vendredi 15 mai 2026

GÉOGRAPHIE DU DÉPARTEMENT DE L'AUDE, Adophe Joanne (VO 1882)

 


Je retrouve dans les notes de notre chère feu Marie-Christine Lignon ces extraits sympathiques : 

 

 

..... Adolphe Jouanne, Géographie de l’Aude (Hachette, 1900). Il appartient à une sympathique collection d’études départementales que l’on peut se procurer assez facilement chez les bouquinistes.


 

Marie-Christine Lignon nous en a fait une lecture détaillée.

 

Quand on voyageait à l’époque, on se munissait, bien sur, d’un Guide. Il s’agissait de « Guides à l’usage exclusif des vélocipèdes », ou de « Guides de la France pour les voyageurs utilisant principalement le train » mais dans lesquels on mentionnait la façon de se rendre, à pied, à cheval, en diligence sur des lieux insolites. C’est ainsi que j’ai en ma possession le Guide-Joanne (1893) des Pyrénées, partie orientale deuxième partie.


En voici quelques extraits du chapitre V :

 

Aude, Pyrénées-Orientales, Catalogne. Les trajets sont détaillés en partant de Paris et en proposant des « routes » numérotées. (La route 66 est dans la première partie).


Route 115 : De Carcassonne à Quillan... Dans les environs d’Alet se trouvent quelques menhirs. Intéressant mais je sens que vous êtes pressés.

 

Route 116 : De Carcassonne à Rennes-les-Bains par Couiza (route 115)...  On passe au pied de Coustaussa, 156 hab., dominé par les ruines d’un château des XIIe, XIIe, XVIe et XVIIe s. Un peu plus loin, on voit sur la droite Rennes-le-Château (V. ci-dessous).


Rennes-les-Bains (319 m), 478 hab.  Il existe dans les environs cinq sources minérales qui diffèrent ; trois de ces sources sont ferrugineuses thermales, les deux autres sont salines froides. Les débris d’anciennes constructions, les urnes, les médailles trouvées près des bains témoignent qu’ils ont été fréquentés par les Romains. Les bains de Rennes sont désignés dans un acte de 1307 sous le nom de Bains de Montferrand mais dès le XVIIe s., ils étaient appelés Bains de Rennes et Catel les cite en première ligne parmi les stations thermales du Languedoc.


Actuellement, les établissements sont au nombre de trois : Le Bain fort, le Bain de la Reine et le Bain doux ; ils contiennent ensemble 80 baignoires et 12 cabinets de douches. En outre, le village possède trois buvettes ferrugineuses froides, le Cercle, le Pont et la Madeleine. Les maladies pour lesquelles les eaux de Rennes sont recommandées sont les rhumatismes... la syphilis. Les Collines qui entourent les Bains de Rennes, à l’O. et au S., sont couronnées par des bancs de grès brisés aux formes bizarres et fantastiques, qui impriment au pays un aspect particulier.

Sources du Cercle et de la Madeleine (1 h. aller-retour). En se dirigeant au sud, par la route qui remonte la rive droite du Sals ou de la Sals, on atteint bientôt la Fontaine ferrugineuse du Cercle, près du hameau du même nom (dans le mur, fragments antiques).


Laval-Dieu et Rennes le Château. (3 h. 30 min aller et retour). Du hameau du Cercle, on prend un sentier qui se dirige à l’E.-S.-O. et monte sur un plateau. Après avoir dépassé la Roche Tremblante, énorme bloc de grès d’environ 3 m de hauteur sur 2 m de diamètre, posé en équilibre sur un affleurement de roche et assez facile à branler avec la main, on se dirige au S., et on atteint le hameau de Laval-Dieu , d’où l’on monte au N.-O. à Rennes-le-Château , 298 hab. (alt. 435 m). Ce pauvre village, dominé par les ruines d’un château et une église en partie romane, a été, jusqu’en 1218, la capitale du comté de Razès, qui s’étendait jusqu’au Capsir et qui depuis forma le diocèse d’Alet. Du côté S. du plateau, on embrasse un magnifique horizon. On distingue le pic de Bugarach ; à sa droite, sur le dernier plan, l’extrémité de la forêt de Fanges et la crête méridionale du bassin de Quillan ; à l’E., N.-E., le pic de Cardon.


On peut descendre directement à Couiza ou revenir aux Bains par la même voie q 'à la’montée, ou par le chemin indiqué ci-dessous.


Rocher de Blanchefort (2 h. 30 min à 3 h., aller et retour). En sortant des Bains, on prend un chemin qui monte à l’O.-N.-O. et qui conduit à Rennes-le-Château ; on traverse le plateau des Escalades, et, en 40 min, on atteint la métairie de Fabiès ; on laisse alors à gauche le chemin principal pour suivre un sentier à peine indiqué qui mène à la crête du rocher de Blanchefort. (Belle vue sur les vallées du Sals et du Réalsès). Sur ce plateau, dont le point culminant atteint 544 m d’altitude, se trouvent les ruines du château de Blanchefort.


Château d’Arques (3h. aller et retour). 35 min des Bains au hameau. Des Clapiers, par la route de Couiza. On laisse cette route à l’O., et l’on remonte la rive droite du Réalsès à l’O., par la route de Lagrasse (R. 121 G). 45 min, Serres, 139 hab. Au N., ville de Peyrolles (mégalithes). A droite, vallon de Bézis (carrière de marbre). 

1 h 30 min, Arques, 520 hab., sur la rive dr. Du Réalsès, à l’issue d’un vallon (gisements de manganèse). Le donjon du château est assez bien conservé, date du commencement du XIVe s ; Près des ruines du château, à peu de distance de la route, se trouve un menhir appelé Peyro Dreto ou Peyro Lebado.


Pic de Cardou. 1 h. 15 min à la montée, 50 min à la descente). 20 min des Bains au hameau de Montferrand, à l’extrémité duquel, presque en face d’une fontaine, on s’engage à gauche dans un étroit sentier, qui mène à la crête de la montagne, dont on suit le contour jusqu’au pied du pic. On gravit alors une pente très inclinée. I h. 15 min Sommet (796 m) – Au S. se montre le pic de Bugarach et le chaînon de Saint-Antoine-de-Galamus, au- dessus duquel s’étend la forêt de Fanges ; à l’O., la vallée de l’Aude ; au loin les montagnes qui séparent les départements de l’Aude et de l’Ariège ; au N., au-delà de la vallée du Réalsès et des collines, la plaine du Languedoc.


Montagne des Cornes et lac de Barenc (2 h., aller et retour). On remonte la rive droite du Sals ; à la Tuilerie, on prend un chemin qui monte à l’E., et conduit à la crête (nombreux fossiles).  Vers le haut du plateau qui forme le point culminant de la montagne (759 m), on se dirige au N., et, on voit le lac de Barrenc, peu étendu, mais très profond, dit-on ; il n’a pas d’écoulement apparent.  Pic de Bugarach (3 h. 15 min à la montée, 2 h. 10 min à la descente ; le chemin par la route du village de Bugarach est moins intéressant) ascension très recommandée.

 

On remonte la rive droite du Sals. 45 min Soug aigne,’268 hab’ (riches gisements fossilifères). – On entre dans un cirque de pâturages. On traverse le ruisseau, et après avoir suivi un chemin sinueux sur le versant de la montagne, on arrive (1 h. 45 min) au bord des sources salées qui jaillissent à 800 m d’altitude, au pied du Roc Balesou (913 m), et forment le torrent de Sals. Non loin des sources s’élève un ancien corps de garde construit pour empêcher les paysans d’utiliser l’eau des sources. Dans les environs sont exploitées des carrières de grès à aiguiser.


On gravit les pentes du col Balesou jusqu'au col de Capela, au-delà duquel on voit se dresser au S. le pic de Bugarach, dont on atteint la base en traversant un terrain accidenté ; puis on contourne le rocher au N.-O.


Au-delà d’un petit défilé, on arrive (3 h.) sur un plateau nu, à l’extrémité N.-E. duquel se dresse la tour de Bugarach, que l’on atteint par une facile escalade. 3 h. 15 min Sommet (1,231 m), un des principaux points géodésiques de la grande triangulation de la Œuvre. Une pierre, scellée dans la roche lors de ces opérations, porte le millésime de 1824. La ligne méridienne de l’Observatoire de Paris passe à peu de distance à l’O. de ce point.


Du sommet, lorsque le ciel est pur, l’œil embrasse un magnifique panorama, qui n’a pas moins de 160 kil. De rayon. On peut revenir en 2 h. 30 aux Bains de Rennes, ou descendre en 3 h. à Caudiès-de -Saint-Paul, par le village de Bugarach, (600 hab., situé à l’O. du pic). On pourrait aussi descendre au S.  par la métairie de Lauzadel, et de là par Prugnanes à Saint-Paul- de- Fenouillet (3 h.).


***

 

Encore une sélection d’extraits du Guide Joanne utilisé par mon grand’père. Le volume porte comme date de publication 1893 mais on peut constater que les mises à jour ne s’effectuaient pas très rapidement.

1) REGION D’ORIGINE DE BOUDET DANS LAQUELLE SAUNIERE A ŒUVRE EN POSTE JUSTE
AVANT RLC

 

Route 117. De Quillan à Montlouis.


A. Par la vallée de l’Aude. (D’après les coups de crayon, mon grand-père y est passé).


68 kil. – Route de voitures. Service public jusqu’aux Bains d’Escouloubre : 5 F ; voiture particulière à deux chevaux, 50 F (soit que l’on quitte la voiture à Montlouis, soit que l’on revienne à Quillan). – Magnifique excursion, très recommandée et qui mérite d’être faite entièrement à pied. – Durée du trajet en voiture, non compris l’arrêt aux Bains de Carcanières : 9 h. 30 de Quillan à Montlouis, 6 h. 30 de Montlouis à Quillan.


En sortant de Quillan, on longe la gare, et, remontant la vallée de l’Aude, en suivant la rive g., on dépasse bientôt une forge importante.


4 kil., Belvianes (321 m).


On laisse à g. un pont et l’on s’engage dans l’étroit et magnifique défilé de Pierre-Lys.


Sur une longueur de 2 kil. ½, la route est resserrée entre la rivière et des rochers perpendiculaires de plusieurs centaines de m de hauteur ; elle franchit un premier tunnel, puis, par un second et un troisième souterrain, la galerie appelée le Trou du Curé, en souvenir de l’abbé Armand, qui la fit percer. Au-delà, on laisse   gauche les ruines d’un couvent, puis, sur la rive droite de l’Aude...


... 12 kil. Axat, ch.-l. de c. de 450 hab. (prunes renommées, grand commerce de bois et de charbon, usines). Au S.-E., sur la montagne s’étend la forêt de Male.


La route franchit l’Aude et longe sa rive droite, et, au-delà d’un long bassin entouré d’escarpements, pénètre dans le magnifique défilé de Saint-Georges, où la roche a dû être taillée en encorbellement pour faire place au chemin. Au-delà de cette cluse, l’une des plus grandioses des Pyrénées, la vallée s’élargit un peu.


16 kil. En aval du confluent de l’Aude et de l’Aiguette ou Eguette, qui arrive du S., on laisse à g. le chemin qui monte à Sainte-Colombe, et, après avoir franchi l’Aude qui arrive O.-E. on suit presque à niveau, à l’O., la rive g. de l’Aude. Sur les deux versants de la vallée, qui n’est ici qu’un étroit et sinueux défilé, s’étendent d’immenses forêts ; au N. se dressent de beaux rochers.


21 kil., Gesse, ham. De Bessède-de-Sault 440 hab., 941 m d’altitude) ; très belle source captée et qui retombe en cascade. – La route, très ombragée, continue de suivre en remblai la rive gauche de la rivière au milieu de recoins charmants ; puis elle laisse à droite, au-delà de bois et de rochers, la large conque de Fontanès (invisible de la route), dont le pittoresque village (198 hab.) est complètement caché. On traverse au S. un magnifique défilé qui, avant l’ouverture de la section de la route, était à peu près inconnu ; çà et là, le défilé est coupé par de touts petits bassins ; à droite et à gauche s’élèvent, au milieu des fouillis de verdure, des pylônes, des parois à pic. – Le défilé s’élargit un peu ; à gauche sur la rive droite, s’ouvrent d’étroits ravins boisés, couronnés à la crête de pyramides de rochers ou de parois à pic. – La route monte un peu. A gauche, l’Aude, jusqu’alors très calme, se précipite en rapides.


30 kil 5. Bassin avec trois maisons. Vue, en amont du château d’Usson, dont le piton a pour cadre deux grandes crêtes de rochers en forme de V. Au-delà d’un nouveau défilé se dressent sur un monticule les belles ruines du château du Son ou d’Usson, démoli en partie en 1792 ; puis on pénètre dans un étroit défilé. C’est là qu’est le petit établissement des Bains d’Usson, plaqué contre le rocher. Cinq sources sont exploitées dans cet établissement, fréquenté seulement par les habitants du département de l’Aude.


Un pont conduit sur la rive droite, et la vallée tourne au S.-E. et s’élargit un peu ; les pentes des deux versants, déboisées et couvertes seulement de broussailles, cistes, etc. ou dénudées, sont laides et sans caractère. A gauche, à une altitude de 879 m, se montre le petit établissement thermal de la Garrigue ou de las Caoudas, en ce moment (1890) abandonné.


36 kil, Bains d’Escouloubre et de Carcanières où sont maintenant de bons hôtels et où l’on fera bien de déjeuner.


...Au-delà des Bains, la vallée se resserre, les deux versants s’élèvent, boisés et rocheux sur la rive gauche, couverts de  cistes à fleurs blanches sur la rive droite et dominés par un grand hémicycle de hautes montagnes.


Des Bains jusqu’au moment où l’on franchit l’Aude en arrivant sur le plateau du Capsir on rencontre 18 ponts, sans compter les ponceaux.


41 kil. Sur un mamelon gazonné à g., se montre la maison des Cantonniers, bâtiment carré avec deux fenêtres sur chaque façade.


... 48 kil. Env. Maison isolée et Pont sur l’Aude. Aussitôt que l’on a franchi la rivière (1.385 m), on entre dans  la grande conque du Capcir.


Le Capcir ou Capsir, qui, au Ixe s., dépendait du comté de Razès, fut, on ne sait à quelle époque, rattaché au comté de Cerdagne ; aujourd’hui il forme la partie N. du canton de Montlouis, et compte 6 communes avec une population totale de 2,735 hab. (1886), parlant un dialecte languedocien.


Les villages bâtis sur les mamelons, sauf Réal, sont à près de 1,500 m d’altitude., et le Capcir, où l’hiver dure de septembre à mai, est un des pays habités les plus froids de la Œuvre. « nous avons huit mois d’hiver et quatre mois de mauvais temps » disent les gens du pays.


La nouvelle route (1887) amènera sans doute de nombreux visiteurs dans ce pays qui n’avait auparavant d’autre voie de communication que le chemin du Col des Hares ou Ares.



2) QUELQUES RENSEIGNEMENTS PRATIQUES EXTRAITS DE L’INDEX ALPHABÉTIQUE.

Permettent peut-être de compléter une estimation des dépenses de BS lorsqu’il se déplaçait ou encore d’avoir un repère pour savoir ce que représentait économiquement le montant d’un honoraire de messe.


Limoux : Omnibus de la gare aux hôtels, 30 c., autant par colis ; - Hôtels. : Bades ou du Cheval noir ; Azaïs.


Alet : Omnibus de la gare à l’hôtel ou a domicile : 25 c. par personne, autant par colis. Hôtel à l’établissement (depuis 8 F par j. ; télégraphe ; hydrothérapie ; cuisines à la disposition des ménages. – Abonnement à la buvette, 8 F par personne. – Bain : avec linge, 1 fr. 25 ; sans linge, 1 F.. Douches : avec linge, 1 fr. 50 ; sans linge, 1 F 25. Maisons ou chambres à louer dans le bourg.


Couiza : hôtel Siau.


Rennes-les-Bains : hôtel : Grand-Hôtel (7 F par jour ; pension, 6 F ; casino, cercle et café dans le parc du Grand-Hôtel) ; de la Reine. – voiture publ. Pour la station de Couiza-Montazels (1 F 50).


Esperaza, Campagne, Montazels, rien.


Quillan : Omnibus de la gare aux hôtels. – hôtel : des Pyrénées (7 fr.50 fr. par j. ; bains ; voit.) ; Verdier (7 F par jour, voit.). Voiture publ. Pour Ginoles, Axat, Belcaire, Belesta, les Bains de Carcanières (par
la vallée de l’Aude). – Voit. Part. à 2 chevaux pour Ax, 50 F ; Montlouis, 50 F

 

jeudi 14 mai 2026

LE MANUSCRIT INTERDIT À LA MÉDIATHÈQUE DE CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

 


La guerre vient de ravager la France. Paris se soulève. Et à Charleville, un adolescent de 16 ans refuse d’obéir. Arthur Rimbaud est un rebelle et soutient les Communards. Avant de disparaître, il laisse un message interdit, volontairement coupé en deux pour échapper à la censure. Une partie est cachée à la médiathèque Voyelles, dans ses poèmes et lettres. L’autre est dissimulée au Musée Guerre et Paix, dans les archives de la guerre de 1870.

🚨 Votre mission : infiltrer les deux lieux, décrypter les indices laissés par Rimbaud, reconstituer le message de l’adolescent face à la guerre et au pouvoir.

➡️ La première partie de l'escape game aura lieu le dimanche 17 mai à partir de 15h à Voyelles.
➡️ La seconde partie est prévue le samedi 23 mai au Musée Guerre et Paix (inscription auprès du musée).

⚠️ Créés et animés par Les évènements du Professeur Plume, ces deux escape game sont complémentaires mais indépendants. Pour une meilleure expérience, n'hésitez pas à vous inscrire aux deux sessions 😊

⏳Le déroulé : 1h30 de jeu environ, en équipe, un départ toutes les demi-heures dès 15h, sur inscription (votre horaire de départ vous sera alors indiqué). Adapté à un public familial, les moins de 11 ans doivent être accompagnés d’un adulte.

🖊️ Inscrivez-vous dès maintenant par téléphone au 03.24.26.94.40 ou directement sur place auprès de nos bibliothécaires 😊

✨ Percerez-vous le secret du message laissé par Rimbaud ?
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Commentaires


CONNAISSEZ-VOUS THOMAS LIGOTTI ?

 


🕯️ Qui est Thomas Ligotti ?

  • Écrivain américain — né le 9 juillet 1953 à Détroit.

  • Genre : horreur philosophique, fantastique gothique, pessimisme radical.

  • Influences : Lovecraft, Nabokov, Burroughs.

  • Particularité : auteur extrêmement discret, presque reclus, rarement photographié, dont la vie personnelle reste volontairement opaque.

  • Réception en France : longtemps méconnu, il est redécouvert depuis 2014 grâce à Chants du cauchemar et de la nuit.

📚 Œuvres majeures

  • Songs of a Dead Dreamer (1986) — son premier recueil, fondateur.

  • Grimscribe (1991) — nouvelles d’horreur abstraite et onirique.

  • Teatro Grottesco (2006) — probablement son livre le plus célèbre, une plongée dans l’absurde cauchemardesque.

  • The Conspiracy Against the Human Race (2010) — essai philosophique pessimiste, souvent comparé à Cioran.

  • Mon travail n’est pas terminé — son unique roman, récemment réédité en France.

🧠 Pourquoi est-il si particulier ?

Ligotti ne cherche pas à effrayer par des monstres, mais par l’effondrement du réel. Ses thèmes récurrents :

  • Pessimisme radical : l’existence humaine comme erreur cosmique.

  • Dépersonnalisation, mannequins, marionnettes : l’humain comme simulacre.

  • Rêves, illusions, folie : frontières poreuses entre conscience et cauchemar.

  • Influence du corporate horror : l’entreprise comme machine déshumanisante (My Work Is Not Yet Done).

Son style est dense, hypnotique, parfois baroque, toujours imprégné d’une atmosphère de déréalisation.

🏛️ Importance dans la culture contemporaine

  • Considéré comme un maître du fantastique contemporain.

  • A influencé des auteurs, musiciens (Current 93), et même des séries comme True Detective (saison 1).

  • Son pessimisme philosophique est devenu une référence dans les cercles littéraires et universitaires.

📖 Pour commencer Ligotti

Si tu veux découvrir son univers, je te recommande :

  1. Teatro Grottesco — accessible, glaçant, très représentatif.

  2. Chants du cauchemar et de la nuit — excellente porte d’entrée en français.

  3. The Conspiracy Against the Human Race — si tu t’intéresses à la philosophie pessimiste.

COMMENT COMPRENDRE NOTRE UNIVERS ?


 

LES DRUIDES AU RSA ?


 

LE HIÉRON DU VAL D'OR


  

Les éditions Arma Artis font un beau travail de reprint dans le domaine des livres rares ayant trait au domaine de l’ésotérisme religieux. L’ouvrage de Félix de Rosnay, Le Hiéron du Val d’Or (1900 ; reprint de 2002) mérite certainement de figurer dans la Bibliothèque de Bérenger, dans la mesure où il est fondamental pour bien comprendre certains traits du contexte catholique à l’époque de Saunière. Les deux fameux vitraux de la villa Béthanie représentant le Sacré-Cœur sont du reste une indication de la sensibilité du curé de Rennes-le-Château à l’idéologie particulière développée par ce mouvement. Je parle sciemment de mouvement et non pas de société secrète catholique, même si le doute plane quant à l’organisation réelle du Hiéron.

Félix de Rosnay, secrétaire général de l’institution, nous en dresse un portrait très complet. Ce mouvement fut créé à Paray-le-Monial en 1877 par un espagnol, le Baron Sarachaga et un prêtre français, le père Drevon, avec la bénédiction du Pape Léon XIII et de la Compagnie de Jésus. Il s’agissait, à l’origine, d’édifier un temple-palais à la gloire du Sacré-Cœur et du Christ Roi. Le sanctuaire fut édifié sous le pilotage de la Société des Fastes Eucharistiques et organisé autour de salles d’exposition et de bibliothèques, toutes dédiées à l’illustration du rôle primordial du règne du Christ Roi dans la religion, l’histoire, l’art, le symbolisme et les sciences. Il nous est par exemple démontré que le Christ était déjà présent dans le celtisme et que la tradition adamique avait toute sa pureté primitive dans la religion des druides. C’est à une sorte « d’évolutionnisme chrétien » auquel nous assistons, avec ses tâtonnements et ses erreurs jusqu’à l’arrivée du Sauveur. Une telle doctrine, au sens politique, est d’une nature clairement théocratique (et de monarchie de droit divin), la démocratie qui consiste à faire procéder le pouvoir de la multitude ne pouvant être qu’une hérésie. On retrouve ici, en lointain écho, les prêches de Saunière contre la république ! Sur le plan scientifique, cette doctrine s’oppose formellement aux théories de Darwin et du transformisme qui essaye d’expliquer le développement des espèces en dehors de toute intervention divine. Quand une société en est là, elle est bientôt mûre pour le satanisme…….

Ces thèses seront reprises et développées par le père Félix-Marie Anizan dans sa revue Regnabit (1921-1929), en compagnie de Louis Charbonneau-Lassay. A noter que l’oblat Emile Hoffet faisait partie des contributeurs, ainsi du reste que le traditionaliste René Guénon. Cette revue publiera de nombreux articles sur l’iconographie chrétienne et une grande étude sur les graffitis templiers du donjon de Chinon.

Cette idéologie sera encore récupérée par Paul Le Cour dans sa revue Atlantis, voyant en elle une confirmation de l’existence d’une tradition primitive dont le berceau fut l’Atlantide. Récupération aussi et enfin dans les fameux Documents Secrets d’Henri Lobineau qui, entre les généalogies mérovingiennes douteuses et la nécrologie de l’abbé de Cayron, reproduisent un article complet sur le Hiéron, sous la signature du Poulpe. Certains ont du reste vu dans le Hiéron l’inspiration de la pensée ésotérique de Pierre Plantard……………………………

 

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Ce guide n’a pas la prétention érudite de l’ouvrage de référence de Félix de Rosnay, Le Hiéron du Val d’Or (1900). Mais les éditions Pégase ont eu raison de rééditer (juillet 2008) Le Guide du Val d’Or (Jean Lépine-Authelain, 1900), dans la mesure où il constitue une première approche à la compréhension de ce que recèle le site de Paray-le-Monial. Le résumé de la doctrine est fort bien fait, montrant comment le christianisme n’est en fait que l’expression la plus aboutie des anciennes religions et notamment du celtisme. Et avec de belles « visions historiques » comme celles où les druides tombent dans les bras des prêtres et s’empressent d’adopter l’iconographie chrétienne…… La seconde partie du guide est plus classique, décrivant les monuments du site avec cependant une étude symbolique fouillée de la façade de l’Hôtel de Ville.

 


Conspiritualité et mythes de l’effondrement : le cas SOLARIS”

  


 

 

D’après plusieurs enquêtes et observations critiques :

  • Solaris se présente comme un réseau “d’entraide humaine”,
  • horizontal,
  • local,
  • autonome,
  • post-effondrement,
  • souvent avec un vocabulaire de “réveil”, “nouveau monde”, “souveraineté”, “tribus”, etc. (Unadfi)

Mais derrière cette façade :

  • on retrouve des références très fréquentes à :
    • l’effondrement imminent,
    • la corruption totale des institutions,
    • des imaginaires quasi messianiques,
    • des thématiques QAnon compatibles,
    • et des logiques survivalistes. (Unadfi)

🧠 Ce qui est intéressant intellectuellement

SOLARIS n’est pas du “complotisme classique” au sens ancien.

Ce n’est pas seulement :

“on nous ment”.

C’est plutôt :

“un ancien monde va tomber, il faut préparer des communautés parallèles”.

Et ça change beaucoup de choses

🜏 Un mélange typique des années post-Covid

Le réseau semble agréger :

  • antivaccinisme,
  • collapsologie,
  • New Age,
  • souverainisme,
  • autonomie locale,
  • ésotérisme diffus,
  • survivalisme soft,
  • spiritualité holistique,
  • méfiance envers l’État,
  • et parfois imaginaire providentialiste. (Unadfi)

C’est typiquement ce que certains chercheurs appellent :

la fusion entre contre-culture spirituelle et culture du soupçon.

⚠️ Là où ça devient problématique

Le vrai problème n’est pas forcément :

  • l’entraide locale,
  • l’autonomie,
  • ou même la critique des institutions.

Le problème apparaît quand :

  • toute réalité devient suspecte,
  • le monde est relu comme manipulation globale,
  • et qu’un imaginaire de “grande révélation” remplace l’analyse politique.

🜏 Le côté “retape”

Ce genre de réseau fonctionne souvent avec :

  • esthétique émotionnelle forte,
  • vocabulaire de fraternité,
  • promesse de communauté,
  • valorisation du “réveil”,
  • rhétorique du “vous sentez bien que quelque chose ne va pas”.

👉 C’est extrêmement attractif pour des gens :

  • désorientés,
  • isolés,
  • fatigués du monde contemporain,
  • ou en quête de sens.

📚 Hymn Media

Le problème avec ces structures médiatiques périphériques, c’est qu’elles fonctionnent souvent comme :

  • des amplificateurs de récits alternatifs,
  • des agrégateurs de méfiance,
  • plus que comme de véritables médias d’enquête.

On retrouve fréquemment :

  • émotion > vérification,
  • intuition > démonstration,
  • récit global > complexité.

🧠 Mon avis nuancé

Je ferais attention à deux erreurs symétriques :

1. Tout réduire à une “secte complotiste”

Ce serait simpliste.

Il existe dans ces réseaux :

  • de vraies inquiétudes sociales,
  • une crise de confiance réelle,
  • un besoin d’autonomie,
  • une recherche de communauté.

2. Les idéaliser comme “réseaux de résistance”

Là aussi, danger.

Car les structures de type SOLARIS peuvent :

  • favoriser l’entre-soi cognitif,
  • amplifier les croyances non vérifiées,
  • et glisser vers une vision paranoïde du monde.

🜏 Lecture très intéressante

SOLARIS est presque un cas d’école de :

👉 “mythologie de l’effondrement”

avec :

  • attente de rupture,
  • purification du monde ancien,
  • communautés élues,
  • langage quasi initiatique,
  • horizon post-catastrophe.

On est très proche :

  • du millénarisme,
  • des contre-sociétés utopiques,
  • et des nouvelles religions implicites.

🎯 Mon sentiment final

Oui :
👉 il y a clairement une composante conspiritualiste et conspirationniste dans cet univers. (Unadfi)

Mais le plus intéressant n’est peut-être pas le “complotisme” lui-même.

C’est le fait que :

ces réseaux tentent de reconstruire du sens, de la communauté et du sacré dans un monde perçu comme en décomposition.

Et ça rejoint directement :

  • Pichon,
  • Aimé Michel,
  • la “forme vide”,
  • et la crise des structures symboliques modernes.
  •  
  •  
  • (Une étude de Natacha)  

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