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dimanche 27 décembre 2015

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CELUI QUI HANTE LES TÉNÈBRES, Lovecraft

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Celui qui hante les ténèbres (1935, in Weird Tales 1936). Dans cette nouvelle, Lovecraft met en scène son ami Robert Bloch sous les traits de Robert Drake, artiste, écrivain et peintre qui vient de s’installer à Providence, dans College Street, à proximité de la Brown University et de sa bibliothèque John Hay. Il est connu pour ses œuvres fantastiques comme Celui qui creuse sous la terre, l’Escalier de la Crypte, Shaggaï, dans la vallée de Pnath et le Dévoreur venu des Étoiles. Il est fasciné par le paysage de la ville qu’il observe de sa fenêtre et notamment par la colline de Federal Hill au faîte de laquelle il remarque une église qui semble déserte. Il finit par se décider, traverse la ville et arrive dans un quartier où les habitants ont des visages exotiques et le peau mate. Avec difficultés, un quidam se décide de répondre à ses questions et lui explique que l’église abandonnée a été le siège d’un culte maléfique qui appelait des êtres atroces à sortir d’un gouffre noir inconnu. Une opération d’exorcisme a du reste dû y être menée. 


Blake pénètre dans les lieux par un soupirail. La nef colossale était un espace maintenant dévasté, avec des amoncellements et montagnes de poussière sur ses bancs à caissons, autel, chaires et chœur, et des enchevêtrements titanesques de toiles d’araignées tendues sous les ogives de la galerie et s’entrelaçant sous les colonnes gothiques du cloître. Sur toute cette désolation silencieuse jouait une lumière sans source visible tandis que le soleil de fin d’après-midi lançait ses rayons déclinant à travers les étranges panneaux mi- obturés des grandes baies de l'abside. Il découvre dans la sacristie une bibliothèque de livres maudits et un petit carnet rempli de signes incompréhensibles. 



Dans le clocher, il met la main sur un petit coffret dans lequel est entreposé un « Trapézoèdre Luisant » et le cadavre d’un journaliste, Edwin M. Lillibridge dont le journal parle de la secte « la Sagesse des Etoiles » et d’invocations à « Celui qui Hante les Ténèbres » par le biais du trapézoèdre. La contemplation de cette pierre a sur lui d’étranges effets : Il se sentait enchevêtré dans quelque chose – quelque chose qui n’était pas dans la pierre, mais qui à travers elle l’avait regardé –, quelque chose qui pourrait le suivre désormais sans cesse avec une connaissance qui débordait la vue physique.
Il s’enfuit, rentre chez lui, mais reste obnubilé par son aventure. Il apprend par la presse que les bruits qui agitent le quartier de l’église redoublent d’intensité lors des nuits d’orage, lorsque le courant « saute ». Et de plonger dans des cauchemars terrifiants au cours desquels il se retrouve dans l’église en proie au Chaos Ultime. On le retrouvera mort à sa fenêtre, les traits tordus par une horreur indicible.

° Le tueur stellaire : Le Tueur stellaire (1935). Cette nouvelle est la revanche concoctée par Robert Bloch qui a son tour va tuer Lovecraft….
Un écrivain oisif en manque d’inspiration met la main sur un exemplaire du De Vermis Mysteriis. Il se rend chez un ami et lui met ce livre entre les mains. L’ami imprudent récite alors une formule en latin et attire sur lui la fureur d’un vampire stellaire qui le vide de son sang. L’écrivain qui a acheté le livre repart en brûlant la maison.

° Livres : Dans la sacristie, il découvrit un bureau mangé des vers et plusieurs rayonnages montant jusqu’au plafond, surchargés de livres moisis dont les titres lui inspirèrent une horreur sans nom, car ces volumes renfermaient les secrets et les formules redoutables des temps fabuleux antérieurs à l’existence de l’homme. Blake lui-même en avait déjà lu plusieurs : une traduction latine du Necronomicon, le sinistre Liber Ivonis, l’infâme Culte des Goules du comte d’Erlette, l’Unaussprechlichen Kulten de von Juntz, et le De Vermis Mysteriis de Ludvig Prinn. En outre, il y en avait d’autres qu’il ne connaissait que de réputation (tels que les Manuscrits pnakotiques et le Livre de Dzyan), et un ouvrage rédigé en caractères indéchiffrables, mais contenant certains symboles et diagrammes parfaitement clairs pour un étudiant ès sciences occultes.
Apparaissent dans cette nouvelle :

* De Vermis Mysteriis, créé par Robert Bloch dans Le Tueur Stellaire. Il est censé avoir été écrit en prison par un certain Ludvig Prinn, brûlé vif à Bruxelles par l'Inquisition au XVe siècle ou XVIe siècle ; d'après ses propres dires, Prinn était un survivant de la neuvième croisade (1271-1272).

* Le Livre de Dzyan supposé être un ancien texte, d'origine tibétaine, et possiblement relié à une branche ésotérique du Lamaïsme. Il a été la base de la Théosophie, le mouvement spiritualiste ésotérique fondé par Helena Blavatsky en 1875 et diffusé par la Société théosophique. L'œuvre majeure de cette dernière, La Doctrine Secrète (1888), se propose de faire l'étude de certaines stances (voir Wikisource) tirées de cet ouvrage légendaire, identifié depuis plusieurs années par des chercheurs anglo-saxons avec le livre de Kiu-Te.
° Les créatures : le panthéon habituel est au rendez-vous avec Yog Sothoth, Nyarlathotep le Pharaon Noir, Azathoth, le Chaos Ultime…

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