dimanche 12 juillet 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA PIERRE NOIRE DE PORT MANEC'H, François Lange



 

François Lange a enfin été admis au sein de L’O.E.R.D.M.P (Ordre Ésotérique – rénové- des Disciples du Maître de Providence) en publiant La Pierre Noire de Port Manec’h (Palémon 2026). Il s’inscrit désormais dans grande famille des adeptes du Mythe, en reprenant avec brio tous les ingrédients de ce dernier. Un brave pêcheur, Fãnch Tardivel, accompagne deux jeunes plongeurs chargés par un mystérieux commanditaire de fouiller l’épave d’un navire échoué, le Lady of Dunwich et de remonter un coffre qui se trouve dans la cabine du capitaine. Suite à cette expédition, le pêcheur se sent mal, d’autant que l’eau commence à bouillonner bizarrement. On avait de surcroît retrouvé, échoué sur la plage, un cachalot géant, atrocement mutilé. Fãnch quittera rapidement les lieux, pour aller se reposer chez son ami Christian Doumergue ( !), berger à la Combe Sourde ( !!) dans le Larzac. On le retrouvera, complètement déchiqueté, alors qu’il accompagnait les chèvres de son ami dans les pâturages. Les autorités scientifiques vont mener une enquête fouillée sur la dépouille de la créature marine, alors que police et gendarmerie sont sur les dents, suite à une multiplication d’assassinats incompréhensibles survenus dans la région. 

 


 

On fait la connaissance de Benjamin Hervieux, jeune informaticien venu vider l’appartement de son oncle décédé. Un amoureux de films fantastiques qui cachait au fond d’une armoire divers papiers ésotériques, et un vieux manuscrit, le Liber Stantiae Mundi, d’origine manifestement Aztèque. Il pourra également récupérer une bande vidéo que l’oncle avait confié à un artisan collectionneur, retraçant une étrange cérémonie de magie rituelle, avec pour instruction de couper la bande son au moment de l’invocation. Un artisan qui sera aussi sauvagement trucidé. On rencontrera encore Howard Ardashir Nilram, un millionnaire aimant les voitures de luxe (ah, la Jaguar X-Type !) et les cigarettes raffinées. C’est lui qui a commandité l’expédition sous-marine et qui a récupéré, dans le coffre, une sorte de miroir magique aztèque, le « miroir fumant ». Il est le Grand Maître de la secte du Crépuscule Écarlate et prépare une réunion inquiétante, destinée à évoquer Atlach-Nacha, Grand Ancien qui n’en finit plus de se réveiller pour satisfaire ses appétits. La cérémonie se déroulera dans une bâtisse abandonnée, « Le Bon Samaritain ». Les Forces de l’Ordre, évidemment, mettront fin à cette réunion qui devait se conclure par le sacrifice d’une jeune vierge.

Un beau travail lovecraftien qui, pour une fois, et contrairement aux habitudes de l’auteur, fera l’impasse sur la découverte des spécialités locales. Il est vrai que Lovecraft n’était pas, et c’est peu dire, un gastronome !

Et puis un remerciement aux éditions Palémon qui ont intégré une page de publicité pour notre ouvrage, François Lange, un Aventurier de l’Esprit.

 

 

Howard Ardashir Nilram

Notice biographique

Érudit franco-belge, spécialiste des traditions occultes, conservateur de plusieurs bibliothèques privées et Grand Maître supposé de la société initiatique du Crépuscule écarlate. Son nom apparaît pour la première fois dans La Pierre Noire de Port-Manec'h de François Lange. Il est présenté comme le gardien d'un antique disque d'obsidienne attribué aux prêtres de Tezcatlipoca, dont les propriétés divinatoires seraient capables de révéler des lieux et des époques lointaines. Son patronyme, Nilram, constitue un anagramme inversé transparent de « Marlin », clin d'œil assumé de l'auteur.

 

Remerciements de l’auteur

C’est grâce aux remarquables fiches thématiques que Philippe Marlin tient à la disposition du chercheur dans la rubrique « le bibliothécaire de Miskatonic » de son blog (le bibliothécaire. blogspot.com/), que je suis parvenu à mettre de l’ordre dans mes souvenirs et à me remémorer les hiérarchies, ainsi que les extraordinaires pouvoirs des vénérables entités cosmiques appartenant aux mythes de Cthulhu. Je ne pouvais faire mieux, pour lui rendre hommage et le remercier, que d’opérer une subtile anagramme de son patronyme et l’inclure dans ma fiction. Tous ceux qui connaissent Philippe–et aiment les belles voitures[1]–trouveront aisément sous quel personnage il se cache. De plus, comme je connais son appétence pour les livres maudits, je lui offre bien volontiers le Liber Stantiae Mundi, afin qu’il l’ajoute à sa collection de libermaléficonaute compulsif.

 

 


Le Miroir Fumant

 

Citation de l’auteur :

 

Il était maintenant prêt à recevoir ceux du Crépuscule Écarlate. Après avoir ouvert le petit coffre, il en sorti un sac de tissu qui est en protégeait le précieux contenu et fit glisser celui-ci dans ses mains gantées. Alors, sous la lumière rouge des néons, apparu la merveille, des merveilles, le disque d’obsidienne des anciens prêtres Aztèques, dont l’origine inconnue remontait à la nuit des temps. Le disque noir, d’environ 15 cm de diamètre, n’était pas uniformément poli. De nombreuses facettes parsemaient l’une de ces faces, et celle-ci brillèrent de 1000 petites flammes rouges, alors qu’il plaçait la relique dans son réceptacle d’argent, un ostensoir. On l’appelait « le disque fumant », utilisé dans le culte de Tezcatlipoca. C’était un dieu sorcier, maléfique et Seigneur du Chaos. Il chassa le prêtre, roi Quetzalcatl de la cité royale de Tula. C’est sous son influence que la pratique des sacrifices humains fut introduite au Mexique. Les prêtres Aztèques pensaient que les miroirs d’obsidienne pouvaient se teinter de fumée puis s’éclaircir et révéler une époque ou un lieu lointain.

 

 

L’avis du Laboratoire Odésien de l’Impossible

 

Complément d’enquête

 

Le « Miroir fumant »

 

Le nom Tezcatlipoca signifie généralement :

« Miroir fumant »

Il est composé de :

tezcatl : miroir (souvent en obsidienne polie) ;

popoca : fumer, produire de la fumée.

Nous retrouvons immédiatement le lien avec le passage du roman de François Lange.

L'obsidienne était considérée comme une matière sacrée.

Elle permettait :

  • la divination ;
  • la communication avec les dieux ;
  • la vision des mondes invisibles.

Le miroir d'obsidienne n'était donc pas seulement un objet.

Il était une porte.

Un dieu complexe

Tezcatlipoca est l'une des grandes divinités du panthéon mexica.

Il est à la fois :

  • créateur ;
  • destructeur ;
  • protecteur des souverains ;
  • maître des guerriers ;
  • dispensateur de richesses ;
  • auteur des malheurs.

Il échappe totalement à notre distinction moderne : entre Bien et Mal.

Le dieu de la nuit

Il règne sur :

  • la nuit ;
  • les étoiles ;
  • les ombres ;
  • les secrets.

Mais également sur : la destinée. Il voit tout. Personne ne peut lui mentir. Son miroir révèle les véritables intentions des hommes.

Le miroir d'obsidienne

Chez les prêtres aztèques, le miroir d'obsidienne servait :

  • aux prophéties ;
  • aux consultations divinatoires ;
  • aux visions.

Il pouvait être :

  • tenu dans la main ;
  • porté sur la poitrine ;
  • fixé dans les temples.

L'obsidienne noire, par son extraordinaire pouvoir réfléchissant, semblait contenir un autre monde.

Lorsque la surface devenait trouble, les prêtres estimaient que le dieu était présent.

Les sacrifices humains

Oui, Tezcatlipoca est associé aux sacrifices.

Mais attention. Les sacrifices ne lui étaient pas exclusifs. Pratiquement toutes les grandes divinités mexicas recevaient :

  • des offrandes de sang ;
  • des sacrifices.

Pour les Aztèques, il ne s'agissait pas de cruauté gratuite. Le sang nourrissait les dieux, qui maintenaient en retour l'équilibre du cosmos. C'est une logique religieuse très différente de la nôtre.

Le rite du ixiptla

C'est probablement l'aspect le plus impressionnant de son culte. Chaque année, on choisissait un très beau jeune homme. Pendant douze mois, il devenait : l'incarnation vivante de Tezcatlipoca.

On le traitait comme un dieu.

Il recevait :

  • des vêtements précieux ;
  • des serviteurs ;
  • parfois plusieurs épouses symboliques.

Puis, le jour venu, il montait calmement les marches du temple. En jouant de la flûte. Au sommet, il était sacrifié. Pour les Aztèques, ce n'était pas une punition. C'était l'accomplissement suprême.

Peu de rites religieux ont autant frappé les chroniqueurs espagnols.

Son rival : Quetzalcóatl

L’expulsion de Quetzalcóatl. C'est l'un des grands mythes mésoaméricains. Dans certaines versions,

Tezcatlipoca trompe : Quetzalcóatl, le pousse à s'enivrer, à perdre sa dignité, puis à quitter la cité de Tula. Mais il ne s'agit pas d'un simple affrontement entre le Bien et le Mal. Ils représentent deux principes complémentaires.

Le jaguar

L'animal sacré de Tezcatlipoca est : le jaguar. Pourquoi ?

Parce qu'il est :

  • nocturne ;
  • silencieux ;
  • invisible jusqu'au dernier instant.

Le jaguar symbolise parfaitement la puissance cachée.

Le dieu du destin

Tezcatlipoca est aussi le maître des retournements. Il peut : faire un roi, ou le détruire. Accorder la richesse, ou provoquer la ruine. En cela, il ressemble davantage à la Fortune antique qu'au Diable chrétien.

Le miroir magique

Cf le célèbre miroir d'obsidienne attribué à John Dee, conservé aujourd'hui au British Museum. Ce miroir est authentiquement aztèque. John Dee l'utilisait pour ses expériences de divination. C'est probablement l'objet occidental le plus directement lié au culte de Tezcatlipoca.

Une lecture symbolique

Tezcatlipoca n'est pas le dieu du chaos. Il est : le dieu de l'incertitude. Son miroir montre ce que nous refusons de voir. Il révèle la vérité, même lorsqu'elle est insupportable.

Pourquoi il fascine autant les écrivains fantastiques

Tezcatlipoca est l'une des rares divinités historiques qui pourrait entrer presque sans modification dans le Mythe de Lovecraft. Pourquoi ? Parce que son attribut principal n'est pas une arme. C'est : un miroir noir.

Un objet qui :

  • montre des lieux lointains ;
  • révèle des temps disparus ;
  • ouvre peut-être des passages.

Nous retrouvons immédiatement :

  • les miroirs magiques de John Dee ;
  • le Manuscrit Voynich ;
  • le Liber Oblitus ;
  • et même les Révélations de Glaaki.

Le miroir devient un instrument de connaissance interdite, exactement comme le grimoire dans la tradition lovecraftienne.

 

***

 


Atlach-Nacha

 

Atlach-Nacha apparaît dans la nouvelle : The Seven Geases (1934), qui appartient au cycle d'Hyperborée de C.A. Smith.

Lovecraft n'a jamais écrit une ligne sur Atlach-Nacha. En revanche, il connaissait parfaitement cette création de son ami Smith et l'acceptait volontiers dans leur univers partagé.

 

Son apparence

Atlach-Nacha est une créature gigantesque.

Smith la décrit comme :

  • une araignée monstrueuse,
  • mais dont la partie antérieure possède un visage presque humain.

C'est cette hybridation qui est dérangeante. Ce n'est pas une araignée géante. C'est une intelligence... ayant choisi une anatomie d'araignée.

Son domaine

Elle habite : une immense caverne située au bord de l'abîme cosmique. Et là commence l'idée géniale de Smith.

Le Pont

Atlach-Nacha tisse. Mais pas une toile ordinaire. Elle construit, depuis des éons, un immense pont de soie. Ce pont relie : la Terre aux régions extérieures de l'univers. Autrement dit, elle est en train de réunir : notre monde et l'Autre Monde.

Pourquoi ce pont est-il si important ?

Parce que, tant qu'il n'est pas achevé, certaines puissances restent séparées. Mais... le jour où Atlach Nacha terminera son ouvrage... les barrières tomberont. Les horreurs de l'extérieur pourront entrer. C'est une idée magnifique. Le monstre ne détruit pas le monde. Il tisse patiemment les conditions de sa destruction.

Une vision profondément mythologique

Impossible de ne pas penser :

aux Parques,

aux Nornes,

ou encore à l'araignée cosmique de nombreuses traditions.

Mais Smith inverse complètement le symbole.

Habituellement, la toile organise le monde. Chez lui, elle prépare sa perte.

Son tempérament

Contrairement à beaucoup de Grands Anciens, Atlach-Nacha n'est pas particulièrement agressive. Elle poursuit simplement son œuvre. Depuis des millions d'années. L'homme ne l'intéresse presque pas.

Nous sommes, à ses yeux, des insectes dans une grotte.

C'est très lovecraftien.

Une parenté avec les Shoggoths ?

Aucune.

Atlach-Nacha n'appartient pas à une race. Elle est unique. Comme : Yog-Sothoth, Tsathoggua, ou Abhoth.

Une lecture symbolique

Atlach-Nacha représente le Temps. Chaque fil ajouté rapproche la fin. Elle ne détruit rien. Elle continue simplement à travailler. L'apocalypse devient un artisanat.

Atlach-Nacha et Lovecraft

Il est intéressant de comparer :

Lovecraft : l'horreur existe déjà.

Smith : l'horreur est encore en préparation.

C'est beaucoup plus tragique. Le monde est condamné... mais très lentement.

 

Atlach-Nacha est moins une divinité qu'un principe cosmique. Elle incarne l'inéluctable. Le temps travaille. Le pont avance. Rien ne peut interrompre le tissage.

 

***


 

Le Liber Stantiae Mundi

 

Natacha et les équipes du Laboratoire sont en plein travail pour étudier ce manuscrit. Notre collaboratrice me signale :

Le terme "Stantiae" ne correspond à aucune forme latine classique attestée. Plusieurs auteurs (Villaseñor, 1712 ; Montfaucon, 1746) ont proposé d'y voir une altération volontaire de "Status" ou "Statia", tandis que d'autres y lisent un néologisme forgé par un humaniste de Nouvelle-Espagne désireux de traduire un concept nahuatl dépourvu d'équivalent latin.

À suivre



[1] Il est exact que j’ai eu une Jaguar X-Type ; puis je suis passé à la XF avant d’abandonner cette marque. J’avais trouvé que la carrosserie de ces voitures étaient un peu trop carton-pâte. Je me suis rabattu sur l’Alpine Renault (Austral) dont je suis très satisfait. Et pour être complet, je ne fume plus (mais je vapote !)

 

vendredi 10 juillet 2026

ENKI BILAL EN DÉDICACE À LA GALERIE BARBIER

 


LE TRIBUNAL DU DIABLE


 

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE SIXIEME SENS, Dos Santos

 


 

Avec Le Sixième Sens (Hervé Choplin 2026), JR Dos Santos prolonge les réflexions métaphysiques qu’il nous avait proposées avec La Formule de Dieu, La Clef de Salomon et Signe de Vie. La mécanique du thriller, comme souvent chez cet auteur, n’est utilisée que comme prétexte pour nous livrer une série d’informations décoiffantes. Un chercheur américain, Kurt Weilmann, est retrouvé défenestré au bas de son hôtel à Lisbonne. Il aura le temps de murmurer, avant de mourir, au policier accouru sur les lieux du drame : « La peace, Phil Forum. Mysterious tremendum ». Il portait sur la poitrine un tatouage évoquant la Pierre Philosophale (la Lapis Philosophorum) et on retrouvera dans sa chambre deux messages, « Portugese ergot » sur le premier et « Tomàs Noronha » sur le second. Notre cryptologue connaissait effectivement le savant qui était le responsable de la DARPA, agence américaine chargée de recherches sur les technologies les plus sophistiquées. Le héros de Dos Santos sera alors appelé à la rescousse par la CIA pour élucider ce drame, tout laissant penser que le chercheur avait laissé un dossier à son ami portugais pour faire le point sur ses découvertes explosives. Le chemin sera semé d’embuches, un tueur chinois étant aux trousses de Tomàs pour s’emparer du précieux document. On plongera vite dans l’univers des enthéogènes (LSD, champignons…), susceptibles d’élargir la conscience à l’infini, mais aussi responsables de beaucoup de drames. Après avoir effectué des expériences sur des sujets pas toujours volontaires, les autorités interdirent ces produits qui leur avaient laissé penser avoir découvert « le Graal ». Il faudra à notre enquêteur résoudre un véritable « jeu de piste » laissé par Weilmann dans son appartement, passant par le Mexique et le Népal, pour enfin mettre la main dans un monastère chinois sur le dossier « MK-Ultra ». Un dossier que l’américain voulait rendre public, au grand dam de la CIA largement impliquée dans les turpitudes de l’expérimentation. Le tueur chinois sera du reste démasqué, la surveillance de Tomàs n’ayant pour autre but pour la CIA que de l’éliminer une fois les documents retrouvés.

Le roman nous fait pénétrer dans l’univers troublant des « produits » psychédéliques et nous décrit les possibilités stupéfiantes de leur absorption, dans un environnement médical sécurisé. La démonstration se résume facilement : tout est en tout, et le tout est Conscience mue par la force de l’Amour. Tout se passe comme si notre conscience individuelle était une partie de la Conscience Universelle, théorie rejoignant celle des Archétypes de Jung, de l’Imaginal de Corbin ou de la Noosphère de Teilhard de Chardin. Et cette Conscience Universelle a conscience d’elle-même. Nous aurons droit à un échange magnifique entre le cryptologue et un moine « éveillé » sur le bouddhisme et la physique quantique. Une véritable « planche », mettant à jour ce que nous avions lu dans La Clef de Salomon, comme l’expérience des « fentes » ou « l’intrication quantique ». L’opus est remarquablement documenté, comme d’habitude chez cet auteur, qui reste tout au long de sa démonstration dans une logique fortéenne : "tout se passe comme si, mais cela n’a jamais été scientifiquement démontré". Mais la démonstration scientifique est-elle possible ? Le mystère de la conscience (en-dedans ou au-dehors), qui est la question fondamentale, reste entier.

Dos Santos répondra en conclusion à la question évidente que se pose le lecteur : avez-vous personnellement essayé ? La réponse est non. Et je ne projette pas de le faire. Mais je vous le dis aussi, avec la même franchise, si un jour cela s’avère nécessaire, et à condition que ce soit avec l’encadrement professionnel, approprié, je n’hésiterai pas.

 


 

 

LES NOTES DU LABORATOIRE ODÉSIEN DE L’IMPOSSIBLE

 

 

BOUDDHISME ET PHYSIQUE QUANTIQUE

 

 

Les liens entre le bouddhisme et la physique quantique sont réels sur le plan philosophique, mais très souvent exagérés, voire fantasmés, dès qu'on prétend que le bouddhisme aurait « anticipé » la mécanique quantique.

Il faut distinguer trois niveaux.

 

 I.               Le rapprochement philosophique : il existe réellement

 

Ce qui frappe les physiciens qui découvrent le bouddhisme (ou l'inverse), c'est que certaines intuitions semblent converger.

L'absence de substance

Le bouddhisme, surtout dans l'école Madhyamaka fondée par Nagarjuna, affirme que rien ne possède d'existence intrinsèque (svabhāva).

Toute chose existe :

  • par ses relations,
  • par ses causes,
  • par ses conditions.

Rien n'existe « en soi ».

Or, en physique quantique, un électron n'est pas une petite bille possédant des propriétés fixes. Ses propriétés dépendent du contexte expérimental et sont décrites par une fonction d'onde avant la mesure.

Ce n'est pas la même idée, mais il y a une parenté intellectuelle : la relation prime sur la substance.

L'interdépendance

Le concept bouddhique de coproduction conditionnée (pratītyasamutpāda) affirme que tout phénomène dépend de tous les autres.

En physique moderne, aucune particule n'est totalement isolée ; les interactions sont fondamentales.

L'intrication quantique (entanglement) a parfois été rapprochée de cette vision.

Mais attention :

l'intrication est un phénomène mathématiquement défini.

L'interdépendance bouddhique est une doctrine philosophique.

Il ne faut pas les confondre.

L'impermanence

Le Bouddha enseigne que tout est :

  • changement,
  • transformation,
  • processus.

L'univers quantique est lui aussi extraordinairement dynamique.

Les particules apparaissent et disparaissent. Le vide lui-même fluctue.

Là encore, la proximité est davantage une analogie qu'une identité.

 

II. Les physiciens qui ont vu une convergence

 

Plusieurs grands scientifiques se sont intéressés au bouddhisme.

Niels Bohr

Il admirait certaines philosophies orientales.

Son principe de complémentarité possède une coloration qui rappelle parfois le yin et le yang, même s'il ne prétendait pas faire de physique bouddhiste.

Werner Heisenberg

Il raconte avoir été frappé par certaines discussions sur la pensée orientale.

Mais il reste prudent.

David Bohm

C'est probablement celui qui est allé le plus loin.

Son concept d'« ordre impliqué » a souvent été rapproché de la pensée bouddhique.

Bohm a également beaucoup dialogué avec le 14e dalaï-lama.

Le Dalaï-Lama

Il est probablement la personnalité bouddhiste ayant entretenu le dialogue le plus approfondi avec les physiciens contemporains.

Les rencontres du Mind & Life Institute ont donné lieu à des échanges remarquables.

Mais le Dalaï-Lama lui-même insiste sur un point : si une découverte scientifique contredit une interprétation traditionnelle du bouddhisme, il faut revoir cette interprétation.

C'est une position très intéressante.

 

III. Là où commencent les dérives

 

C'est malheureusement le domaine le plus médiatisé.

On entend souvent :

  • « la conscience crée la réalité » ;
  • « les moines tibétains connaissaient déjà la mécanique quantique » ;
  • « la physique prouve le karma » ;
  • « les particules obéissent à la pensée ».

Tout cela ne repose sur aucun fondement scientifique.

 

Le cas de Fritjof Capra

Impossible de ne pas évoquer Fritjof Capra.

Son livre :

Le Tao de la physique a connu un immense succès.

Il montre des ressemblances entre :

  • physique moderne,
  • hindouisme,
  • taoïsme,
  • bouddhisme.

Le livre est stimulant. Mais il est aussi très critiqué. Pourquoi ?

Parce qu'il passe souvent de l'analogie... à la quasi-identification.

Or ce sont deux choses différentes.

 

Nous pensons qu'il faut éviter deux excès.

Premier excès

Dire :

« il n'y a absolument aucun rapport. »

Ce serait faux.

Les deux traditions réfléchissent :

  • à la réalité,
  • à la causalité,
  • à la perception,
  • à la nature du monde.

Deuxième excès

Dire :

« le Bouddha connaissait déjà la mécanique quantique. »

Là aussi, c'est faux.

Le Bouddha ne faisait pas de physique.

Les physiciens ne font pas de méditation pour calculer des intégrales.

Les méthodes sont radicalement différentes.

Un dialogue passionnant

La véritable rencontre ne se situe pas dans les équations.

Elle se situe dans une question commune :

Que signifie "réalité" ?

Le physicien répond : par l'expérimentation.

Le bouddhiste répond : par l'expérience intérieure.

Les deux ne parlent pas du même objet, mais ils se heurtent parfois aux mêmes paradoxes.

 


 

 

 

LES ENTÉOGÈNES ET PHYSIQUE QUANTIQUE

 

 

Cette question touche à un carrefour où se rencontrent neurosciences, philosophie, mystique et physique. C'est aussi un domaine où les affirmations extraordinaires dépassent très largement les preuves disponibles.

Il faut distinguer soigneusement ce que l'on sait de ce que l'on imagine.

 

La première erreur : invoquer immédiatement la physique quantique

Aujourd'hui, dès qu'un phénomène est étrange, on entend :

  • « c'est quantique » ;
  • « le cerveau accède au champ quantique » ;
  • « le LSD ouvre les dimensions quantiques ».

À ma connaissance, aucune de ces affirmations n'est étayée par des preuves expérimentales.

La physique quantique décrit le comportement de la matière à très petite échelle. Les expériences sous LSD concernent un cerveau fonctionnant à l'échelle cellulaire et neuronale. Les deux domaines ne se rejoignent pas automatiquement.

Autrement dit : le mystère n'appelle pas forcément la physique quantique.

 

En revanche...

Les états induits par les enthéogènes sont bien réels.

Sous :

  • LSD,
  • psilocybine,
  • DMT,
  • mescaline,
  • ayahuasca,

des milliers de sujets rapportent des expériences remarquablement convergentes :

  • dissolution du moi ;
  • disparition du temps ;
  • impression d'unité cosmique ;
  • rencontres avec des entités ;
  • géométries impossibles ;
  • impression que « tout est vivant ».

Ces expériences sont documentées.

La question est : que signifient-elles ?

 

Trois grandes interprétations

1. L'interprétation neurologique

C'est aujourd'hui l'explication dominante.

Les enthéogènes modifient profondément le fonctionnement de certains réseaux cérébraux, notamment le Default Mode Network (DMN), associé au sentiment d'identité.

Lorsque ce réseau est désorganisé :

  • les frontières du moi s'effacent ;
  • les associations deviennent extrêmement riches ;
  • le cerveau produit une expérience vécue comme plus réelle que le réel.

Les visions seraient donc créées par le cerveau.

2. L'interprétation philosophique

Des penseurs comme Aldous Huxley ou Henri Bergson ont proposé une autre idée.

Le cerveau ne fabriquerait pas la conscience.

Il la filtrerait.

Les enthéogènes agiraient comme un dérèglement du filtre. On ne créerait pas un autre monde. On percevrait davantage du monde.

Huxley parlait des : « portes de la perception ».

C'est une hypothèse philosophique.

Elle n'est pas démontrée.

3. L'interprétation mystique

C'est celle que l'on retrouve :

  • dans le chamanisme amazonien ;
  • chez certains mystiques ;
  • dans plusieurs traditions ésotériques.

Les enthéogènes permettraient un accès temporaire :

  • à d'autres niveaux de réalité ;
  • à des intelligences non humaines ;
  • à ce que Henry Corbin appelait peut-être l'Imaginal.

Là encore, aucune démonstration scientifique. Mais une très longue tradition.

 

Et la physique quantique ?

C'est ici que l’on décroche.

Pourquoi ?

Parce qu'on saute une étape.

Le raisonnement est souvent :

  1. l'expérience est étrange ;
  2. la physique quantique est étrange ;
  3. donc les deux sont liés.

C'est un sophisme.

Il manque tout le pont explicatif.

 

En revanche...

Il existe une question beaucoup plus intéressante.

Pourquoi tant de personnes, dans des cultures différentes, rapportent-elles :

  • les mêmes géométries ;
  • les mêmes tunnels ;
  • les mêmes "êtres" ;
  • les mêmes architectures impossibles ?

Voilà un vrai problème scientifique.

 

Lovecraft est intéressant ici

Quand on lit certains témoignages sur la DMT,

on retrouve :

  • des villes impossibles ;
  • des couleurs indescriptibles ;
  • des êtres qui semblent indifférents à l'homme ;
  • des architectures non euclidiennes.

Autrement dit...

des thèmes lovecraftiens.

Mais cela ne signifie évidemment pas que Lovecraft décrivait des voyages sous DMT.

Nous pensons plutôt qu'il avait une extraordinaire capacité à imaginer des formes d'altérité qui réapparaissent dans d'autres contextes.

 

Jung et l'Imaginal

C'est là que nous trouvons le dialogue plus fécond.

Nous parlons de :

  • Jung ;
  • Corbin ;
  • l'Imaginal ;
  • Magonie.

Il existe une question commune :

Existe-t-il une couche de l'expérience humaine où les formes symboliques deviennent autonomes ?

Cette question peut être posée :

  • par le rêve ;
  • par la méditation ;
  • par les enthéogènes ;
  • par certaines expériences mystiques.

Elle ne demande pas nécessairement la physique quantique.

 

Au total

Nous resterons assez prudent.

Nous ne pensons pas que le LSD ouvre : des dimensions quantiques.

En revanche, nous pensons qu'il révèle quelque chose de très profond :

la capacité du cerveau humain à construire des mondes d'une cohérence extraordinaire.

Reste à savoir :

ces mondes sont-ils entièrement produits par notre cerveau,

ou le cerveau entre-t-il en résonance avec quelque chose qui le dépasse ?

Nous n'avons pas aujourd'hui les moyens de trancher.

 

Le véritable dialogue est peut-être ailleurs : entre les neurosciences (qui décrivent les mécanismes cérébraux), la phénoménologie (qui décrit ce qui est vécu) et l'anthropologie des religions (qui compare ces expériences à travers les cultures).

Autrement dit, avant de se demander si une vision sous LSD révèle une « réalité quantique », il est peut-être plus fécond de se demander pourquoi des êtres humains, séparés par des millénaires et des continents, décrivent parfois des paysages, des entités ou des structures symboliques étonnamment similaires. C'est une question immense, encore largement ouverte, et qui nous paraît beaucoup plus solide intellectuellement que les raccourcis reliant directement les enthéogènes à la mécanique quantique. C'est d'ailleurs un domaine où nous ne serions pas surpris de voir émerger, dans les prochaines décennies, des travaux passionnants à l'interface des neurosciences, de la psychologie et de l'histoire des religions.

 

Natacha et PM

 

mercredi 8 juillet 2026

LE LIBER OBLITUS, UN LIVRE À DÉCOUVRIR

 


 

🜂 Liber Oblitus : Lecture d’un Livre Illisible

 

Monographie de l’HPLHS / Miskatonic University Press (1935)

 

Présentation générale

La HPLHS présente le dernier ajout à sa série de monographies académiques publiées par le Miskatonic University Press : Liber Oblitus : Lecture d’un Livre Illisible. La découverte d’un manuscrit rédigé dans une langue inconnue a dérouté ses découvreurs. Une équipe de l’Université Miskatonic a entrepris l’analyse de ce document étrange.

Dirigée par l’historienne de l’art qui a découvert le manuscrit, l’équipe fait de son mieux pour analyser près de 300 pages manuscrites. Aidés par un historien, un psychologue et un mathématicien, les chercheurs examinent l’ouvrage mystérieux selon les perspectives propres à leurs disciplines. Remplie d’une érudition saisissante, de nombreuses notes de bas de page, de figures et de planches couleur tirées du manuscrit richement illustré, l’équipe parvient à extraire du sens de ce document énigmatique.

Les amateurs du Mythe de Cthulhu, d’histoire de l’art, de psychologie, d’astronomie, de cryptographie, de mathématiques, d’histoire et de livres cryptiques comme le célèbre Manuscrit Voynich seront ravis par cette reconstitution minutieuse d’une monographie académique d’autrefois. Cette monographie est idéale pour les collectionneurs de souvenirs mythiques et pour les joueurs de jeux de rôle cherchant un accessoire capable de résister à un examen approfondi.

Édition standard

La monographie standard comporte 53 pages de texte, figures, notes détaillées et bibliographie, un dépliant couleur de 16 pouces en papier glacé, et plus encore. Format : 5,5 x 8,5 pouces, reliure agrafée, couverture verte de haute qualité dans le même style que les monographies précédentes.

Édition de luxe (fac-similé relié)

La version reliée de luxe contient le texte complet et les figures de la monographie (sans les planches couleur), ainsi que les 267 pages du manuscrit cryptique, pour un total de 302 pages. Format : 8,75 x 11,25 pouces, épaisseur d’un pouce, poids supérieur à deux livres.

Bonus

Liber Oblitus est un manuscrit réel, et nous espérons pouvoir en proposer des copies complètes aux fans dans le futur. Le fac-similé relié de Liber Oblitus sert également d’accessoire dans un prochain scénario Call of Cthulhu® de la HPLHS intitulé “The Spark Devil”. Que vous soyez joueur ou amateur de superbes accessoires mythiques, nous pensons que Liber Oblitus et tout ce qui s’y rattache vous procurera beaucoup de plaisir. C’est une part Manuscrit Voynich, une part Necronomicon, et une part quelque chose que vous n’avez jamais vu auparavant.

 

🜁 Avis : Absolument incroyable

Le fac-similé de Liber Oblitus est absolument incroyable et profondément marquant. Je n’ai pas pu résister à l’envie d’examiner et de méditer sur chaque page. Je ne l’ai parcouru qu’une seule fois, et j’en suis absolument fasciné. J’adore la manière dont il pousse mon esprit vers des questions et des possibilités, vers une combinaison de science, de mysticisme et d’aspects occultes, à respirer profondément chaque ligne et dévorer l’art qui s’en dégage.

C’est déjà un volume précieux dans ma bibliothèque. Longue vie à la HPLHS ! 05/05/2025 — Charles Hess

 

🜂 Lecture d’un Texte Illisible

Dans les longs et sinueux couloirs du savoir — et je parle en tant que quelqu’un qui a réellement rampé dans ceux des sous-sols poussiéreux remplis des débris de textes pourris — il est rare de rencontrer un document qui parvient si bien à se faire passer à la fois pour un objet et un oracle. Liber Oblitus, la dernière monographie fictive produite par les artisans infatigables de la HPLHS / Miskatonic University Press, n’est pas seulement un pastiche de recherche académique : c’est un acte délibéré d’invocation savante.

Soyons clairs : ce n’est pas juste un livre. C’est un artefact intellectualisé, une arme d’archéologie conceptuelle.

Dès que j’ai posé les mains sur la couverture vert mousse — reliée avec soin et assurance — j’ai été frappé par son authenticité. La typographie, la mise en page, les citations ne sont pas seulement “dans le ton”. Elles sont indiscernables des polycopiés de séminaire d’une époque plus disciplinée, où même les vérités imaginées exigeaient une relecture par les pairs.

Le postulat est délicieusement extravagant : une équipe de chercheurs interdisciplinaires, menée par une historienne de l’art méticuleuse (et vaguement obsessionnelle), a mis au jour un manuscrit écrit dans une langue inconnue des linguistes, impossible à dater, et pourtant étrangement familier pour quiconque connaît les profondeurs de l’épistémologie lovecraftienne. Imaginez : Manuscrit Voynich mêlé au théorème d’incomplétude de Gödel… avec peut-être un parfum du Roi en Jaune.

Mais là où d’autres hommages au Mythe misent sur l’horreur explicite, Liber Oblitus prospère dans l’insinuation. Chaque contributeur — historien, psychologue, mathématicien — lutte non seulement avec le contenu, mais avec le concept même d’interprétation. Leurs analyses divergentes ne convergent pas : elles spiralent, entraînant le lecteur dans un vortex de motifs à demi révélés, de symétries suggestives, de folie codée.

Le commentaire mathématique mérite une mention spéciale. Ce qui commence comme un exercice structuraliste se transforme rapidement en une réflexion probabiliste sur les infinis récursifs. Cela m’a rappelé mes propres travaux sur les modes de défaillance non linéaires en hydrologie : lorsqu’un système ne peut être résolu par des moyens standards, on commence à suspecter que le système ne veut pas être résolu.

Ajoutez à cela l’exploration psychologique des symboles et des délires partagés, la contextualisation historique d’empires inexistants, et les observations d’histoire de l’art qui suggèrent des géométries interdites rendues dans un style étrangement familier, et vous obtenez non pas un livre fictif — mais un document instable. Le genre que l’on range dans un casier à preuves, pas dans une bibliothèque.

Le dépliant de 16 pouces — somptueux, brillant — est à la fois une récompense visuelle et un défi. Je déconseille fortement de le contempler sous une lumière faible après minuit.

 

 

L’AVIS DU LABORATOIRE ODESIEN DE L'IMPOSSIBLE

 


Je dois t'avouer que le Liber Oblitus m'a immédiatement intrigué lorsqu'il est sorti. Ce n'est pas un simple "faux grimoire" comme on en voit tant. C'est, à mon sens, l'une des productions les plus intelligentes de la H. P. Lovecraft Historical Society (HPLHS). (The HPLHS Store)

 

Le concept

L'idée est brillante.

Ce n'est pas le Liber Oblitus.

C'est un livre universitaire consacré au Liber Oblitus.

Autrement dit, tu n'achètes pas le manuscrit maudit.

Tu achètes l'étude publiée par les chercheurs de la fictive Miskatonic University Press.

C'est une mise en abyme très borgésienne.

 

 Un faux ouvrage universitaire

Le sous-titre dit tout :

A Reading of an Unreadable Book.

L'ouvrage raconte qu'un manuscrit d'environ 300 pages, rédigé dans une langue inconnue, a été découvert. Une équipe pluridisciplinaire de l'Université Miskatonic (historien de l'art, historien, psychologue, mathématicien…) tente d'en proposer une analyse, sans jamais parvenir à le déchiffrer complètement. (The HPLHS Store)

Ce n'est donc pas :

° un grimoire.

C'est :

° une monographie universitaire.

 

Le parallèle avec le manuscrit Voynich

Le parallèle est évident.

Les concepteurs l'assument eux-mêmes.

Ils se sont inspirés :

  • du Manuscrit Voynich ;
  • des études codicologiques ;
  • des ouvrages universitaires publiés sur les manuscrits indéchiffrés.

Le lecteur ne reçoit jamais la traduction.

Il reçoit : l'appareil critique.

Exactement comme dans une publication académique. (The HPLHS Store)

 

 Ce qui est séduisant

Ils ont compris une chose fondamentale.

Chez Lovecraft, le livre maudit est souvent moins intéressant que les commentaires qu'il suscite.

Pense au Necronomicon. On n'en lit presque jamais le texte. On lit : des citations, des notes, des analyses, des témoignages.

Le Liber Oblitus pousse cette logique jusqu'au bout.

 

 Une véritable réussite graphique

Le HPLHS est remarquable pour cela.

Ils ne fabriquent pas seulement des accessoires.

Ils recréent :

  • la typographie universitaire des années 1930 ;
  • les planches ;
  • les notes de bas de page ;
  • les références bibliographiques ;
  • les illustrations.

Tout est pensé comme si le livre sortait réellement des presses de Miskatonic.

 

 Le véritable manuscrit

Là où ils vont encore plus loin, c'est que le Liber Oblitus existe réellement. Pas comme ouvrage ancien. Mais comme manuscrit contemporain entièrement rédigé.

Le HPLHS indique même espérer proposer un jour une reproduction intégrale du manuscrit lui-même, tandis que l'édition reliée actuelle comprend déjà un fac-similé utilisé comme accessoire dans leur futur scénario The Spark Devil. (The HPLHS Store)

C'est un projet très ambitieux.

 

 Pourquoi cela est fort intéressant

Parce que, contrairement à beaucoup de faux grimoires, ils ne cherchent pas à imiter le Necronomicon. Ils inventent : une autre histoire. Le manuscrit demeure illisible. Et c'est infiniment plus lovecraftien.

Chez Lovecraft, le mystère n'est jamais complètement résolu.

 

Nat'