vendredi 7 août 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CINQ DÉTOURS VERS L'ABÎME, Jean-François Morlaes


  

Jean-François Morlaes est inépuisable, et il nous donne cette fois Cinq Détours vers l’Abîme (autoédition 2026, toujours sous la marque fantôme de « Hegemonic Entertainment »).

 

 


 

Le recueil s’ouvre sur Das Herz, der Zeit – 1870, mettant en scène Karl Steiner, horloger chargé de réparer la superbe horloge astronomique de Prague qui a de curieux ratés. Il est le descendant de Jakob Steiner qui avait conçu le carillon au XIVe siècle. En démontant l’objet, il tombe sur un petit coffret rempli de pièces métalliques et d’un livret où son aïeul explique que si on les ajoute au montage, elles permettent d’abolir le temps et de créer des ponts entre les époques. Il ne résistera pas à la tentation et insérera lesdits mécanismes lors du remontage de l’horloge. Des phénomènes étranges se produisent alors, et il est capable de franchir les interstices temporels et même de rencontrer Jakob. Las, il perdra conscience en revivant sa naissance alors que les yeux rouges d’un molosse l’observent. Beau clin d’œil aux Chiens de Tindalos !

 


 

Le Cabinet de curiosité du Dr Vandermeer – 1895 nous conduit cette fois à Amsterdam chez un docteur en médecine, professeur à l’université d’Amsterdam. Il collectionne, dans des bocaux, des « ratés biologiques » que la nature produit parfois (fœtus mal formés, organes hypertrophiés..). Il reçoit un jour un gros colis en provenance de la veuve d’un de ses collègues décédé, le Dr Cornelius Van Dijk, qui lui suggérait de poursuivre ses recherches après sa disparition. Le paquet contenait sept bocaux et un livre, L’Anatomie Primordiale du Dr Adriaen de Vries, exerçant la chirurgie à Amsterdam durant les années 1650. Les bocaux renferment des fragments de monstruosités, mi-humaines, mi-marines, qui semblent témoigner d’une régression. Le Dr Vandermeer analyse ses échantillons et découvre des cristaux translucides que le manuscrit qualifie de « pierres dans la chair ». Van Dijk en déduit qu’ils témoignent d’une hérédité remontant bien au-delà de l’humanité. Le professeur fait des rêves étranges et voit son corps se modifier : apparition d’un 6 -ème doigt, entailles dans le cou… Il reçoit alors la visite d’un mystérieux Willem Hoekstra qui lui dit qu’il n’est pas le seul à « se transformer ». Il l’invite à une réunion de ces autres personnes dans les sous-sols de docks délabrés. Au centre de l’espace se trouve un grand bassin qui communique avec la mer. Plusieurs de ses « frères » s’ébattent dans l’eau et attendent la fin de leur transformation pour disparaître dans les profondeurs marines. Vadermeer sait que son tour viendra bientôt. Un bel hommage à nos amis Les Profonds.

 


 

 Un petit retour à Arkham est toujours apprécié. Avec La chèvre-1926, l’auteur met en scène le brillant botaniste Edmund Dole, spécialiste reconnu des mycoses forestières et autres pathologies végétales. L’université de Miskatonic a fait appel à son expertise, suite à une prolifération anormale de champignons noirs dans les bois de Sentinel Hill. Il fait une première visite des lieux, accompagné par un guide local. Le spectacle est affolant, des formations gélatineuses envahissent l’endroit, les arbres évoquent la chair plutôt que le bois, des structures inquiétantes sont dotées de ce qui ressemble à des yeux. Le guide explique au savant que des choses vivaient ici quand le monde était jeune. L’analyse en laboratoire met en évidence des colonies de spores qui bougent et la culture des prélèvements produit des excroissances, ni fongiques ni végétales, mais plutôt animales. Le chercheur exhume de la bibliothèque un vieux manuscrit, Le Sylva Tenebris de Ezekiel Marsh (1692), qui parle d’une entité adorée dans la forêt, Shub Niggurath, la Chèvre Noire des Bois, force de fertilité obscène. Un certain Josiah Walte avait tenté de prononcer un contre-rituel, pour chasser la monstruosité appelée par les cultistes. Edmund Dole fait des recherches dans les registres d’état civil et identifie un descendant de Josiah, Ezra Walte, vivant dans une ferme isolée de Sentinel Hill. Lors de leur rencontre, Erza raconte qu’il est le dernier des veilleurs, entretenant les pierres de scellement, pour éviter que la créature ne revienne. Mais les fissures se multiplient. Le botaniste fait des recherches dans les archives familiales et découvre que son aïeul, qui était de la région, parle dans son journal de « floraison impie » et de la Chèvre Noire, la Mère des Forêts. Il est victime de rêves étranges, et son corps se modifie rapidement, de l’écorce se formant sur sa peau. Il se précipite chez Ezra qui lui apprend qu’une évocation doit avoir lieu là où se trouvent sept pierres levées. Ils se rendent sur place ; la cérémonie a déjà débuté, réunissant plusieurs notabilités d’Arkham. Mais les contre-rituels d’Erza ne sont pas assez puissants, et un tentacule frappe le Professeur. Il tombe en extase en devenant chevreau, appelé à bientôt se repaitre aux mamelles purulentes de sa Mère. 

 


 

Avec Patient 347- 1954, nous restons à Arkham et plus précisément dans le Sanatorium de la ville, en compagnie du jeune Docteur Jonathan Wheeler. Il vient d’être chargé de la surveillance du patient 347 qui souffre d’une étrange phobie, la peur des angles. Il est enfermé dans une cellule en forme de bulle, sans aucun angle. Le contact, par interphone interposé, finira par être établi avec le médecin qui recueillera, progressivement, son histoire. Il était aviateur durant la seconde guerre mondiale et sera abattu par l’armée allemande. Il survivra au crash et se réfugiera dans une grotte pour échapper aux ennemis qui le cherchent. Et il fera dans les entrailles de la terre une curieuse expérience, poursuivi par d ’énormes chiens qui semblent se glisser entre les dimensions, « l’entre temps ». Terrifié, il cherchera une sortie et sera récupéré par les alliés dans la forêt. Sa phobie ne cesse de s’aggraver, d’où son internement au Sanatorium dans une cellule « sans angles » confectionnée spécialement pour lui. Le Dr Wheeler est perturbé par ses récits et commence lui-même à faire d’étranges rêves et à redouter les angles dans son appartement. Un jour, le gardien fermera mal la porte de la cellule, laissant entrevoir des lignes droites. On retrouvera le malade affreusement déchiqueté.  Le praticien sait qu’il a été marqué par les monstres intemporels et qu’il sera leur prochaine victime. Le terme de « Tindalos » n’est pas cité dans la nouvelle, mais on aura aisément reconnu les créatures de F.B. Long !

 

 


 

Ce recueil se termine avec un détour par la science-fiction, sous le titre Europa-2188. Elara Vassiliev commande le vaisseau Pelagius qui a pour mission d’étudier le satellite de Jupiter, Europe, un océan gigantesque recouvert de glace.  Un robot, Triton-3, est largué et commence le forage. De façon curieuse, il transmet des sons qui ressemblent à des pulsations. La commandante fait des rêves étranges où, dans la profondeur de la mer, elle voit sept piliers noirs. Plusieurs membres de son équipage font des songes identiques. Le robot, ayant terminé son forage, plonge dans une eau très claire où il n’y a rien. Mais de façon curieuse, le liquide est de plus en plus chaud au fur et à mesure que l’automate s’enfonce. Sept piliers gigantesques apparaissent à 60 km, organisés en heptagone régulier dont les dimensions obéissent au nombre d’or. Le fond est atteint à 90 km et le sol n’est pas minéral, mais ressemble à la peau d’une créature aux dimensions titanesques, avec des pores gigantesques qui s’agitent. Tout l’équipage est la proie de rêves terrifiants et un tentacule commence à prendre forme. Ordre est donné de faire remonter le robot, mais il sera détruit par la créature monstrueuse. On a réveillé un Dieu ! Le vaisseau tente de fuir alors que les tentacules se multiplient et qu’une énormité fait surface. Elara Vassiliev sait que le vaisseau va être détruit. Ses dernières pensées vont à la créature : « Elle est belle ; j’ai l’absurde satisfaction de mourir en ayant contemplé la plus magnifique des créations de Dieu. » Un très beau texte, peut être un des meilleurs de toute la production de Morlaes que j’ai dévorée.

mardi 4 août 2026

ON PRÉPARE LE PETIT DERNIER DE CHARLY SAMSON


 

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : QUATRE ÉCHOS DE L'INDICIBLE, Jean-François Morlaes

  


Jean-François Morlaes continue de nous ouvrir les « Miskatonic Archives » avec Quatre Échos de L’Indicible (autoédition 2025, toujours sous la marque fantôme de « Hegemonic Entertainment »).

 

 


 

Avec Le Codex – 1458, nous sommes cette fois dans la Cité des Doges où seize membres de la haute aristocratie vénitienne disparaissent en mai 1458. Marco Convaro, archiviste au Conseil des Dix (tribunal secret et service de renseignements de la République) est chargé de l’enquête. Cela le conduira sur la piste de Giovanni Aldus, relieur réputé, membre du Consortium des Libraires de l’Orient. Il avait été chargé par l’un des disparus, moyennant une rémunération très généreuse, de restaurer un vieux Codex, et ce, en prenant une foultitude de précautions. L’enquêteur ne retrouvera pas la trace de l’artisan.

Mais rencontrera plusieurs personnalités civiles et religieuses à qui il avait parlé de son travail sur le codex. Un manuscrit écrit en langues anciennes, orné de nombreux symboles, et semblant doté d’étranges pouvoirs. Yog-Sothoth y était cité, tout comme étaient évoqués des connaissances antérieures à l’humanité. Poursuivant ses recherches dans les Archives Secrètes du Conseil, Marco découvrira que le Consortium est une société secrète, une conspiration des Paléologues[1], visant à reprendre Byzance, tombée sous la coupe des Ottomans à Constantinople. Le livre, estiment-ils, devrait leur permettre de restaurer l’ordre d’origine. Mais ce qu’il recèle est bien plus puissant que ce qui pourrait concerner la géopolitique humaine, et de nombreuses villes, où se sont rendus les conspirateurs, disparaissent dans des circonstances atroces. Le but des esprits qui jaillissent de l’ouvrage est de transformer la Méditerranée en un chantier cyclopéen où l’humanité n’est plus que le bétail d’intelligences cosmiques indifférentes à nos prières comme à nos souffrances. 

 

 


 

Dans Daedalus – 1925, l’auteur nous emmène sur l’île de Cnossos, sur un chantier de fouilles sous un palais minoen. Un récit d’archéologie fantastique comme on en a lu beaucoup !  Le savant, le Dr Edmund Hartwell, découvre une dalle qui donne accès à toute une série de galeries. On retrouve bien sûr les symboles mystérieux sur les murs et le sentiment oppressant d’une créature maléfique tapie dans l’ombre. Et on fera connaissance avec Yath’Thérhon, le monstrueux taureau primordial, qui avale ses victimes qui tombent en extase et qui semblent continuer à vivre après avoir été ingérées. L’archéologue aura tout loisir de goûter à ces délices ! Et une entrée de plus dans notre Bestiaire Post-Lovecraftien.

 


 

 Avec Sous les glaciers de l’Éternité – 1928, Jean-François Morlaes nous propose un pastiche – assez téléphoné- des Montagnes Hallucinées. Un alpiniste, Klaus Heinrich Brenner, s’attaque seul, malgré les mises en garde de ses guides, à la face la plus difficile du Mont Cervin. Et de tomber dans un ravin dont il ne peut s’extirper. Mais il découvre l’entrée d’un tunnel bleuté dans lequel il s’engouffre et débouche sur une colossale cité enfouie. Architectures non euclidiennes, symboles étranges, bibliothèques insensées…. et le sentiment d’une présence diffuse. Il rencontrera dans un temple gigantesque un géant encore en vie qui se précipite sur lui. Ses hurlements attireront d’autres condisciples, tout aussi affamés que leur maître, et notre alpiniste cherchera désespérément une sortie alors que ses poursuivants se rapprochent.

 


 

Belle surprise que la dernière nouvelle de ce recueil. Avec Midnight at the Hangman’s Oak-1931, nous sommes transportés en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans, en compagnie du sympathique trompettiste Lucius Thibobaux. Lucky, comme l’appellent ses amis, est un musicien noir vit chichement dans sa petite maison créole. Il consulte fréquemment le petit carnet que lui a laissé sa grand-mère avant de mourir. Elle était guérisseuse, et le document est rempli de recettes pour fabriquer maintes médications à partir des simples. Mais il évoque aussi des choses étranges, comme « le sang se réveille parfois », « les anciens chemins », le tout accompagné de formules magiques qu’il interprète comme étant de tradition vaudou (le nom de Yog Sothoth est cité). La vie paisible de Lucky basculera avec l’arrivée d’un nouveau shérif, bien décidé à « casser du nègre ». Le musicien est accusé, à tort, de s’être mal comporté avec une femme blanche et devra s’enfuir pour échapper aux « ratonnades » qui se multiplient. Il se réfugie dans les bayous, au pied de l’arbre-mémoire où sa grand-mère allait évoquer les esprits. Mais la police le retrouve et prépare sa pendaison. Lucky récite de façon quasi-automatique les rituels du carnet qu’il avait enregistrés inconsciemment. Et la nature se déchaîne, d’horribles créatures ailées font irruption, les « Gwo Zwazo », mettant en pièces les forces de l’ordre. Seul survivant du carnage, Lucky voit les entités maudites s’approcher de lui pour terminer leur festin.



[1] Dernière dynastie impériale byzantine.

samedi 1 août 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : TROIS PORTES VERS L'INNOMMABLE, Jean-François Morlaes


  

Avec Trois Portes vers l’Innommable, J.F Morlaes nous livre le premier tome des « Miskatonic Archives. C’est une autoédition (2025) mais qui porte le label de « Hegemonic Entertainement » qui serait un gage de qualité pour l’édition indépendante. Je ne connais pas personnellement (cf note).

 


 

La première nouvelle, Le parfumeur – 1809, met en scène Théophile Guérin, un ex anatomiste qui s’est mis en tête de distiller le rêve. Et de mettre au point un parfum, « l’émanation 13 », avec comme matière première des cervelets prélevés de façon douteuse. Le succès est au rendez-vous et ses cobayes relatent des visions effrayantes, répétant comme en leit-motif « ouvrir la porte ». Il cherche dans des livres sulfureux comme le Kitab -al-Nawm ou le Liver Ivonis le sens à donner à ces rapports incompréhensibles, guidé par un mystérieux Comte de Saint-Germier. Il testera sur lui-même le produit et découvrira que le poison permet d’ouvrir la Porte et de libérer Yog-Sothoth. Le Comte est rejoint par la Comtesse Elisabetha d’Erlette, tous deux membres d’une secte qui cherche désespérément à faire revenir la créature maudite. Les notes du savant fou seront retrouvées en 1928 par le Dr Wilmarth, à l’université de Miskatonic. Celui-ci effectuait en effet des recherches sur la neurologie du sommeil. Le Dr Armitage le mettra sévèrement en garde et lui reprendra le dossier pour l’enfermer dans le fonds spécial de la bibliothèque.

 


 

Dans Le Théâtre des Abîmes-1857, l’auteur met en scène Ezekiel Thorne, directeur d’un théâtre bas de gamme dans le quartier de Whitechapel à Londres. La salle est en décrépitude, les spectacles flirtent avec le romantisme noir de la décadence, joués par des artistes miséreux, mais appréciés par un public clairsemé. L’entreprise croûle sous les dettes et les créanciers se font menaçants. Dans le cadre de la succession de son grand-oncle, Augustus Thorne, conservateur à la section des manuscrits interdits au British Museum, il hérite d’une vieille malle dans laquelle se trouve un manuscrit écrit en langues anciennes et illustré de symboles déroutants. Il se rend compte qu’il s’agit d’une pièce de théâtre, mettant en scène de curieux rituels. Pour relancer son affaire, il décide de monter le spectacle, aidé par un certain Alistair Winthrop, antiquaire et occultiste, ami de son feu parent. Il est d’autant plus sensible à cette aide qu’elle s’accompagne d’un financement substantiel, à titre de mécénat.  Ce bienfaiteur avait du reste accompagné grand-oncle dans les déserts d’Arabie, à la recherche de la cité d’Irem, et découvert des tablettes d’argile mentionnant le Naâb-Kléros. Des phénomènes étranges se dérouleront pendant le montage du spectacle, alors que le Directeur fait des rêves inquiétants. La représentation finale fera salle comble et les créatures du dehors exigeront son sang avant le tomber de rideaux.

 


 

Avec Le Tisseur de R’lyeh – 1920 nous sommes à Glascow, à l’atelier des tisserands Mac Leod. Une profession inscrite dans une longue tradition familiale qui produit, à côté des tissus traditionnels, des étoffes contenant des fils mystérieux, aux étranges propriétés. Ces pièces sont particulièrement recherchées par des occultistes, poètes et autres romantiques. Elles suscitent des rêves extraordinaires, où il est question d’une porte donnant sur des mondes fascinants. Le grand père a disparu et il est déconseillé d’en parler en famille.  Le père, quant à lui, partira un soir et on ne le reverra plus. Le jeune Alasdair prend la succession et poursuit les fabrications familiales, sous l’œil soupçonneux du voisinage. Il trouve les fibres étranges, le matin, sous son oreiller. Il sera contacté par un certain Roderick Mc Tavish qui possède un manoir sur une île déserte des Hébrides. Il l’invite et lui présente un extraordinaire métier à tisser, capable de fabriquer la Porte entre les Mondes et de libérer le grand Cthulhu qui rêve dans la cité de R’lyeh. Méfiant, Alasdair quitte le manoir et s’installe sur l’île de Mull. Mais il ne peut s’empêcher de reprendre le travail sur les fils de rêve, finissant par reconstituer le passage entre les Mondes. La chute se devine aisément !

Trois petites nouvelles qui se lisent agréablement et qui montrent – s’il en était besoin – que le Mythe peut s’inscrire dans de nombreux contextes. Cela dit, Jean-François Morlaes n’utilise que le « grand classique » du canon lovecraftien, à savoir la mise en contact avec les Entités Extérieures, sans trop connaître du reste les motivations exactes des opérateurs. Attendons la suite.

 

Livres :

Sont évoqués le Kital-al-Nawn, le Liver Ivonis, l

 

Créatures

Le Naâb-Kléros, Yog-Sothoth, Cthulhu.

 

Hegemonic Entertainment : marque éditoriale privée aujourd'hui disparue, utilisée par certains auteurs autoédités dans les années 2010-2020 afin de mettre en avant une démarche de qualité. Aucune preuve n'a été retrouvée de l'existence d'un organisme indépendant délivrant ce label.

jeudi 30 juillet 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : A TRAVERS LES SONGES DE LOVECRAFT, Salah Tengour

  


C’est au tour de Salah Tengour de nous surprendre avec A Travers les Songes de Lovecraft (L’Harmattan 2026), un recueil de trois nouvelles joliment écrites.

 

Thassil est un hommage bien troussé aux Contrées du Rêve, se déroulant dans une cité forteresse, industrieuse, polluée, repliée sur elle-même et vivant dans la crainte de l’Étranger. La vie monotone de Thassil sera perturbée par l’irruption d’un jeune poète, Illara, qui séduira progressivement la ville endormie, à la musique de son luth et au récit de ses poèmes qui chantent la beauté et l’amour. Il vient d’une cité merveilleuse, Marath, dont il décrit avec délice les charmes. Il a quitté ce lieu enchanteur pour suivre Randolph Carter à la recherche d’une autre merveille, Kaddath. Mais il abandonnera le rêveur en cours de route, voulant retourner à Marath qui lui manque cruellement. Il ne retrouvera pourtant jamais son chemin. C’est ainsi qu’il arrivera à Thassil. Le charme qui l’avait enveloppé se dissoudra progressivement sous les attaques des corps constitués de la Forteresse, voyant en lui une menace contre l’ordre établi et leurs privilèges. Il sera expulsé et reprendra sa recherche du paradis perdu. Une belle histoire qui est contée à son petit-fils par Assian, qui était à l’époque devenu l’ami d’Illara.

 

La Cité des Hommes au Cœur de Pierre est directement inspirée du Cauchemar d’Innsmouth. Un jeune homme, du nom d’Alakin, est attiré par une étrange cité côtière, Kâth-Naram. Une cité en pleine décrépitude, repoussante de saleté et dont les habitants sont marqués par la dégénérescence et la consanguinité. Pire, leur cœur s’est solidifié et est devenue pierre, un processus leur ôtant toute humanité. Le visiteur se remémore son enfance, ses parents très distants qui refusaient fermement de lui parler du passé familial. Il se souvient de ses incursions discrètes dans le bureau de son père, envahi par des livres occultes dont le Necronomicon. Il a la nostalgie de ses belles années d’études à Cambridge dont il était un bon élève, tout en étant aussi un rêveur impénitent, arpentant les avenues de la merveilleuse Marath et rencontrant de superbes femmes au regard envoûtant. Mais l’appel de Kâth-Naram fut le plus fort et il explore la bourgade, rencontrant des indigènes à la peau cuivrée, descendant de marins qui ont parcouru le globe. Un vieil homme le reconnaîtra et lui parlera de son grand-père qui était des leurs. Cela dit le poison innommable qui suinte de l’endroit cheminera insensiblement dans son corps qui commence à se transformer, au faible rythme d’un cœur en passe de se solidifier. Il ne voudra pas terminer comme le « héros » d’Innsmouth et sortira le pistolet qu’il avait enfoui dans sa valise.

 


 

Le Voile d’Ishtar est une petite perle à la gloire du Rêveur de Providence. Nous sommes dans la magnifique cité de Samra, dirigée par le sage roi Thars Ilam. Il est marié à la jolie Actinia dont il a eu un fils adoré, Aydin. La quiétude de cette ville, qui semble n’être faite pour connaître un bonheur paisible, est un jour troublée par l’entrée d’une troupe de saltimbanques, qui viennent faire commerce de produits exotiques et amuser une population ravie par les nombreux spectacles de rue qu’ils proposent. Sur la place centrale s’exhibe une danseuse d’une beauté sulfureuse qui embrase le sang des spectateurs masculins. Le roi contemple la joyeuse animation de sa ville, à la fois enchanté et angoissé. Une terreur sourde l’envahit, à chaque fois que la danseuse tourne son regard vers lui. N’y tenant plus, il demande à ses gardes d’aller chercher l’artiste et la supplie de se produire pour lui seul. Et le drame éclate à la fin de la prestation ensorcelante. Anakha, tel est son nom, lui reproche d’avoir trahi la déesse Ishtar en épousant une fille des hommes, alors qu’il vient d’Ailleurs. La colère de Yog Sothoth sera terrible et il perd connaissance au son des flûtes d’Azathoth.

Il reprend conscience dans la chambre d’un hôpital psychiatrique de Genève, ne comprenant rien à ce qui lui arrive. Le médecin lui explique qu’on l’a retrouvé amnésique, errant dans une forêt, et qu’on ignore tout de son identité. Le FBI mis dans la boucle finira par découvrir que l’inconnu n’est autre que H.P. Lovecraft, et que la saga du royaume de Samra est le cœur de sa dernière nouvelle, La Danse Sacrée, qui rencontre du reste un gros succès auprès des fans du Maître.

 


mardi 28 juillet 2026

LOVECRAFT FACE AU RÉALISME FANTASTIQUE

  

  

 


Quelques notes du Laboratoire Odésien de l'Impossible

 

Parution de la revue Planète n° 1, en octobre 1961 (Denoël). « En 1960, Jacques Bergier et Louis Pauwels, cosignent un ouvrage destiné à connaître un succès fulgurant. Brassant des sujets aussi divers que les dernières avancées de la science, les sociétés secrètes, la sociologie, l’alchimie ou l’occultisme, “Le Matin des magiciens” a pour ambition d’ouvrir la voie à une nouvelle révolution culturelle, sociale et artistique, celle du « réalisme fantastique ». Un an plus tard, en guise d’extension au livre, sera créée la revue Planète avec pour slogan : “Rien de ce qui est étrange ne nous est étranger !”. Le numéro 1 comportera l’article “Lovecraft, ce grand génie venu d’ailleurs”, de Jacques Bergier maintes fois cité, publié et remanié et la nouvelle de Lovecraft « Hypnos», traduite par Jacques Bergier et Louis Pauwels ;

 

🧠 Lovecraft face au Matin des Magiciens et à Planète

 

1. Deux projets radicalement différents

H. P. Lovecraft développe une œuvre fondée sur le cosmicisme :
un univers indifférent, sans sens caché, sans révélation salvatrice, où l’homme est ontologiquement insignifiant.

À l’inverse, Le Matin des Magiciens (1960) et la revue Planète poursuivent un projet de réenchantement du monde :
ils postulent l’existence de savoirs perdus, de traditions occultes, de clefs cachées capables de redonner à l’humanité un rôle central — voire prométhéen.

👉 Là où Lovecraft détruit le sens, Planète le reconstruit.

 

2. L’appropriation paradoxale de Lovecraft

Dans Le Matin des Magiciens et surtout dans Planète, Lovecraft est lu non comme un pessimiste radical, mais comme un visionnaire involontaire :

° ses Grands Anciens deviennent des entités réelles possibles ;

° le Necronomicon est parfois traité comme un livre-limite, quasi documentaire ;

° le Mythe est interprété comme une intuition archaïque de vérités occultes.

Cette lecture repose sur un contresens fondamental : Lovecraft n’écrit pas pour révéler un savoir caché, mais pour nier la possibilité même d’un savoir consolateur.

3. Lovecraft contre Planète

Lovecraft est :

  • matérialiste,
  • rationaliste,
  • hostile à l’occultisme,
  • moqueur à l’égard des spiritualismes et des sociétés initiatiques.

Planète, au contraire :

  • valorise l’ésotérisme,
  • mêle science, pseudo-science et mystique,
  • cherche des continuités secrètes entre mythes, traditions et modernité.

👉 Planète fait de Lovecraft ce qu’il n’a jamais voulu être : un prophète du secret, là où il était un poète du non-sens cosmique.

4. Une influence réelle… mais déformante

Il serait pourtant injuste de nier l’impact positif de Planète :

  • la revue a contribué à faire connaître Lovecraft en France dès les années 1960 ;
  • elle l’a inscrit dans une culture de l’imaginaire adulte, non infantilisée ;
  • elle a favorisé sa diffusion auprès d’un public curieux, intellectuel, non spécialisé.

Mais ce succès s’est payé d’un prix :

Lovecraft a été ésotérisé, là où il était anti-ésotérique par essence.

5. Conclusion ODS

Le Matin des Magiciens et Planète n’ont pas trahi Lovecraft par ignorance, mais par désir : le désir de trouver du sens là où il n’y en a pas.

Lovecraft a servi de matière première mythique à une époque en quête de secrets, alors que son œuvre est, fondamentalement, une machine de désenchantement.

lundi 27 juillet 2026

LA MAGIE A PARIS DANS LA LETTRE DU CROCODILE

 


La magie à Paris par René Thimmy. Éditions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France. 

www.oeildusphinx.com

L’ouvrage de René Thimmy, La magie à Paris, publié en 1934, témoigne d’une époque particulière, l’entre-deux-guerres, qui voit l’attrait pour l’occultisme et celui pour la vie nocturne parisienne se mêler, parfois de façon surprenante. Le « journalisme jaune », qui recherche le sensationnalisme, aime plonger dans l’imaginaire de l’occultisme, du spiritisme, de la magie et des mancies populaires. L’étrange attire alors d’une manière très différente qu’en notre début de siècle.

René Thimmy conserve une certaine distance apparente avec ses sujets, ce qui favorise l’adhésion du lecteur, facilement pris dans une narration choisie.

Près d’un siècle plus tard, cette réédition bénéfice d’une préface de Fabienne Leloup et d’une postface de Jean-Luc Buard qui lève le voile sur l’identité de René Thimmy, « chroniqueur du mystère ». Maurice Magre (1877-1941) avait été soupçonné par certains de se cacher derrière la signature de René Thimmy mais nous apprenons que le pseudonyme de René Thimmy est en réalité celui de Jean Dorsenne, nom d’auteur d’Etienne Troufléau (1892-1945), depuis 1916, même si ce dernier a collaboré avec Maurice Magre dans le cadre des deux ouvrages, La magie à Paris et La magie aux colonies. Pour Jean-Luc Buard, Jean Dorsenne est bien l’auteur principal.

En avant-propos, l’auteur, quel qu’il soit,  dit en quelques mots tout l’intérêt du livre :

« Il y a des religions inconnues, des sectes bizarres, les unes continuant de très anciennes traditions, les autres révélées par un nouveau prophète ; il y a des sorciers noirs et des mages blancs, il y a des cérémonies terrifiantes et d’autres puériles et même ridicules ; il y a des chercheurs sincères, scientifiques et convaincus, il y a des illuminés et des fous voire des charlatans…

Il y a de tout à Paris. »

Fabienne Leloup remarque :

« Car la magie est partout dans ce guide des nuits parisiennes brassant les cultures, les rituels, mais beaucoup moins les milieux sociaux. Couples, libertins blasés, vierges folles, la magie semble l’alibi pour combler le vide d’existences narcissiques, évitant toute remise en question. Beaucoup s’ennuient dans leurs hôtels particuliers. Ironique, René Thimmy n’est pas dupe du caractère grand-guignolesque de ces incursions dans le « mystère ». »

Est-ce si différent aujourd’hui ? Pas certain. Si le contexte est autre, il y a des glissements de cette époque à la nôtre, dans des formes différentes ou parfois très proches.

C’est avant tout un livre d’ambiances, qui ne manque pas d’une poésie sombre, dans lequel le lecteur ne saurait s’ennuyer. Après tout, il s’apprête à croiser « la secte des vieillards éternels », « le mage des fleurs » ou « les piqueurs du métro » et encore « la papesse noire », à découvrir le Vaudou ou les Polaires… René Thimmy décrit, ne cherche pas à expliquer et ne juge pas.

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE CARNET DE LATCHE, Christian Thibon

    


 

Et que voilà une bonne surprise. Le Carnet de Latche, le second secret de Rennes-le-Château de Christian Thibon (L’Harmattan 2022) est certes un roman. Mais que de richesse documentaire, servie par une plume envoûtante ! Tout commence par la découverte, par François Mitterrand, dans les archives secrètes de l’Élysée, d’un mystérieux petit carnet qui parle de peintures et qui émane des familles de Etienne Dujartdin-Beaumetz et de son épouse, Marie Petiet. Des familles bien connues à Limoux, tant sur le plan politique qu’artistique [1] Le Président égarera ce livret lors d’une de ses balades en forêt, document qui finira par tomber entre les mains d’un jeune journaliste, Rémy, qui voit dans ce recueil matière à un futur scoop. Las, de nombreux passages ont été caviardés par le Président, et Rémy se mettra en chasse pour retrouver une éventuelle copie intégrale. Une quête qui le mènera aux archives nationales, aux archives privées de François de Grosrouvre – gestionnaire des affaires confidentielles de Mitterrand -, aux archives secrètes de l’Élysée avec la complicité du nouveau locataire, François Hollande, ainsi qu’au domaine de la Bézole où réside Marie Petiet, descendante de la peintre. Il sera épaulé par le Nonce, un jésuite baroudeur et par Rosita, arrière-petite-fille d’Emma Calvé, qui vit sous l’étroite surveillance de l’Opus Dei.  Le document tourne autour de la Joconde et de son vol, en 1911, et de la figure emblématique de Marie-Madeleine. Il renvoie aussi à Rennes-le-Château, village qu’appréciait François Mitterrand, dont la dernière visite, juste avant son élection, avait été précédée d’une réception au musée Petiet. On a droit ici à un long développement sur Saunière, fort bien fait, intégrant avec beaucoup de talent les éléments clefs de la « Belle Histoire ». Point de mystagogie à la « Prieuré de Sion », mais d’intéressantes réflexions sur le voyage supposé du curé à Paris, et sur sa découverte du milieu ésotérico-artistique ambiant.

La saga se poursuivra évidemment sur la Colline où Rosita possède une maison ; elle est bien connue des villageois sous le vocable affectueux d’Emma. Les deux complices, devenus couple, se sentent surveillés, leurs recherches sur Marie-Madeleine dérangeant certains milieux qu’ils n’hésitent pas de qualifier de « néo-sapinière ». Rosita présente à son compagnon l’érudit d’Espéraza qui se fait appeler Jésus. Il réside dans une vielle demeure dans laquelle il a entreposé, dans une tour, une immense bibliothèque, celle de Bérenger Saunière qu’il s’est procurée par des moyens détournés. Nos deux enquêteurs vont passer plusieurs jours sur place, se livrant à un véritable travail de libermaléficonautes, pour tenter de traquer le secret du curé. Et d’arriver à la conclusion que le pasteur castelrennais était passionné par l’origine des cultes et le fondement gnostique des religions, devenues « administratives » au fil du temps. Il possédait par exemple l'édition de 1821 de l'Abrégé de l'origine de tous les cultes, version condensée de l'œuvre majeure de Charles-François Dupuis, publiée pour la première fois en 1795 chez l'éditeur parisien L. Tenré. Ce texte fondateur développe la thèse selon laquelle toutes les religions partagent une source commune liée à l'astronomie et au mythe solaire. Le secret de l’abbé Saunière était certainement un savoir intellectuel bien plus qu’un trésor matériel ou des manipulations financières, qui ont peut-être cependant existés par ailleurs.

Jésus d’Espéraza sera retrouvé affreusement assassiné après cette visite. Rosita, qui était sa légataire universelle, se rendra avec Rémy dans la résidence secondaire du défunt, à Jocou, dans la vallée du Rébenty. Et ils découvriront, dans une vieille armoire, un magnifique tableau de Marie Petiet, La Madone, une Marie-Madeleine sensuelle, à moitié dénudée, qui devait se trouver dans la Tour Magdala (Photo). Les pièces du puzzle s’emboîtent alors rapidement et on découvre un complot violent, organisé par la « néo sapinière », qui s’oppose à l’évolution libérale de l’Église et à la diffusion insidieuse du « Féminin Sacré ». Et si le vol de la Joconde n’avait pas eu pour but que de faire disparaître une figure ambigüe ? Avec l’aide discrète de François Hollande, le Vatican sera informé et le Pape François mettra rapidement de l’ordre chez ces brebis égarées, organisées en une pseudo association « de défense du patrimoine des pierres sèches de Haute-Provence » à Forcalquier.

Bon, je sais, ma note est un peu longue. Mais il n’est pas facile de rendre un hommage synthétique à un ouvrage aussi riche !

 


 



[1] Il existe un musée Petiet à Limoux.

mercredi 22 juillet 2026

CLAUDE HERMIER, IN MEMORIAM

  


 

J’apprends, au détour d’une recherche sur Internet, le décès de mon ami Claude Hermier, survenu le 20/04/25, à l’âge de 89 ans. Claude était un archéo-odésien, natif de Pont-sur-Yonne près de notre maison de campagne. Il avait fait carrière comme professeur outre-mer et venait se ressourcer au pays durant les vacances. Nous nous retrouvions le dimanche au village et nous refaisions le monde au bistrot, sur la place du marché. C’était un fondu de littérature populaire et il écrivait des montagnes de notules sur ses lectures, à l’intention de revues spécialisées dans le genre. Nous en avons repris un grand nombre dans notre série fanique, « L’Archéologue du Merveilleux », supplément au légendaire « Dragon & Microchips ». Le site Noosphere a du reste recensé l’essentiel de son œuvre.

 

Noosphere 

 

 Il avait une jolie maison dans le village, mais elle était tellement bourrée de livres qu’il était obligé de s’installer chez son frère, résidant également Pont-sur-Yonne, le temps des vacances. Nous lui avons fait connaître Maurice Limat, et il était fou de joie de rencontrer l’écrivain « en vrai. ». Nous l’avons associé à la réalisation de notre livre sur cet auteur, Maurice Limat, l’entreprise du rêve.

 

(Claude, au centre, avec Maurice Limat à droite et votre serviteur)

 

Puis l’âge de la retraite a sonné et il attendait avec impatience ce moment pour se consacrer à ses collections. Mais son épouse, réunionnaise, supportait mal le climat icaunais et il lui fallut partir à la Réunion pour ses vieux jours, un retour sans conviction sur les terres de sa femme. Il avait mal supporté cet arrachement, et dans son dernier courrier, il m’avait dit tout abandonner et partir aux Indes avec sa canne et un dollar par jour en poche. Il pourrait ainsi vivre merveilleusement un rêve qu’il avait profondément enfoui au fond de lui-même. Il m’avait confié avant de partir son exemplaire du Culte des Sorcières de Margaret Murray, avec comme instruction de surtout lui restituer. Ce livre est toujours dans ma bibliothèque.

Bon vent Claude, je te sais heureux sur les chemins de Bouddha ! Toutes mes condoléances à ta femme et à tes charmantes filles.

 


 

mardi 21 juillet 2026

RIP GUY TARADE

 

(photo avec Jimmy Guieu à sa gauche)

 Guy vient de nous quitter à 96 ans pour rejoindre ses Anciens Astronautes. Toutes nos condoléances à sa famille et à Guette Maria, son épouse. Je garderai de lui le souvenir de balades extraordinaires dans le vieux Nice Ésotérique et à la découverte de la chapelle de Lucéram, dans l'arrière-pays, où flottait l'ombre de Saunière. Va en paix, vieux frère.

LES "AILLEURS"

 


 

💡 La série-documentaire "Les Ailleurs", en 6 épisodes, est diffusée gratuitement et en intégralité sur cette chaîne Youtube. Cette démarche naît d'une volonté du réalisateur, Sébastien Duijndam, de partager des informations qualitatives au plus grand nombre sur ce phénomène mystérieux qui affecte des milliers de personnes à travers le monde. À ce jour, aucune preuve physique n’existe sur la réalité des contacts extraterrestres. Seuls la parole et le récit des victimes nous donnent un aperçu du phénomène.

🎬 Synopsis de la série Dan, Denise, Jérôme, Jean-Louis et Bérangère ne se connaissent pas et pourtant, ils ont vécu la même expérience : ils ont été en contact avec des formes extraterrestres. Ces personnes au quotidien ordinaire, côtoient l’extraordinaire. Disent-ils la vérité ? Souffrent-ils de maladie mentale ? Est-il possible que des humains soient réellement enlevés par des êtres venus d’ailleurs ? Cette série documentaire explore ces questions.

🔹 Réalisation : Sébastien Duijndam 🔹 Musique : Julien Pérez 🛸 L'intégralité de cette série-documentaire est également diffusée sur Inexploré TV : https://tv.inexplore.com/video/les-ailleurs-recits-contacts-extraterrestres-abductions-france-temoignage-appel-ovnis

 

Les "Ailleurs" 

 

Les images sont magnifiques et l’accompagnement musical, lancinant. On ressort de ce visionnage perturbé. Manifestement, ce ne sont pas des fous et les témoignages, pour l’essentiel, concordent. Ils gravitent autour de prélèvements, de sperme ou d’ovaires. Il y même eu des cas de fécondation. Ils ont créé une association, le CERO, avec des psychologues, pour échanger sur leurs expériences.

 

L’association a été créée en 2014 par Myriame Belmyr. Suite à ses expériences personnelles, Myriame Belmyr se rapproche de l’INREES.

C’est dans ce contexte que Stéphane Allix lui présente Nicolas Dumont, premier psychologue clinicien hypnothérapeute à intégrer l’association.
Le phénomène des abductions nécessite une approche particulière.

Cette intrication riche et complexe de phénomènes paranormaux et d’ufologie a donc poussé Myriame à créer une structure spécifique qui ne comporte que des personnes dites « approchées » et des psychologues.