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lundi 9 mai 2016

LE ROYAUME WISIGOTH D'OCCITANIE, Joël Schmidt





SCHMIDT Joël, Le royaume wisigoth d’Occitanie, éditions Perrin, collection tempus, 2008, Paris (ISBN : 978-2-262-02765-0)
Le sujet est peut-être un peu étroit mais nous avons là une bonne synthèse de ce que l’on peut raisonnablement savoir. C’est aussi et surtout une excellente approche de ce que fût la décadence romaine en Gaule.
Au fur et à mesure que la puissance centrale déclinait, une myriade de peuples « barbares » se pressaient aux frontières et représentait un double enjeu : d’une part une menace pour la paix et la sécurité quotidienne, d’autre part une opportunité de supplétifs qui feraient au moins régner cette même paix sur le territoire qu’on leur accorderait. Et c’est bien là toute la politique de l’époque avec sa contrepartie : autant Rome étant solide, le système se tiendrait bien, autant Rome donnant des signes de faiblesse, se verrait challengé.
Parmi ces peuples, les wisigoths, dont l’histoire à cette époque est typiquement celle-ci. Pillant Rome en 410, puis repoussés en Espagne, revenant menacer la Narbonnaise, on finit par leur accorder un foedus en 418, leur accordant un territoire entre Toulouse et Bordeaux d’où ils irradieront régulièrement vers l’Espagne mais ils se verront longtemps interdits d’accès à la méditerranée (qui est considérée comme parfaitement stratégique par Rome). A partir de là, les rois wisigoths vont se succéder avec pour chacun des spécificités de règnes.
Au départ, l’implantation d’environ 100.000 wisigoths (et Taïfales, un peuple associé) se passe dans la plus grande tolérance et sous les meilleurs auspices, vers une romanisation certaine mais sans qu’il y ait, durant 100 ans, de véritable métissage pas de mariage mixte). Théodoric Ier se montre d’abord très tolérant vis-à-vis des catholiques et un allié fidèle dans les batailles, dont celle des champs catalauniques ou il mourra, suivi pour l’essentiel par Thorismond et Théodoric II. La distance se créera à partir des années 460-470, essentiellement par une opposition religieuse catholique / ariens, ou d’un côté on agit comme une cinquième colonne et de l’autre on persécute plus ou moins ouvertement (sans qu’on sache trop qui est l’œuf et qui est la poule…). La tolérance ne pouvait être que temporaire puisque l’assimilation culturelle ne s’était pas faite et que ce sont ces différences qui ont servi de prétexte aux actions.
Au final, dans un empire romain décati, qui n’a plus grand moyen d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, les catholiques ayant appelé au secours Clovis qui cherchait à s’étendre et les Wisigoths ayant perdus en capacité militaire, le royaume de Toulouse s’écroule et les wisigoths refoulent en désordre vers l’Espagne qui devient leur nouvelle terre. Pour la suite il reste à trouver « le royaume wisigoth d’Espagne » qui reste à écrire.
Sur la question de Rennes-le-château, rien, pour la simple raison qu’elle n’apparaitra que plus tard dans les sources. Pas trace d’évêché non plus. Mais à bien comprendre les mouvements décrits dans ce livre, il s’agit d’une ville frontière même si celle-ci n’est pas très claire : frontière avec le Narbonnais, longtemps convoité et tardivement conquis ? Peut-être trop prêt… Frontière avec l’Espagne ? Mais dans ce cas une ville qui aurait gardé la frontière espagnole contre… les francs, et ferait de Rennes le château une ville wisigothique tardive, tournée vers l’Espagne contre le Nord et non l’inverse.
Finalement seule mention de Rhedae, dans les dernières lignes de la conclusion à propos du trésor wisigoth (réel et important, probablement déplacé à Barcelone vers 508 EC) qui :  alimente d’étranges histoires comme celle de ce curé  de Rennes-le-château qui, à la fin du XIXème siècle, devint subitement riche sans raison.

Bien cordialement

Laurent BUCHHOLTZER

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