Thierry Quiroga nous fait une jolie surprise avec Le Lourd Secret de Sougraigne (Éditions Maïa, 2025) qui n’est autre que la version romancée de l’ouvrage de Franck Daffos (Le Secret Dérobé, EODS 2005) enrichi des travaux parallèles de feu Didier Héricart de Thury et de Pierre Jarnac. Un ouvrage qui avait fait l’effet d’une petite bombe dans le paysage castelrennais de l’époque et -quoi qu’on en pense sur le fond- nous racontait une « belle histoire » au sein de la Belle Histoire. C’était la saga du Pech d’En Couty, une découverte de trésor stupéfiante qui nous valut les honneurs de la presse (TF1 s’était déplacé pour son journal dominical du soir) et qui se termina lamentablement par une querelle sanglante entre les trois chercheurs impliqués. Tout cela pour un trésor, faut-il le préciser, que personne n’a jamais vu. L’auteur s’en tient à l’Histoire, avec un grand H, et nous fait revivre en les romançant agréablement les grandes étapes de cette affaire qui débute en 1645 par la découverte, par le jeune berger Paris, d’une cache souterraine recelant un trésor fabuleux. Nous sommes au Pech d’En Couty, dans la commune de Sougraigne, à proximité de Rennes-les-Bains. Nous ne reprendrons pas le cheminement rapporté par Daffos, mais vont défiler sous nos yeux Nicolas Pavillon, Nicolas Fouquet, Nicolas Poussin, le masque de fer, la congrégation des lazaristes pour aboutir aux Pères Gabriel Mèche, Henri Gasc, Jean Jourde et Henri Boudet. Une partie du trésor sera du reste entreposée dans les sous-sols de l’église Notre-Dame de Marceille à Limoux. Saunière dans cette affaire joue un rôle de second plan et se contente de toucher de généreux subsides pour garder le silence et laisser décorer son église selon les instructions de ses interlocuteurs. La préoccupation de toutes ces personnes « au courant » ayant toujours été de coder le lieu de la cache pour éviter que les merveilles qu’elle recèle (on parle entre autres de l’Arche d’Alliance et autres possessions des « deux » Alaric, au parfum "romain") ne tombent entre de mauvaises mains. Le roman ne nous explique pas comment nos chercheurs contemporains sont tombés sur l’affaire. Il n’évoque pas non plus les raisons pour lesquelles l’un des trois « découvreurs » a menacé de se suicider en direct lors d'un pugilat épique. Mais ce ne serait plus un roman, n’est-ce pas !














