dimanche 26 avril 2026

RIP DOMINIQUE DOUAY, UN GRAND DE L'IMAGINAIRE


 

QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LES CONTINENTS LÉGENDAIRES

 


 

 

 

Continents perdus : entre mythe, fiction et pseudo-histoire


Définition

Les “continents perdus” désignent un ensemble de récits évoquant l’existence de terres disparues — telles que l’Atlantide, la Lémurie ou MU — supposées avoir abrité des civilisations anciennes, souvent décrites comme technologiquement avancées ou spirituellement supérieures.

Ces récits se situent à l’intersection de plusieurs registres :

  • mythe des origines
  • spéculation philosophique
  • fiction littéraire
  • construction pseudo-historique
  •  

  •  

Origine des récits

L’idée de terres englouties apparaît dès l’Antiquité, notamment avec :

  • Platon et l’Atlantide (Timée, Critias)
  • certaines traditions mésopotamiennes et indiennes
  • récits cosmogoniques évoquant des âges du monde

À l’époque moderne, ces motifs sont réactivés et amplifiés au XIXe et XXe siècle, dans un contexte marqué par :

  • la découverte de civilisations anciennes
  • l’essor de l’archéologie
  • le développement de courants ésotériques
  • une fascination pour les origines de l’humanité

Fonction mythologique

Dans leur forme originelle, ces récits remplissent plusieurs fonctions :

  • Expliquer l’origine des civilisations
  • Exprimer la nostalgie d’un âge d’or
  • Mettre en scène la chute ou la dégénérescence humaine
  • Symboliser des catastrophes cosmiques ou morales

Ils relèvent alors du mythe au sens anthropologique :

un récit structurant, porteur de sens, mais non destiné à être lu comme une archive historique.

 


 


Glissement vers la pseudo-histoire

Le passage critique s’opère lorsque :

le récit mythique est interprété comme un fait historique littéral.

Ce glissement repose sur plusieurs mécanismes :

  • assimilation du symbole à une réalité matérielle
  • interprétation analogique (rapprochements entre traditions)
  • sélection de données isolées
  • absence de hiérarchisation des sources

Caractéristiques des discours pseudo-historiques

Les reconstructions modernes autour des continents perdus présentent généralement :

🔻 Syncrétisme global

Fusion de traditions :

  • bibliques
  • antiques
  • orientales
  • folkloriques

🔻 Inflation explicative

Tendance à relier :

  • origines humaines
  • religions
  • dynasties historiques
  • phénomènes inexpliqués

dans un seul système cohérent.

🔻 Sources invérifiables

Références à :

  • traditions cachées
  • savoirs initiatiques
  • documents non accessibles

🔻 Posture révélatoire

Le discours se présente comme :

  • une “redécouverte”
  • une “vérité oubliée”
  • une correction de la science officielle
  •  

  •  

Statut épistémologique

Ces constructions ne relèvent ni :

  • de l’histoire (absence de méthode critique),
  • ni de l’archéologie (absence de preuves matérielles),
  • ni de la mythologie comparée (absence de contextualisation).

Elles constituent plutôt :

des systèmes narratifs fermés, produisant une cohérence interne sans validation externe.


Lecture critique

Une approche rigoureuse implique de distinguer :

Élément

Nature

Mythe

structure symbolique

Fiction

création assumée

Hypothèse scientifique

testable

Pseudo-histoire

récit non falsifiable


Intérêt du phénomène

Malgré leur absence de validité scientifique, ces récits présentent un intérêt réel :

  • anthropologique : besoin de sens global
  • psychologique : refus du hasard et du fragmentaire
  • culturel : persistance du mythe dans la modernité
  • narratif : construction de cosmologies contemporaines

Conclusion

Les continents perdus ne sont pas des réalités historiques établies, mais :

des espaces imaginaires où se projettent les interrogations humaines sur l’origine, la mémoire et la destinée.

Leur étude ne relève pas de la validation, mais de la compréhension :

comprendre pourquoi ces récits existent
plutôt que chercher à prouver qu’ils ont existé.

 


 


🕯️ Note éditoriale ODS

Ce type de corpus doit être abordé avec une double exigence :

  • ouverture à la richesse symbolique
  • rigueur critique face aux prétentions historiques

“Le mythe éclaire le monde —
à condition de ne pas le prendre pour une carte.”

 

C'EST LE PRINTEMPS À ALET-LES-BAINS


 

vendredi 24 avril 2026

LES BONS VIEUX CHERCHEURS DE RENNES-LE-CHÂTEAU, Phlippe Brunel

 


 

Il fallait le faire et Philippe Brunel l’a fait sous forme d’une modeste auto-étition, Paroles de Chercheurs, autour de l’affaire de RLC, tome 1 (2024). Jeune cinéaste, Philippe a mené une investigation en profondeur et a recueilli dans un petit livre ses entretiens avec « les Grands Anciens ». Le temps passe et il est urgent de collecter les témoignages de ceux qui ont côtoyé « l’affaire » de près. Défilent ainsi Jean-Pierre Monteils et sa sagesse fraternelle, feu André Galaup et sa gouaille sceptique, Germain Blanc-Delmas et ses souvenirs de gamin au village, Henri Mariou à la mémoire vacillante, feu Guy Gentil, un des premiers chercheurs. Une place de choix est accordée à feu Josette Barthe, dont nous avons été, avec Antoine Captier[1], les premiers interlocuteurs. Beaucoup d’autres se sont ensuite lancés sur la trace de cette vieille dame espiègle, de la famille de Bérenger Saunière et proche de Mademoiselle Marie. On ne sait pas au juste quelle était la part d’affabulations dans ce qu’elle a raconté aux uns et aux autres, allant du faux sautoir maçonnique découvert dans les affaires de l’abbé aux mystérieuses visites de joailliers belges venant prendre les bijoux découverts dans une cache mystérieuse pour les fondre. Elle a emporté son secret dans la tombe, mais je garderai longtemps le souvenir d’une vieille dame pétulante qui faisait un excellent cassoulet lors de nos visites régulières avec mon fils Nicolas.

Bravo Philippe et vite la suite !



[1] Cf Le Bibliothécaire du Razès, Philippe Marlin (EODS 2013)



[1] Cf Le Bibliothécaire du Razès, Philippe Marlin (EODS 2013)

mardi 21 avril 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LES GRIFFES DU PASSÉ, Lange & Pouchairet

    


 

François Lange innove, et dans Les Griffes du Passé (Palémon 2026), nous livre un « quatre mains » bien enlevé, avec son collègue Pierre Pouchairet, ancien policier comme lui à la retraite. Je connais bien Fañch le Roy, le héros quimpérois de Lange, sévissant avec une redoutable efficacité sous les ordres du Second Empire. Je découvre avec plaisir Léane, Vanessa et Élodie, les trois policières brestoises de Pouchairet. La force et le charme de ce thriller est de réaliser un « cross-over temporel » sur une affaire déjà croisée par Fañch [1] et qui semble ressurgir de nos jours. On y retrouve notre héros vieillissant, supportant mal le nouveau régime républicain et tournant en rond au commissariat de Brest. Il n’aspire qu’à une retraite bien méritée, avec sa compagne et ses filles dans la cité du Roi Gradlon. Nos trois équipières brestoises, quant à elles, sont saisies d’une affaire particulièrement glauque, suite à la découverte d’un cadavre atrocement mutilé dans la forêt d’Huelgoat. Et ce ne sera que le début d’une longue série de meurtres, l’enquête menée par nos limières les conduisant de surcroît à exhumer la trace de crimes identiques commis à l’époque de Leroy. La piste suivie à l’époque remontait du reste en Afrique. Il est vrai que les meurtres concernés étaient (et sont) signés par de profondes griffures sur le corps des victimes. On parlait alors d’hommes-léopards et d’une secte rassemblant les plus cruels de leurs adeptes, les Aniotas. Grâce aux papiers retrouvés dans les archives de Le Roy, les méfaits seront déjoués – au risque de leur vie - par nos policières.

Une enquête passionnante qui nous fait découvrir certains cercles secrets de la haute société et nous révèle les origines occultes d’un mythe inquiétant.  Et les petits alcools locaux et les saucisses aux choux qu’apprécient nos investigateurs nous aident à digérer la panoplie d’atrocités qui nous est proposée !

 

 

J’ai demandé à Natacha ce qu’elle savait sur ces fameux Aniotas et voilà ce qu’elle m’a trouvé dans un Bulletin de la Fondation Wilmarth. Il est intéressant de noter que ce texte, repris du LOI ,figure dans le premier numéro du Bulletin.

 

 


 

 

Laboratoire Odésien de l’Impossible

Département des Civilisations Anomales et des Cultes Totémiques

Fiche Confidentielle – Dossier E-42/A – Les Aniotas (Hommes-Léopards)

Dénomination :

Aniota (ou Anyoto, Anioto, pluriel : Baniotas)
Traduction littérale : “Ceux qui marchent sous la peau du Léopard”

Origine et aire géographique :

Congo central, Katanga, Bas-Zaïre, et zones forestières de la Côte d’Ivoire et du Cameroun.
Les premières mentions écrites remontent à 1867 dans les carnets du lieutenant Alphonse van Gheel, missionnaire belge, qui décrit « des justiciers nocturnes vêtus de peaux et traçant dans la chair les griffes du léopard ».

Structure et rituels :

Les Aniotas formaient une société initiatique à triple hiérarchie :

  • Les Griffeurs (exécuteurs, revêtus de la peau sacrée)
  • Les Maîtres-Fauves (anciens initiés chargés de l’enseignement totémique)
  • Le Conseil du Cri (chefs de culte, réputés converser avec l’esprit du Léopard)

Le rite de passage consistait à ingérer une décoction hallucinogène à base d’écorce d’ipoboa et de sang de léopard, avant la mise en transe mimétique : le postulant rampait et rugissait jusqu’à “recevoir la griffe”, symbole de sa fusion avec l’animal tutélaire.

L’attaque d’un “coupable” (souvent un parjure, un traître ou un sorcier rival) se faisait à la lune décroissante, avec des griffes métalliques taillées pour imiter les blessures du fauve.

Fonction sociale et signification

Dans leur contexte originel, les Aniotas constituaient une institution de régulation coutumière, garante de la justice tribale.
Mais aux yeux des administrateurs coloniaux, ils furent perçus comme une secte criminelle et réprimés brutalement entre 1908 et 1945.
Leur disparition officielle n’a jamais été totalement prouvée ; certains témoignages oraux recueillis au Katanga dans les années 1970 évoquent encore des “Nuits du Rugissement” au cœur des forêts.

 


 

Analyse mytho-hermétique

Les archives du Laboratoire établissent des correspondances troublantes entre le totémisme des Aniotas et plusieurs formes occidentales de lycanthropie :

  • Dans les deux cas, l’homme revêt la peau de la Bête et perd conscience dans l’acte rituel.
  • L’énergie libérée correspond au phénomène classé sous le code “Transmutation instinctuelle type L-3”.
  • Les fluides sacrificiels prélevés lors des rituels servaient, selon certains rapports Wilmarth, à ouvrir un passage sensoriel vers l’esprit du fauve primordial, parfois assimilé à un daemon chtonien nommé Nyong’a-Thoth (corrélation spéculative).

François Lange évoque dans ses Notes sur les Cultes Frontaliers d’Afrique Équatoriale (L.O.I., dossier F-19, 2024) la possibilité que certains rites Aniotas aient été contaminés par des influences hermétiques introduites par des officiers européens initiés, notamment des membres de la Société Hermétique de Bruxelles (1910-1922).

Classification interne :

Type rituel : Totémique – Transmutation Animale
Énergie en jeu : Empathie totémique (Forme-L)
Statut actuel : Dissous / persistant sous formes syncrétiques
Dossier lié : Les Hommes-Chacals du Haut-Nil (E-43/B)

Documents associés :

  • Rapport d’enquête du Dr. L. de Pirillac, Carnet Katanga II, inédit (1938).
  • François Lange, Les Cultes frontaliers et la Transmutation Totémique, Laboratoire Odésien, 2024.
  • Extrait du Bulletin Wilmarth, vol. XV, p. 214 : “Of the Leopard-Men and their Kin”.
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[1] La Bête de l’Aven (Palémon 2019

mardi 30 décembre 2025

Les CHRONIQUES D'EL'BIB : WEIRD REALISM CHEZ LOVECRAFT, Graham Harman

 


"Weird Realism: Lovecraft and Philosophy" de Graham Harman (2012) est un essai philosophique qui explore les liens entre l’œuvre de H.P. Lovecraft et la pensée contemporaine, notamment à travers le prisme de l’ et du mouvement du , dont Harman est l’un des principaux représentants.

Thèse centrale : Harman y défend l’idée que Lovecraft, souvent méprisé par la critique littéraire pour son style ou ses idées réactionnaires, est en réalité un penseur majeur de la "weird realism" (). Selon lui, Lovecraft met en scène une vision du monde où les objets et les entités (comme Cthulhu ou les montagnes de la folie antarctique) existent indépendamment de la perception humaine, et où la réalité est fondamentalement étrange, insondable et résistante à toute réduction à la pensée ou au langage. Cette approche s’oppose au "" (l’idée que nous ne pouvons connaître le monde qu’à travers notre relation à lui), dominant en philosophie continentale depuis Kant. Pour Harman, Lovecraft illustre une ontologie où , échappant à toute pleine compréhension — une idée clé de l’OOO

Structure et méthode :

  • Le livre s’ouvre sur une défense de Lovecraft contre ses détracteurs, comme le critique Edmund Wilson, et propose une lecture philosophique de ses récits, en extraisant des concepts comme l’"objet" (les entités lovecraftiennes), la "qualité" (leurs attributs), et la tension entre ce qui est accessible et ce qui reste caché.
  • Harman analyse des passages clés de Lovecraft pour montrer comment son œuvre explore la distance entre les choses et leur apparence, entre le réel et le sensible. Il remplace les références traditionnelles de Heidegger (comme Hölderlin ou les Grecs) par des figures lovecraftiennes (Cthulhu, Wilbur Whateley, Brown Jenkin), transformant la
  • L’auteur insiste sur le fait que Lovecraft, bien que non philosophe, est "anti-idéaliste" et "anti-huméen" : il refuse de réduire le monde à ce que l’esprit humain peut en saisir, et met en scène un univers où les lois de la raison et de la science sont constamment menacées par l’irruption de l’inconnu.

Réception et critiques :

  • Certains lecteurs et critiques saluent la façon dont Harman réhabilite Lovecraft comme un auteur philosophiquement profond, capable de renouveler la pensée contemporaine. Son approche est vue comme une tentative audacieuse de sortir la philosophie continentale de ses impasses, en utilisant la fiction pour repenser le réel
  • D’autres soulignent que Harman minimise ou excuse les , allant jusqu’à suggérer que ses vues réactionnaires pourraient, dans de rares cas, renforcer la puissance de son imagination — une position qui a suscité des débats et des critiques, notamment sur le plan éthique
  • Le ("brillant", "maîtrisé"), peut aussi déconcerter : certains trouvent qu’il surévalue Lovecraft en tant qu’artiste littéraire, malgré des défauts évidents (dialogues maladroits, prose rigide), pour mieux servir sa propre thèse philosophique

Impact :

  • "Weird Realism" a contribué à populariser Lovecraft dans les cercles philosophiques, notamment parmi les tenants du Réalisme Spéculatif. Il a aussi , et sur les face à .

En résumé, ce livre est une lecture stimulante pour quiconque s’intéresse à la philosophie contemporaine, à Lovecraft, ou à la façon dont la littérature peut interroger les fondements de la réalité.

lundi 29 décembre 2025

LES HARROP, UNE FAMILLE PEU RECOMMANDABLE

 


Les Harrop constituent chez Derleth une variante “domestique” et dégénérative du Mythe, moins cosmique que Dunwich, mais tout aussi révélatrice. Leur intérêt n’est pas l’entité invoquée, mais l’effet cumulatif de la lecture, de l’isolement et de l’hérédité marginale.

 

🏚️ La famille Harrop

Lecteurs isolés et victimes tardives du savoir interdit

1. Cadre narratif

Le récit (Les Engoulevents de la Colline) met en scène Dan Harrop, qui se rend à Aylesbury Pike, près de Arkham, pour enquêter sur la disparition de son cousin Abel Harrop.

La maison :

  • est isolée,
  • entourée de voisins mutiques,
  • et plongée dans une atmosphère sonore obsédante : les engoulevents, motif typiquement derlethien, à la fois naturaliste et annonciateur.

👉 D’emblée, Derleth installe un espace de contamination lente, non spectaculaire.

2. La bibliothèque d’Abel Harrop : cœur du danger

Abel Harrop n’est pas un sorcier actif.
C’est un lecteur obsessionnel, et c’est précisément là que réside le péril.

Sa bibliothèque rassemble un canon du savoir interdit :

  • Les Prodiges thaumaturgiques sur la terre de Chanaan
  • Le Culte des Goules
  • De Vermis Mysteriis
  • Les Manuscrits Pnakotiques
  • Le Texte de R’Lyeh
  • Unaussprechlichen Kulten
  • et surtout le Necronomicon, ici décrit comme relié en peau humaine, détail volontairement outrancier.

👉 Chez Derleth, cette accumulation n’est pas érudite : elle est pathologique.

3. Abel Harrop : disparition et avertissement

Un voisin — un Whateley de la branche de Dunwich — révèle à Dan que :

Abel a été emporté par « Ceux du Dehors ».

Ce personnage joue un rôle capital :

  • il sait,
  • il avertit,
  • et il recommande une solution pragmatique : brûler les livres et fuir.

C’est une sagesse rustique, opposée à l’orgueil livresque.

4. Dan Harrop : la faute du lecteur actif

Dan Harrop commet l’erreur fatale :

  • il ne se contente pas de lire,
  • il récite à voix haute certains passages du Necronomicon.

Chez Derleth, la lecture devient opératoire par la voix, et non par la compréhension.
Dan ne sait pas ce qu’il invoque — mais la forme suffit.

5. Les crimes : symptôme, non possession

Les meurtres (voisins et bétail vidés de leur sang) ne sont pas clairement attribués à une entité unique.
Derleth laisse planer une ambiguïté :

  • vampirisme ?
  • goules ?
  • influence mentale ?

Ce flou est volontaire : l’horreur est humaine avant d’être cosmique.

Dan est retrouvé :

  • couvert de sang,
  • à côté d’une voisine égorgée,
  • sans souvenir clair de l’acte.

Il n’est pas possédé au sens strict.
Il est dissous.

6. Lecture critique

Les Harrop incarnent chez Derleth :

  • le lecteur non préparé,
  • l’illusion que l’accumulation de livres équivaut au savoir,
  • le danger de la lecture sans cadre, sans discipline, sans retenue.

Contrairement à Lovecraft :

  • l’horreur n’est pas ici indifférente,
  • elle est morale,
  • et la transgression appelle une sanction.

7. Fonction dans le Mythe dérivé

La famille Harrop sert à :

  • illustrer la thèse derlethienne du Mal actif,
  • opposer le bon sens rural (Whateley) à l’intellectuel urbain,
  • montrer que la bibliothèque peut être plus dangereuse que le cercle de pierres.

✒️ Conclusion

Les Harrop ne sont ni des sorciers, ni des savants.
Ils sont des lecteurs imprudents, et c’est suffisant.

Abel a lu trop longtemps.
Dan a lu trop fort.

Et les livres, cette fois, ont répondu.