vendredi 5 juin 2026

LA TORAH HACHEM dans La Lettre du Crocodile

 


La Torah Hachem. Le Midrash de la splendeur par Isaac Ben Jacob. Vérone éditions.

https://www.editions-verone.com/

Comment découvrir ce qui précède le Bereshit ? C’est ce que nous propose d’examiner cet essai rare, fruit d’une longue recherche rigoureuse selon les codes traditionnels de l’exégèse biblique comme de l’hermétisme d’où l’intuition n’est pas absente. Alliant traditions et sciences, notamment quantiques, poussant celles-ci dans leurs retranchements, Isaac Ben Jacob, dans la pure tradition des midrashs, travaille longuement les textes selon les quatre dimensions du Pardès pour en extraire l’essence. La Genèse devient un vaisseau pour voyager vers la Source divine.

La Torah Hachem fut la première Torah que Moshé (Moïse) brisa quand il découvrit que son peuple adorait le Veau d’Or. Elle fut remplacée par la Torah Moshé à la fois proche et différente.

Pour Isaac Ben Jacob, « Il s’agit en effet d’un texte similaire, presque identique, s’il nous est permis de nous exprimer de la sorte. Tout au moins les lettres ainsi que le fond du récit correspondent entre les deux Torah. La Torah primordiale fut néanmoins brisée. Non pas matériellement, mais dans un sens allégorique. Tel un vase jeté sur un roc, elle fut éparpillée, disloquée, fragmentée. Elle fit apparaître alors des espaces entre les mots. La signification du texte en fut altérée, et des dissociations surgirent et troublèrent le message. Le récit originel fut estompé, dilué. L’assemblage des structures mathématiques, des concepts de physique, jusqu’à l’histoire véritable de l’humanité, furent effacés de la surface du texte pour être relégué en arrière-plan. »

La première Torah est cependant accessible par la seconde pour qui s’engage dans une quête aussi ardue que passionnante afin d’en découvrir les arcanes. Au cœur de ce décryptage se trouve la Merkabah, « le char de YHVH, dont les « ophanim » (roues), soutiennent le char de la vision d’Ezéchiel ».

C’est en remontant les jours de la création, tous contenus dans le Bereshit, que le texte dévoile une structure absolue qui échappe aux causalités linéaires, une structure sénaire (ce qui fait écho à la pensée d’un Maître Eckhart ou plus récemment d’un Raymond Abellio).

« Nous en concluons ainsi, remarque Isaac Ben Jacob, que le Tétramorphe, ou le Tétragramme (YHVH), formant l’Univers incréé, Eternel, était composé de Six Horizons dont la matière était Cubique. Aucune des Forces fondamentales que nous observons dans notre Univers ne présentait, lorsqu’elles composaient le Tétramorphe, les caractéristiques connues. Notamment le simple fait de leur réunification. »

Ce qui n’est pas sans lien, nous dit l’auteur, avec les questions les plus actuelles posées par la physique quantique.

Pour découvrir ce qui est caché derrière ce qui se donne à voir dans le texte des Six jours, il faut se plonger dans la cascade des sens que permet l’alphabet hébreu. L’Adam primordial et le Jardin d’Eden sont à l’étude, puis ce sera le récit du Déluge. Isaac Ben Jacob nous guide dans les subtilités des textes avec beaucoup de rigueur et de pédagogie (il en faut) pour donner au lecteur ne serait-ce que le pressentiment de ce Grand Réel caché. Toutefois, nous découvrons aussi une poésie de l’invisible qui réveille l’esprit, poésie qui ne s’oppose pas à la logique car il y a une grande cohérence dans cet ensemble qui semble vouloir nous échapper mais ne cesse de nous attirer.

La recherche de ce qui est antérieur à la création du monde, c’est bien ce qui est au cœur de l’ouvrage, ouvre sur de nombreux mondes de connaissance, de la physique à la métaphysique en passant par la philosophie, la linguistique sacrée ou l’alchimie.

Isaac Ben Jacob nous introduit avec beaucoup d’érudition, et avec tout autant de clarté, à l’essentiel. Qu’il en soit remercié !

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