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lundi 6 novembre 2017

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : ALEISTER CROWLEY, THE NATURE OF THE BEAST, Colin Wilson





Etude - Aleister Crowley: The Nature of the Beast (1987, Aquarian Press ; 2005, Aeon Books))
Un seul homme, à notre connaissance, osa présenter sous une forme conceptuelle et revendiquer l’attitude magique fondamentale. Cet homme est sans doute le plus grand et les plus inquiétant, peut-être le seul magicien du XXe siècle occidental : Aleister Crowley.
Robert Amadou in Planète no 19



Colin Wilson était fasciné par Crowley (1875-1947), ainsi que l’atteste sa longue entrée dans L’Occulte, dans laquelle il cherchait à répondre à la question : « est-ce que sa magie fonctionne ? » Et avec la forte intuition qu’il devait y avoir du vrai dans les travaux de la « Bête ». Il revient longuement sur ce personnage sulfureux dans une biographie bien documentée qui n’est – contrairement à beaucoup d’autres traitant de Crowley- ni une hagiographie ni une critique destructive. Il ouvre son étude par un premier chapitre fort intéressant, dans la mesure où il fait le lien avec ses premières théories sur l’Occulte. Pour Wilson, en 1971, les phénomènes paranormaux étaient occasionnés par la Faculté X, elle-même produit d’une conscience « élargie ». Il ne s’agissait rien d’autre que d’une utilisation adéquate des « pouvoirs inconnus de l’homme », toute autre explication faisant appel aux « esprits » étant de l’ordre de l’affabulation. Wilson revoit en 1987 considérablement sa copie, et, après examen approfondi d’un certain nombre de cas parapsychologiques, notamment africains, arrive à la conclusion que ces entités peuvent réellement exister. Il les qualifie « d’esprits décorporés », tout en précisant qu’il ne s’agit pas uniquement de ceux de défunts, mais aussi d’esprits de la nature ou élémentaux.
Écrire une biographie de Crowley est un art difficile, les excès de tous ordres du Magicien brouillant en permanence les cartes au point de lui enlever souvent toute crédibilité. Ce dont souffrira toute sa vie le Maître Thérion dont l’immense besoin de reconnaissance ne sera jamais satisfait. Il faudra attendre que l’occultiste Kenneth Grant, responsable de l’OTO en Angleterre, reprenne à son compte les travaux de Crowley après sa mort pour en faire une brillante synthèse. Colin Wilson insiste notamment sur son Magick Revival, « la meilleure histoire de la magie moderne jamais écrite » et précise que les travaux de Grant sont du « Crowley bien meilleur que l’original. » Et de montrer qu’au-delà de ses outrances, notamment sexuelles, Crowley avait fondé un système magique tout à fait remarquable, basé sur la volonté.
-       Fais ce que tu veux est toute la loi,
-       L’amour est la Loi, l’amour soumis à la volonté
-       Chaque homme et chaque femme est une étoile
-       La Magie est la science et l’art d’opérer des changements en accord avec la volonté.
La conclusion de cet ouvrage sera très « wilsonienne ». « La philosophie thélèmite de la libre volonté humaine permet à l’homme de se hisser à un niveau de conscience supérieur. Si on oublie le personnage pour ne se concentrer que sur sa philosophie, il est fort probable que Crowley avait raison ».


Notes lovecraftiennes :
° Colin Wilson nous épargne le parallèle souvent évoqué dans les sphères ésotérico-lovecrafiennes entre le panthéon du Maître de Providence et celui de Crowley évoqué notamment dans son Book of Law. Une théorie qu’il a développée dans Le Necronomicon (1978) et qui provient des « travaux » de Kenneth Grant.
° Il évoque par contre Lovecraft au sujet de l’ouvrage de Crowley, Moonchild (1929), le qualifiant de remarquable, à la jonction des plumes de Lovecraft et de Borgès.

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