mercredi 30 septembre 2026

LITTERATURE ET ESOTERISME

Synthèse par Natacha d'un colloque tenu en 2025 à l'Université de Rouen 

 Il s’agit moins d’un colloque unique que d’un vaste programme de recherche intitulé « Littérature et occulture », coordonné par Frank Greiner, Sylvain Ledda et Catherine Douzou à l’université de Rouen. L’ensemble réunit actuellement quatre séries d’études consacrées aux rapports entre littérature, ésotérisme, alchimie, tarot et initiation.

 Sommaire L’idée directrice Le programme cherche à comprendre comment les doctrines et les pratiques ésotériques interviennent dans la littérature de deux manières : • comme méthodes d’interprétation des textes ; • comme matériaux de création littéraire : symboles, personnages, rituels, structures narratives et modèles initiatiques. Frank Greiner part d’un constat intéressant : les lectures kabbalistiques, astrologiques, alchimiques ou tarologiques sont généralement reléguées dans le « salon des refusés » de l’herméneutique universitaire. Elles représenteraient une sorte de refoulé de la culture intellectuelle occidentale, dominée depuis Descartes et les Lumières par une conception rationaliste de l’interprétation. Mais elles peuvent aussi être étudiées comme des arts du déchiffrement, fondés sur les correspondances, les analogies et l’existence supposée d’un sens caché. publis-shs.univ-rouen.fr Le projet n’est donc pas de proclamer la validité de ces lectures, mais d’examiner : • leur fonctionnement ; • leur histoire ; • leur pouvoir de séduction ; • leur fécondité littéraire ; • et les risques de surinterprétation, voire d’imposture, qu’elles comportent. 

Cette prudence méthodologique n’est pas très éloignée, au fond, de notre fortéanisme odésien. 1. Les lectures ésotériques de la littérature La première partie étudie l’ésotérisme comme grille herméneutique. Les communications portent notamment sur : • la réinterprétation alchimique de la mythologie gréco-romaine ; • la présence de l’ésotérisme de Dante dans la littérature française ; • l’« arithmosophie » de Lorenzaccio, c’est-à-dire la recherche d’une organisation secrète du texte par les nombres ; • la notion de sémiosis hermétique chez Umberto Eco ; • les lectures du conte initiatique de Goethe par Oswald Wirth et Rudolf Steiner. La contribution sur Eco joue probablement un rôle critique essentiel. La « sémiosis hermétique » désigne le mécanisme par lequel chaque signe renvoie indéfiniment à un autre : tout devient correspondance, allusion ou confirmation. Une telle méthode peut révéler la richesse symbolique d’un texte, mais aussi engendrer une interprétation impossible à réfuter, puisque tout élément finit par devenir une preuve. Cette première partie pose donc une question fondamentale : où se situe la frontière entre interprétation féconde et délire interprétatif ? 

2. Cartes et tarots dans l’imaginaire littéraire La deuxième partie étudie les cartes et le tarot à la fois comme objets divinatoires, systèmes symboliques et instruments narratifs. Sylvain Ledda rappelle que les tarots furent d’abord des jeux avant de devenir, à partir de la fin du XVIIᵉ siècle, des supports ésotériques. Court de Gébelin contribua fortement à leur mythologie en les présentant comme les vestiges d’un antique savoir égyptien et comme une sorte de Livre de Thot. publis-shs.univ-rouen.fr Les études suivent ensuite cette présence du tarot dans des œuvres et des genres très différents : • Sépulcre de Kate Mosse ; • les romans d’Agatha Christie ; • Arcane 17 d’André Breton ; • l’univers transmédiatique des Princes d’Ambre ; • la poésie contemporaine ; • les interprétations d’Ouspensky, Stanislas de Guaita et du père Amorth. Le tarot peut remplir plusieurs fonctions : • annoncer ou provoquer un événement ; • structurer les personnages selon les arcanes ; • représenter le destin, le hasard ou la Providence ; • servir de « machine narrative combinatoire », comme chez Italo Calvino ; • suggérer l’existence d’un ordre invisible derrière les événements ; • fournir au critique une grille de lecture de l’œuvre. Le tarot apparaît donc comme un objet frontière : à la fois jeu, livre d’images, alphabet symbolique, instrument divinatoire et générateur de récits. publis-shs.univ-rouen.fr 3. Roman et alchimie 

 

La troisième partie montre comment l’alchimie a influencé non seulement les thèmes du roman, mais aussi sa construction. Les études vont des romans alchimiques des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles jusqu’au manga contemporain : • Nazari, Béroalde de Verville et Johann Valentin Andreae ; • La Ruine de Saturne de Claude-Barthélemy Morisot ; • Walter Scott ; • la transformation littéraire de Nicolas Flamel ; • Elémire Zolla ; • Fullmetal Alchemist. L’alchimie devient ici une véritable poétique du roman. Les opérations de l’Œuvre — dissolution, putréfaction, purification, conjonction et transmutation — peuvent correspondre aux épreuves traversées par les personnages et à la transformation du récit lui-même. Le héros romanesque rejoint alors l’adepte : il doit passer par une mort symbolique avant d’atteindre une forme de connaissance ou de renaissance. Inversement, le roman transforme l’alchimie en aventure, en énigme et en récit de quête. Cette partie montre aussi que la matière alchimique demeure remarquablement adaptable : elle passe du roman baroque au romantisme, puis à la bande dessinée et au manga sans perdre son noyau symbolique. 4. Les rituels ésotériques et initiatiques dans la littérature La quatrième partie est la plus ample et peut-être la plus proche de nos préoccupations. Elle examine la représentation littéraire des rites, initiations, pactes, messes noires et cérémonies maçonniques. Le corpus comprend notamment : • les Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques ; • les comédies espagnoles de magie du XIXᵉ siècle ; • Kandor, ou la Révélation des mystères égyptiens ; • Zanoni de Bulwer-Lytton et son initiation rosicrucienne ; • Les Maîtres sonneurs de George Sand ; • Le Moine de Matthew Gregory Lewis ; • les parodies théâtrales des rituels maçonniques ; • la messe noire dans Là-bas de Huysmans ; • l’œuvre initiatique de Jean Biès. Sommaire Cette section montre que le rituel littéraire ne constitue pas seulement un décor pittoresque. Il peut : • organiser le passage d’un personnage d’un état à un autre ; • dramatiser l’accès à un savoir interdit ; • mettre en scène la distinction entre initiés et profanes ; • produire une transformation identitaire ; • donner une forme visible à l’invisible ; • ou, au contraire, devenir un objet de satire et de démystification. Un point particulièrement intéressant est la question du roman initiatique. La présence d’épreuves, de secrets ou de symboles ne suffit pas à faire d’un texte une œuvre initiatique. L’étude sur Les Maîtres sonneurs pose précisément la question : George Sand a-t-elle véritablement construit un parcours initiatique, ou les critiques ont-ils projeté sur un roman champêtre une structure ésotérique qui n’y était pas nécessairement ? 

Ce que l’ensemble cherche à démontrer Le programme fait apparaître cinq conclusions générales. 1. L’ésotérisme est une forme de lecture autant qu’un ensemble de doctrines. Il suppose que le texte possède plusieurs niveaux et que son sens essentiel est caché. 2. La littérature est un laboratoire privilégié de l’ésotérisme. Elle permet de rendre visibles des correspondances, des initiations et des transformations qui ne peuvent être démontrées historiquement ou scientifiquement. 3. L’occulture circule entre les médias et les époques. Elle passe de l’alchimie renaissante au roman gothique, du surréalisme au polar ésotérique et jusqu’au manga. 4. L’interprétation ésotérique est féconde mais dangereuse. Elle peut mettre au jour des structures symboliques réelles, mais aussi transformer n’importe quel détail en indice d’un système secret. 5. Le rite littéraire possède une efficacité propre. Même fictif, il agit sur les personnages, organise le récit et parfois influence la réception du lecteur. Mon impression C’est un ensemble universitaire sérieux et très riche, dont l’originalité est de ne pas réduire l’ésotérisme à une liste de croyances ou de sociétés secrètes. Il l’étudie comme une machine à produire du sens, des images et des récits. 

 C’est donc exactement le type de travaux qui permet d’étudier l’invisible sans adopter la croyance des acteurs, mais sans réduire non plus leurs productions à de simples absurdités. Une position très ODS, finalement.

DU LOURD A RENNES_LES_BAINS

LE JESUS DE CHARLY SAMSON DANS LA LETTRE DU CROCODILE

Jésus-Christ et le Razès par Charly Samson, avec la participation de Philippe Marlin. Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France. www.oeildusphinx.com 

C’est un sujet fragile, annonce d’emblée Charly Samson dans une préface nécessaire dans laquelle il précise à la fois son projet et son regard : « Ce livre est né d’un double constat. D’un côté, une accumulation de récits, d’hypothèses, parfois de dérives, qui ont fini par transformer un territoire réel – le Razès – en un espace de projection christique. De l’autre, une réaction inverse, souvent brutale, qui consiste à rejeter en bloc toute réflexion dès lors qu’elle sort du cadre strictement académique. Entre ces deux excès, il m’a semblé qu’il existait une place possible : celle d’un regard calme, informé mais ouvert. » Il rappelle que Jésus n’appartient ni aux Eglises, leurs dirigeants et leurs affiliés, ni aux historiens et autres universitaires, mais « à l’imaginaire, à la quête intérieure, à la réflexion personnelle ». Ce texte, à valeur testimoniale, est marqué du sceau de l’honnêteté intellectuelle et de l’engagement spirituel. Il est un témoignage. Charly Samson suit tout d’abord Jésus depuis son enfance jusqu’à la crucifixion, distinguant ce qui est attesté historiquement, les possibles et ce qui fait symbole. Il interroge la place et la fonction de chacun des protagonistes dans son temps et son lieu : Jésus bien sûr, les disciples, Marie, Marie-Madeleine, Pilate, etc. Puis, il nous entraîne dans le Razès, « un territoire qui appelle le sacré », favorable à l’isolement, au secret comme à la maturation des mythes, « un lieu de projection spirituelle » dit-il. Il s’en explique : « Si le Razès a accueilli, au fil des siècles, autant de récits, d’hypothèses et de constructions symboliques, ce n’est pas uniquement parce qu’il aurait été le théâtre d’un événement exceptionnel, mais parce qu’il réunit plusieurs conditions rares. C’est un territoire discret, replié, peu documenté, longtemps resté en marge des grands récits officiels. Or, l’histoire montre que ces zones périphériques deviennent souvent des réceptacles de sens : on y dépose ce que les textes n’ont pas conservé, ce que les institutions ont oublié, ou ce que l’on a jamais osé dire ailleurs. Le Razès n’est pas seulement un décor possible ; il est un lieu qui autorise le doute, et donc l’imaginaire. » C’est le Jésus symbolique que suit alors Charly Samson, que certains ont voulu faire vivre dans le Razès, entre recherche et imaginaire, réalité et désir. Il examine les diverses thèses émises sur le sujet et leurs auteurs selon cinq registres : symbolique, historique, doctrinal, narratif ou mythique, et visionnaire. Il ne cherche pas à démontrer mais à comprendre les processus engagés en posant des repères pour le lecteur. Enfin, il propose des annexes conséquentes afin de préciser ces repères, « analyser les effets de réception » et « déplacer le regard » dans une approche « fortéenne » revendiquée. 

C’est donc moins les mystères qui l’intéressent que notre rapport à ces mystères, apparition, diffusion, permanence. Ce livre « situe » et « rend lisible », avec respect et distance, ce qui ne l’était pas, nous dit Philippe Marlin.

mardi 29 septembre 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LOVECRAFT, LA MODERNITÉ EN HORREUR, Aristide Leucate

J’imaginais le pire en lisant Lovecraft, la modernité en horreur d’Aristide Leucate (La Nouvelle Librairie éditions, 2026), compte-tenu de l’orientation idéologique du groupe éditorial (Institut Iliade ). Et il est vrai que brocarder Lovecraft, compte-tenu de son caractère réactionnaire et de son racisme, est chose facile. Ce petit bouquin n’élude pas le sujet, mais précise que « son racisme ne représente pas une charge suffisante pour dresser un quelconque acte d’accusation ». L’analyse est plutôt bien faite, sous une plume agréable à lire. L’auteur déroule son étude autour de deux fils rouges : l’horreur cosmique, qui marquera de façon indélébile la littérature fantastique contemporaine et…. l’amour des chats ! Cette passion sympathique illustre bien l’humanité de l’écrivain et permet de faire la jonction entre deux grands mystères : celui du caractère insaisissable de la gent féline et celui tout aussi indicible du Cosmos. Alors, la modernité peut être détestée, car elle est peu de choses face au poids d’un Inconnu qu’on ne pourra jamais percer, même si l’émotion artistique et le rêve nous en envoient parfois des aperçus déroutants.

lundi 28 septembre 2026

METAL HURLANT LOVECRAFT

Métal Hurlant nous gâte et nous offre un numéro 18 bis entièrement consacré à Lovecraft. En fait c’est un numéro en deux versions, l’une « classique », l’autre « collector » avec une superbe couverture tirée du Necronomicon de Druillet. Et il ne s’agit de rien d’autre qu’un hommage-souvenir au numéro de légende paru en 1978. Plusieurs contributions de cette primo-version sont reprises (Druillet bien sûr, Nicollet évidemment, Marc Caro et son inquiétant Barzaï, ainsi que les superbes BD de Buscaglia et Breccia sur Dunwich et « le Monstre sur le Seuil »). Mais le tout est considérablement enrichi par une foultitude d’autres talents graphiques (Moebius, Caza, Finlay, Bilal…), avec un petit coup de cœur pour Ian Miller et son approche saisissante de « l’horreur cosmique ». Pour être complet, on relèvera également les nombreuses études qui émaillent ce volume de 280 pages, et notamment plusieurs interviews d’artistes ou de traducteurs. Une mention spéciale à Serge Clerc qui nous parle de la création de jeux vidéo sous les déluges de bombes qui pleuvent sur ses bureaux en Ukraine. Un seul mot pour conclure : BRAVO !

samedi 26 septembre 2026

COMMENT RELOOKER L'ASTROLOGIE ! LE DESIGN HUMAIN.

« Une astrologie new look » n’est pas une mauvaise première approximation, mais le Human Design est en réalité un système beaucoup plus composite — une sorte de syncrétisme New Age qui emprunte à l’astrologie, au Yi Jing, aux chakras, à la Kabbale… en y ajoutant un vocabulaire pseudo-scientifique moderne. Il apparaît assez tardivement, en 1987, avec un Canadien nommé Robert Allan Krakower, qui prend ensuite le nom de Ra Uru Hu. Il raconte avoir reçu le système au cours d’une expérience mystique à Ibiza : pendant huit jours, une entité ou intelligence qu’il appelle simplement « The Voice » lui aurait transmis les fondements du Human Design. On est donc, historiquement, beaucoup plus près d'une révélation ésotérique contemporaine que d'une discipline scientifique. Comment cela fonctionne À partir de la date, heure et lieu de naissance, on calcule une carte appelée BodyGraph. Ça ressemble un peu à ceci
Le système combine plusieurs traditions qui, à l'origine, n'ont pratiquement rien à voir entre elles : • les 64 hexagrammes du Yi Jing, transformés en 64 « portes » ; • les planètes et positions astrologiques ; • l'Arbre de Vie kabbalistique ; • un système de neuf centres, manifestement apparenté aux chakras, mais passé de sept à neuf ; • puis des notions empruntées au vocabulaire de la physique et de la biologie : neutrinos, génétique, ADN, mécanique quantique, etc. C'est ce dernier aspect qui lui donne souvent une apparence beaucoup plus contemporaine que l'astrologie classique. Le pratiquant établit ensuite ton « type ». Il en existe cinq appellations usuelles : Generator, Manifesting Generator, Manifestor, Projector et Reflector. À cela s'ajoutent une « stratégie », une « autorité », un « profil », des « portes », des « canaux », etc. L'ensemble peut devenir extraordinairement sophistiqué.
Attention Le Human Design fait volontiers intervenir les neutrinos. L'idée est, schématiquement, que ces particules traverseraient notre organisme au moment de la naissance et imprimeraient une sorte d'information déterminant notre configuration. Le problème est que les neutrinos existent bel et bien, contrairement à beaucoup d'objets du discours New Age, mais la physique connue ne fournit pas de mécanisme établissant qu'ils encoderaient ainsi une personnalité ou un destin. Le recours à des termes scientifiques réels ne constitue donc pas une validation scientifique du système. Et il n'existe pas, à notre connaissance, de corpus de recherches empiriques robustes établissant que le BodyGraph permette de prédire les traits psychologiques d'une personne avec une fiabilité supérieure au hasard ou à des méthodes psychométriques établies.
Pourquoi cela peut pourtant être très séduisant C'est là que le phénomène devient intéressant pour notre Histoire de l'Invisible. Le Human Design ne dit pas seulement : « Tu es Verseau ascendant Scorpion. » Il propose quelque chose qui ressemble à un mode d'emploi personnel : voici comment ton énergie fonctionne ; voici comment tu dois prendre tes décisions ; voici pourquoi certaines relations t'épuisent ; voici les situations qui correspondent à ta nature. C'est donc à la fois astrologie, typologie psychologique et méthode de développement personnel. Et comme les descriptions comportent de nombreux paramètres, elles peuvent produire une impression très forte de personnalisation. On retrouve ici certains mécanismes bien connus dans l'étude de l'astrologie et des tests de personnalité non validés : effet Barnum/Forer, sélection des éléments qui « tombent juste », interprétation rétrospective, etc. Cela ne signifie d'ailleurs pas nécessairement que celui qui l'utilise n'en retire rien : un système symbolique peut servir de support d'introspection sans que sa cosmologie soit littéralement vraie.
Et surtout : quelle étrange généalogie ! Pour notre regard d'historien de l'ésotérisme, je le placerais volontiers dans une lignée : astrologie + occultisme occidental + New Age → Human Design. Mais avec une particularité très XXIᵉ siècle : l'ésotérisme devient une interface. On entre ses données de naissance, une machine produit un diagramme complexe, et celui-ci donne l'impression d'une cartographie presque technique de l'individu. C'est assez fascinant parce que l'on retrouve exactement un phénomène que nous avons rencontré ailleurs : un très vieux désir humain — connaître sa nature et son destin — revêtu du vocabulaire scientifique de son époque. Paracelse parlait des correspondances entre microcosme et macrocosme. L'astrologue parlait des planètes. Le magnétiseur du XIXᵉ parlait du fluide. Le spirite parlait de vibrations. Le Human Design parle de neutrinos et de génétique. Donc c'est bien une sorte d'astrologie 2.0, mais tellement caractéristique de l'ésotérisme contemporain : « Human Design : quand l'astrologie rencontre les neutrinos ». C’est un excellent exemple de la manière dont l'Invisible renouvelle constamment son vocabulaire sans nécessairement changer ses grandes fonctions symboliques.

vendredi 25 septembre 2026

ON VA GUINCHER À COUIZA !

ROGER FACON SE SOUVIENT !

L’ATTENTAT !… Putain de film du regretté Yves Boisset. Je l’ai revu hier soir. J’ai eu l’occasion d’échanger sur ce film avec son réalisateur, dans mon autre vie, quand j’étais adjoint à la culture, à ANICHE. Boisset était en plein tournage de son documentaire sur l’ORDRE DU TEMPLE SOLAIRE. Il avait lu mon roman LA CRYPTE paru à la Série Noire. Il voulait avoir mon avis sur deux, trois petits trucs qui le chiffonnaient. On avait pas mal échangé. Surtout sur son film l’Attentat, inspiré de l’Affaire Ben Barka. Boisset m’avait raconté les pressions qu’il avait subies lors du tournage et du montage de L’ATTENTAT. Flics en civil qui le suivaient partout. Barbouzes du SAC, agents du SDECE qui « visitaient » ses bureaux et embarquaient des bobines concernant les séquences jugées trop « sensibles » par les connards de droite qui gouvernaient alors la France 🇫🇷 et allaient être remplacés moins d’une décennie plus tard par des connards de gauche. Ouais, on avait pas mal parlé du SAC avec Boisset. Et d’un putain de braquage qui avait eu lieu à Gisors, six ans avant l’Attentat. Ce braquage sera au cœur de mon prochain roman à paraître un de ces jours aux Editions de L'oeil du Sphinx, pour clore la trilogie entamée avec La caverne perdue des Templiers et Le retour du Dragon vert. Il s’intitulera ILS ONT VOLÉ L’OR DES TEMPLIERS. Yves Boisset sera l’un des personnages de ce putain de bouquin. Avec le SAC, bien sûr. J’ai pas pu résister. Comme beaucoup, sous Pétain, une période qui, par certains côtés, nous permet de mieux comprendre la nôtre… Voir moins

mercredi 23 septembre 2026

PAS FACILE A TROUVER !

COLLOQUE STELLA INCOGNITA

Colloque Stella Incognita – Lyon – 7-8-9 avril 2027 Sciences & Science-fiction. Faits, fake news, dissimulations et vérité Société savante Stella Incognita — Études de la Science-fiction Lyon 1 — Culture Humaniste, Artistique et Scientifique (CHAS) Laboratoire S2HEP (UR 4148) — Appel à communications Par son nom et ses réalisations, la science-fiction entretient un rapport fort avec les sciences et les technologies. On ne compte plus les images de fusées, de cyborgs, d’expériences scientifiques, d’ordinateurs et de machines informatiques... Parfois, ces images font sourire les scientifiques et les ingénieurs — qui ne croient pas un instant aux génies solitaires et aux objets techniques conçus et fabriqués en un clin d’œil. Le récit a souvent une exigence de rapidité qui peut agacer. Mais au-delà de cela, la science-fiction présente un intérêt majeur qui lui fait pardonner ses pirouettes : elle parle de science et de technologie. Elle en parle, et, ce faisant, elle distille des perles de savoirs dans le corps social ; elle interroge le pouvoir que ces savoirs apportent ; elle infuse quelques bribes de la démarche scientifique et de ses aléas ; et elle questionne la politique dans son rapport à la connaissance et à la vérité. Comme médiatrice de savoirs, on peut mentionner Le Voyage fantastique (1966), film de Richard Fleischer qui, par bien des aspects, illustre la vision physiologique de Claude Bernard et fait écho à son interrogation de chercheur : « si nous pouvions être un globule de sang… » [1]. Autre exemple : Vingt Mille Lieues sous les mers (1889) de Jules Verne, fait découvrir une vie marine avant la création du Musée océanographique de Monaco (1910) et les documentaires du commandant Cousteau. Plus près de nous, Neuromancien, de William Gibson, parle de monde virtuel avant même qu’il n’existe ; etc. Comme interrogatrice des pouvoirs conférés par les savoirs, elle ne cessent, la plupart du temps, de souligner l’absence de neutralité de ces pouvoirs, et leur ambivalence. Les savoirs ont un effet dans le monde réel, un pouvoir, et ce pouvoir a des effets à la fois positifs et négatifs. La science-fiction est ainsi une sorte d’école de l’usage, une école d’exploration des conséquences pour parvenir au bon usage. Par exemple, L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de mister Hyde (1886), de Robert Louis Stevenson, n’est pas seulement une illustration du syndrome de dédoublement de personnalité — identifié la même année — mais aussi une interrogation sur l’aléa de la recherche, sur la dépendance et sur l’impureté chimique dans un produit pharmaceutique. Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), de Mary Shelley, n’est pas seulement une histoire de monstre et une illustration du mythe de l’apprenti sorcier. Il est aussi une interrogation sur la responsabilité du chercheur. Le Docteur Lerne (1908) de Maurice Renard n’est pas seulement une histoire de greffe, mais aussi une réflexion sur l’hybridité corporelle, sur l’intimité psychologique et somatique. Comme questionnement du politique dans son rapport au savoir, à la vérité et à la contrevérité, les œuvres classiques abondent. Nous autres (1920), d’Evgueni Zamiatine, est un questionnement de la dictature panoptique et une réfléxion sur notre appartenance à la nature. Le Meilleur des mondes (1932) d’Aldous Huxley, pose la tension bonheur vs vérité. Swastika Night (1937) de Katharine Burdekin, expose la dévalorisation des femmes par un régime masculiniste inspiré du nazisme. 1984 (1949), de George Orwell, souligne la manipulation des esprits et la dissolution du rapport à la vérité. Le cycle Fondation (1951-1953) d’Isaac Asimov reprend l’idée d’une science de prédictions sociales, déjà présente chez Nicolas de Condorcet, pionnier des statistiques et des probabilités. Le même esprit d’interrogation socio-culturelle ne s’est jamais tari, et, parmi bien des œuvres, on peut citer Le Ministère du Futur (2020) de Kim Stanley Robinson sur le réchauffement climatique, et le cycle récent Terra Ignota (2016-2021) d’Ada Palmer, où histoire, science, technologie et politique entrent en écho. Ce ne sont pas seulement la physique, la biologie et l’ingénierie qui sont sur la sellette, mais aussi la sociologie, la psychologie, l’économie et l’histoire. Ainsi, le rapport de la science-fiction à la vérité et à la connaissance est plus complexe qu’il n’y paraît. En tant que littérature de l’imaginaire, la distance semble évidente, et pourtant la science-fiction repose sur deux règles encadrant cet imaginaire — du moins la plupart du temps. La première est l’exigence de vraisemblance et le refus du surnaturel, ce qui la distingue du merveilleux et de la fantasy. La seconde est la construction du récit sur une structure hypothético-déductive, « si… alors... », mise en évidence dès 1909 par Maurice Renard [2]. On introduit ce que Darko Suvin appelle un novum [3] et on en tire les conséquences. Cela induit dans la science-fiction une attention particulière à la cohérence. Par ailleurs, cela la rapproche à la fois des expériences de pensée des philosophes, et des hypothèses théoriques des scientifiques. De ce fait, dans une bonne partie des œuvres de science-fiction, le rapport à la vérité et à la vraisemblance est manifeste. Même si la science-fiction s’affranchit allégrement de toute expérimentation, il n’en demeure pas mois que dans sa structure-même elle entretient une certaine connivence avec la démarche scientifique. Cette proximité est d’autant plus notable que bien des auteurs et autrices ont une formation scientifique : Evgueni Zamiatine (ingénieur naval), Aldous Huxley (petit-fils et frères de théoriciens de l’évolution), Isaac Asimov (biochimiste), Stanislas Lem (études de médecine), Le Guin (fille d’anthropologues), Greg Bear (biologiste), Ada Palmer (historienne), etc. Cette culture ne les empêche pas de se glisser dans les règles de la littérature, mais elle les rend particulièrement sensibles à la recherche de cohérence, au respect de l’exigence de vérité. Beaucoup se nourrissent d’une très solide documentation. Le mensonge, la distorsion, la manipulation, le mépris des faits : tout ceci leur répugne. Beaucoup ont ainsi exploré la dynamique des contrevérités, bien avant notre âge de fake news, de vérités « alternatives » et d’« influenceurs » par réseau sociaux. Ce colloque souhaite ainsi explorer à la fois comment la science-fiction parle de la recherche et de la construction des savoirs et des techniques, mais aussi comment ce savoir circule ou circule mal, ou dans la distorsion. Il souhaite aborder la question des effets de la science dans la société (ou de leur défaut d’effet), et celle des effets de la société dans la science. Les propositions de communication pourront concerner toutes les modalités de la science-fiction : romans, films, séries, bandes dessinées, animation, peinture, sculpture, jeux vidéo, jeux de rôle… Ces propositions pourront utiliser des champs disciplinaires variés : analyses littéraires, approches culturelles, anthropologie, philosophie, sociologie, histoire, approche par les sciences et les technologies, ingénierie, design, histoire de l’art, etc. Elles pourront concerner toutes les aires culturelles et aborder tous les temps historiques, y compris le monde contemporain. [1] Grmek (Mirko) : Le legs de Cl. Bernard, pp. 139, citant un cahier de recherche de Claude Bernard [2] Renard (Maurice) : « Du roman merveilleux-scientifique et de son action sur l’intelligence du progrès », Le Spectateur, n°6, oct. 1909, repris dans Maurice Renard : Romans et contes fantastiques, Paris, Robert Laffont, 1990, pp. 1205-1213 [3] Suvin (Darko) : Metamorphoses of ScienceFiction — On the Poetics and History of a Literary Genre, New Haven, 1979, Yale Univ. Press. Pour une poétique de la science-fiction, Montréal, Presses de l’Université du Québec, 1977. — Modalités pratiques Les propositions de communication devront contenir : — un titre — un résumé de 300 à 500 mots — une courte présentation de l’auteur/autrice de la proposition (2 à 5 lignes) Elles sont à envoyer à l’adresse suivante : jerome.goffette@univ-lyon1.fr — Calendrier — Date limite de soumission : 31 octobre 2026 — Date de réponse : décembre 2026 — Dates du colloque : 7-8-9 avril 2027, à Lyon / Villeurbanne. — Colloque Les communications auront une durée de 20 minutes. Elles seront suivies d’un temps de discussion. L’inscription au colloque est gratuite. Le colloque aura lieu au Campus de La Doua, bien connecté par Tram à Lyon et Villeurbanne.

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DAGON À VENISE, Philippe Ward & François Darnaudet

C’est avec émotion que je dévore Dagon à Venise (Inanna éditions, 2026), pratiquement un an après la disparition de son coauteur et ami, Philippe Ward (décédé en septembre 2025). Heureusement, grâce à son compère François Darnaudet, son projet lovecraftien a pu être mené à terme. Car Philippe était un disciple fidèle du Maître. Ne lui doit-on pas une première bibliographie en français de Lovecraft, à une époque où le fanzine était notre mode d’expression incontournable et où le minitel représentait le must en matière de nouvelles technologies ? On se souviendra de son légendaire 3615 MISKA ! Ce petit roman se lit pratiquement d’une traite, tant l’action ne cesse de rebondir en de courts chapitres très nerveux. Nous y ferons la connaissance d’un groupe redoutable, « Les Exterminateurs », voués à une lutte implacable contre les vampires. Ils utilisent un matériel High Tech hautement sophistiqué et un arsenal d’armes particulièrement meurtrières. Une alerte est donnée à Venise où Casanova, devenu mort-vivant suite à la morsure d’une de ses amantes de la nuit, sème la terreur. La chasse s’ouvrira dans une certaine confusion, car un autre prédateur va vite prendre le devant de la scène, Dagon. Les combats sont d’une violence inouïe, la Cité des Doges en fera les frais et retournera à sa patrie d’origine, la mer. Mais Dagon sera vaincu, malgré sa garde de Profonds, prouvant par-là aux spécialistes de la théologie lovecraftienne que les Grands Anciens ne sont pas des Dieux, mais des créatures mortelles. La terreur connaîtra un sursaut inattendu avec l’arrivée de mère Hydra, venue venger son époux. Elle sera également éliminée, au prix de massacres qui feraient pâlir d’envie les auteurs des crimes de guerre dont l’actualité nous abreuve ! Ce qui nous vaut un final où Cthulhu se réveille dans sa Cité de R’Lyeh, inquiet de ne plus sentir dans ses rêves la présence de Dagon et Hydra. Souhaitons que François Darnaudet reprenne la balle au bond et nous livre de nouvelles aventures de leurs extraordinaires Exterminateurs. Ce serait un bel hommage à la mémoire de celui qui portait des chaussons en forme de pieds d’ours !

jeudi 3 septembre 2026

JEAN-MICHEL NICOLLET EXPOSE

La galerie Barbier a le plaisir d'accueillir Jean-Michel Nicollet pour une exposition consacrée à ses œuvres autour de la figure du robot. Fasciné très jeune par le film Metropolis de Fritz Lang, l’artiste n’a cessé d’explorer au fil de son œuvre ces figures anthropomorphes, à la frontière entre mécanique et imaginaire. L'exposition réunit des œuvres (dessins, peintures et illustrations) allant de la période Métal Hurlant à nos jours. À cette occasion, la galerie dévoile un nouveau bronze de Jean-Michel Nicollet, réalisé par la fonderie Rosini et édité à seulement 8 exemplaires. Les éditions Barbier publient également Mekanopolis en édition de luxe limitée à 280 exemplaires, chaque ouvrage est accompagné d’une sérigraphie numérotée et signée par l’artiste. Vernissage (entrée libre) le jeudi 10 septembre 2026 de 19h à 21h, en présence de l’artiste. SÉANCE DE DÉDICACES Jean-Michel Nicollet viendra dédicacer Mekanopolis au sein de son exposition le samedi 12 septembre 2026 de 15h à 18h à la galerie Barbier Inscriptions : mayla@bdartiste.com

mercredi 2 septembre 2026

BOUDET, LE LINGUISTE DE L'IMPOSSIBLE

Sur le site de Patrick Mensior, un excellent papier de François Lange sur un supposé livre codé. Notre abbé cherchait plutôt l'origine des langues de l'humanité ! https://www.rennes-le-chateau-doc.fr/lespersonnages/boudet/images/H_Boudet_et_L_Figuier_par_F_Lange%20.pdf