Le Bibliothécaire
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lundi 4 mai 2026
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : À L'ORIGINE DE L'AFFAIRE DE RENNES-LE-CHÂTEAU, Philippe Duquesnois
Avec A l’origine de l’affaire de Rennes-le-Château (autoédition 2023), Philippe Duquesnois apporte à notre dossier une contribution importante. Je me suis toujours demandé comment l’histoire réelle de Bérenger Saunière avait pu se transformer en un Mythe agglutinant, aux couleurs de surcroît internationales avec l’entrée en piste des anglo-américains, Henry Lincoln et Dan Brown pour ne citer que les plus célèbres. Que s’est-il passé entre 1917, date de la mort de l’abbé et le déferlement médiatique sur ses supposées « découvertes » qui commencera au milieu des années 50. L’enrichissement du curé aurait dû rester dans le domaine des faits divers locaux, comme d’autres affaires similaires survenues à Baulou (Ariège) ou à Stenay (Meuse). L’auteur essaye de démêler un écheveau particulièrement embrouillé et nous livre les pistes écrites qu’il a pu recenser, avec toute la prudence et la rigueur que l’on se doit de trouver chez un vrai chercheur. Car le dossier est particulièrement pollué par des faux, des recopiages maladroits et des inventions parfois risibles. Le chemin passe par Noël Corbu, légataire de Marie Denarnaud, la bonne du curé. Le nouveau propriétaire transformera son domaine en hôtel-restaurant et se livrera à un véritable tam-tam médiatique auprès de la presse locale en mal de copie. L’auteur s’attarde sur Robert Charroux, président du « Club des Chercheurs », qui, sur base des confidences du restaurateur, commettra le premier livre évoquant le sujet (Trésor du Monde, 1962), bien avant l’ouvrage culte de Gérard de Sède (L’Or de Rennes, 1967). On plonge ensuite dans un dossier particulièrement embrouillé, Le Rapport Cros, dont des copies se mettent à circuler au début des années 60. On pourra également lire La Puissance et la Mort, texte attribué à Noël Corbu (1965 ?), le très intéressant rapport du chercheur Cholet (1967) et les truculents vrais-faux de Pierre Plantard, mâtiné vraisemblablement par son ami, le comédien Philippe de Cherisey (la liste est longue et les titres alambiqués comme Les Descendants Mérovingiens ou l’Énigme du Razès Wisigothique)
J’ai relevé deux choses dans l’ouvrage de Duquesnois, que je connaissais mal ou que j’’ignorais.
° Le fric-frac du « Chalet du Roc » situé dans le parc de l’établissement thermal de Ginoles (près de Quillan), et ce à la fin des années 60. Les « visiteurs » ont subtilisé un certain nombre de documents qui y dormaient et qui traitaient (entre autres) des travaux liés au Rapport Cros. Ces papiers ont été transmis par l’un des « margoulins », bien connu pour sa mystagogie intéressée, à Patrice Chaplin, auteure anglaise réputée et belle fille de Charlot, ? Elle en a tiré un livre inénarrable, City of Secrets (2007). Truffé de faux, cet ouvrage nous raconte la liaison secrète de Bérenger Saunière avec une française résidant à Gérone, Maria Tourdes
° Et les Mérovingiens dans tout cela ? Rappelons que la « Belle Histoire » pouvait nous laisser supposer que Pierre Plantad pourrait être l’actuel descendant de cette lignée, censée s’être réfugiée dans le Razès après l’assassinat de Dagobert II et protégée par un mystérieux Prieuré de Sion. Duquesnois voit une des origines de cette abracadabrantesque prétention dans le cycle L’Empire d’Isaac Asimov. Je ne commenterai pas plus et lui laisse bien volontiers la paternité de cette source inattendue !
Cela dit, un beau travail au total, qui, s’il ne nous dévoile pas exactement ce que Saunière a trouvé (s’il a trouvé quelque chose !), est une contribution particulièrement précieuse pour tous les étudiants en « saunièrologie avancée ».
Disponible auprès de notre partenaire La Librairie La Rose Rouge
dimanche 3 mai 2026
POLITICA NATURAE, le numéro 2 de la revue Cosmos
Sommaire
Introduction / Comité éditorial
Ésotérisme et nature : Trois moments, hermétisme, Naturphilosophie et occultisme, New Age / Thierry Jobard
La dialectique de la Nature et de la Tradition : Les extrêmes droites traditionalistes et le concept de « nature » / Cédric Lévêque
De
La Crise du monde moderne de René Guénon à La Guérison du monde de
Frédéric Lenoir : Mutations d’une lecture ésotérique de la crise
écologique / Adrien Bouhours
James Lovelock et l’« l’hypothèse Gaïa » / Stéphane François
Le cosmisme russe et le développement durable : Noo-éthique / Anja Lukich
Le néo-paganisme ukrainien : Une écologie profonde aux assises identitaires / Adrien Nonjon
Ordo ab Chao. Effondrement(s) : entre évolution décroissante & involution technofasciste / Cédric Lévêque
Doctrine secrète : Savitri Devi, entre animalisme, végétarianisme et nazisme / Thibault Brice & Stéphane François
VARIA
Evola en France, ésotériste traditionnel et penseur politique : Itinéraire d’une transmission plurielle / Noé Jafar Vergé
L'utilisation des mèmes par les militants d'extrême droite : Individuation, héroïsation et auto-dérision / Emmanuel Casajus
Politicae Naturae :
Métaphysiques de la Nature et écologies politiques
Nous
voulions traiter d'écologie politique et nous pencher, comme à notre
habitude, sur les liens entre ésotérisme, occultisme et politique, au
sein de cette nébuleuse d'idéologies constituant, justement, les
écologies politiques. Nous voulions utiliser le pluriel, pour désigner
la multitude des courants balayant l'ensemble du spectre politique, de
l'extrême droite à l'extrême gauche, car l'écologisme se glisse
désormais partout. Notre intérêt portait essentiellement sur les marges,
car les marges produisent des radicalités, et qu'en ces radicalités
souvent se glissent des cosmologies singulières, centre de nos intérêts
pour les phénomènes sociaux et politiques que sont l'ésotérisme et
l'occultisme. Puis un mot, évident dans ce contexte, est venu nous
tracasser, nous poser questions – trop de questions –, et, visiblement,
il en tracassait d'autres, puisqu'il régnait en maître dans l'essentiel
des contributions que nous avons reçues.
Il est des mots, comme
celui-ci, que nous utilisons quotidiennement, sans jamais les interroger
pour ce qu'ils sont : si remplis de sens qu'ils en deviennent creux.
Pire ! Si remplis de sens qu'ils ouvrent des directions multiples, que
le creux devient fourre-tout, qu'ils submergent, que la tâche pour les
considérer pour ce qu'ils sont semble infinie.
Ce mot qui nous
tracassait tant, nous l'avons alors mis au centre de ce deuxième numéro,
comme pivot de nos interrogations, comme l'Arbre cosmique qui structure
la pluralité des mondes, des racines chthoniennes aux rameaux célestes.
Ce mot est « nature ».
Vous qui lisez, posez un instant cet ouvrage,
et demandez-vous ce qu'est la « nature »... Que vous habitiez en ville
ou à la campagne, regardez par votre fenêtre et demandez-vous, dans ce
paysage complexe et infini qui vous fait face, ce qui appartient à la
nature et ce qui n'y appartient pas.
La réponse que vous donnerez
alors est porteuse d'une histoire, car le concept de « nature » a été
tant et tant travaillé par les théologiens, les philosophes et les
savants que ce tout petit mot, qui comptera pour deux pieds dans un
poème, se trouve comme nœud dans des faisceaux complexes de sens.
La
société industrielle a dégueulé sur le monde ses langues noires de
bitume, ses marées grises de béton, ses fumées âcres de houille.
Aujourd'hui, c'est un fait, le mode de vie industriel et la
mondialisation capitaliste ont profondément altéré l'environnement, la
biosphère, polluant les sous-sols, les océans, les terres arables et la
proche banlieue terrestre. La production intensive a largué dans
l'atmosphère tant de gaz à effet de serre qu'elle en a modifié le
climat ; et de cette modification, nous n'en connaissons pas encore les
conséquences, tant elles sont difficilement mesurables par nos modèles
actuels. Les glaciers fondent, tout comme les calottes polaires et le
pergélisol ; l'érosion côtière s'accélère ; les sols sont si fragilisés
qu'ils s'érodent à leur tour. Chaque jour, des espèces animales,
végétales, fongiques, bactériennes disparaissent à jamais sous les coups
de butoirs du capitalisme mondialisé. Si la question morale que pose
cette sixième extinction de masse aux origines anthropiques ne semble
émouvoir que peu de personnes, une autre question, anthropocentrée,
devrait nous faire frissonner : la vie sur Terre, et donc la vie
humaine, ne sont-elles pas menacées ?
L'époque tient du cauchemar, de
la dystopie, de la prophétie eschatologique. Pourtant, nous continuons
nos vies, enlisés que nous sommes dans des modes et rapports de
productions capitalistes.
L'accélération des problèmes
environnementaux, leur prise de conscience massive, a donné, dans les
années 2010, nombre de réponses, parmi lesquelles la collapsologie, le
survivalisme, la fondation importante d'écovillages, des mouvements
écologistes plus combatifs, des concepts comme celui d'« anthropocène »,
etc. Aujourd'hui, deux grandes tendances se dessinent, pour faire face
aux périls à venir : l'hyper-technologie – continuatrice du mythe du
progrès – qui nous permettrait de résorber notre impacte sur la vie sur
Terre par l'usage d'énergies « vertes » et des aspirateurs à carbone ;
ou la décroissance absolue, frayant parfois avec des formes de
primitivismes. Dans l'une et l'autre de ces tendances, ce sont des
relations spécifiques à la « nature » qui se posent et qu'il convient
d'explorer.
Mais remontons le temps, car si, aujourd'hui, l'écologisme renvoie à une multitude de pratiques, il prend racines dès le xixe
siècle, dans une critique de la modernité et de la société industrielle
naissante, que cette critique fusse de gauche ou de droite,
progressiste ou conservatrice. Henry David Thoreau, Élisée Reclus et
tant d'autres ont jeté les bases de ce qui deviendra plus tard
l'écologie politique. Dès leurs origines, ses mouvements considèrent la
« nature » comme une entité et une totalité hors de la « culture » ;
« culture » qui, par la force de la modernité, « dénature » justement
l'humanité, l'éloignant supposément de ce qu'elle est, essentiellement.
Évoquer la « nature », c'est donc avant tout défendre un certain
ordonnancement du monde... et les formes cet ordonnancement du monde
dépendront de qui les énonce. Nous observons, dans cette histoire des
idées, que la porosité entre écologisme et considérations ésotériques et
occultistes est présente dès l'origine des écologies politiques.
Néo-paganisme, théosophie et anthroposophie, entre autres, façonnent des
rapports à la « nature » particuliers... et aujourd'hui encore,
l'écologie semble souvent plus imprégnée de considérations
spiritualistes que de rationalité scientifique. Le spectre d'une
« nature vivante », « personnifiée » ou « déifiée », est bien souvent
présent.
L'essentialisation de la nature permet l'essentialisation de
l'humanité elle-même, des structures sociales et politiques, des
rapports de sexes et de genres, des modes de dominations. La « nature »
est donc une question politique, car, poussée dans ses ultimes
radicalités, elle devient l'implacable légitimation des processus
sociaux. Définir la « nature » revient à établir un ordre cosmique, une
cosmogonie, que celle-ci soit guidée par un Dieu unique, immanent ou
transcendant, des dieux, ou encore une force de pur esprit... Dès que le
mot « nature » est posé, avec ou sans majuscule, l'affaire devient
métaphysique.
Comité scientifique :
Stéphane François
Damien Karbovnik
Jean-Loïc Le Quellec
Isabelle Pariente-Butterlin
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ÉSOTÉRISMES, OCCULTISMES & COMPLOTISMES EN RUSSIE. La revue Cosmos prépare son numéro 3
ÉSOTÉRISMES, OCCULTISMES & COMPLOTISMES EN RUSSIE
Cosmos,
la revue grand public qui explore les liens entre ésotérisme,
occultisme, complotisme et politique, prépare son troisième numéro. Si
vous êtes chercheur.euse.s, doctorant.e.s, étudiant.e.s, journalistes,
observateur.rice.s, vous pouvez contribuer. Merci de nous faire parvenir
vos propositions d'articles dès à présent (nous les étudierons
rapidement et reviendrons vers vous dans les plus brefs délais ; date
limite des propositions fixées au 31 mars 2026) et vos articles finis
avant le 31 août 2026.
En tant qu’espace situé en marge du
continent, la Russie demeure largement méconnue du public européen qui
la perçoit trop souvent à travers le prisme réducteur de « l’âme slave »
(rousskaïa doucha) – une entité mystérieuse oscillant entre mysticisme
exalté et nihilisme destructeur. Si caricaturales qu’elles puissent
paraître, ces représentations ne surgissent aucunement du néant ; elles
sont la somme de projections romantiques forgées autour de « l’Orient
intérieur », un espace mythologique où s’entremêlaient occultisme,
messianisme et quête d’une sagesse supposément perdue.
Ainsi, loin de
n’être qu’une simple incompréhension géopolitique ou culturelle inventé
par les Lumières (Wolff 1994), la Russie constitue bel et bien un angle
mort épistémologique majeur. Pour beaucoup, l’ensemble de ces croyances
ésotériques plongent leurs racines dans la période « post-soviétique »,
faisant du chaos des années Eltsine le terreau d’où auraient germé
pléthore de spiritualités et croyances atypiques en vue de pallier la
disparition du dogme marxiste-léniniste. Cette chronologie confortable
efface cependant de profondes continuités historiques. Comme l’a
démontré Bernice Glatzer Rosenthal dans The Occult in Russian and Soviet
Culture (1997), l’ésotérisme russe constitue un continuum traversant
les ruptures politiques apparentes. Il ne s’agit donc pas pour la revue
Cosmos de porter un regard sur un phénomène que l’on pourrait aisément
qualifier « d’exotique » ou de tomber dans une forme d’ « orientalisme »
empreint de sensationnel, mais bien de combler certaines lacunes de
compréhension majeures.
Mais au-delà de seulement ouvrir un nouveau
champ de recherche, la nécessité d’une telle entreprise s’explique par
la dimension politique immédiate du sujet. Alors que la guerre en
Ukraine fait rage depuis près de 3 ans, que les cartes géopolitiques se
redessinent et qu’émergent de nouvelles logiques d’affrontement,
interroger les liens entre ésotérisme, occultisme et politique en Russie
est à la fois pertinent et nécessaire dans la mesure où ceux-ci
révèlent l’importance des infrastructures symboliques dans la
légitimation de la violence. En présentant la guerre comme une croisade
contre le « satanisme » occidental ou un « combat métaphysique » entre
la tradition et la modernité, des personnalités comme le Patriarche
Kirill, l’ancien président Dimitri Medvedev ou le théorien néo-eurasiste
Alexandre Douguine, se positionnent par-delà les simples provocations
ou métaphore rhétoriques. En effet, ces énoncés s’inscrivent dans des
systèmes de croyances structurés, possédant leur propres cohérences
internes et références qu’il convient d’analyser pour comprendre en
substance les logiques mêmes de cette guerre totale aux portes de
l’Europe.
La revue Cosmos propose d’examiner l’ésotérisme et
l’occultisme en Russie selon trois axes : un panorama historique et
géopolitique ; une histoire intellectuelle des ésotérismes russes ; une
actualité des liens entre ésotérisme, occultisme et politique. Nous
souhaitons également proposer un ensemble de notices (d’environ 25 000
signes) retraçant l’histoire de la Russie, depuis la fondation de
l’Empire jusqu’à la chute de l’URSS, en passant par la Révolution
bolchévique et l’évolution de l’orthodoxie. Ces textes aborderont
également la position géopolitique actuelle du pays, la diversité de son
tissu socio-ethnique et les tensions qui structurent sa vie politique
contemporaine. Loin de viser l’exhaustivité, ce panorama entend offrir
aux lectrices et lecteurs les clés nécessaires pour comprendre la
singularité russe et, partant, les résonances entre politiques
identitaires, aspirations spirituelles et renaissances ésotériques.
UNE HISTOIRE DE L’ÉSOTÉRISME ET DE L’OCCULTISME EN RUSSIE
Contrairement
aux idées reçues qui laisseraient croire à un développement récent,
l’ésotérisme et l’occultisme ont vu le jour bien avant la rupture
révolutionnaire de 1917. Dans un espace placé à l’intersection de
l’Europe et de l’Asie, la Russie constitue non seulement un espace de
convergence, de rencontres et de synchrétismes religieux, mais aussi de
foisonnement spirituel (Carlson, 1993). Beaucoup penseront ici à Helena
Petrovna Blavatsky qui fonda en 1875, la Société Théosophique dont la
Doctrine Secrète repose tant sur les philosophies orientales, la science
moderne que certains mythes occultes comme celui des « peuples racines »
et des « Atlantes ». Bien que née en Autriche, l’anthroposophie de
Rudolf Steiner trouva également en Russie un terreau exceptionnellement
fertile chez certains artistes. Le poète Andreï Biély, figure majeure du
symbolisme russe, devint un disciple fervent de Steiner et consacra une
partie importante de son oeuvre à approfondir et à diffuser la pensée
anthroposophique (Schmitt, 2019). Alexandre Blok, autre géant de la
poésie symboliste, puisa lui aussi dans ces sources ésotériques pour
nourrir sa vision prophétique de la Russie et de sa destinée. L’art
visuel ne fut pas en reste. Nicolas Roerich, peintre talentueux dont les
toiles évoquent des paysages himalayens baignés de lumière spirituelle,
et son épouse Hélène, philosophe et médium, développèrent ensemble une
synthèse spirituelle originale qu'ils appelèrent l' « Agni Yoga » ou «
Yoga du Feu » (Antonov, 2008). Leurs expéditions en Asie centrale et en
Himalaya, officiellement consacrées à des recherches archéologiques et
botaniques, furent accompagnées d’une quête initiatique des royaumes
mystiques de l’Agartha et de Shambhala, ces cités légendaires censées
abriter les Maîtres qui guident secrètement l’évolution de l'humanité
(Savelli, 2019).
Cette émergence au cours des XIXe et début XXe ne
saurait toutefois être comprise sans que l’on porte un regard attentif à
la prolifération des sociétés ésotériques et loges initiatiques. Se
faisant passerelles avec l’Occident, celles-ci imprégnèrent l’ensemble
des strates de la haute société impériale — salons aristocratiques,
cercles intellectuels, petite bourgeoisie urbaine — avec pour
principales capitales Petrograd1 et Moscou. Phénomène relevant d’abord
du ludique, ces organisations ont néanmoins constitué de véritables
cercles initiatiques. Parmi la multitude de cercles et de sociétés
existantes, la franc-maçonnerie dont Douglas Smith a retracé l'histoire
fascinante dans son étude Working the Rough Stone: Freemasonry and
Society in Eighteenth-Century Russia (1999), occupait une place
particulière. Introduite en Russie à l’issue des guerres napoléoniennes,
la franc-maçonnerie russe, qu’elle soit rationaliste ou kabbalistique,
occupa un rôle non négligeable dans les évolutions politiques de
l’Empire russe vers la fin du XIXe. Ici, le martinisme mérite une
attention particulière. Cette forme de maçonnerie chrétienne ésotérique,
fondée par Louis- Claude de Saint-Martin au XVIIIe siècle, rencontra en
Russie un succès considérable. Le martinisme promettait une voie de
réintégration spirituelle permettant à l’homme déchu de retrouver sa
dignité originelle et sa connexion avec le divin. Cette doctrine
résonnait avec certaines dimensions de la spiritualité orthodoxe, créant
des ponts inattendus entre ésotérisme occidental et mysticisme oriental
(Bourmistov, 2010). L’influence du martinisme s'étendit jusque dans les
plus hautes sphères du pouvoir : l’empereur Alexandre Ier lui-même,
figure complexe oscillant entre réforme libérale et mysticisme
conservateur, fut selon certaines sources influencé par ces cercles.
MARXISME MYSTIQUE ET UTOPIES RÉVOLUTIONNAIRES
L’histoire
spirituelle russe est également marquée par un paradoxe fondamental :
l’émergence d’idées et de courants occultes au sein même de la mouvance
révolutionnaire marxiste. Plusieurs courants ont en effet cherché à
concilier le matérialisme dialectique avec une quête de nature
religieuse. Les « Constructeurs de Dieu » (Bogostroiteli), nés au
tournant du XXᵉ siècle, incarnent particulièrement cette tentative de
réenchanter le projet révolutionnaire. D’autres figures à l’instar
d’Alexandre Lounatcharski — futur premier commissaire du peuple à
l’Instruction publique — ou Maxime Gorki, géant de la littérature
révolutionnaire, élaborèrent une vision presque sacrée de l’édification
du socialisme. À leurs yeux, la révolution ne se limitait pas à
réorganiser les structures économiques et politiques : elle visait une
métamorphose ontologique, la création collective du divin au sein de
l’humanité. Bien que rejetée avec véhémence par Lénine et les
Bolchéviques, certaines idées parvinrent néanmoins à pénétrer certains
axiomes du jeune régime socialiste naissant. Le cosmisme russe,
entreprise visant à unir science, mystique et utopie techno-futuriste,
en faisait partie. Nikolaï Fedorov développa la « philosophie de
l’oeuvre commune », doctrine selon laquelle le devoir moral suprême de
l’humanité consistait à ressusciter l’ensemble de ses ancêtres. Cette
résurrection, loin d’être un miracle surnaturel, devait être accomplie
par la science : reconstituer, grâce aux progrès techniques, les corps
dispersés des morts pour les ramener à la vie (Eltchaninoff, 2022).
Aussi délirante qu’elle puisse paraître, cette vision marqua
profondément plusieurs générations de penseurs. Constantin Tsiolkovski,
pionnier de l’astronautique et inspirateur majeur de la conquête
spatiale soviétique, voyait dans l’expansion de l’humanité dans le
cosmos la condition nécessaire pour accueillir les peuples ressuscités
du passé (Limonier, 2018). Vladimir Vernadski, quant à lui, conçut
l’idée de « noosphère », sphère de la pensée enveloppant progressivement
la Terre et la transformant (Bischof, 2007).
La période soviétique,
contrairement à une idée reçue, n’éradiqua pas ces courants mais les
transforma et parfois les instrumentalisa. Malgré une répression souvent
féroce, l’aspiration spirituelle ne fut jamais totalement étouffée.
Alors que certains cercles continuèrent de se réunir discrètement dans
la clandestinité, l’État soviétique chercha à s’emparer de certains «
phénomènes paranormaux », pour les inscrire dans un cadre scientifique
matérialiste. Ainsi, entre les années 1920 et 1960, l’URSS tenta de
mener plusieurs recherches en parapsychologie : télépathie, télékinésie,
vision à distance, psychotronique et autres phénomènes rejetés par la
science occidentale. Souvent liées aux services de renseignement comme
le KGB, ces études visaient à créer de nouvelles armes psychiques ou de
nouveaux outils d’espionnage capable de concurrencer sinon de vaincre
l’Occident durant la Guerre froide. Leonid Vassiliev, à Leningrad,
développa par exemple des protocoles de télépathie expérimentale tandis
que Vladimir Raikov utilisa l’hypnose profonde pour provoquer des états
de « réincarnation » permettant d’imiter temporairement le génie de
grands créateurs. Cette appropriation pseudo-scientifique de pratiques
traditionnellement ésotériques révèle une tension fondamentale du projet
soviétique. D’un côté, le régime poursuivait sans relâche son ambition
de créer un « homme nouveau » rationnel et désenchanté ; de l’autre, il
se heurtait sans cesse à la persistance d’un besoin de sens et de
transcendance qui reparaissait sous des formes nouvelles — parfois
déguisées en avant-garde scientifique.
LA RENAISSANCE POST-SOVIÉTIQUE : PAGANISME, MYSTICISME POLITIQUE ET NEW AGE
L’effondrement
de l'URSS en 1991 déclencha ce que les chercheurs qualifient de «
revanche du sacré ». Face au vide idéologique consécutif à la
disparition du marxismeléninisme, des millions de citoyens s'orientèrent
vers des spiritualités alternatives, phénomène spectaculairement
accéléré par la pandémie de COVID-19. En 2023, le marché russe de
l’occultisme (voyance, magie blanche, magie noire) atteignait 2.000
milliards de roubles, rivalisant avec le secteur alimentaire (Raviot,
2025). Le néopaganisme constitue la manifestation la plus saillante de
cette effervescence. La rodnoverie prétend ressusciter les croyances
pré-chrétiennes slaves et mobilise plusieurs milliers d'adeptes. Si le
mouvement privilégie souvent une approche folklorique apolitique, une
frange significative développe une idéologie ethno-nationaliste
virulente, articulant sa spiritualité autour de concepts raciaux
empruntés aux théories aryennes et au paganisme völkisch allemand
(Shnirelman, 1998). L’Église yngliiste d’Alexandre Khinevitch illustre
le paroxysme de cette dérive : élaborant une mythologie cosmique
délirante mêlant ufologie, pseudo-archéologie et antisémitisme
obsessionnel, elle présente les « Slavo-Aryens » comme descendants
d’extraterrestres supérieurs. Les années 1990 virent également émerger
un néo-chamanisme urbain syncrétique, hybridant traditions sibériennes,
pratiques amérindiennes et New Age occidental. Parallèlement,
l’ésotérisme chrétien connut un renouveau : l’hésychasme attira de
nombreux chercheurs spirituels, tandis que le culte des icônes fut
réinvesti comme pratique théurgique de communion avec le divin.
L'orthodoxie souffrit néanmoins de dérives sectaires notables. L’Église
du Dernier Testament, fondée en 1991 par Sergueï Torop autoproclamé
réincarnation du Christ, établit une communauté utopique sibérienne
fusionnant christianisme, végétalisme et eschatologie apocalyptique,
prospérant trois décennies avant l'arrestation de son fondateur en 2020.
Enfin, l’ésotérisme stalinien, incarné par l’oeuvre littéraire
d’Alexandre Prokhanov, développe enfin une vision mystique où Staline
apparaît comme figure quasi-messianique, synthèse atypique entre
bolchevisme et traditionalisme (Griffith, 2023).
THÉURGIE DU POUVOIR ET GÉOPOLITIQUE SACRÉE
À
la différence d’autres États, la Russie contemporaine se distingue par
l’interpénétration croissante entre courants ésotériques et sphère
politique. Cette dimension souvent mal comprise ou sous-estimée,
constitue pourtant une clé essentielle pour décrypter certaines logiques
profondes du système de pouvoir. Comme l’a démontré Marlène Laruelle,
les références traditionalistes, ésotériques et mystiques ne sont pas de
simple ornement rhétorique mais participent d’une véritable vision du
monde qui peuvent dans certaines occasions structurer le discours
idéologique officiel.
C’est en amont de ces idées que se trouve la
figure du « conseiller occulte ». Des figures telles que l’astrologue et
nécromancien du Tsar Ivan IV « le Terrible » Elysius Bomel, Grigori
Raspoutine confesseur et guérisseur personnel de la famille Romanov ou
Wolf Messing le « sorcier de Staline ». À l’époque contemporaine, ce
schéma continue d’alimenter récits et spéculations. De nombreuses
théories circulent ainsi sur l’existence de nouveaux « intercesseurs
ésotériques » opérant dans l’ombre du pouvoir : certains oligarques se
laisseraient conseiller par des médiums, astrologues ou guérisseurs
énergétiques, tandis que les plus hautes sphères de l’État — Vladimir
Poutine compris, qui aurait été initié par son ancien ministre de la
Défense Sergeï Choïgou au chamanisme et ses rituels de jouvence — ne
seraient pas exemptes de cette tentation. Alexandre Douguine incarne
plus que jamais pour le public français, depuis près de deux décennies,
cette figure archétypale de « l’éminence grise du Kremlin ».
Géopolitologue, philosophe, érudit, il puise dans les oeuvres de René
Guénon, Julius Evola, Carl Schmitt, Halford Mackinder et Herman Wirth
pour esquisser un eurasisme renouvelé, où Moscou prendrait la place de «
Troisième Rome » dans un nouvel empire rassemblant les peuples «
indo-européens ». Héritier de l’ésotérisme européen, Douguine se
revendique des Vieux-Croyants orthodoxes, s’inspirant aussi des courants
de la Nouvelle Droite française. Il développe un discours anti-moderne
et soutient qu’il convient de s’opposer à l’Occident décadent et «
antéchristique » en incarnant le rôle du Katekhon (force de rétention de
l’apocalypse). Relayé en France par des réseaux tels que Égalité &
Réconciliation d’Alain Soral et des cercles nationalistes
révolutionnaires (ses travaux figurent en traduction française chez la
maison d’édition Ars Magna dirigée par Christian Bouchet), le
traditionalisme russe le plus affirmé. Douguine apparaît comme l’un des
pivots d’une « internationale traditionaliste » contemporaine. Certains
observateurs vont jusqu’à le qualifier de « Raspoutine de Poutine » ou
d’« éminence grise du Kremlin ». Il reflète ainsi une figure archétypale
de la fusion entre ésotérisme, occultisme et puissance politique.
LA GUERRE EN UKRAINE : APOCALYPSE ET INSTRUMENTALISATION DU SACRÉ
L’invasion
de l’Ukraine par la Russie en 2022 a agi comme un puissant révélateur
des dynamiques ésotériques et mystiques qui sous-tendent une partie du
discours politique et religieux russe contemporain. La reconfiguration
géopolitique qui s’en est suivie a mis en lumière, comme l’ont montré
Marlène Laruelle dans Is Russia Fascist? (2021) et Mikhail Suslov dans
Holy Rus (2014), la manière dont certaines élites mobilisent références
apocalyptiques, symboles sacrés et visions occultistes pour sacraliser
le conflit et en légitimer l’orientation idéologique.
Une rhétorique
explicitement eschatologique imprègne ainsi de nombreux discours
pro-russes. Le conflit y apparaît non comme une simple guerre
territoriale, mais comme un affrontement métaphysique opposant deux
puissances spirituelles irréconciliables : la « Sainte Russie » (Sviata
Rous’), gardienne autoproclamée de la civilisation chrétienne
traditionnelle, et un Occident présenté comme l’incarnation moderne de
forces démoniaques. Les registres de l’Apocalypse johannique, du combat
du Christ contre l’Antéchrist, ou encore de la défense des « valeurs
traditionnelles » face à la corruption morale occidentale
(homosexualité, transidentité, féminisme assimilés à des déviances
diaboliques) structurent cette vision dualiste. Ces motifs ne sont pas
nouveaux, mais leur intensité atteint aujourd’hui un seuil inédit. Le
patriarche Kirill lui-même a adopté ce lexique apocalyptique pour
justifier « l’opération militaire spéciale », interprétée comme un
combat spirituel pour la survie de la civilisation chrétienne. Les
analyses de Cyril Hovorun (Political Orthodoxies, 2018) et de Regina
Elsner sur la théologie politique orthodoxe contemporaine montrent que
cette position s’inscrit dans une longue généalogie intellectuelle,
marquée par des penseurs tels que Konstantin Leontiev, dont la vision
byzantiniste de l’histoire repose sur un horizon eschatologique, ou Ivan
Ilyine, figure centrale du néo-traditionalisme russe actuel. De
nombreux témoignages, fragmentaires et difficiles à documenter mais
convergents, évoquent la tenue de rituels religieux ou magiques à
destination des troupes : processions d’icônes réputées miraculeuses le
long du front, exposition de reliques dans les casernes, bénédictions
d’armements lourds, aspersions d’eau bénite sur chars et avions. Ces
pratiques, oscillant entre
liturgie orthodoxe et magie folklorique —
talismans, amulettes, prières protectrices — révèlent la persistance de
conceptions pré-modernes du sacré dans les contextes de guerre.
Un
autre volet particulièrement frappant du conflit réside dans ce que l’on
peut qualifier de « guerre informationnelle ésotérique ». Sur les
réseaux sociaux russes (VKontakte, Telegram, Yandex.Zen), circulent
massivement des contenus où se mêlent théories du complot, imagerie
occultiste et propagande politique. L’OTAN y est décrite comme une
structure satanique, l’Union européenne comme une émanation de
l’Antéchrist, et les dirigeants occidentaux comme des serviteurs du
Malin. Des vidéos prétendent que l’Ukraine serait contrôlée par des
forces occultes mondialistes, que son président Volodymyr Zelensky
agirait en mage noir au service d’un Nouvel Ordre mondial, ou que des
bataillons ukrainiens pratiqueraient des rituels sataniques. Cette «
guerre cognitive instrumentalise un répertoire symbolique profondément
enraciné dans la culture russe, où tout conflit politique se double
d’une lutte cosmique. Elle montre comment des motifs ésotériques hérités
— visions apocalyptiques, mythologies impériales, imaginaires
démonologiques — sont mobilisés pour construire des récits alternatifs
capables de concurrencer la narration occidentale dominante et de
galvaniser les populations.
OCCULTISME ET ÉSOTÉRISME DANS LA CULTURE POPULAIRE RUSSE
L’effervescence
ésotérique post-soviétique investit massivement la culture populaire,
constituant un corpus significatif d’oeuvres cinématographiques et
vidéoludiques. Viy (1967) inaugure une tradition filmique conjuguant
sorcellerie rurale, démonologie slave et syncrétisme rituel, tradition
réactualisée dans les années 2010 par les remakes de Stepchenko et la
série Gogol. Parallèlement, Podgaevsky développe un cinéma d'horreur
teinté d'occultisme moderne, tandis que la duologie Night Watch/Day
Watch élabore un univers métaphysique d'une remarquable densité, où
s’opposent Lumière et Ténèbres dans Moscou contemporaine. Le cinéma
tarkovskien, bien qu'ancré dans la spiritualité orthodoxe, contribue
décisivement à façonner cet imaginaire par son symbolisme hermétique et
sa dimension initiatique. Stalker (1979) établit l’archétype des zones
interdites investies d’une présence numineuse, imposant des matrices
esthétiques devenues structurantes dans la culture russe.
Cet
héritage trouve une prolongation inattendue dans le domaine
vidéoludique. La saga S.T.A.L.K.E.R. (2007–2009), développée par le
studio ukrainien GSC Game World, bien qu’exogène au contexte strictement
russe, exerce une influence considérable sur l’imaginaire
post-soviétique. S.T.A.L.K.E.R. transpose la Zone dans l'espace irradié
de Tchernobyl, désormais investi comme géographie sacrée
post-apocalyptique. La série Metro propose une autre déclinaison
apocalyptique-ésotérique : dans le métro moscovite devenu dernier refuge
après un conflit nucléaire, se recomposent rationalisme soviétique,
mysticisme orthodoxe et paganisme renaissant. Ice-Pick Lodge
(Pathologic, The Void) élabore des univers initiatiques nourris de
symbolisme hermétique et de métaphysique rituelle. Sous l'ère
soviétique, plusieurs oeuvres furent censurées pour leur contenu
occultiste, témoignant des tensions idéologiques entourant ces
représentations. Cette production manifeste le tournant spiritualiste
postsoviétique et la capacité de la culture russe à produire des
syncrétismes originaux fusionnant folklore ancestral, héritage orthodoxe
et ésotérisme occidental.
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vendredi 1 mai 2026
LES ALCHIMISTES ROUGES DE ROGER FACON ONT 10 ANS !
Il y a 10 ans, Roger Facon débarquait à l'ODS. Un ancien des RG, issu d'une famille d'alchimistes. Il en a des choses à raconter !
SUR NOS ÉTAGÈRES
(2016)
FULCANELLI ET LES ALCHIMISTES ROUGES
Spécial Fulcanelli (1)
Roger Facon
Fulcanelli. Ce pseudonyme a fait couler des flots d’encre depuis 1926. Le Forgeron solaire qui s’abrite derrière lui veille sur le « Finis Gloriae Mundi », la fin de la gloire du monde qui est nôtre. Mais Fulcanelli est aussi l’un des gardiens de la voie du verre, la voie totale du verre, la voie totale de l’alchimie que les historiens ont choisi d’ignorer. Roger Facon s’appuie sur une tradition familiale pour nous révéler ce qu’il sait de cette voie suivie, de la fin du XIXe siècle au milieu du siècle dernier, par Léon Patin, Roger Schneider, François Jolivet Castelot et Marcel Dana. Ces Quatre Mousquetaires « rouges », de Bruxelles au Chat Noir, ont constitué, un demi-siècle durant la garde rapprochée de Fulcanelli, loin des feux de la rampe dévolus à Eugène Canseliet.
En vente sur AMAZON (https://www.amazon.fr/dp/B01GB0I6J4 et sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com) - 15 € (plus 3 € de frais de port), série « Les Cahiers d’Irem ».
CARTES IMAGINAIRES jusqu'au 19 juillet à la BNF
jeudi 30 avril 2026
LA CAVERNE PERDUE DES TEMPLIERS, Roger Facon, à l'ODS
VIENT DE PARAÎTRE
(Mai 2026)
LA CAVERNE PERDUE DES TEMPLIERS
Spécial Fulcanelli
Roger Facon
Qui contrôle vraiment l’Histoire ?
Quelque part dans les Hautes-Alpes, un initié français découvre une
caverne oubliée.
Un sanctuaire templier que personne n’était censé retrouver.
Très vite, les morts s’accumulent.
L’homme n’est pas un mystique isolé.
Protégé par certains services, lié à un mystérieux « pacte d’Arginy », il met
au jour un réseau ancien — une organisation qui infiltre loges initiatiques,
cercles financiers, services de renseignement et sphères politiques.
Une société qui ne se contente pas d’influencer le monde.
Elle le corrige.
À coups d’ « action directe ».
Entre ésotérisme dévoyé et raison d’État, entre rituels occultes et
opérations clandestines, la frontière disparaît.
Et ceux qui cherchent la vérité deviennent des cibles.
Dans l’ombre, les « maîtres secrets du monde » règlent leurs comptes.
Mais cette fois, le rififi pourrait bien échapper à tout contrôle.
En vente sur Amazon https://www.amazon.fr/dp/2380141207 (et prochainement sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com) - 16 € (plus 3 € de frais de port), série « Les Cahiers d’Irem ».
Montage et illustration André Savéant
mercredi 29 avril 2026
L'ODS AIME LES NYMPHES
À l’occasion de la sortie de Nymphes, la galerie Barbier consacre une nouvelle exposition à Vince, dont l’univers graphique explore avec audace et élégance la figure de la pin-up.
Publié par Éditions Barbier, l’ouvrage Nymphes rassemble une série d’illustrations entièrement dédiées à ce thème. Proposé en tirage librairie ainsi qu’en édition de luxe, accompagnée d’une lithographie numérotée et signée, il met en lumière un travail centré sur la stylisation, la ligne et une sensualité affirmée.
L’exposition réunit exclusivement des illustrations originales, conçues comme des images abouties. Chaque pièce s’impose par sa force visuelle, son sens de la composition et l’attention portée aux attitudes et aux regards. L’ensemble compose un accrochage rythmé, où se déploie un imaginaire à la fois contemporain et imprégné de références classiques du genre.
À travers cette sélection, Vince affirme une vision personnelle de la figure féminine, entre icône et fantasme, portée par une écriture graphique précise et immédiatement reconnaissable.
À l’occasion du vernissage, l’artiste sera également présent pour une séance de dédicace de Nymphes des éditions Barbier, ce jeudi 30 avril 2026 de 16h à 18h.
Inscriptions : mayla@bdartiste.com
Vernissage (entrée libre) ce jeudi 30 avril 2026 de 19h à 21h, en présence de l’artiste.
1 pin's inédit, réalisé pour l'occasion, sera offert aux 100 premiers visiteurs !
mardi 28 avril 2026
LA MAGIE A PARIS de René Thimmy chez l'ODS
VIENT DE PARAÎTRE
(Mai 2026)
LA MAGIE À PARIS
René Thimmy
La Magie à Paris (1934) de René Thimmy appartient à un genre hybride propre à l’entre-deux-guerres : le reportage fantastique urbain. Sous l’apparence d’une enquête journalistique sur les milieux occultes parisiens, l’ouvrage propose une déambulation littéraire dans un Paris nocturne et symbolique, peuplé de médiums, de mages autoproclamés, de vitalistes, de thaumaturges et de sectes éphémères.
Le texte ne documente pas des pratiques occultes avérées, mais l’imaginaire magique de la capitale dans les années 1920–1930. Il témoigne de la persistance d’un climat de croyance diffuse, nourri par le spiritisme fin-de-siècle, le vitalisme, les pseudo-sciences, la psychanalyse populaire et le goût journalistique pour le sensationnel. Paris y apparaît comme une scène mentale, où se projettent peurs modernes, désirs d’immortalité et fascination pour le secret.
L’ambiguïté du récit est constitutive de sa forme : Thimmy adopte une posture de narrateur sceptique mais curieux, refusant de trancher entre croyance et dénonciation. Cette hésitation, stylistiquement efficace, produit un effet de réel trompeur, dans lequel la proximité du témoignage renforce la crédibilité d’hypothèses invérifiables.
Les recherches effectuées pour la documentation de ce livre nous ont permis
d’établir que René Thimmy n’était pas un pseudonyme de Maurice Magre.
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En vente sur Amazon https://www.amazon.fr/dp/2380141193 (et prochainement sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com). 20 € (plus 3 € de frais de port), série « Maurice Magre, au cœur du Mystère».













