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mercredi 28 juin 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'EPOUVANTABLE HISTOIRE DU LIVRE DE SORROW HILL, Eric Vial-Bonacci

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Eric Vial-Bonacci a remporté le concours 2007 « à la manière de… » avec sa nouvelle L’épouvantable histoire du livre de Sorrow Hill (disponible sur le site Actu-SF et sur Calaméo, 2017 : http://fr.calameo.com/books/0006677195aa68407fe67?bkcode=0006677195aa68407fe67&language=fr&page=1&showsharemenu=true&wmode=transparent).
Et pour être court, le texte est bien troussé. Le narrateur est contacté par l’un de ses amis bibliophile qui vient d’être placé dans une clinique psychiatrique après être parti à la recherche, dans la bibliothèque de la bonne ville de Sorrow Hill, d’un manuscrit très rare. Il s’agit d’un traité du plus grand alchimiste arabe du moyen-âge, Jabir Hayyan, édité par les Presses de Hongrie et dont il ne reste plus qu’un seul exemplaire.  Il lui explique être arrivé dans une ville dévastée par un tremblement de terre. Heureusement, la bibliothèque n’est pas démolie, mais le sol de la salle des manuscrits anciens s’est effondré, découvrant un gouffre et un escalier de pierre. Notre collectionneur plongera dans les entrailles de la terre pour aboutir dans une crypte où se trouve un manuscrit incroyablement ancien adoré par des créatures repoussantes. Il fera l’erreur de vouloir l’ouvrir, tout comme le narrateur qui voudra ultérieurement vérifier les dires de son correspondant. Les médecins ne comprendront pas pourquoi la peau de ses patients est régulièrement arrachée sous forme de rectangles !
Même s’il n’est pas cité, on reconnaîtra évidemment le Necronomicon dans cette aventure poisseuse ! J'aime les livres, je vous l'ai déjà dit, Mais celui-ci me semblait d'une laideur repoussante. De loin, l'épaisse couverture de cuir semblait banale. De près, on avait l'impression que l'ombre d'une idole inconnue étalait sans honte son hideux visage. Piqué d'une curiosité malsaine, je tendis le bras. Aussitôt, un râle s'éleva dans mon dos, comme si ces choses ne souhaitaient pas me voir profaner leur idole. Je n'écoutai que ma voix intérieure et posai délicatement la main sur ce livre incroyable, La sueur coulaitài flots le long de mon dos crispé. Mon cœur s'emballait, A mesure que je tournai les pages, dont l'étrange texture me fit plusieurs fois frissonner de dégoût, je comprenais que j'étais en présence d'une relique sacrée issue des temps anciens. Plusieurs fois je m'attardai sur des caractères indéchiffrables dont l'extrémité inférieure s'étirait en d'odieux tentacules. Puis mon œil s'arrêta sur une curieuse image, Elle paraissait dessinée à l'aide de ce pigment de couleur rouge originaire des villes de Turquie que les artistes nomment sinopia. J'avoue avoir rarement croisé autant de laideur dans une gravure. Aussi maladroite fut-elle. Je ne parviens toujours pas à concevoir des mots pour décrire ces formes imbriquées les unes dans les autres et qui constituaient un être mi-homme, mi pieuvre, mi- démon.

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