritiers partiels de la tradition de Mu.


mercredi 24 septembre 2025

LES SPECTACLES DU BIBLIOTHÉCAIRE : HARRY HOUDINI

 




Harry Houdini (1874-1926) : l’homme qui défiait les chaînes

 

De son vrai nom Erik Weisz (ou Ehrich Weiss), Houdini fut l’un des plus grands illusionnistes et escape artists du début du XXe siècle. Né à Budapest et émigré enfant aux États-Unis, il devint célèbre pour ses évasions spectaculaires : camisoles de force, coffres plongés sous l’eau, cellules de prison… Il joua aussi un rôle important dans le mouvement de démystification du spiritisme à l’époque, luttant contre les médiums frauduleux qu’il dénonçait avec passion (ce qui le mit d’ailleurs en conflit avec Sir Arthur Conan Doyle, fervent spirite).

 

La rencontre avec Lovecraft

Houdini ne rencontra probablement jamais Lovecraft en personne, mais il fit appel à ses talents d’écrivain. En 1924, Houdini demanda à Weird Tales de trouver un auteur capable de rédiger un récit d’aventure à partir de ses propres souvenirs (ou plutôt de ses récits exagérés pour le public). Farnsworth Wright, rédacteur de la revue, proposa H. P. Lovecraft.

Lovecraft écrivit « Under the Pyramids » (publié sous le titre « Imprisoned with the Pharaohs », Weird Tales, mai-juin 1924). Ce texte est rédigé à la première personne, comme si Houdini lui-même racontait son aventure :

  • Houdini, en tournée au Caire, est enlevé, jeté dans un puits souterrain et se retrouve dans un réseau de catacombes sous les pyramides.
  • Il y assiste à des visions cauchemardesques : des cérémonies impies, des créatures monstrueuses, une reine-déesse à tête de serpent…
  • Finalement, il s’échappe miraculeusement (comme toujours !) et revient à la surface.

Lovecraft a dit plus tard qu’il considérait ce texte comme l’un de ses meilleurs récits « pulp » : il mêle aventure, égyptologie de pacotille et mythe cosmiquement inquiétant.

 

Une collaboration prolongée (avortée)

Ce succès amena Houdini à envisager d’autres projets avec Lovecraft :

  • Il lui commanda un ouvrage démystifiant les superstitions et les faux médiums, une sorte de manuel rationaliste pour le grand public.
  • Lovecraft commença à travailler dessus (et même à prendre des notes pour plusieurs chapitres), mais le projet fut interrompu par la mort de Houdini en 1926.

Ces notes contiennent des aperçus intéressants sur la pensée rationaliste de Lovecraft : il y critique les fraudes spirites, les religions organisées et défend une approche « scientifique » du surnaturel.

 

Ce que cela nous dit sur Lovecraft

Cette collaboration est révélatrice :

  • Lovecraft, souvent décrit comme « reclus » ou « solitaire », savait adapter son style à un public populaire et collaborer avec des célébrités.
  • Elle confirme son intérêt pour l’Égypte ancienne (qu’on retrouve dans d’autres nouvelles, comme « L’Étrange maison haute dans la brume » ou « Le Gémissement dans la nuit »).
  • Elle montre son goût pour l’exotisme et les civilisations anciennes, qu’il relie volontiers à son Mythe de Cthulhu : on pourrait presque voir dans les entités de la nouvelle des avatars de Nyarlathotep.
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  • Merci à Natacha et à Samantha pour leur documentation 

mardi 23 septembre 2025

LA SUPERSTITION AMÉRICAINE : LE LIVRE NON ÉCRIT DE LOVECFAFT

 


 Merci à Natacha et Samantha pour leurs recherches

 

LA SUPERSTITION AMERICAINE

En 1924, alors qu’il est à New York, Lovecraft est mis en relation avec Gertrude E. Tucker, qui dirige l’agence littéraire The Reading Lamp. Par son intermédiaire, on lui commande un projet de non-fiction sur la “Superstition en Amérique” (on parle parfois d’un plan en trois chapitres/essais). Le contact et la commande sont bien attestés, mais le projet capote très vite et ne dépasse pas le stade préparatoire : aucune trace d’un manuscrit complet n’a été retrouvée et rien n’a été publié. Les biographes mentionnent simplement la commission et notent que « rien n’en est sorti » (Joshi, via Nyholm) ; on ignore si l’arrêt vient d’un manque d’éditeur, d’honoraires, ou du simple désintérêt des commanditaires. (De Gruyter Brill)

C’est intéressant à mettre en regard de la commande ultérieure de Harry Houdini (1926), The Cancer of Superstition, autre traité contre la superstition que Lovecraft commence, mais qui s’interrompt à la mort du magicien (un feuilletage plus substantiel a refait surface en 2016). (The Guardian)

En bref : oui, Lovecraft a bien été sollicité en 1924 pour trois chapitres sur la superstition américaine par Gertrude E. Tucker / The Reading Lamp, mais le livre a été abandonné avant publication. (De Gruyter Brill)



Projet  : Superstition in America

(Lovecraft, 1924 – projet abandonné)

 

Chapitre I – Les survivances du vieux monde

  • Héritage puritain et calviniste : les fantômes de Salem, les sermons contre la sorcellerie, Cotton Mather et le poids de la Providence.
  • Traditions rurales : croyances en les revenants, les « witch-lights » des marais, les malédictions familiales (Lovecraft cite volontiers le Massachusetts, Rhode Island, le Vermont).
  • Syncrétisme immigré : comment les mythes européens (celtes, germaniques, slaves) se sont transplantés en Nouvelle-Angleterre.
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Chapitre II – Superstition populaire et folklore régional

  • Figures locales : légendes de fantômes, de maisons hantées, du Diable visitant les bois, du “Black Man” des Puritains.
  • Superstitions du Sud et de la Frontière : Hoodoo, gris-gris, conjurations africaines, survivances amérindiennes.
  • L’Amérique des Appalaches : médecine populaire, talismans, récits de loups-garous, « witch-bottles ».

Chapitre III – Superstition moderne et pseudo-science

  • Spiritualisme et médiums : la vague des Fox Sisters, les tables tournantes, le spiritisme post-guerre de Sécession.
  • Charlatanisme scientifique : magnétisme, radium-cures, faux « scientifiques » de foire.
  • Danger culturel : Lovecraft aurait sans doute conclu sur la nécessité d’une approche rationaliste, en liant la superstition à la dégénérescence intellectuelle et à l’ignorance.
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 Superstition in America

Chapitre I – Les Ombres de la Nouvelle-Angleterre

(par H. P. Lovecraft – reconstitution )

« Celui qui hante les forêts de Nouvelle-Angleterre, sous le ciel de fin d’automne, peut sentir le souffle ancien d’une peur plus vieille que le puritanisme, plus ancienne que l’Europe même – une peur qui se cache dans chaque pierre moussue et chaque arbre tordu. »


Héritages du Vieux Monde

Les colons anglais qui, dès 1620, foulèrent les côtes de Plymouth, n’apportèrent pas seulement leurs armes et leurs outils : ils amenèrent aussi dans leurs bagages les vieilles terreurs du Vieux Monde. Les récits de sorcières chevauchant la nuit, les signes tracés sur les portes pour éloigner le Malin, les superstitions concernant les chats noirs et les feux follets — tout cela traversa l’Atlantique pour s’enraciner dans un sol nouveau, plus sauvage et plus sombre.


Fantômes et Apparitions

De nombreux récits circulaient, dès le XVIIᵉ siècle, sur des revenants marchant dans les brumes des cimetières. À Marblehead et Arkham, on évitait certaines collines après le coucher du soleil ; à Kingsport, on murmurait qu’un cortège spectral descendait la falaise lors des nuits d’équinoxe. Les Puritains consignaient ces histoires dans leurs journaux avec une précision glaçante, comme si elles étaient autant de preuves du pouvoir du Démon.


Sorcellerie et Malédictions

Le sombre épisode de Salem (1692) n’est que l’écho le plus connu d’une peur plus vaste :

  • On clouait encore des fers de cheval au-dessus des granges pour repousser les « maladies » envoyées par les sorcières.
  • Les enfants étaient avertis de ne pas ramasser de cailloux sur certaines collines, de peur de réveiller les « esprits de pierre ».
  • Dans certaines vallées reculées, on croyait que certaines familles portaient encore la marque du Pacte, transmise de génération en génération.

Croyances Lunaires et Astrologiques

Dans l’Amérique coloniale, les phases de la lune régissaient les semailles, les coupes de bois et même les mariages. Les almanachs populaires, comme ceux de Poor Richard, mêlaient conseils pratiques et astrologie. De nos jours, dans les fermes de la vallée de Miskatonic, les anciens affirment encore qu’il vaut mieux ne pas sortir lorsque la lune est « noire » — car des choses rampantes hantent alors les prairies.


Persistance dans l’Amérique Moderne

« Les gratte-ciel et les tramways n’ont pas effacé l’ancien frisson ; il se tapit encore dans les arrière-cours de Boston et dans les marais de la vallée de l’Innsmouth. »

Même dans les années 1920, Lovecraft observe que certaines vieilles superstitions persistent :

  • Charme de protection contre le mauvais œil, transmis discrètement par les grand-mères.
  • Histoires de spectres publiées dans la presse locale, encore craintes par les enfants.
  • Cultes secrets (bien que rarissimes) dans les recoins isolés du Vermont ou du Maine.

Conclusion

Ce chapitre se serait achevé sur une note ambiguë, laissant entendre que ces superstitions ne sont peut-être pas toutes infondées :

« Les savants rient de ces choses. Mais les savants n’ont pas marché sur les collines au cœur de la nuit, ni entendu, comme moi, le grattement sur la porte quand la lune est cachée. »



PATRICE ALLART DANS LA LETTRE DU CROCODILE


 

Le fantastique ou Peut Être de Patrice Allart. Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

La collection Angoisse éditée par Fleuve Noir dès 1954 a marqué la littérature populaire qui resurgit après le deuxième conflit mondial. En vingt ans, jusqu’en 1974, elle proposa 261 volumes de littérature majoritairement fantastique à ses lecteurs, avant que le fantastique ne trouve réellement son lectorat, dans les années 80. Si le fantastique dominait la collection, des romans policiers étranges et quelques ouvrages de SF firent partie de la collection, pourvu que l’angoisse soit au rendez-vous.

L’essai, très étayé comme toujours avec Patrice Allart, nous permet de mesurer l’ampleur du travail éditorial conduit pour cette collection, devenue culte, qui fut méprisée, qualifiée de commerciale, avant d’intéresser les études universitaires.

Après une bibliographie rassemblant les romans de la collection et leurs rééditions, Patrice Allart présente chronologiquement et de façon souvent détaillée les auteurs d’Angoisse. Certains opèrent sous pseudonymes et restent non identifiés comme Patrick Svenn, éventuellement Frédéric Dard, mais rien n’est certain. D’autres pseudonymes pourraient dissimuler Frédéric Dard qui fut un auteur prolifique chez Fleuve Noir. L’usage du pseudo était courant, particulièrement chez les auteurs connus par ailleurs. Il y avait peu de séries dans cette collection, quatre seulement précise Patrice Allart : Frankenstein de Benoît Becker, Mme Atomos d’André Caroff, Méphista de Maurice Limat et Léonox de Paul Bérat.

Une troisième partie interroge l’héritage de la collection Angoisse. Les héritiers sont nombreux, notamment quand le cinéma est venu renforcer l’attrait pour le fantastique d’épouvante. Outre Fleuve Noir, de nombreux éditeurs s’intéressèrent au secteur : Robert Laffont, Jacquier, Galliera, Denoël, entre autres.

En annexe, Patrice Allart introduit plusieurs sujets liés : Les comics pocket d’Angoisse, la filmographie du Fleuve Noir Angoisse, la bibliographie officielle de Frédéric Dard, le prix Masterton, et des filmographies sélectives, Frankenstein, Dracula, et autres.

C’est tout un genre qui revit dans ce livre avec une spécificité pour cette collection que cerne Patrice Allart en quelques mots :

« C’est finalement d’une certaine conception du fantastique qu’il sera question, pas seulement le fantastique qui ne s’affiche pas, cartésianisme français oblige, mais aussi celui qui inspire l’angoisse plutôt que l’horreur, qui joue sur l’atmosphère plutôt que le choc visuel. »

lundi 22 septembre 2025

VOUS SAUREZ BIENTÔT TOUT SUR FRANÇOIS LANGE




 

CONNAISSEZ-VOUS LE Dr ELIHU WIPPLE ?

 


👤 Dr Elihu Whipple

Apparition principale : The Shunned House (Lovecraft, La Maison Maudite, écrit en 1924, publié en 1937).


📖 Rôle dans l’histoire

Elihu Whipple est l’oncle du narrateur, un médecin érudit de Providence, Rhode Island.
Il n’est pas un simple scientifique : c’est un amateur passionné d’histoire locale et de généalogie, connu pour sa curiosité quasi-obsessionnelle sur les vieilles familles de Providence.

Dans La Maison Maudite :

  • Il mène une enquête minutieuse sur l’histoire de la maison de Benefit Street et de ses habitants.
  • Il retrace l’arbre généalogique des occupants depuis le XVIIIᵉ siècle, découvrant une suite de morts mystérieuses, de maladies inexpliquées et de disparitions.
  • Ses recherches mêlent actes notariés, registres paroissiaux et chroniques locales.
  • Il développe l’hypothèse d’une influence surnaturelle ou "miasmatique" liée au sol de la maison, ce qui le pousse à tenter une intervention scientifique (désinfection chimique de la cave).

🧾 Ses enquêtes généalogiques

Whipple incarne un précurseur de l’approche “scientifique” du Mythe :

  • Il collecte des données précises : dates de naissance et de mort, métiers, mariages, causes médicales supposées des décès.
  • Il établit des corrélations entre générations, découvrant que les drames familiaux s’enchaînent dans la même maison depuis des décennies.
  • Il s’intéresse aussi aux origines européennes de la lignée principale (famille Harris), reliant leurs ancêtres à des affaires de sorcellerie et de nécromancie dans l’Ancien Monde.

🧠 Caractère

  • Curieux, méthodique, rationnel, Whipple reste sceptique vis-à-vis des explications surnaturelles, jusqu’à ce que les phénomènes deviennent indéniables.
  • Son esprit scientifique le pousse à aller jusqu’au bout de l’expérimentation, même au péril de sa santé.
  • Son décès au cours de l’expérience finale (asphyxié par les gaz dans la cave) est à la fois héroïque et tragique : il devient la dernière victime de la maison qu’il voulait purifier.

🏛 Importance dans le Mythe

  • Whipple est une figure d’érudit-enquêteur qui préfigure les grands “detectives de l’occulte” du Mythe, comme le Dr Armitage (The Dunwich Horror).
  • Sa méthode allie histoire locale, généalogie et science, ce qui sera repris par d’autres personnages lovecraftiens qui mènent leurs propres enquêtes dans des archives (cf. Wilmarth dans The Whisperer in Darkness).

 

Dossier Généalogique du Dr Elihu Whipple

 

Ce document rassemble les principales notes généalogiques du Dr Elihu Whipple concernant la maison maudite de Benefit Street, Providence, ainsi que l'arbre des occupants depuis le XVIIIn siècle. Ces recherches ont été menées entre 1918 et 1924, et constituent la base de son hypothèse d'une influence délétère agissant sur plusieurs générations.

 

Arbre généalogique simplifié de la famille Harris

Génération Nom Notes

I (vers 1763) William Harris Premier propriétaire connu de la maison.

II (1787) Mercy Dexter Harris Décès inexpliqué à 33 ans (fièvre inconnue).

III (1810) Jonathan Harris Décès mystérieux la même année que son épouse.

IV (1835) Eliza Harris Folle internée à Butler Hospital.

V (1860) Charles Harris Trouvé exsangue dans la cave, cause jamais élucidée.

 

Notes marginales du Dr Whipple :

« Les symptômes observés chez les Harris sur trois générations ne peuvent s'expliquer par une simple hérédité. Il y a dans le sol même de la maison un agent pathogène, ou une présence plus subtile, qui se transmet par le contact et par le sang. Je suspecte un foyer miasmatique, peut-être de nature chimique, mais les registres paroissiaux parlent de “malédiction” et de “faim de tombeau”. »

dimanche 21 septembre 2025

UNE REVUE MÉCONNUE : WHISPERS

 


1. La revue Whispers

Dans La Clef d’Argent (The Silver Key, 1926), Randolph Carter se remémore un épisode de sa vie : le scandale provoqué par la publication de sa nouvelle « The Attic Window » (« La fenêtre d’en-haut ») dans une revue imaginaire appelée Whispers, numéro de janvier 1922.

  • Whispers est donc une invention de Lovecraft, probablement inspirée par les magazines pulp et les little magazines littéraires de son époque (Weird Tales, The Vagrant, etc.).
  • La mention donne un parfum d’authenticité : on a l’impression que Carter est un véritable écrivain publié dans une véritable revue.
  • Il n’y a pas de description détaillée du périodique dans l’œuvre de Lovecraft, mais on peut imaginer une revue d’horreur ou de fiction surnaturelle au tirage limité, fréquentée par les amateurs d’étrange et de macabre.

2. La nouvelle « La Fenêtre d’En-Haut »

Cette nouvelle n’est jamais développée par Lovecraft : elle n’existe que sous forme de mention.

  • Elle est censée avoir choqué le public par son atmosphère morbide.
  • Certains exégètes y voient un clin d’œil de Lovecraft à son propre goût pour les récits macabres qui pouvaient déplaire à un lectorat trop sensible.
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3. Lien avec Randolph Carter

Randolph Carter, alter ego littéraire de Lovecraft, apparaît dans plusieurs nouvelles :

  • La Déclaration de Randolph Carter (1919)
  • Le Témoignage de Randolph Carter (The Statement of Randolph Carter, 1920)
  • La Clef d’Argent (The Silver Key, 1926)
  • À Travers les Portes de la Clef d’Argent (Through the Gates of the Silver Key, 1934, avec E. Hoffmann Price)

La mention de Whispers et de « La Fenêtre d’En-Haut » sert de trait d’union entre ces récits : on comprend que Carter n’est pas seulement un rêveur mystique, mais aussi un écrivain d’histoires d’horreur, en avance sur son temps.

 

 


 Merci à Natacha et Samantha pour cette découverte