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samedi 2 avril 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA CHEVELURE DE MEDUSE, Zélia Bishop







La chevelure de Méduse (1930, une révision pour Zélia Bishop, Medusa’s Coil in Weird Tales 1939). Là encore un texte qui est pratiquement du pur Lovecraft, dans lequel il intégrera du reste ses « petits » cailloux mythologiques.
Il s’agit d’une histoire au démarrage très classique. Un voyageur dans le Sud du Missouri est surpris la nuit par un orage et se réfugie dans une demeure en fort mauvais état. Après des hésitations, Antoine de Russy, propriétaire des lieux, accepte de lui prêter asile malgré la vétusté des lieux. Mis en confiance par le visiteur, il se met à lui raconter son étrange existence. Il est le dernier d’une lignée de planteurs, propriétaire d’un vaste domaine autour de Riverside, nom de la maison. Les affaires ont périclité mais Riverside a eu ses heures de gloire. Son fils, Denis, a fait les meilleures écoles américaines (Harvard et Princeton), puis est parti en France étudier à la Sorbonne. Il s’est lié avec un cercle d’étudiants décadents, et notamment l’artiste Frank Marsh qui va devenir son meilleur ami. Il rencontre également Tanit-Isis (de son vrai nom Marceline) qui se fait passer pour prêtresse d’un culte très ancien pratiqué au Zimbabwe. La jeune femme est très jolie et possède une chevelure extraordinaire. Il en tombe éperdument amoureux, l’épouse et rentre avec elle dans le domaine familial. Le père fait de gros efforts pour la supporter, malgré de nombreuses réserves liée à son aura empreinte de paganisme.
Frank écrit à Denis, il est au fond du trou depuis leur départ, ayant perdu toute inspiration en plongeant dans l’alcoolisme. Il demande à son ami de l’héberger à Riverside pour tenter de réaliser son grand œuvre, le portrait de Marceline. S’instaure alors une relation de couple à trois particulièrement malsaine, avec un Denis jaloux et un Frank complétement envouté. Les conversations entre l’artiste et la jeune femme tournent autour de Yuggoth, R’Lyeh, les secrets antiques de Kadath et les mystères du Necronomicon. Les choses se dégradent sérieusement et Antoine de Russy conseille à son fils d’aller prendre l’air en France. Mais rongé de jalousie, il reviendra en catimini et assassinera Marceline, devenue d’incarnation du mal. Il essaiera de lui couper les cheveux dont une tresse ensanglantée s’échappera pour aller étrangler l’artiste dans son atelier. Le plus affreux sera encore de contempler le tableau de ce dernier. De Russy propose de le montrer au visiteur : les yeux sont plein de vie, les cheveux semblent bouger, le tout dans un décor fait de ruines cyclopéennes immergées au fond de l’océan. Le voyageur s’enfuira pour ne pas devenir à son tour victime de la chevelure maudite.
Lorsqu’il demandera son chemin à un indigène pour quitter les lieux, il apprendra que Riverside n’existe plus, le domaine ayant été ravagé par les flammes il y a 5 ou 6 ans.
Un récit bien rythmé, dans lequel, mais c’est tellement habituel chez HPL, la femme est toujours une créature maudite !

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