mardi 31 octobre 2017
lundi 30 octobre 2017
DRACULA A LA FOLIE THÉÂTRE DEMAIN 31 OCTOBRE
A la Folie Théâtre
6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
dimanche 29 octobre 2017
SI LA NOTION N'EST PAS MAINTENUE DE JC PICHON dans la Lettre du Crocodile
Samuel Beckett et Jean-Charles Pichon
www.oeildusphinx.com
La pensée de Jean-Charles Pichon englobe de vastes domaines dont les sciences quantiques et la métaphysique. Cet essai court et particulièrement dense constitue autant un commentaire qu’une exploration du texte de Samuel Beckett intitulé Le dépeupleur.

« Toutes ces machines, précise-t-il, nous sont données comme singulières, uniques, bien que toutes prétendent à recouvrir l’univers entier (astrophysique ou biologique, mathématique ou psychanalytique, mythologique ou poétique) ou, plus exactement la localisation du JE dans l’univers. »
Parmi les auteurs de ces machines littéraires, nous trouvons Edgar Poe (Eureka, 1848), Wronski, Saint Yves d’Alveydre, Villiers de l’Isle-Adam, Mallarmé, Yeats, Jarry, Kafka, Daumal… Souvent, un auteur apparaît comme le traducteur, le redécouvreur ou le schismatique d’un autre. Jean-Charles Pichon y distingue l’action de machines littéraires à l’œuvre à travers ou indépendamment des auteurs. Ce qui n’est pas sans évoquer les machines répliquantes de Gilles Deleuze.
« La machine de Beckett a pour objet, nous dit-il, de définir et de préciser le fonctionnement du « séjour où les corps vont cherchant chacun son dépeupleur. »
Beckett raconte tout de la vie des habitants de ce cylindre, sorte de boîte de conserve, sauf le début et la fin. Cette machine est close, désespéramment close. Jean-Charles Pichon en imagine une sortie, en basculant le cylindre, réinterrogeant la « Forme Vide où viennent mourir les dieux et en naître d’autres ». Beaucoup des questionnements suggérés par Jean-Charles Pichon, à travers les mathématiques, ou le rapport à la langue, relèvent des philosophies de l’éveil :
« « L’affaire du cylindre », chère à Beckett, ne serait-elle autre, encore, que l’affaire du seuil, non plus distingué de l’appareil, son séjour ? Et le possesseur de la boîte de corned-beef, du cornet de glace, du bull-roarer, le Jupiter justicier ou l’Apollon flûtiste, seraient-ils autre que JE ? Non plus seulement le seul hôte de l’imaginaire séjour, mais l’unique auteur de toutes ces merveilles.
Sans doute, en ce point, Dieu est mort. Et la Mère elle-même, la première vaincue, n’est plus que la mariée pendue, la demoiselle, la hie, de toute machine célibataire, Jésus est crucifié, Iahvé enrage, le Créateur n’a plus que faire, le Double est un reflet ou un écho, la science se love en vain – le vieux serpent, le Directeur ne dirige plus rien. Tout se passe en dehors des dieux, inutiles. Mais quel ressort secret anime le culbutant ? »
Le texte de Jean-Charles Pichon est accompagné d’un commentaire et de dix études graphiques de Silvanie Maghe.
En 1990, Sylvanie Maghe illustre Le Dépeupleur de Beckett et envoie le texte avec ses illustrations à Jean-Charles Pichon qui écrit alors Si la notion n’est pas maintenue…
L’une et l’autre sont préoccupés par la même question : Comment échapper à la « Forme Vide », au cylindre de Beckett ? A la perte de sens ? A la stérilité de la machine ?
De même que Jean-Charles Pichon prolonge et d’une certaine manière libère Le Dépeupleur, Sylvanie Maghe prolonge le travail de Jean-Charles Pichon par ses gravures talentueuses, qui illustrent ce qui se passe, ce qui apparaît, quand la notion que Beckett voulait à tout prix maintenir s’échappe…
samedi 28 octobre 2017
COLIN WILSON, UNE PLUME TREMPÉE DANS L'OCCULTE
Une nouvelle réalisation d'ODS TV à l'occasion de l'AG de l'ODS du 14 octobre.
vendredi 27 octobre 2017
jeudi 26 octobre 2017
JEAN-CHRISTOPHE PICHON ET L'AVANT-DERNIER LIVRE SUR ODS'PROD
Une nouvelle réalisation enregistrée lors de l'AG de l'ODS d'octobre.
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : ÊTRE ASSASSIN, Colin Wilson
Etude – Être assassin (1972, Order of
Assassins, the Psychology of Murder ; Alain Moreau, 1977 ; Le Pire des
Mondes, Durante, 2002). Ce livre se
présente comme le troisième opus de la trilogie du meurtre de Wilson, après L’Encyclopédie du Meurtre (1961) et le Répertoire du Meurtre (1969). Il est
tout à fait intéressant, car il traduit une étape importante dans la maturation
de la pensée de l’auteur. Le thème est certes le crime, ou plus exactement le
« true crime », appuyé par une galerie impressionnante de « cas
concrets ». Mais la recherche reste la même – on l’a vu dans les romans
noirs précédemment évoqués – à savoir que se passe-t-il dans la tête de
l’assassin ? Et quelle est la mécanique du crime dit
« gratuit » ?
Wilson
déroule une nouvelle fois son cheminement philosophique, partant de
« l’outsider », engoncé dans sa quotidienneté au point de devenir
« robot », prisonnier de ses habitudes avant de réussir à se libérer
de ses chaînes. Il débouche sur la notion « d’homme de droit » qui
est aussi un homme violent, thèse développée par A.E. Van Vogt qu’il
considère comme particulièrement importante en matière de psychologie. Il
s’agit du bourreau domestique, qui martyrise sa femme parce qu’il a tous
pouvoirs sur elle, ou du dictateur, qui comment les pires méfaits au nom du
régime dont il a instauré les règles. Mais c’est dans le schéma d’évolution
proposé par le psychologue Abraham Maslow que Wilson trouvera les
clés nécessaires à son analyse. Selon ce chercheur, l’évolution de l’individu
passe par plusieurs stades : satisfaire ses besoins de sécurité et de
nourriture, puis ses besoins sexuels ; c’est ensuite qu’il cherchera la
réussite sociale et éprouvera le besoin de reconnaissance ; et de là, il
pourra se tourner vers des besoins plus sophistiqués qu’il pourra satisfaire
par la culture, l’art ou la religion et parvenir enfin à une conscience
élargie. Et toute entrave au bon déroulement de ce schéma peut entraîner des
dégâts importants à l’individu. On peut compliquer évidemment cette approche
apparemment simpliste, notamment en examinant tous les types d’obstacles, mais elle
donne certainement une bonne grille de lecture des cas criminels étudiés.
D’autant plus que Wilson fait une nette différence entre le crime et
l’assassinat. Le crime est le meurtre à la petite semaine, celui qui obéit à un
médiocre mobile passionnel, amoureux ou financier en général. L’assassinat a
une fin en soi et n’a d’autre raison que le dégoût de la banalité du quotidien
conjugué à un énorme besoin de reconnaissance. C’est une façon de se réaliser
en se faisant remarquer. Manson était un garçon sympathique et apprécié par son
entourage qu’il érigea en Famille dont il était le chef naturel. Et il lui
fallait sans cesse aller plus loin pour asseoir son emprise, débouchant sur le
meurtre gratuit. Il était devenu un « homme de droit » qui n’avait
plus de limites.
Wilson
intégrera de façon curieuse Lovecraft dans sa démonstration, le présentant
comme un « outsider » qui sublimera son besoin de reconnaissance non
par le meurtre mais par la rédaction d’histoires d’horreur pour choquer le
public. Il fera une longue analyse de Loved
Dead, une révision pour C.M. Eddy (1922), dans laquelle la nécrophilie est
portée au rang des beaux-arts. Une publication qui vaudra du reste quelques
soucis à l’éditeur [1].
Colin
Wilson nous a quitté en 2013 et n’a pas connu la barbarie islamiste qui nous
infecte désormais quotidiennement. En reprenant le schéma de Maslov et le
besoin de tendre en permanence vers un idéal, il nous aurait certainement
expliqué que nos djihadistes se sont fait injecter un rêve absurde par sa
cohérence, les transformant en « hommes de droit » aveugles.
L’auteur
nous donne en annexe une petite étude sur Jack l’Éventreur dont les crimes ont
été une source d’inspiration pour ses premiers romans noirs (Le Sacre de la Nuit, 1960, par exemple,
qui est sa première fiction criminelle). On le sent hésiter, en ce qui concerne
l’identité du tueur, entre le Duc de Clarence (frère du futur roi George) et
l’un de ses amis, Sir Stephen. Mais ceci est une autre histoire !
[1] Le
Nécrophile (1922, une révision pour Clifford Martin Eddy,
The Loved Dead, in Weird Tales 1924). Une révision qui a dû être effectuée alors que
Lovecraft travaillait sur Le Molosse dont
la thématique est très proche. Un beau texte de poésie noire qui n’est pas sans
rappeler celle des Fleurs du Mal. Il
sera du reste repéré par les autorités qui protesteront contre ce genre de
publication ce qui conduira l’éditeur à mettre Lovecraft « sous
surveillance ». Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme vivant en reclus
chez ses parents à Fenham, ne s’intéressant à rien et plongé dans une lourde apathie.
Jusqu’au jour où son grand-père décède et que l’enterrement de ce dernier lui
apporte la révélation : une fascination morbide pour les cadavres, une
passion dévorante pour les cimetières, une intoxication méphitique aux parfums
des « ailes de la mort ». Ces mêmes délices seront à nouveau dégustés
lors de l’inhumation de ses parents, puis ce sera le grand saut :
travailler aux Pompes Funèbres. Pour assurer l’approvisionnement, il se
transformera la nuit en sérial killer, mais se fera renvoyer de son emploi, son
patron l’ayant retrouvé au petit matin enlacé avec un cadavre encore tout
chaud. Il se fera affecter dans une morgue militaire lors de la Grande Guerre,
et, de retour au pays, reprendra ses méfaits. Traqué finalement par la police,
il se suicidera en s’ouvrant les veines.
mercredi 25 octobre 2017
LE BUGARACH DE CHARLY SAMSON DANS LA LETTRE DU CROCODILE
Si Bugarach m'était confié
Publié le
22 Octobre 2017, 08:15am

Si Bugarach m’était conté de Charly Samson. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
Bugarach
s’est fait connaître presque brutalement, et au grand dam de ses
habitants, quand certains crurent bon de le présenter comme un refuge
lors de la fin du monde soi-disant annoncée pour 2012 par des prophéties
mayas. Cette annonce fortement médiatisée a finalement masquée
l’intérêt que présente le pic de Bugarach.
Toute
montagne invite à la méditation et porte ses mystères. D’un point de
vue géologique tout d’abord, Bugarach est étonnant puisque les couches
les plus anciennes sont les plus visibles. Ce fait rare justifierait de
faire le détour vers ce haut lieu du Razès pour découvrir la majesté
inquiétante du lieu et les paysages magnifiques qui l’entourent.
Le
Razès est une terre de légendes, anciennes ou modernes, du tombeau de
Marie-Madeleine aux bases secrètes d’ovnis. Nous sommes tout prêt de
Rennes-le Château et de Rennes-les-Bains qui concentrent nombre de
mystères mais aussi Marcelle, Alet-les-Bains… Les mythes se chevauchent
aux interprétations multiples et souvent fantaisistes. Cependant, la
matière mythologique est réelle. Il y a beaucoup à travailler et à
explorer.
Charly
Samson rend compte de sa relation personnelle avec le site et des
recherches qu’il lui a consacrées en lien avec le groupe des Amis de la
Salz, du nom de la source salée qu’il souhaitait préserver. Recherche
d’un trésor, présence extra-terrestres, couloirs du temps, arche
d’alliance… voici quelques-unes des préoccupations du groupe.
« Le
Pic de Bugarach est vraiment un lieu magique…, confie l’auteur, mais
dans le véritable sens de ce mot. Tel un souverain accueillant mais
secret, il domine sa région. Il semble maîtriser les forces de la nature
qui l’envahissent et lui confèrent une personnalité redoutable dans sa
majesté.
Il
est né de bouleversements géologiques particuliers qui sont à la base –
dans tous les sens de cette expression – des intenses vibrations qui
l’animent : forces cosmiques, forces telluriques, courants d’eau,
réserves de sel, et multiples grottes et cavernes pour la plupart
inconnues qui sillonnent ses profondeurs. Le vent caresse ses flancs,
mais parfois semble lui manifester une certaine hostilité. Il joue avec
le soleil en créant des illusions qui nous rappellent la beauté de
récits bibliques.
Les
quatre éléments de notre univers jouent avec le Bugarach. La terre
depuis la poussière presque impalpable de ses sentiers jusqu’aux roches
cyclopéennes qui le coiffent. L’air et le feu du vent et du soleil qui
l’enlacent chaque jour. L’eau qui n’est pas que celle que lui offre la
pluie, mais aussi l’eau de ses sources qui puisent dans ses profondeurs
d’étranges saveurs.
Les
éléments de la matière ne font pas tout le Bugarach. Quelle vie anime
cette masse depuis ses entrailles jusqu’à sa surface que nous
connaissons plus ou moins bien ? »
L'IMI EN NOVEMBRE
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jeudi 19 octobre 2017
lundi 16 octobre 2017
FABIENNE LELOUP ET LA LITTERATURE DECADENTE SUR ODS'PRO
Retrouvez nos émissions sur YouTube. Fabienne Leloup inaugure les travaux de notre laboratoire, où chacun est invité à partager ses projets, ses idées, ses recherches.
vendredi 13 octobre 2017
jeudi 12 octobre 2017
mardi 10 octobre 2017
lundi 9 octobre 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA CORRESPONDANCE DE CAMERON THADDEUS NASH, Ramsey Campbell
Ramsey
Campbell nous présente la très étrange correspondance
de Cameron Thaddeus Nash (in Les
Chroniques de Cthulhu, anthologie dirigée par S.T. Joshi, Bragelonne/Sans
Détour, 2017), . Un document récupéré par August Derleth
en 1968 qui devait être publié dans l’Arkham
Collector, puis, Derleth changeant d’avis, dans un essai de Campbell sur
HPL. Le projet n’a pas abouti, les originaux ont été perdus, mais heureusement
le narrateur en avait gardé une copie. Il s’agit d’un échange entre un
admirateur anglais, Nash, et le Maître de Providence, le premier, béat d’admiration,
se présentant comme un grand rêveur qui se propose de soumettre au second les
textes tirés de ses excursions oniriques. Lovecraft, comme à l’accoutumée, fera
son travail consciencieusement, suggérant ici un nouveau titre plus percutant,
là une révision complète. Il s’engage de surcroît à essayer de placer la prose
de Nash auprès de Weird Tales. Mais l’interlocuteur
anglais supporte mal les modifications et piaffe d’impatience de voir publier
ses écrits. Le ton se gâte, Nash devient de plus en plus agressif et commence à
injurier Lovecraft, le traitant de noms d’oiseaux (Lovecrotte !) tout en
critiquant sévèrement ses nouvelles. Il estime être un rêveur hors pair,
Lovecraft ne lui arrivant pas à la cheville et le menace de lui envoyer sa
photo afin que notre écrivain puisse mesurer comment ses voyages dans les
Contrées du Rêve ont pu le transformer. Ce qu’il finira par faire et, peu avant
l’aube du 15 mars 1937, Providence sera réveillé par un hurlement effrayant
provenant de la maison de Lovecraft. On y trouvera la photo d’un visage dont il
manque le bas, remplacé par un vide étoilé.
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