samedi 4 juillet 2026

RENCONTRES ABELLIO 2026

 Chers amis, vous êtes cordialement invités aux Rencontres de l'"Association Raymond Abellio de recherche et études" ARARE qui se tiendront pour leur 23ème édition à Toulouse du 17 au 19 septembre prochain. 

Vous trouverez ci-joint le programme de ces journées et l'ordre des interventions sur le thème de l'Histoire dans la pensée de Raymond Abellio, thème qui prend une signification particulièrement aiguë à la lumière des événements du temps présent.
 L'assemblée générale pour laquelle une convocation particulière vous sera envoyée trois semaines avant la date devra décider quel avenir doit être envisagé pour l'association.
 Avec toute mon amitié, et dans l'attente de vous retrouver,
Jean-Charles Roux, président d'ARARE 


jchroux@gmail.com

  

 

XXIIIème Rencontres Raymond Abellio

17, 18, 19 septembre 2026

 

Salle Marguerite Dilhan  3 rue Escoussières Arnaud Bernard,  31000 Toulouse (France)

 

Thème : Philosophie de l’Histoire dans l’œuvre de R. Abellio

 

Programme

 

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Jeudi 17 septembre,

 19h     Ralliement des participants à la Brasserie des Arcades, place du Capitole

 20h      Dîner au restaurant Le Gascon, 9 rue des Jacobins, 31000 Toulouse (à confirmer)

 

Vendredi 18 septembre, matin

 

09:30-10:00                 Ouverture et présentation des travaux par le président

10h00-11:00                 José-Guilherme Abreu : Les noces du Verbe avec la Vision + discussion

11:00                           Pause

11:15-12:30                 Daniel Verney (vidéoconférence ) : Le cardinal, l’ordinal et la symbolique du tarot de Marseille

12:30-14:30                 Déjeuner dans une brasserie de proximité

 

Vendredi 5 septembre, après-midi

 

14:30-15:15                 Rémi Boyer : L’ordre spirituel des nouveaux prophètes

                                   discussion + pause

15:30-16:15                   Michelle Nahon: Influence de l’anthroposophie de Rudolf Steiner sur la

                                   Gnose abellienne                 

                                 

                                   discussion + pause  

 

16:30-17:15                 René Jacquet, Puissance de la pensée de Raymond Abellio (réflexions)

+ discussion

 

20:00                           Dîner (modalités à fixer)   

 

Samedi 19 septembre, matin

 

9:30- 10:15                  Jean-Charles Roux : Philosophie de l’Histoire et gnose dans Sol Invictus

                                       discussion + pause      

10:30-11:15                 Bernard Montet: Prophéties pour ce siècle chez Raymond Abellio et chez Vlaicu Ionescu

                                      discussion + pause

11:30-12:15                 Éric Coulon: Notes de lecture de La fin du nihilisme. Abellio avant Abellio ?

                                       + discussion  

 

12 :30 – 14 :30              Déjeuner dans une brasserie de proximité

 

Samedi 19 septembre, après-midi

 

14:30-15:30                 Assemblée Générale de l’Association Raymond Abellio, recherches et études

17:00                           Clôture des « Rencontres 2026 »

 

 

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vendredi 3 juillet 2026

LES RÉVÉLATIONS DE GLAAKI

  


 

 

Il y est fait allusion au retour sur terre d’une créature nommée Y’Golonac. Cette œuvre peu connue est une sorte de bible inspirée par une puissance surnaturelle, Glaaki. Les Révélations se composent de douze volumes. Le dernier tome aurait été écrit par un homme « au sommet de Mercy Hill (Brichester), guidé dans ses songes ». Ce volume est encore moins connu et que ses onze prédécesseurs. Il a été retrouvé par un certain Sam Strutt chez un obscur bouquiniste de Londres. « le vieux livre était de taille ; la reliure craqua en découvrant des pages jaunies, couvertes de lignes irrégulières à l’écriture griffonnée »

 

Car même des adeptes de Cthulhu n’osent parler de Y’golonac ; pourtant, le temps viendra où Y’golonac quittera solennellement la solitude des âges pour revenir une fois de plus parmi les hommes...

Au-delà d’un abîme dans la nuit souterraine, un passage mène à une paroi de briques massives. Au-delà de ce mur trône Y’golonac pour y être servi par les êtres des ténèbres, dépenaillés et sans yeux. Il a reposé longtemps de l’autre côté de ce mur et ceux qui l’ont franchi en rampant passent sur le corps d’Y’golonac. Mais, lorsqu’on lit ou prononce son nom, il s’avance pour être adoré ou pour se nourrir et revêt alors parfois la forme et l’âme de ceux qu’il prend en pâture. Ceux qui recherchent les lectures diaboliques et tentent de s’imaginer ces êtres en pensée, les invoquent. Et alors, il se peut que lorsque la voie sera libre, Y’golonac revienne sur Terre parmi les hommes. Cthulhu sortira de sa tombe parmi les herbes sauvages. Glaaki ouvrira d’un geste la trappe de cristal. Les rejetons d’Eihort naîtront à la lumière du jour. Les foulées puissantes de Shub-Niggurath résonneront dans le cosmos. Le voile de l’illusion se déchirera et Daoloth révélera la réalité cachée.

 

Extraits du volume XII des Révélations de Glaaki 

 

 UNE NOTE DU LABORATOIRE ODÉSIEN DE L'IMPOSSIBLE


Les Revelations of Glaaki

Ce grimoire est une création de Ramsey Campbell. Il joue, dans son propre cycle du Mythe, un rôle comparable à celui du Necronomicon chez Lovecraft.

Il est censé avoir été rédigé par un disciple de Glaaki, après avoir reçu ses enseignements. L'œuvre est composée de plusieurs volumes, souvent cités mais rarement vus dans leur intégralité.

 


 

 Le lien avec Y'Golonac

Dans Cold Print, le héros recherche un ensemble de pages arrachées des Revelations of Glaaki.

Ces pages ne sont pas anodines.

Elles contiennent les passages consacrés à Y'Golonac.

Campbell a une idée brillante : le danger ne réside pas dans le livre entier, mais dans quelques feuillets épars, suffisamment puissants pour attirer l'attention de l'entité.

Cela rejoint une vieille idée lovecraftienne : un fragment de savoir peut être aussi dangereux qu'une bibliothèque entière.

Une autre subtilité

Au début de Cold Print, les pages sont dissimulées dans ce qui semble être un ouvrage pornographique vendu sous le manteau.

C'est un procédé très campbellien.

Chez Lovecraft, les grimoires sont conservés dans des bibliothèques universitaires ou des collections privées.

Chez Campbell, le savoir interdit circule dans les marges de la société moderne : librairies douteuses, appartements délabrés, publications clandestines. L'horreur quitte les rayonnages de l'université pour investir le quotidien.

Pourquoi ce choix est remarquable

Campbell comprend que, dans les années 1960, le livre maudit ne peut plus être un énorme in-folio latin comme le Necronomicon.

Le danger est devenu plus diffus.

Quelques pages suffisent.

Un photocopie suffirait presque.

C'est une modernisation très intelligente du thème du grimoire interdit.

 

Natasha 

mercredi 1 juillet 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE MEURTRE DE L'ABBÉ SAUNIÈRE, Morris Leblanc

  

 


Celui qui se cache derrière le pseudo de Morris Leblanc a dû bien s’amuser en écrivant Le Meurtre de l’Abbé S’Nière (Arqa 2023) et m’a permis de passer un excellent moment. Les préfaciers (Christian Doumergue et Tony Baillargeat) laissent entendre que c’est un ouvrage à clefs, dissimulant de lourds secrets ésotériques sur lesquels plane l’ombre de Parvulesco. Peut-être. Mais pour moi, c’est un excellent thriller que j’ai dévoré, le sourire aux lèvres en raison de la foultitude de clins d’œil saunièrisants que nous offre ce gros bouquin. Qu’importe la vraisemblance chronologique, au feu les pseudonymes terriblement transparents, et en avant dans cette aventure décoiffante. 

 

 


 

L’abbé S’Aunière est chargé par son évêque (Billiard), membre de la Compagnie de Pie, de retrouver un dossier sulfureux, le dossier Polypus, et de le faire disparaître dans les sombres Archives du Vatican. Cela coûtera la vie à un de ses collègues (Gélis) qui en possédait une partie. Cela vaudra également l’existence à un jeune américain, Lovecraft, enquêtant à Londres sur les meurtres de Jack l’Éventreur. Cette plume prometteuse avait en effet été également mandatée par les Épiscopaliens pour mettre la main sur le dossier. Ce qu’il fera grâce à son don de « transmission d’archives » par voie sèche ». Hélas, plusieurs feuillets se perdront lors de l’opération de transfert et l’abbé cherchera à les localiser avec l’aide de sa maîtresse, la Diva du Siècle, qui était aussi une excellente voyante. On participera alors à un tour de France érudit, le chercheur ayant à ses trousses le jésuite William de Baskerville, lui aussi en quête des documents pour le compte de l’Aa (on se bouffe manifestement le nez au sein de l’Église Catholique !). Le jésuite est d’autant plus redoutable qu’il bénéficie de l’amitié complice de Jean Orth. On comprendra, au fur et à mesure de la reconstitution des parchemins, qu’il s’agit du récit de la vraie vie du Christ. Ce dernier avait un frère jumeau qui sera crucifié à sa place. L’aide de l’abbé Debout, curé érudit de Rennes-les-Grenouilles, sera indispensable pour décrypter les langues anciennes utilisées pour rédiger les documents. L’abbé S’Nière fera une dernière étape dans sa ferme près de Sougraigne, tenue par Claire et Antoine et où est exploité le sous-sol, recelant d’inestimables trésors historiques, fondus sur place (ah, le Pech d’En Couty !). Le final prendra la forme d’un duel avec le jésuite, au sommet du Bugarach, où notre abbé perdra la vie. Mais est-ce le final ? Je ne spolierai pas la chute surprenante qui nous permet d’assister à une étonnante NDE !

 


 

 

Les personnages sont tous plus décoiffant les uns que les autres. On apprend que le nom de famille de la servante du curé était Denarnaud-Cthulhu. L’abbé avait aussi un homme à tout faire, un nain qui répondait au paronyme d’Asmodée et ne se nourrissait que de pommes bleues, fournies par un négociant discret du marché Saint-Germain, près du domicile de l’abbé rue Léoncourt. L’abbé, pour sa part, était un bon vivant, amateur de jolies femmes et de bonnes tables. Son tour de France ne sera pas uniquement touristo-historique, mais égalent gastronomique à la découverte des spécialités locales.

On relèvera enfin que la saga est truffée de références à de multiples sociétés secrètes avec leurs « bons » et leurs « méchants » : outre l’Aa, la Compagnie de Pie et les Épiscopaliens déjà cités, on croise La Sapinière, La fila Etheria de Moldavie, Le Grand Lunaire, le Hiéron du Val d’Or, l’œil d’Horus au sein de la Société des Gens de Lettres, L’Officium Dei, Les Frères de Lumière, Le Prieuré de Sion, Le Cercle de Narbonne…

 


 



dimanche 28 juin 2026

JE PARTIRAI AVEC LE NECRONOMICON, Lovecraft

  Je parlais dans mon dernier post des lettres écrites par Lovecraft juste avant sa mort en mars 1937. Jusqu'au bout, il continuera à feuilleter le "Necronomicon" !

 


 

A Wilson Shepherd le 21 janvier 1937

 

À propos de cette critique d’une nouvelle traduction d’un Necronomicon–tout ce que j’avais en main, était une copie dactylographiée, et je découvre à ma grande consternation qu’elle a péri ou disparu. Ce n’était qu’une parodie astucieuse, bien que sérieusement écrite et effectivement publiée dans le journal d’un village près de New York. Je n’ai jamais vu de copie du texte imprimé. Je suis désolé de ne pouvoir en nommer l’auteur, mais on m’a demandé de ne pas le faire. Celui qui me l’a envoyé n’était pas l’auteur, mais il précise que ce dernier souhaitait que son identité restât secrète. Sur certains points, cette critique contredit la fausse histoire du volume imaginaire que j’ai présentée, il y a quelques années. Puisque cela semble vous intéresser, je joins une copie sommaire de cette histoire–qui n’est bien sûr qu’un ramassis de fausses connaissances, inventées à propos d’un livre qui n’existe pas. J’ai inventé le nom Abdul Alhazred quand j’étais un tout petit garçon, fasciné par les Mille et une Nuits–et je me le suis appliqué. Des années plus tard, j’ai rêvé d’un livre étrange, appelé le Necronomicon et, pour diverses raisons, j’ai eu l’idée de le mentionner dans une fiction comme la traduction grecque de l’original arabe du vieil Abdul. J’ai utilisé cette idée pour la première fois dans The Nameless City–conte, écrit en 1921. Veuillez me renvoyer le synopsis « historique » un jour–même si rien ne presse. Je dois préciser que je n’ai jamais essayé de présenter sérieusement le Necronomicon, comme dans le cas d’une mystification. Je suis toujours franc concernant sa nature fictive.

 

A Harry O. Fisher fin février 1937 :

 

Le nom « Abdul Alhazred » est celui qu’un adulte (je ne me rappelle plus qui) me conseilla lorsque j’avais cinq ans et voulais être Arabe après avoir lu les Contes des Mille et une Nuits. Des années après, j’ai pensé que ce serait amusant d’utiliser ce nom comme celui de l’auteur d’un livre interdit. Le nom Necronomicon (necroz, cadavre ; nomoz, loi ; eicwn, image = Une Image [ou Reproduction] de la loi du Mort) me vint au cours d’un rêve, encore que l’étymologie en soit parfaitement claire. En attribuant un auteur Arabe à un livre au titre grec je bousculais de façon fantasque la manière selon  laquelle le travail monumental d’astronomie du Grec Ptolémée (Megalh åuntaxizThz Astronomiaz) est couramment connu sous le nom Arabe Almagest (ou plus vraisemblablement, Tabrir al Maghesti), issu de la corruption du titre original lorsque les Arabes effectuèrent leur transcription (megisth est le superlatif de megalh, et les Arabes ont certainement trouvé plus pratique de distinguer leur travail de celui de Ptolémée). Ce ne fut que plus tard que j’entrepris le problème de rechercher un authentique titre arabe (Al Azif — mot que j’ai trouvé dans les notes érudites d’Henry sur Vathek.  J’utilise le terme correctement, bien que de seconde main) pour la version originale du vieil Abdul de la transcription à la mode byzantine Necronomicon ...

 

 A James F. Morton en mars 1937 :

 

En octobre également je suis entré en relation à San Francisco avec un bougre plutôt pittoresque — un certain Stuart Morton (est-ce un de vos parents ?) Boland, qui semble avoir des penchants pour l’occultisme. Il est bibliothécaire en ce domaine, a beaucoup voyagé, et déclare avoir vu beaucoup d’exemplaires véritables du Necronomicon. Il m’a généreusement offert un beau livre sur les civilisations primales américaines, plus quelques photographies de ruines aztèques (la plupart à Teotihuacán) prises lors d’un récent voyage au Mexique.

……. Parmi les cadeaux venus de l’extérieur, le plus spécifique fut peut-être celui qui me vint de l’un des kids du groupe passionné de fantastique (Willis Conover Jr, de Cambridge, dans le Massachusetts) — car voyez ! Lorsque j’eus retiré les épaisseurs innombrables de papier ondulé, ce que j’ai trouvé, ce furent les fragments jaunis qui s’effritaient d’un crâne humain depuis longtemps enterré ! Vraiment, un cadeau approprié de la part d’un jeune amateur de macabre à l’un des plus anciens chenus du clan nécropolitain ! Ce curieux monument aveugle de mortalité venait d’un monticule indien non loin de la demeure de l’expéditeur sur le rivage est du Maryland — un endroit connu pour les exploits archéologiques de Conover et de ses jeunes amis. Sa condition est telle qu’elle nécessite une tâche quelque peu délicate — de sorte que je peux le réserver pour les soins d’un expert réparateur comme Bobby Barlow à l’occasion d’une future visite. En contemplant cette récolte détruite de l’ossuaire, l’imagination pensive s’évertue à évoquer l’image de celui à qui cela appartenait. Etait-ce quelque chef de tribu qui de son vivant hurlait de triomphe lorsqu’il comptait les scalps touffus arrachés aux ennemis cuivrés ou aux colons ? Ou quelque sorcier qui, à l’aide de masques et de tam-tams, appelait du Grand Abysse ces choses obscures qu’ils valaient mieux laisser sans nom ? Nous ne le saurons jamais — à moins que par hasard quelque incantation issue des pages du Necronomicon ait assez de puissance pour tirer d’étranges émanations de l’argile centenaire sans vie, et de soulever parmi les toiles d’araignée de mon ancienne étude une brume chatoyante non sans le pouvoir de la parole. Dans un tel cas, la révélation pourrait être telle qu’aucun homme ne l’entendant ne pourrait vivre plus longtemps à l’exception de l’une de ces entités malchanceuses « qui rient mais ne sourient plus jamais » !

 


 

vendredi 26 juin 2026

DERNIÈRES LETTRES AVANT LA FRAGMENTATION MOLÉCULAIRE, H.P. Lovecraft

 

 Je reprends ici une note du "Kalem Club"sur un livre particulièrement bouleversant :

Voici un étonnant et émouvant ouvrage qui nous est proposé ici par Vincent Pierre Angouillant, déjà traducteur de plusieurs volumes de correspondances lovecraftiennes (Lettres Choisies d'un Gentleman Anachronique, Lettres Choisies du Gentleman de Providence, Excursions en Ancienne Amérique, De vagues Fragments d'un Rêve dans Lequel je n'ai Rien à Faire : tous autoédités et disponibles uniquement sur Amazon, hormis le dernier, publié chez Editions du 81). Et n'oublions pas l'ouvrage, Lovecraft par lui-même, ou Lovecraft Maître de Vie, ouvrage hybride qui montre Lovecraft se révélant par ses propres mots choisis.

Ce cinquième volume concerne l'année 1937, et pour ceux connaissant bien Lovecraft, cette année-là fut courte pour lui puisqu'il décéda des suites d'un cancer le 15 mars 1937. Les 28 lettres proposées ici s'étalent ainsi du 03 janvier 1937 au début de mars 1937, ultime lettre inachevée destinée à James F Morton et qui fut retrouvée sur son bureau après qu'il eut été emmené au Jane Brown Memorial Hospital de Providence.

Ces lettres sont destinées à ses correspondants habituels, dont la liste s'allongeait encore de l'aveu même de l'auteur, tant à de fidèles et illustres amis (Barlow, Bloch, Derleth, Hoffman Price) qu'à de simples fans avec lesquels il aimait échanger et dont le nom bascula dans l'oubli, montrant qu'HPL accordait la même importance à ces différentes plumes. Il faut lire la complexe lettre qu'il fit à la jeune Margaret Sylvester, alors âgée de seulement 15 ans : elle n'a rien de superficiel, d'une simple politesse et transpire la passion qu'avait Lovecraft d'échanger avec d'autres écrivains amateurs ou simples passionnés de lettres doués d'un minimum d'esprit.

Lovecraft parle dans ces ultimes lettres de souvenirs anciens, mais aussi de son dernier repas de Noël, de ces chats qui le passionnent, de littérature bien sûr, mais aussi de politique et de société, se révélant sur ce sujet théoricien à la fois naïf et homme devenu sage soucieux du bien-être des "petites gens", volontiers socialiste et démocrate, éloigné de ces années où ses pensées étaient plus conservatrices et proches d'un certain idéal bourgeois. Il voit dans son Amérique de l'entre deux guerres un monde entré en décadence mais possédant les clés d'un futur bienveillant où le plus grand nombre pourrait vivre heureux par une juste et meilleure répartition des ressources. Pour reprendre les mots de Vincent Pierre Angouillant, "plus Lovecraft vieillissait, plus il aimait la vie, et les rares mais précieux moments qu'elle offre aux êtres sensibles - aux artistes" (joli pied de nez aux cauchemars envoyés par Cthulhu et que seuls ces artistes et autres êtres sensibles pouvaient ressentir). Et l'humour qui baigne ces lettres, merveilleusement restitué par la traduction, dessine un joli sourire sur le visage ornant les clichés souvent austères de l'écrivain, ce Grand Pa'Théobald qui se montre plus que jamais soucieux de ces échanges avec ses chers "enfants", plus que jamais... humain.

Ce qui noue la gorge en lisant ces lettres, c'est aussi de voir l'état de santé dans lequel se décrit Lovecraft, état dont il ressent les symptômes l'affaiblissant (il est quasiment cloué au lit par "une sorte de grippe" ayant entraîné de vives "gênes intestinales" et reconnait que sa difficulté à écrire fut telle qu'il fut contraint d'en taper certaines à la machine) sans en connaître la gravité, le caractère fatal et le peu de jours qu'il lui reste à vivre. La plume de l'écrivain reste cependant sa meilleure arme contre le mal, car il s'y plaint peu, du moins guère plus qu'un homme affligé d'un virus sévère, et passe très vite aux sujets qui l'intéressent, d'une façon plus vive que jamais.

Ces lettres sont pour la plupart inédites, tant en français qu'en anglais, et ont été traduites de cette inépuisable correspondance consultable sur demande à la John Hay Library. Si vous passez d'ailleurs par Providence, ne faites pas l'erreur de passer à côté sans vous y arrêter ! Il vous suffit de vous présenter à l'accueil et de dire le mot magique, "Lovecraft" : une boîte de fac-similés vous sera alors gentiment confiée, à portée de l'employé de service tant la demande est fréquente ! Pour les chercheurs et traducteurs, qu'ils soient sur place ou à distance, ce sont des années de travail qui les attendent encore. 

Note : certains passages des lettres étant tout simplement illisibles, ils sont indiqués dans l'ouvrage par les signes [...], mais ils ne gênent en rien la lecture et la compréhension de ces lettres passionnantes.


vendredi 19 juin 2026

AVIS DE DÉCÈS


https://www.lefigaro.fr/jardin/au-coeur-de-la-foret-de-sherwood-l-arbre-millenaire-de-robin-des-bois-est-mort-20260619 

PHILIPPE DUQUESNOY ET NOSTRADAMUS


 Une précision importante :

 De Philippe Duquesnois : Merci au webmaster de cette communication et à L'Ange de son commentaire explicatif, mais je voudrais apporter une précision capitale, cette image annonce bien une conférence "de la Saint Jean d'été" mais pour l"'année 2023... Le post est apparu lors des rappels de Facebook et c'est pour cela qu'il s'est retrouvé de partage en repost à la une du Blog du Bibliothécaire... alors que cela ne vous empêche pas, si vous habitez la région, de vous rendre dans la.foret magique de' Stambrugges, il y a toujours La Chapelle de l'Ercompuch et surtout l'arbre à loques... si vous voulez suivre la conférence qui y a été donnée il y a trois ans, je vous propose le lien qui mène à la même conférence donnée le 17 janvier 2023 mais à Rennes le Château à la salle wisigothique :https://youtu.be/utcbb215qgw?si=lNJvHAD1jaC-noewBonne journée et encore merci.

 

HOT !


 

jeudi 18 juin 2026

LE RETOUR DU DRAGON VERT, Roger Facon

  


 

 

VIENT DE PARAÎTRE

(Juin 2026)

 

LE RETOUR DU DRAGON VERT

Spécial Fulcanelli

Roger Facon

 

La société secrète du Dragon vert a choisi de révéler son existence en France peu avant la Seconde Guerre mondiale. Elle l'a fait à travers un roman intitulé Les sept têtes du Dragon vert, commandé par le Deuxième Bureau et publié par la maison d'édition Berger-Levrault, réputée proche de l'Armée française.
Silence radio durant l'Occupation et à la Libération Et voilà qu'aujourd'hui le Dragon vert réapparaît...
Pourquoi ? Le Dragon vert est-il encore manipulé par nos services spéciaux ? A-il changé de repaire, après s'être un temps replié dans la soi-disant caverne espagnole dont on parle volontiers du côté deRennes-le-Château et de Gisors ? Entend-il continuer de peser sur la vie politique française par le biais de ses Loges clandestines ? A-t-il fomenté des complots, commandité des assassinats ?...Où se terre le Dragon vert aujourd'hui ?

Découvrons cela ensemble.

 

 

En vente sur Amazon https://www.amazon.fr/dp/2380141215 (et prochainement sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com) – 16 € (plus 3 € de frais de port), série « Les Cahiers d’Irem».

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'ENDROIT QUI RÊVAIT, Charles Dexter Ward

 


  

Charles Dexter Ward persiste et signe avec L’Endroit qui Rêvait (auto-édition 2026) et nous captivera une fois de plus par l’originalité de sa fiction. Le IIIème Reich est à la manœuvre et réunira, moyennant de généreuses finances, une équipe internationale pour retrouver un lieu, dans la jungle équatoriale, susceptible de révéler un grand secret et de conférer à ses « inventeurs » une puissance terrifiante. Ce lieu est indiqué sur une carte dérobée par l’Ahnenerbe aux Archives du Vatican en 1935 et portant la marque d’un cartographe génois de 1312. L’équipe regroupe une spécialiste des civilisations antiques, une experte en langues anciennes et un médecin, tout ce petit monde embarquant à bord d’un dirigeable nazi pour traverser l’Atlantique. Un voyage qui ne sera pas de tout repos, en raison de la météo mais aussi de rêves récurrents projetant sur les participants d’étranges glyphes, similaires à ceux ornant la carte. La traversée de la jungle sera tout aussi perturbante, la végétation et les rocs étant recouverts de ces symboles qui semblent dotés de vie et s’incrustent dans la peau. Nos explorateurs finiront par trouver une pyramide dont la géométrie défie toute logique euclidienne. L’intérieur est tout aussi surprenant et nos savanturiers sont déroutés par un appel qui les somme d’avancer jusqu’au cœur du monument, à défaut de quoi les seront ‘statufié ». Cet appel insidieux fait référence à Nyarlathothep et les conduit à un puits sans fond où semble les attendre la Pharaon Noir.

La chute (attention spoil !) est décoiffant. Lovecraft, en fin de vie en 1937, se réveille trempé de sueur et se dépêche de retranscrire ce qui n’était qu’un rêve. Il mettra le manuscrit sous enveloppe adressée à Charles Dexter Ward !