In "La Lettre du Crocodile".
Mise en abyme. Rencontres de Berder 2025. Collectif. Le Collège des Temps – Les Portes de Thélème, 14 place du Forum, 87000 Limoges.
En septembre 2025, à Saint-Jacut-de-la-Mer, Les Rencontres de Berder 2025 ont proposé aux nombreux participants conférences et spectacles autour du thème de la mise en abyme. En voici les actes :
Sommaire des 22e rencontres : Don Quichotte comme voie d’éveil. Eloge de la chevalerie errante de Rémi Boyer – Reflet du réel, la science face à elle-même de Julien Pichon – Quelques poèmes par Charlotte Rita – Blossom. Théâtre/Danse/Musique/Performance par Julien Pichon, Julie Cloarec-Michaud et Emmanuel Pion – Omniprésence des ultra-caves et des abîmes chthoniens dans l’imaginaire cinématographique occidental de Lauric Guillaud – Mise en abyme, temporalité et trauma de Gilles Menegaldo – Le double salto de Francis Ford Coppola d’Apocalypse Now… à Megalopolis de Jean-Christophe Pichon – Les abîmes d’en haut et d’en bas. Groupe de Recherches sur les Concordances Pichoniennes (GRCP) par Julien Debennat – Jung, voyage derrière le miroir de Christian Lestienne – Les recueils des conférences de Berder – Comme les soufflets sont engourdis ! par Silvanie Maghe – Vertiges, dessins de Michel Pichon – Les rêveurs d’Aleph. Trois nouvelles interconnectées d’Emmanuel Licht.
« Il s’agit, précise l’éditorial, d’insérer en miroir une forme, un objet, une formule ou un symbole, dans une même forme, un même objet, une même formule ou un même symbole, et cela de manière répétitive jusqu’à l’infini. »
Même si la pensée du grand métaphysicien et penseur Jean-Charles Pichon demeure au centre des Rencontres de Berder, les approches sont multiples et les domaines explorés très variés : arts, littératures, philosophies, psychologies, physiques, mathématiques… La théorie des cycles de Jean-Charles Pichon, théorie très élaborée, fut la trame des rencontres 2025.
« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. »
« Ces figurations du monde céleste et terrestre, l’une étant l’écho de l’autre, mais en réalité qui n’en font qu’une, poursuit l’éditorial, impliquent une cadence, le rythme d’un déroulé cyclique et répétitif qui s’écoule dans les deux sens, dont la fin nous ramène au point de départ, comme une bande de Möbius, dont l’envers et l’endroit serait le même objet ; et qui en quelque sorte illustrerait le cycle de la genèse et de son accouchement : le retour éternel du divin projeté dans la composition éphémère du vivant.
Ce qui nous conduit à considérer les cycles du vivant et leurs rigoureuses répétitions (la double hélice des cycles du temps humain et civilisationnel) comme une mise en abyme cosmique. »
Les Rencontres de Berder invitent tout autant au rêve qu’elles interrogent notre réalité, ainsi à propos de l’IA, Julien Pichon pose cette question :
« L’humanité est-elle face à son double ? Voire à un concurrent capable de créer du contenu plus fertile que le nôtre. Si tout commence par le Verbe, cette parabole semble renversante.
Peut-être que la véritable question n’est pas de savoir si les machines deviendront conscientes, mais si l’humanité, en construisant ces systèmes, ne devient pas elle-même plus consciente de sa propre structure réflexive, devenue un enjeu civilisationnel. »
Les prochaines Rencontres de Berder auront pour thème Utopie / Dystopie. Elles se dérouleront toujours à Saint-Jacut-de-la-Mer du 11 au 13 septembre 2026.
Informations :
https://lecollegedestemps.fr/2026/04/19/berder-2026-septembre-n23/

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