mardi 6 janvier 2026

VISITONS LA MAISON CHARRIÈRE

 


Le Survivant

(The Survivor, Weird Tales, juillet 1954)


Statut

Nouvelle publiée par August Derleth, présentée comme rédigée à partir de notes de H. P. Lovecraft.
Texte relevant du canon dérivé, avec réemploi partiel d’éléments authentiquement lovecraftiens.


⚠️ Avertissement critique (ODS)

Bien que Alijah Atwood soit un personnage canoniquement attesté dans At the Mountains of Madnessprofesseur au département de physique de Miskatonic et météorologiste, membre de l’expédition antarctique — aucune source manuscrite connue de Lovecraft ne permet d’attribuer l’intrigue du Survivant à des notes authentifiées.

La mention éditoriale from notes by H. P. Lovecraft doit être comprise comme une stratégie de continuité narrative, non comme une garantie philologique.


Résumé analytique

De retour à Providence après l’expédition antarctique, Alijah Atwood, physicien et météorologiste, développe une fascination pour une demeure ancienne de Benefit Street, connue sous le nom de maison Charrière.
Le précédent propriétaire, Jean-François Charrière, médecin biologiste décédé officiellement en 1927, a pourtant laissé une fortune suffisante pour assurer l’entretien méticuleux de la maison selon des instructions posthumes strictes.

Atwood consulte son confrère et ami, le Professeur Gamwell, résident de Barnes Street, lequel exprime une inquiétude profonde à l’évocation de Charrière, décrit comme une entité froide, inhumaine, presque reptilienne.

Malgré ces avertissements, Atwood loue la maison pour six mois. Il y découvre un cabinet scientifique consacré aux sauriens, une bibliothèque d’ouvrages interdits (Unaussprechlichen Kulten, Manuscrits Pnakotiques, Culte des Goules), ainsi que des notes anciennes portant sur la prolongation artificielle de la vie, les cultes de Cthulhu et Dagon, et des expériences de croisements entre humains et batraciens, notamment à Innsmouth.

Une présence inquiétante hante la demeure. Lors d’une confrontation armée, la créature s’enfuit dans le puits du jardin. Atwood y descend et découvre une crypte où repose — encore animée — la dépouille de Jean-François Charrière, entité reptilienne vaguement humanoïde, survivant monstrueux d’expérimentations interdites remontant au XVIIᵉ siècle.

 


 


Personnages

  • Alijah Atwood
    Personnage canonique lovecraftien. Professeur de physique à l’université Miskatonic, météorologiste, membre de l’expédition antarctique des Montagnes Hallucinées. Derleth exploite cet ancrage réel pour légitimer la continuité narrative.
  • Professeur Gamwell
    Archéologue fictif. Figure de l’avertissement savant. Patronyme emprunté à une branche réelle de la généalogie de Lovecraft.
  • Jean-François Charrière
    Médecin biologiste. Figure centrale du récit. Incarnation explicite de l’hybridation reptilienne et de la survie artificielle.

Analyse critique

Le texte adopte la charpente narrative lovecraftienne (érudit, maison ancienne, archives interdites, puits, révélation souterraine), mais s’en écarte par une explicitation excessive :

  • hybridation décrite,
  • créature nommée et localisée,
  • causalité biologique exposée.

Là où Lovecraft maintient l’horreur dans l’indétermination cosmique, Derleth stabilise et systématise le Mythe.

 


 


Classement ODS

Canon dérivé — contamination secondaire (Derleth, années 1950)
Texte révélateur de la transition du Mythe vers une mythologie explicative et close.

dimanche 4 janvier 2026

ESCHER À PARIS

 

 

 
Pour les Franciliens, si vous avez loupé l’info, ne passez pas à côté de l’expo Maurits Escher, au Musée de la Monnaie. Une rétrospective tres complète et didactique, jusqu’au 1er mars.
Ses œuvres ont largement nourri les illustrateurs de SF, comme par exemple cette planche tiré de Delirium Circus, de notre Philippe Druillet national.

samedi 3 janvier 2026

LA VILLA DE CROWLEY VA RÉOUVRIR SES PORTES

 


ALAIN-JACQUES LACOT alias JACQUES VIALLEBESSET, RIP

 Un grand érudit que nous avons souvent côtoyé à l'IMI pour la préparation des Salons du Livre Maçonnique.

Jacques Viallebesset (de son vrai nom Alain-Jacques Lacot) était un poète et écrivain français né en 1949 en Auvergne. Il est malheureusement , comme l’annonce un hommage récent

.


Parcours et œuvre :

  • Il était , d’où il tirait une grande partie de son inspiration, mais vivait aussi à Paris. Son œuvre poétique est marquée par une exigence fraternelle et une grande attention aux rencontres humaines et à la transmission.
  • Il s’est fait connaître notamment pour son roman "La Conjuration des vengeurs" (Dervy, 2006), co-écrit avec Laurent Ducastell, qui mêle polar et imaginaire maçonnique. Ce livre a même été .
  • , il a aussi publié des recueils de poèmes comme "L’écorce des cœurs" et "Le pollen des jours", et collaboré avec des artistes pour des projets mêlant poésie et peintur
  • Il était également et fasciné par l’œuvre de Jean Giono.

Style et engagement :

  • Jacques Viallebesset et une générosité qui ont marqué ceux qui l’ont connu. Il croyait à la et de transformation du monde

Son œuvre reste une

12:19


RIP AMI PIERRE BORDAGE


 Un grand écrivain français de SF vient de nous quitter. Bon vent parmi les étoiles !

À LA DÉCOUVERTE DE L'OEUVRE DE JEFFERSON BATES

 


 

BATES, JEFFERSON

 

Peintre isolé, lecteur contaminé et victime de la bibliothèque totale

Nom : Jefferson Bates
Période d’activité fictive : milieu du XXᵉ siècle
Profession : peintre
Première apparition : La Maison dans la Vallée
Aire géographique : Nouvelle-Angleterre rurale (vallée isolée, Aleysbury)
Catégorie analytique : artiste exposé sans médiation au savoir interdit


1. Présentation générale

Jefferson Bates est une figure emblématique de l’artiste non savant confronté au Mythe par imprégnation environnementale. À la différence des savants, héritiers ou initiés accompagnés, Bates n’est ni préparé ni guidé. Son entrée en contact avec l’horreur se fait par l’installation dans un lieu saturé de textes et de pratiques antérieures.

Le récit met en scène une exposition cumulative au savoir interdit, sans hiérarchie ni filtre.


2. Le dispositif narratif : retraite artistique et isolement

Bates s’installe dans une maison abandonnée afin d’y travailler en paix. Ce motif — retraite créatrice, silence, isolement — fonctionne comme précondition narrative de la contamination :

  • rupture avec le tissu social,
  • absence de témoins fiables,
  • disponibilité psychique accrue.

L’artiste ne cherche pas le Mythe ; il s’y trouve plongé.


3. La maison comme archive maudite

La demeure est marquée par son ancien occupant :

Seth Bishop, meurtrier et probable officiant cultuel.

Bishop a laissé derrière lui un volume calligraphié — Seth Bishop, son œuvre — qui compile des extraits de textes majeurs :

  • Necronomicon,
  • Cultes des Goules,
  • Texte de R’Lyeh,
  • Manuscrits Pnakotiques,
  • et une copie du Le Septième Livre de Moïse.

Cette accumulation constitue une bibliothèque totale locale, prête à l’usage, sans cadre interprétatif.


4. Lecture et passage à l’acte

La spécificité de Bates tient à ce glissement :

lecture → rêve → vision → action

Le Septième Livre de Moïse joue ici un rôle décisif en introduisant une magie opératoire. Le savoir cesse d’être contemplatif et devient incitatif.

La découverte du tunnel, de l’autel et du gouffre matérialise le passage de la théorie à la pratique.


5. Tentative d’enquête et isolement définitif

Bates tente une enquête locale à Aleysbury auprès d’un commerçant nommé Obed Marsh.
Ce relais échoue : aucune médiation, aucune transmission structurée n’est possible.

L’artiste demeure seul face à un savoir qu’il ne peut ni hiérarchiser ni refuser.


6. Issue et répétition

La fin du récit est conforme au schéma lovecraftien classique :

  • Bates devient meurtrier,
  • reproduit le geste de Seth Bishop,
  • nourrit une entité amorphe et tentaculaire,
  • disparaît comme sujet autonome.

Il ne comprend pas : il répète.


Conclusion

Jefferson Bates n’est ni initié ni élu.

Il est remplaçable.

La maison n’a pas besoin de lui apprendre :
elle le refait.

Il incarne la limite de la bibliothèque totale :
sans maître, elle ne produit pas des savants,
mais des successeurs sacrificiels.



vendredi 2 janvier 2026

LA SCIENCE-FICTION, C'EST AUJOURD'HUI !


 

DEUX BAT À VÉRIFIER POUR BIEN COMMENCER 2026

 


UN LIVRE À NE PAS FEUILLETER !

 


Invocations à Dagon

Un grimoire d’Innsmouth au cœur de la normalisation du Mythe

 

1. Statut de l’ouvrage

Les Invocations à Dagon sont :

  • un ouvrage fictif,
  • interne au récit L’Île Noire de DERLETH
  • attribué à Asaph Waite.

Il ne s’agit ni d’un livre ancien préhumain (type Necronomicon),
ni d’un traité savant moderne,
mais d’un texte rituel local, produit par un humain déjà en cours de transformation.

👉 C’est un point fondamental.

 

2. Asaph Waite : une figure charnière d’Innsmouth

Asaph Waite est présenté comme :

  • originaire d’Innsmouth,
  • marin, puis
  • régisseur au service de la famille Marsh (lignée centrale d’Innsmouth),
  • auteur d’un texte rituel dédié à Dagon.

Son parcours est typique :

  • immersion dans le culte,
  • hybridation progressive,
  • métamorphose assumée en Profond.

Il meurt en 1928, lors de l’intervention fédérale décrite dans The Shadow over Innsmouth.

👉 Contrairement à Lovecraft, Derleth nomme, documente et archive ce moment.

 

3. Nature des Invocations à Dagon

Le texte est décrit implicitement comme :

  • un recueil de formules liturgiques,
  • probablement rédigé en anglais mêlé de termes déformés,
  • destiné à des officiants hybrides,
  • lié à des rites côtiers précis (marées, récifs, ports).

Ce n’est pas un grimoire cosmique, mais un manuel cultuel fonctionnel.

Et c’est là que quelque chose bascule.

 

4. Ce que Derleth fait ici (et que Lovecraft évitait)

Chez H. P. Lovecraft :

  • les Profonds n’écrivent pas,
  • ils chantent, murmurent, transmettent oralement,
  • les textes sont toujours extérieurs à eux.

Chez August Derleth :

  • un Profond écrit,
  • signe un ouvrage,
  • laisse un texte exploitable par des humains.

👉 L’horreur devient documentable de l’intérieur.

 

5. Fonction des Invocations dans L’Île Noire

Le livre joue trois rôles précis :

a) Renforcer la cohérence encyclopédique

Innsmouth → Marsh → Waite → Dagon → Profonds
Tout est relié, nommé, classé.

b) Multiplier les sources écrites

Après :

  • le livre de Blayne sur Ponape,
  • les archives de Waine,

voici un texte cultuel direct, qui comble un vide laissé par Lovecraft.

c) Justifier l’intervention humaine

Si les cultes ont des livres,
ils ont des structures lisibles,
donc des cibles.

 

6. Lecture critique (Encyclopedia Occultae)

Les Invocations à Dagon sont un symptôme clair :

le Mythe n’est plus seulement vécu ou subi,
il est produit par ses propres créatures,
puis récupéré par l’érudition humaine.

Cela entraîne :

  • une perte de l’altérité radicale des Profonds,
  • une transformation du culte en religion structurée,
  • une justification implicite du “nettoyage” de 1928.

Chez Lovecraft, l’opération fédérale est une horreur bureaucratique ambiguë.
Chez Derleth, elle devient presque une nécessité rationnelle.

 

Conclusion

Les Invocations à Dagon ne rendent pas le Mythe plus effrayant.

Elles le rendent lisible.

Et ce qui devient lisible
devient tôt ou tard
administrable.

jeudi 1 janvier 2026

BONNE ANNÉE LES ZAMIS


Notre première réunion de l'année organisée par les amis Arz.

Nous allons enfin savoir ce que nous réserve 2026 ! Et on laisse les catastrophes au vestiaire. On essaiera plutôt de répondre à ces questions :

- Patrice Allart nous prépare-t-il un nouveau pavé ?
- François Lange a-t-il renouvelé sa provision de lambig ?
- Emeline Lolou a-t-elle réparé son balai de sorcière ?
- Quand Manu va-t-il lancer sa production de tapis volants au Sénégal ?
- Quel sera le prochain gadget pour l'ODS imaginé par Sabrina ?
 - Jean-Christophe Pichon poursuivra-t-il son élevage de poules à Logodec ?

- Lauric Guillaud obtiendra-t-il la nationalité thuléenne ?

- André Savéant est-il prêt pour la galette des rois ?

 - Rémy Lechevalier aura-t-il son train ?

- Fanny Bastien aime-t-elle toujours le jus de laitue ?
- Jean-Luc Buard se connectera-t-il sur Discord ?
- La Louve osera-t-elle de se faire tirer le tarot "Dracula" ?
- Véronique Samson sait-elle toujours faire de la choucroute ?
- Roger Facon voudra-t-il revenir au cabaret du Chat Noir ?

- Marie Maitre sera-t-elle élue "Reine des Trombones" ?

- Jean Hautepierre retrouvera-t-il son monocle ?
- Sabine aura-t-elle toujours aussi soif ?

- Nicdouille retrouvera-t-il son TO7 ?
- Richard D. Nolane entrera-t-il à "la Pléiade" ?
- Marie-Charlotte Delmas adoptera-t-elle un loup-garou ?


Et j'en oublie bien sûr des wagons. Je précise qu'en raison de la sensibilité de certaines questions, il n'y aura pas de compte-rendu !
 

 Philippe