jeudi 14 mai 2026

LE MANUSCRIT INTERDIT À LA MÉDIATHÈQUE DE CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

 


La guerre vient de ravager la France. Paris se soulève. Et à Charleville, un adolescent de 16 ans refuse d’obéir. Arthur Rimbaud est un rebelle et soutient les Communards. Avant de disparaître, il laisse un message interdit, volontairement coupé en deux pour échapper à la censure. Une partie est cachée à la médiathèque Voyelles, dans ses poèmes et lettres. L’autre est dissimulée au Musée Guerre et Paix, dans les archives de la guerre de 1870.

🚨 Votre mission : infiltrer les deux lieux, décrypter les indices laissés par Rimbaud, reconstituer le message de l’adolescent face à la guerre et au pouvoir.

➡️ La première partie de l'escape game aura lieu le dimanche 17 mai à partir de 15h à Voyelles.
➡️ La seconde partie est prévue le samedi 23 mai au Musée Guerre et Paix (inscription auprès du musée).

⚠️ Créés et animés par Les évènements du Professeur Plume, ces deux escape game sont complémentaires mais indépendants. Pour une meilleure expérience, n'hésitez pas à vous inscrire aux deux sessions 😊

⏳Le déroulé : 1h30 de jeu environ, en équipe, un départ toutes les demi-heures dès 15h, sur inscription (votre horaire de départ vous sera alors indiqué). Adapté à un public familial, les moins de 11 ans doivent être accompagnés d’un adulte.

🖊️ Inscrivez-vous dès maintenant par téléphone au 03.24.26.94.40 ou directement sur place auprès de nos bibliothécaires 😊

✨ Percerez-vous le secret du message laissé par Rimbaud ?
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CONNAISSEZ-VOUS THOMAS LIGOTTI ?

 


🕯️ Qui est Thomas Ligotti ?

  • Écrivain américain — né le 9 juillet 1953 à Détroit.

  • Genre : horreur philosophique, fantastique gothique, pessimisme radical.

  • Influences : Lovecraft, Nabokov, Burroughs.

  • Particularité : auteur extrêmement discret, presque reclus, rarement photographié, dont la vie personnelle reste volontairement opaque.

  • Réception en France : longtemps méconnu, il est redécouvert depuis 2014 grâce à Chants du cauchemar et de la nuit.

📚 Œuvres majeures

  • Songs of a Dead Dreamer (1986) — son premier recueil, fondateur.

  • Grimscribe (1991) — nouvelles d’horreur abstraite et onirique.

  • Teatro Grottesco (2006) — probablement son livre le plus célèbre, une plongée dans l’absurde cauchemardesque.

  • The Conspiracy Against the Human Race (2010) — essai philosophique pessimiste, souvent comparé à Cioran.

  • Mon travail n’est pas terminé — son unique roman, récemment réédité en France.

🧠 Pourquoi est-il si particulier ?

Ligotti ne cherche pas à effrayer par des monstres, mais par l’effondrement du réel. Ses thèmes récurrents :

  • Pessimisme radical : l’existence humaine comme erreur cosmique.

  • Dépersonnalisation, mannequins, marionnettes : l’humain comme simulacre.

  • Rêves, illusions, folie : frontières poreuses entre conscience et cauchemar.

  • Influence du corporate horror : l’entreprise comme machine déshumanisante (My Work Is Not Yet Done).

Son style est dense, hypnotique, parfois baroque, toujours imprégné d’une atmosphère de déréalisation.

🏛️ Importance dans la culture contemporaine

  • Considéré comme un maître du fantastique contemporain.

  • A influencé des auteurs, musiciens (Current 93), et même des séries comme True Detective (saison 1).

  • Son pessimisme philosophique est devenu une référence dans les cercles littéraires et universitaires.

📖 Pour commencer Ligotti

Si tu veux découvrir son univers, je te recommande :

  1. Teatro Grottesco — accessible, glaçant, très représentatif.

  2. Chants du cauchemar et de la nuit — excellente porte d’entrée en français.

  3. The Conspiracy Against the Human Race — si tu t’intéresses à la philosophie pessimiste.

COMMENT COMPRENDRE NOTRE UNIVERS ?


 

LES DRUIDES AU RSA ?


 

LE HIÉRON DU VAL D'OR


  

Les éditions Arma Artis font un beau travail de reprint dans le domaine des livres rares ayant trait au domaine de l’ésotérisme religieux. L’ouvrage de Félix de Rosnay, Le Hiéron du Val d’Or (1900 ; reprint de 2002) mérite certainement de figurer dans la Bibliothèque de Bérenger, dans la mesure où il est fondamental pour bien comprendre certains traits du contexte catholique à l’époque de Saunière. Les deux fameux vitraux de la villa Béthanie représentant le Sacré-Cœur sont du reste une indication de la sensibilité du curé de Rennes-le-Château à l’idéologie particulière développée par ce mouvement. Je parle sciemment de mouvement et non pas de société secrète catholique, même si le doute plane quant à l’organisation réelle du Hiéron.

Félix de Rosnay, secrétaire général de l’institution, nous en dresse un portrait très complet. Ce mouvement fut créé à Paray-le-Monial en 1877 par un espagnol, le Baron Sarachaga et un prêtre français, le père Drevon, avec la bénédiction du Pape Léon XIII et de la Compagnie de Jésus. Il s’agissait, à l’origine, d’édifier un temple-palais à la gloire du Sacré-Cœur et du Christ Roi. Le sanctuaire fut édifié sous le pilotage de la Société des Fastes Eucharistiques et organisé autour de salles d’exposition et de bibliothèques, toutes dédiées à l’illustration du rôle primordial du règne du Christ Roi dans la religion, l’histoire, l’art, le symbolisme et les sciences. Il nous est par exemple démontré que le Christ était déjà présent dans le celtisme et que la tradition adamique avait toute sa pureté primitive dans la religion des druides. C’est à une sorte « d’évolutionnisme chrétien » auquel nous assistons, avec ses tâtonnements et ses erreurs jusqu’à l’arrivée du Sauveur. Une telle doctrine, au sens politique, est d’une nature clairement théocratique (et de monarchie de droit divin), la démocratie qui consiste à faire procéder le pouvoir de la multitude ne pouvant être qu’une hérésie. On retrouve ici, en lointain écho, les prêches de Saunière contre la république ! Sur le plan scientifique, cette doctrine s’oppose formellement aux théories de Darwin et du transformisme qui essaye d’expliquer le développement des espèces en dehors de toute intervention divine. Quand une société en est là, elle est bientôt mûre pour le satanisme…….

Ces thèses seront reprises et développées par le père Félix-Marie Anizan dans sa revue Regnabit (1921-1929), en compagnie de Louis Charbonneau-Lassay. A noter que l’oblat Emile Hoffet faisait partie des contributeurs, ainsi du reste que le traditionaliste René Guénon. Cette revue publiera de nombreux articles sur l’iconographie chrétienne et une grande étude sur les graffitis templiers du donjon de Chinon.

Cette idéologie sera encore récupérée par Paul Le Cour dans sa revue Atlantis, voyant en elle une confirmation de l’existence d’une tradition primitive dont le berceau fut l’Atlantide. Récupération aussi et enfin dans les fameux Documents Secrets d’Henri Lobineau qui, entre les généalogies mérovingiennes douteuses et la nécrologie de l’abbé de Cayron, reproduisent un article complet sur le Hiéron, sous la signature du Poulpe. Certains ont du reste vu dans le Hiéron l’inspiration de la pensée ésotérique de Pierre Plantard……………………………

 

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Ce guide n’a pas la prétention érudite de l’ouvrage de référence de Félix de Rosnay, Le Hiéron du Val d’Or (1900). Mais les éditions Pégase ont eu raison de rééditer (juillet 2008) Le Guide du Val d’Or (Jean Lépine-Authelain, 1900), dans la mesure où il constitue une première approche à la compréhension de ce que recèle le site de Paray-le-Monial. Le résumé de la doctrine est fort bien fait, montrant comment le christianisme n’est en fait que l’expression la plus aboutie des anciennes religions et notamment du celtisme. Et avec de belles « visions historiques » comme celles où les druides tombent dans les bras des prêtres et s’empressent d’adopter l’iconographie chrétienne…… La seconde partie du guide est plus classique, décrivant les monuments du site avec cependant une étude symbolique fouillée de la façade de l’Hôtel de Ville.

 


Conspiritualité et mythes de l’effondrement : le cas SOLARIS”

  


 

 

D’après plusieurs enquêtes et observations critiques :

  • Solaris se présente comme un réseau “d’entraide humaine”,
  • horizontal,
  • local,
  • autonome,
  • post-effondrement,
  • souvent avec un vocabulaire de “réveil”, “nouveau monde”, “souveraineté”, “tribus”, etc. (Unadfi)

Mais derrière cette façade :

  • on retrouve des références très fréquentes à :
    • l’effondrement imminent,
    • la corruption totale des institutions,
    • des imaginaires quasi messianiques,
    • des thématiques QAnon compatibles,
    • et des logiques survivalistes. (Unadfi)

🧠 Ce qui est intéressant intellectuellement

SOLARIS n’est pas du “complotisme classique” au sens ancien.

Ce n’est pas seulement :

“on nous ment”.

C’est plutôt :

“un ancien monde va tomber, il faut préparer des communautés parallèles”.

Et ça change beaucoup de choses

🜏 Un mélange typique des années post-Covid

Le réseau semble agréger :

  • antivaccinisme,
  • collapsologie,
  • New Age,
  • souverainisme,
  • autonomie locale,
  • ésotérisme diffus,
  • survivalisme soft,
  • spiritualité holistique,
  • méfiance envers l’État,
  • et parfois imaginaire providentialiste. (Unadfi)

C’est typiquement ce que certains chercheurs appellent :

la fusion entre contre-culture spirituelle et culture du soupçon.

⚠️ Là où ça devient problématique

Le vrai problème n’est pas forcément :

  • l’entraide locale,
  • l’autonomie,
  • ou même la critique des institutions.

Le problème apparaît quand :

  • toute réalité devient suspecte,
  • le monde est relu comme manipulation globale,
  • et qu’un imaginaire de “grande révélation” remplace l’analyse politique.

🜏 Le côté “retape”

Ce genre de réseau fonctionne souvent avec :

  • esthétique émotionnelle forte,
  • vocabulaire de fraternité,
  • promesse de communauté,
  • valorisation du “réveil”,
  • rhétorique du “vous sentez bien que quelque chose ne va pas”.

👉 C’est extrêmement attractif pour des gens :

  • désorientés,
  • isolés,
  • fatigués du monde contemporain,
  • ou en quête de sens.

📚 Hymn Media

Le problème avec ces structures médiatiques périphériques, c’est qu’elles fonctionnent souvent comme :

  • des amplificateurs de récits alternatifs,
  • des agrégateurs de méfiance,
  • plus que comme de véritables médias d’enquête.

On retrouve fréquemment :

  • émotion > vérification,
  • intuition > démonstration,
  • récit global > complexité.

🧠 Mon avis nuancé

Je ferais attention à deux erreurs symétriques :

1. Tout réduire à une “secte complotiste”

Ce serait simpliste.

Il existe dans ces réseaux :

  • de vraies inquiétudes sociales,
  • une crise de confiance réelle,
  • un besoin d’autonomie,
  • une recherche de communauté.

2. Les idéaliser comme “réseaux de résistance”

Là aussi, danger.

Car les structures de type SOLARIS peuvent :

  • favoriser l’entre-soi cognitif,
  • amplifier les croyances non vérifiées,
  • et glisser vers une vision paranoïde du monde.

🜏 Lecture très intéressante

SOLARIS est presque un cas d’école de :

👉 “mythologie de l’effondrement”

avec :

  • attente de rupture,
  • purification du monde ancien,
  • communautés élues,
  • langage quasi initiatique,
  • horizon post-catastrophe.

On est très proche :

  • du millénarisme,
  • des contre-sociétés utopiques,
  • et des nouvelles religions implicites.

🎯 Mon sentiment final

Oui :
👉 il y a clairement une composante conspiritualiste et conspirationniste dans cet univers. (Unadfi)

Mais le plus intéressant n’est peut-être pas le “complotisme” lui-même.

C’est le fait que :

ces réseaux tentent de reconstruire du sens, de la communauté et du sacré dans un monde perçu comme en décomposition.

Et ça rejoint directement :

  • Pichon,
  • Aimé Michel,
  • la “forme vide”,
  • et la crise des structures symboliques modernes.
  •  
  •  
  • (Une étude de Natacha)  

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mardi 12 mai 2026

UNIQUEMENT POUR SAUNIÈROLOGUES AVISÉS

 


LA PAËLLA DE RENNES-LES-BAINS


 

UNE LECTURE POUR CE SOIR : LES SEPT LIVRES CRYPTIQUES DE HSAN

  


Encyclopedia Occultae – Entrée : Septem Libri Cryptici Hsan

Dénomination : Septem Libri Cryptici Hsan (fr. : Les Sept Livres Cryptiques de Hsan ; ang. : The Seven Cryptical Books of Hsan)
Auteur supposé : Hsan l’Ancien (Hsan Antiquus, sage de la Chine archaïque, dynastie Shang ou Zhou)
Datation légendaire : ca. XVIIIe–XIe s. av. J.-C.
Langue originale : chinois archaïque, avec passages en « écriture de fer » (Tiě wén) gravés sur jade ou obsidienne.
Lieux de conservation :

  • Copies fragmentaires dans les monastères des Monts Kunlun et du Plateau de Leng (Chine occidentale).
  • Traductions partielles en latin attribuées au P. Athanasius Kircher (ms. perdu en 1666).
  • Exemplaire complet supposé dans la « Réserve interdite » de la Bibliothèque de la Cité de la Lune (Contrées du Rêve).

Résumé et contenu

Les Sept Livres forment un cycle ésotérique en sept traités distincts, chacun dédié à un aspect du cosmos et de ses forces :

  1. Liber Nominum Antecedentium – catalogue des Dei Prisci (Grands Anciens) avec leurs glyphes et conjonctions astrologiques.
  2. Liber Caeli Obscuri – description des constellations invisibles et des passages vers d’autres sphères.
  3. Liber Umbrae Saltantis – rituels de transe permettant d’accéder aux Contrées du Rêve.
  4. Liber Aeterni Reditus – doctrine de la métempsycose et de la mémoire cyclique.
  5. Liber Mille Serpentium – conjurations liées aux créatures cténoïdes (référence explicite à Tsathoggua).
  6. Tabulae Jaspideae Vacui – spéculation métaphysique sur le Vide et ses habitants.
  7. Liber Silentii Rubri – rites d’invocation de Cthugha et de Nyarlathotep sous sa forme ignée (Facies Ignea).

Histoire textuelle

Les chercheurs de la Miskatonic University (Dr. Henry Armitage, coll. Wilmarth, 1927) considèrent que le cycle de Hsan constitue une tradition parallèle au Kitab al-Azif d’Abdul Alhazred, mais plus ancien de plusieurs millénaires.
Le P. Kircher aurait tenté une traduction au XVIIe siècle ; seules quelques citations apparaissent dans ses Oedipus Aegyptiacus (1652-1654).
La Société de Thulé (1919) et le Club des Sept Rêveurs (cf. Bulletin Wilmarth, nº 4) mentionnent avoir consulté le Livre IV et le Livre VII.


Usage et dangers

  • Lecture complète : conférerait une gnosis totale de l’ordre cosmique, mais au prix de l’effacement de l’individualité.
  • Lecture isolée du VIIᵉ livre : entraîne aphasie temporaire (un cycle lunaire) et altérations psychiques irréversibles.
  • Rituel le plus redouté : Ritus Igneus, appel du Masque de Feu de Nyarlathotep.

Références croisées

  • Cf. Necronomicon, chap. IV (De Stellis et Portis).
  • Cf. Unaussprechlichen Kulten (F. von Junzt, 1845) pour les parallèles germaniques sur les Portes.
  • Cf. Pnakotic Manuscripts pour les sections sur les cycles cosmiques.

Bibliographie sélective 

  • Kircher, Athanasius. Fragmenta ex Libris Hsan (ms. perdu, 1666).
  • Armitage, H. “Notes on the Hsan Cycle” (Proceedings of the Wilmarth Foundation, vol. II, 1928).
  • Bergier, Jacques. “De la concordance des temps dans le cycle de Hsan”, Planète, nº 18, 1963.

📜 Extrait : Liber Nominum Antecedentium

(Traduction et commentaires du Pr. E. Wilmarth, Miskatonic University, 1928)

 

**« Dans la Nuit qui n’a pas de nom, avant l’aube des hommes,
furent gravés dans la pierre les Noms de Ceux-d’Avant.
Celui qui les prononce voit s’ouvrir les Portes de l’Éther,
mais doit voiler ses yeux, car les Constellations interdites
se lèvent alors dans le ciel obscur.

Premier est le Nom de Celui-Qui-Se-Cache-Sous-la-Mer,
dont le Souffle endort les Cités.

Second est le Nom de Celui-Qui-Marche-Dans-le-Vent,
qui rit sous mille masques et ne dort jamais.

Troisième est le Nom de Celle-Qui-Tisse-l’Ombre,
et qui enseigne aux sages la Danse des Songes.

Et quiconque inscrit ces Noms sur jade noir
verra ses nuits traversées par les hérauts du Vide. »**


✒️ Note marginale (Wilmarth) :

Ce passage, quoique fragmentaire, montre un parallélisme frappant avec les premiers chapitres du Necronomicon, où Alhazred mentionne les “Portes de l’Éther”. La triple invocation – Mer, Vent, Ombre – pourrait correspondre aux aspects de Cthulhu, Nyarlathotep et Hypnos.