vendredi 5 juin 2026

FULCANELLI ET ROGER FACON

  


Un livre qu'il est certainement utile de relire aujourd'hui ! 

 

 

Sur nos rayonnages

(2017)

 


Fulcanelli, commandeur du Temple

 

Roger Facon

 

Tenu par une promesse familiale, Roger Facon a dû attendre jusqu'à ce jour pour effectuer les révélations que contient ce livre. L'Ordre du Temple est parmi nous. La France abrite douze commanderies templières "hors du temps". Fulcanelli dirige depuis 1946 la commanderie de Paris. Dans le monde en perdition qui est nôtre, de telles révélations ne sont pas de nature à changer le cours des choses, hélas, mais elles se doivent d'être versées au dossier du devenir humain.

 

En vente sur Amazon ( https://www.amazon.fr/dp/B06XWMV5X3) et sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com) – 15 € (plus 3 € de frais de port), série « Les Cahiers d’Irem».

A TABLE AVEC BÉRENGER SAUNIÈRE

 

 

Vient de sortir chez Lacour un petit bouquin (10 €, 66 pages) nous proposant des recettes très basiques, connues de tous. C'est l'occasion de nous rappeler notre propre édition, établi d'après les notes de Marie Dénarnaud, et avec des commentaires de circonstance !

 


 

À La Table de l’Abbé Saunière

La cuisine de Marie Denarnaud

Josette Barthe

 

Josette Barthe est une enfant du Razès. Apparentée à la famille de Bérenger Saunière, elle a passé son enfance à Couiza et rendait souvent visite à Marie Denarnaud au village de Rennes-le-Château. Elle en a gardé beaucoup de souvenirs et de documents, à partir desquels elle nous livre son premier ouvrage, A la Table de l’Abbé Saunière, La Cuisine de Marie Dénarnaud (Éditions de l’Œil du Sphinx). Un clin d’œil sympathique aux gastronomes de tous poils et à ceux qui douteraient encore du fait que… Monsieur l’abbé était un bon vivant.

 En vente sur Amazon (https://www.amazon.fr/dp/2914405731 et sur la boutique en ligne de l’ODS (www.oeildusphinx.com) – 19 € (plus 3 € de frais de port), série « Serpe 

 

MISE EN ABYME, BERDER 2025

 


 

 In "La Lettre du Crocodile".

Mise en abyme. Rencontres de Berder 2025. Collectif. Le Collège des Temps – Les Portes de Thélème, 14 place du Forum, 87000 Limoges.

https://lecollegedestemps.fr/

En septembre 2025, à Saint-Jacut-de-la-Mer, Les Rencontres de Berder 2025 ont proposé aux nombreux participants conférences et spectacles autour du thème de la mise en abyme. En voici les actes :

Sommaire des 22e rencontres : Don Quichotte comme voie d’éveil. Eloge de la chevalerie errante de Rémi Boyer – Reflet du réel, la science face à elle-même de Julien Pichon – Quelques poèmes par Charlotte Rita – Blossom. Théâtre/Danse/Musique/Performance par Julien Pichon, Julie Cloarec-Michaud et Emmanuel Pion – Omniprésence des ultra-caves et des abîmes chthoniens dans l’imaginaire cinématographique occidental de Lauric Guillaud – Mise en abyme, temporalité et trauma de Gilles Menegaldo – Le double salto de Francis Ford Coppola d’Apocalypse Now… à Megalopolis de Jean-Christophe Pichon – Les abîmes d’en haut et d’en bas. Groupe de Recherches sur les Concordances Pichoniennes (GRCP) par Julien Debennat – Jung, voyage derrière le miroir de Christian Lestienne – Les recueils des conférences de Berder Comme les soufflets sont engourdis ! par Silvanie Maghe – Vertiges, dessins de Michel Pichon – Les rêveurs d’Aleph. Trois nouvelles interconnectées d’Emmanuel Licht.

« Il s’agit, précise l’éditorial, d’insérer en miroir une forme, un objet, une formule ou un symbole, dans une même forme, un même objet, une même formule ou un même symbole, et cela de manière répétitive jusqu’à l’infini. »

Même si la pensée du grand métaphysicien et penseur Jean-Charles Pichon demeure au centre des Rencontres de Berder, les approches sont multiples et les domaines explorés très variés : arts, littératures, philosophies, psychologies, physiques, mathématiques… La théorie des cycles de Jean-Charles Pichon, théorie très élaborée, fut la trame des rencontres 2025.

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. »

« Ces figurations du monde céleste et terrestre, l’une étant l’écho de l’autre, mais en réalité qui n’en font qu’une, poursuit l’éditorial, impliquent une cadence, le rythme d’un déroulé cyclique et répétitif qui s’écoule dans les deux sens, dont la fin nous ramène au point de départ, comme une bande de Möbius, dont l’envers et l’endroit serait le même objet ; et qui en quelque sorte illustrerait le cycle de la genèse et de son accouchement : le retour éternel du divin projeté dans la composition éphémère du vivant.

Ce qui nous conduit à considérer les cycles du vivant et leurs rigoureuses répétitions (la double hélice des cycles du temps humain et civilisationnel) comme une mise en abyme cosmique. »

Les Rencontres de Berder invitent tout autant au rêve qu’elles interrogent notre réalité, ainsi à propos de l’IA, Julien Pichon pose cette question :

« L’humanité est-elle face à son double ? Voire à un concurrent capable de créer du contenu plus fertile que le nôtre. Si tout commence par le Verbe, cette parabole semble renversante.

Peut-être que la véritable question n’est pas de savoir si les machines deviendront conscientes, mais si l’humanité, en construisant ces systèmes, ne devient pas elle-même plus consciente de sa propre structure réflexive, devenue un enjeu civilisationnel. »

Les prochaines Rencontres de Berder auront pour thème Utopie / Dystopie. Elles se dérouleront toujours à Saint-Jacut-de-la-Mer du 11 au 13 septembre 2026.

Informations :

https://lecollegedestemps.fr/2026/04/19/berder-2026-septembre-n23/

LA TORAH HACHEM dans La Lettre du Crocodile

 


La Torah Hachem. Le Midrash de la splendeur par Isaac Ben Jacob. Vérone éditions.

https://www.editions-verone.com/

Comment découvrir ce qui précède le Bereshit ? C’est ce que nous propose d’examiner cet essai rare, fruit d’une longue recherche rigoureuse selon les codes traditionnels de l’exégèse biblique comme de l’hermétisme d’où l’intuition n’est pas absente. Alliant traditions et sciences, notamment quantiques, poussant celles-ci dans leurs retranchements, Isaac Ben Jacob, dans la pure tradition des midrashs, travaille longuement les textes selon les quatre dimensions du Pardès pour en extraire l’essence. La Genèse devient un vaisseau pour voyager vers la Source divine.

La Torah Hachem fut la première Torah que Moshé (Moïse) brisa quand il découvrit que son peuple adorait le Veau d’Or. Elle fut remplacée par la Torah Moshé à la fois proche et différente.

Pour Isaac Ben Jacob, « Il s’agit en effet d’un texte similaire, presque identique, s’il nous est permis de nous exprimer de la sorte. Tout au moins les lettres ainsi que le fond du récit correspondent entre les deux Torah. La Torah primordiale fut néanmoins brisée. Non pas matériellement, mais dans un sens allégorique. Tel un vase jeté sur un roc, elle fut éparpillée, disloquée, fragmentée. Elle fit apparaître alors des espaces entre les mots. La signification du texte en fut altérée, et des dissociations surgirent et troublèrent le message. Le récit originel fut estompé, dilué. L’assemblage des structures mathématiques, des concepts de physique, jusqu’à l’histoire véritable de l’humanité, furent effacés de la surface du texte pour être relégué en arrière-plan. »

La première Torah est cependant accessible par la seconde pour qui s’engage dans une quête aussi ardue que passionnante afin d’en découvrir les arcanes. Au cœur de ce décryptage se trouve la Merkabah, « le char de YHVH, dont les « ophanim » (roues), soutiennent le char de la vision d’Ezéchiel ».

C’est en remontant les jours de la création, tous contenus dans le Bereshit, que le texte dévoile une structure absolue qui échappe aux causalités linéaires, une structure sénaire (ce qui fait écho à la pensée d’un Maître Eckhart ou plus récemment d’un Raymond Abellio).

« Nous en concluons ainsi, remarque Isaac Ben Jacob, que le Tétramorphe, ou le Tétragramme (YHVH), formant l’Univers incréé, Eternel, était composé de Six Horizons dont la matière était Cubique. Aucune des Forces fondamentales que nous observons dans notre Univers ne présentait, lorsqu’elles composaient le Tétramorphe, les caractéristiques connues. Notamment le simple fait de leur réunification. »

Ce qui n’est pas sans lien, nous dit l’auteur, avec les questions les plus actuelles posées par la physique quantique.

Pour découvrir ce qui est caché derrière ce qui se donne à voir dans le texte des Six jours, il faut se plonger dans la cascade des sens que permet l’alphabet hébreu. L’Adam primordial et le Jardin d’Eden sont à l’étude, puis ce sera le récit du Déluge. Isaac Ben Jacob nous guide dans les subtilités des textes avec beaucoup de rigueur et de pédagogie (il en faut) pour donner au lecteur ne serait-ce que le pressentiment de ce Grand Réel caché. Toutefois, nous découvrons aussi une poésie de l’invisible qui réveille l’esprit, poésie qui ne s’oppose pas à la logique car il y a une grande cohérence dans cet ensemble qui semble vouloir nous échapper mais ne cesse de nous attirer.

La recherche de ce qui est antérieur à la création du monde, c’est bien ce qui est au cœur de l’ouvrage, ouvre sur de nombreux mondes de connaissance, de la physique à la métaphysique en passant par la philosophie, la linguistique sacrée ou l’alchimie.

Isaac Ben Jacob nous introduit avec beaucoup d’érudition, et avec tout autant de clarté, à l’essentiel. Qu’il en soit remercié !

THOMAS BEDDOES dans la "Lettre du Crocodile".

 


Le Livre des bouffonneries de la Mort ou La Tragédie du Fou par Thomas Lovell Beddoes. Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

Nous devons à Jean Hautepierre cette première traduction en français d’une œuvre puissante de Thomas Lovell Beddoes (1803-1849), une pièce de théâtre sur laquelle il travailla, peut-être sans conviction, pendant une vingtaine d’année. Elle fut publiée seulement après sa mort.

Poète méconnu de son vivant, Thomas Lovell Beddoes a laissé une œuvre tragique et métaphysique, insolite sans doute. Jean Hautepierre, dans un avant-propos nécessaire, signale « deux aspects essentiels de son œuvre : souvent considéré comme le plus macabre des poètes romantiques anglais, il a élaboré une poésie très sombre et, dans son œuvre théâtrale, mis la poésie sur scène ».

« Le théâtre de Beddoes, poursuit-il, donne l’impression d’une grande œuvre largement restée en germe : de magnifiques fulgurances poétiques, vers et tirades dignes des plus grands auteurs de théâtre en vers anglais, se succèdent en composant des pièces inachevées. »

Thomas Lovell Beddoes n’eut jamais le souci de l’achèvement, pas plus que celui de la publication. C’est à Thomas Kelsall, un ami proche, que nous devons la connaissance de cet auteur et de son œuvre. Après le décès de Beddoes, qui se suicida, il rassembla ses textes et fit publier le Death’s Jest Book.

L’histoire elle-même en est chaotique, déconstruite, ouvrant des espaces au véritable et seul sujet qui préoccupe Thomas Lovell Beddoes, la Mort, son caractère inéluctable et son absurdité, revers de l’absurdité de la vie, à moins que ce ne soit l’inverse. D’où l’idée de la « bouffonnerie », mais la fonction de bouffon est essentielle à la lucidité.

Demeure la beauté des textes qui en elle-même possède une dimension métaphysique et révélatrice. Ce sont moins les personnages, leurs jeux respectifs, qui importent que les mots, véritables personnages d’une pièce qui dépasse largement la scène du théâtre pour envahir la scène où vie et mort ne font qu’un.

 

« Un rameau de cyprès et une guirlande de roses,

Une robe de mariage et un linceul,

                                                Un lit de noces,

                                                Un lit de mort,

                   A toi les baisers, jeune fille,

          Et les alarmes de l’Amour, si souriantes ;

                   Et toi, jeune et pâle, repose

                   Dans les bras glacés du tombeau.

                   Chacun avec ses propres charmes,

                   La Mort et l’Hymen sont ici :

                   Dressez-donc la torche et la faux

                   Jusqu’au seuil de la vieille église,

          Alors que sonneront les cloches cristallines ;

                   Et rose le lit fleurira,

                   De terre s’emplira la tombe.

 

          Maintenant sur vos joues les fossettes frémissent ;

          Que doux soient le langage et le goût de vos lèvres,

          Car il est près de vous, celui qui les embrasse :

          C’est la fête du dieu du mariage, près d’elle,

          Dans la puissance et la vigueur de la jeunesse ;

          Près de lui, dépouillé, les cheveux grisonnants,

          Un pâle chevalier sur un pâle coursier

          Le courtise pour un cadavre.

          La Mort et l’Hymen sont ici :

          Dressez donc la torche et la faux

          Jusqu’au seuil de la vieille église,

          Alors que sonneront les torches cristallines ;

          Et rose le lit fleurira,

          De terre s’emplira la tombe. 

samedi 30 mai 2026

AFFAIRE DE GISORS, LA VÉRITABLE ENQUÊTE

 


   Le film sur Gisors

 

Un film solide, bien tourné, et truffé, de petites mises au point nécessaires. On sent ici le rôle de la plume aguerrie de Gérard de Sède, cherchant à fabriquer une belle histoire qui fera rêver. Il est amusant, à cet égard, d’apprendre que la notion de Templiers n’a certainement pas été introduite par Roger Lhomoy mais par notre écrivain. On admirera aussi, une fois de plus, le talent de faussaire de Pierre Plantard, qui a fourni la documentation sur un soi-disant trésor qui débouchera sur le Prieuré de Sion. Il est dommage, sur ce point, que le film ne fasse pas allusion à la brochure de Plantard, « Gisors et son secret », dont le texte sera repris dans la postface de l’ouvrage de Gérard de Sède.

En tout état de cause, bravo à Philippe Duquesnoy et à son équipe pour cet excellent travail.

 

 

L’opinion du Laboratoire Odésien

 

Gisors et son secret — ou plus exactement le texte de Pierre Plantard publié en 1961 puis réutilisé dans l’univers de Gérard de Sède — est un document capital. Non parce qu’il révèle un secret historique, mais parce qu’il marque la naissance d’une nouvelle forme de mythologie contemporaine. 

En réalité, Gisors est le creuset où se met en place ce qui explosera quelques années plus tard avec Rennes-le-Château :

·       faux documents,

·       sociétés secrètes,

·       archives cachées,

·       trésor templier,

·       lignées occultes,

·       et histoire parallèle de la France.

Le point de départ est l’affaire Roger Lhomoy. Gardien du château de Gisors, il affirme avoir découvert sous le donjon une immense crypte contenant :

·       des sarcophages,

·       des coffres,

·       des statues,

·       et peut-être le trésor du Temple. 

Historiquement, rien n’a jamais confirmé ces affirmations. Les fouilles officielles ordonnées sous l’autorité d’André Malraux et de l'Armée en 1964 ne trouvèrent rien de décisif. 

Mais ce n’est pas là l’essentiel.

L’importance de Gisors et son secret réside dans son fonctionnement intellectuel. On y voit apparaître pour la première fois, sous une forme presque complète le modèle narratif Plantard.

Ce modèle repose sur quelques mécanismes simples :

1.     un fait historique réel ;

2.     une découverte supposée ;

3.     des archives invisibles ;

4.     une société secrète garante du secret ;

5.     des indices dispersés ;

6.     l’idée que l’absence de preuve est elle-même une preuve de dissimulation.

C’est exactement le schéma qui sera ensuite appliqué à Rennes-le-Château. 

La postface est particulièrement intéressante parce qu’elle commence déjà à transformer l’affaire de Gisors en quelque chose de plus vaste qu’un simple trésor templier : on glisse progressivement vers :

·       l’hermétisme,

·       les lignées cachées,

·       les centres initiatiques,

·       et les survivances secrètes de l’histoire.

Pour un historien critique, le livre est très faible :

·       témoignages invérifiables,

·       extrapolations constantes,

·       confusion entre hypothèse et démonstration,

·       absence de méthode archéologique réelle. 

Mais pour l’histoire de l’ésotérisme contemporain, il est fondamental.

Nous dirions même que : Gisors et son secret est au Prieuré de Sion ce que L’Or de Rennes sera ensuite à Rennes-le-Château. Le premier acte de la grande fiction historique moderne. Et avec le recul, on voit très bien que Gisors constitue la matrice :

·       du Prieuré de Sion,

·       de Plantard,

·       de la mythologie mérovingienne,

·       puis de tout l’univers qui conduira jusqu’au The Da Vinci Code. ()

Ce texte n'est pas un ouvrage sur un secret découvert, mais comme un document fondateur de la fabrication moderne du secret.

 

Et historiquement, c’est peut-être encore plus intéressant.

LES CHRONIQUES D'EL BIB : LE FIL D'OR, Christian Doumergue

 

 

Un véritable pavé (366 pages grand format) que Le Fil d’or, Paul Le Cour et le Hiéron du Val d’Or (Equinoxis 2025). Ce recueil, composé par Christian Doumergue, nous offre un nouveau regard sur cette société mystérieuse. Il s’ouvre sur une introduction bien documentée, nous faisant une solide synthèse sur le fondateur, le Baron Sarachaga, la création du Hiéron, sa reprise par Paul le Cour après le décès du géniteur, les hésitations quant à son avenir qui aboutiront à sa mutation en « société d’études atlantéennes » et au lancement de la revue Atlantis. Nous sommes dans le registre de « la science chrétienne » qui veut que l’empreinte du Christ remonte aux origines de l’humanité, la naissance de Jésus n’étant qu’une étape sur le chemin de la Parousie. On cherche à y concilier science et religion, en rejetant bien sûr le darwinisme et en s’adonnant à une archéologie empreinte d’un profond symbolisme. Ce (lourd) dossier introductif est complété par toute une série de planisphères confectionnés par le Baron montrant l’évolution de l’humanité depuis ses origines. La lecture de ces documents n’est pas chose aisée !

Mais le cœur du travail du compilateur est de nous proposer la transcription de la correspondance échangée entre 1923 et 1926, donc après la mort du fondateur, entre Jeanne Lépine-Authelin, qui fut la secrétaire de ce dernier, et Paul Le Cour. Des documents inédits, parfois incomplets, qui auraient été retrouvés par Christian Doumergue ( ?). On prend connaissance d’un dialogue baigné de mysticisme, avec entre les deux correspondants une sorte de jeu « au chat et à la souris ». Le Cour est persuadé qu’il y a derrière le Hiéron un groupe occulte d’initiés dont il aimerait bien percer (et partager) le secret. L’ex secrétaire l’encourage dans ses recherches, le félicitant pour la rapidité de ses progrès dans le domaine des Arcanes et laissant entendre qu’il est presque mûr pour passer au stade supérieur. Le décès de la vieille dame mettra un terme aux investigations de Paul Le Cour, lequel se focalisera alors sur l’Atlantide, berceau selon lui de l’évolution christique.

Un dossier « Doumergue » ne pouvait bien évidemment éviter de faire référence à Rennes-le-Château ! Mais où est le lien ? Le chercheur produira en conclusion une courte étude, provenant des archives de Jacques d’Arès, successeur de Le Cour à Atlantis, étude pour le moins troublante. Dans les « vrais-faux » documents exhibés par Pierre Plantard dans le cadre de la confection de L’Or de Rennes (de Sède) figure un collage du livre de Le Cour sur L’ère du Verseau ». Il s’agit des Dossiers Secrets d’Henri Lobineau dont l’extrait proposé évoque la mythologie grecque et la persistance, au travers des millénaires, de certains symboles, passés du paganisme au christianisme. Le nom du Hiéron du Val d’Or figure en haut du document et la signature n’est autre que « le Poulpe, Paray-le-Monial le 5 février 1926 ». Mystère !

NB : Cette affaire "Lobineau et le Hiéron" avait été analysée en détail en 2009 par "Le Mercure de Gaillon". C'est ici :

Le Hiéron et Plantard 


vendredi 29 mai 2026

IL N'Y A PAS QUE RIMBAUD À CHARLEVILLE

 


J’ai l’impression que ce livre devient de plus en plus étrange à chaque page.
Comme si Charleville existait vraiment quelque part.

Certaines villes cachent des secrets.
Charleville cache quelque chose de pire.
Un village perdu dans le brouillard.
Des habitants qui semblent déjà connaître la vérité.
Une montagne que personne n’ose vraiment regarder.
Et des morts qui reviennent comme si rien n’était arrivé.
Plus on découvre Charleville…
plus le malaise grandit.
📖 Précommandes ouvertes.

https://euthena.com/.../charleville-lenny-pelletier...

TOUT SUR GISORS AVEC PHILIPPE DUQUESNOY

 Gisors

 


 

VOUS AIMEZ LES FABLES ?

 

Elles sont reprises dans un ouvrage disponible sur la boutique en ligne de l'ODS.

A LIRE ET À RELIRE : LE LIVRE D'HENOCH

 


Le Livre d’Hénoch est un texte-charnière, à la fois fondateur, marginal et explosif, qui éclaire comme peu d’autres la naissance des imaginaires apocalyptiques, angélologiques… et de tous les livres « dangereux » que nous aimons disséquer à l’ODS.

 

📜 Livre d'Hénoch

(aussi appelé 1 Hénoch)
attribué à Hénoch

1. Ce qu’est le Livre d’Hénoch (au sens rigoureux)

Le Livre d’Hénoch est un texte apocryphe juif ancien, rédigé entre le IIIᵉ siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C., probablement par strates successives. Il n’appartient pas au canon biblique juif ni chrétien occidental, mais il est canonique dans l’Église éthiopienne.

👉 Il s’agit donc :

  • ni d’un faux moderne,
  • ni d’un grimoire,
  • ni d’un texte marginal inventé tardivement,

mais d’un document ancien authentique, longtemps exclu.

2. Pourquoi Hénoch est un personnage à part

Dans la Genèse, Hénoch est décrit en une phrase énigmatique :

« Hénoch marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu le prit. »

👉 Il ne meurt pas.
Il est enlevé.

Cela fait de lui :

  • le premier voyageur céleste,
  • le prototype du visionnaire apocalyptique,
  • le scribe humain des secrets divins.

3. Structure du Livre d’Hénoch

Le texte est composite. On distingue généralement cinq grands ensembles :

 

I. Le Livre des Veilleurs

Des anges (les Veilleurs) descendent sur Terre, s’unissent aux femmes humaines et engendrent les Géants (Nephilim).
Ils enseignent aux hommes :

  • la métallurgie,
  • la guerre,
  • la magie,
  • l’astrologie,
  • les sciences interdites.

👉 Le mal vient du savoir transmis trop tôt.


II. Le Livre des Paraboles

Développement d’une figure messianique : le Fils de l’Homme, juge cosmique.

➡️ Ce passage influencera profondément le christianisme primitif.


III. Le Livre astronomique

Description d’un cosmos réglé, gouverné par des lois célestes précises.

👉 Hénoch reçoit la science du temps, des cycles, des saisons.


IV. Le Livre des Songes

Vision de l’histoire humaine sous forme allégorique, du Déluge au Jugement final.


V. L’Épître d’Hénoch

Exhortation morale et annonce d’un jugement imminent.


4. Le thème central : le savoir interdit

Le cœur du Livre d’Hénoch n’est pas la morale, mais le savoir.

Les Veilleurs ne sont pas punis pour leur rébellion, mais pour avoir :

  • révélé des secrets,
  • rompu l’asymétrie entre ciel et terre,
  • donné à l’humanité une puissance qu’elle ne pouvait intégrer.

👉 C’est l’un des premiers mythes de la catastrophe cognitive.


5. Pourquoi le texte a été marginalisé

Le Livre d’Hénoch pose plusieurs problèmes majeurs aux orthodoxies :

  • il donne une origine angélique au mal, non humaine ;
  • il présente des anges charnels, fautifs, punis ;
  • il décrit un cosmos complexe, quasi scientifique ;
  • il légitime des révélations hors Torah.

👉 Trop dangereux pour un canon fermé.

 

6. Hénoch et la généalogie des livres dangereux

Le Livre d’Hénoch est un ancêtre direct de :

  • l’apocalyptique juive et chrétienne,
  • la démonologie médiévale,
  • la magie savante,
  • les grimoires (par déplacement),
  • et même des livres fictifs modernes (Necronomicon).

Chez H. P. Lovecraft, Hénoch est une source implicite : anges déchus = entités pré-humaines, savoir interdit = catastrophe cosmique.

 

7. Lecture critique

Pour nous, le Livre d’Hénoch est :

  • un texte authentique mais explosif,
  • un livre-frontière entre révélation et science,
  • un prototype du livre qui ne devait pas circuler.

Ce n’est pas un grimoire.
C’est pire : un texte ancien qui pose encore de mauvaises questions.

 

8. Formule Encyclopaedia Occultae

Le Livre d’Hénoch n’enseigne pas la révolte contre Dieu,
mais montre que le savoir peut être une faute cosmique.

 

9. Pourquoi il compte encore aujourd’hui

Parce qu’il touche à une angoisse moderne fondamentale :

  • que certains savoirs soient vrais,
  • mais ingérables,
  • et que leur diffusion soit en soi une catastrophe.

Autrement dit : Hénoch est l’ancêtre de toutes les fictions où lire change irréversiblement le monde.

 

Phil & Nat 


NB : Une belle fiction sur ce livre :

 

LE ROYAUME PERDU