Le Motif, Observatoire du Livre en Ile de France, fait un excellent boulot pour les auteurs, éditeurs, libraires : conseils techniques, assistance, information, gestion de participations groupées à des Salons, etc. L'ODS utilise beaucoup ses services et sa magnifique salle pour nos diverses manifestations.
Culture, tout fout le camp.
Je serai là le 16 mars. Et vous ?
Philippe Marlin
Bonsoir,
Vous le savez peut être , mais peut être ne le savez vous pas encore, mais le MOTif va cesser son activité d’ici la fin de l’année sans autres précisions à ce jour. Un budget régional 2017 à la baisse et non reconduit en 2018.
La Région Ile de France entend « internaliser » les missions qui nous étaient confiées. Ainsi les actions que j’ai pu conduire avec vous seront très certainement poursuivies, avec ou sans moi, mais c’est une volonté affichée de la part de la nouvelle majorité régionale.
Je vous propose un rendez vous au MOTif le 16 mars prochain à partir de 19h pour faire le bilan des ces actions menées ensemble, et de préparer les suites possibles collectivement.
Que vous soyez éditeurs, libraires, revue, association professionnelle ou encore auteur qui nous avez suivi et profité de nos services durant ces 8 dernières (bientôt 9) années, vous êtes les bienvenus !
Comme il se doit, apportez une bouteille, une quiche, une salade, un saucisson ou simplement quelques chips que nous puissions passer un moment convivial ensemble ce qui ne nous empêchera pas de discuter et de réfléchir.
Laissez moi un message par email afin de confirmer votre présence. Je reste a votre disposition pour tous renseignements complémentaires que vous jugeriez utiles
Bien cordialement
Laurent Boudereaux
0660917519
mardi 14 février 2017
lundi 13 février 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'ILE NOIRE, Derleth
L’Ile Noire (The Black Island, in Weird Tales 1952 ) est un beau spécimen de pastiche commis par August
Derleth sur le mode « téléphoné ». On a compris au bout de quelques
pages que le brave archéologue Horvarth Blayne va connaître une aventure très
sportive après sa rencontre, dans un bar de Singapour, du Professeur Laban Shrewsbury
et de ses acolytes. Ceux-ci ont besoin de ses connaissances concernant les
civilisations disparues du Pacifique et les ruines de Ponape auxquelles il a
consacré une étude remarquée.
Ils sont en effet à la recherche de l’île Noire,
petite portion de terre qui n’apparaît qu’épisodiquement. Elle serait le
berceau de cultes maléfiques, et notamment celui de Cthulhu qui est le maître
des eaux. Un monstre qui n’hésite pas à à se rapprocher des hommes, donnant
naissance à une race mi-humaine, mi-batracienne appelée les Profonds. Les
savants expliquent à l’archéologue la théologie des Grands Anciens qui ont
régné sur terre avant les hommes, telle qu’on peut la comprendre par la lecture
de certains manuscrits maudits, comme le Necronomicon,
le Culte des Goules, les Unausprechlichen Kulten, les Manuscrits Pnakotiques ou encore Les Fragments de Celæno. Le but est de
monter une expédition et d’éradiquer ces horreurs. L’archéologue est troublé
par les propos de ses interlocuteurs et exhume chez lui de vieux papiers
laissés par son grand-père Asaph Waine. Ce dernier, ainsi que toute la famille
de Blayne, travaillaient dans un petit port chez un armateur, O. Marsh, et ont
été décimés dans de mystérieuses circonstances. Il retrouve dans les archives
familiales une invocation à Dagon, des allusions à des créatures monstrueuses
près d’un Récif du Diable et des investigations de la police de plus en plus
fréquentes.
La
mission finira par être montée, avec l’assistance de la Marine Militaire. L’Ilot
sera repéré. Du Temple qui surplombe une colline surgira…. Cthulhu. Et l’excroissance
de terre sera rayée de la carte par un tir… nucléaire. Mais il n’est évidemment
par certain que notre Grand Ancien préféré ait été exterminé. Quant à Blayne,
il prendra progressivement conscience de sa véritable nature et s’apprêtera à
rejoindre le fond de l’océan……
vendredi 10 février 2017
PAUWELS A POLITICA HERMETICA
Damien Karbovnik
« Louis Pauwels et le Réalisme Fantastique (1960-1976) »
Le samedi 4 mars 2017 à 19 heures
Au couvent de l'Annonciation, 222 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Paris, métro Place des Ternes ou Charles de Gaulle-Étoile.
Participation aux frais : 15 € pour le buffet qui vous sera servi après la conférence ; 5€ pour ceux qui ne pourraient pas prendre part au buffet. Soyez assez aimables pour donner réponse afin de prévoir l'organisation.
Pour tout renseignement : politicahermetica@gmail.com
+33 6 85 73 36 98
mercredi 8 février 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE RETOUR DES Lloigors, Colin Wilson
Le Retour des Lloigors (The
return of the Lloigors, Colin Wilson, 1969, in Bouquins T I) fait figure d’originalité dans une production
post-lovecraftienne souvent téléphonée. Il s’agit du récit de Paul Dunbar Lang,
universitaire américain originaire d’Angleterre. L’une de ses relations de
Moscou lui parle du manuscrit Voynich, document qui l’intrigue et sur lequel il
se décide de mener une enquête. Il suivra le parcours classique, passant par
les études de Newbold, Manly et les textes de Roger Bacon, pour terminer à l’université
de Yale où il commandera des reproductions photographiques. Celles-ci,
examinées par un ami photographe, se révéleront être des copies écrites en un
mélange de latin et de grec. Si la page de titre manquait, il était indiqué
page 14 qu’il s’agissait du Necronomicon. A partir de là commence toute
un périple de décryptage, commençant comme il se doit par les œuvres de Lovecraft
qui fut le chantre de cet ouvrage. La mise au clair révélera une somme de
connaissances scientifiques incroyables et, de façon obscure, une allusion à
une créature, Dieu ou Démon, sorte de tourbillon d’étoiles résonnant
curieusement avec l’actuelle théorie des quantas. Il est également évoqué d’une
langue « kianne » dont Lovecraft parlera brièvement dans son passage
sur Arthur Machen dans Epouvante et Surnaturel en Littérature, en
liaison avec un culte de sorcellerie. Il est également fait référence
dans cet ouvrage aux Dols, Voolas et à des inscriptions Aklos. Le chercheur en
arrive à la conclusion que le Voynich est un fragment ou résumé du Necronomicon
dont des copies doivent être conservées à l’Eglise du Carmel de Naundorff
ou à la Fraternité de Tlön[1].
Persuadé
après sa rencontre avec un ecclésiastique spécialiste de Machen que ce dernier
était au fait de beaucoup de choses concernant d’anciens cultes païens, il part
pour Melincourt dans le Monmouthshire poursuivre son enquête sur les traces de
l’écrivain gallois. Il y rencontrera l’érudit local, le Colonel Lionel Urquart,
passionné de Mû, continent perdu sur lequel il a écrit plusieurs ouvrages. Il
est persuadé que ce continent a laissé de nombreuses traces au pays de Galles,
et à Providence (RI). Et de lui montrer une tablette de pierre verte
représentant un monstre marin récupéré dans la région. Il lui explique que Mû
était dirigé par des créatures qui étaient des forces, plutôt que des êtres,
les Lloigors, qui ont créé l’homme pour les servir. Mais les humains se sont
révoltés et les Lloigors se sont enfuis, mais attendent pour se venger. Ils
sont à l’origine de nombreux « mystères archéologiques », la fin de Mû,
de l’Atlantide, des civilisations précolombiennes et de terrifiantes explosions
comme celle qui creusera le Grand Canyon.
Au
cours de son investigation, Lang rencontrera également un gitan, Ben Chikno,
qui après quelques verres de rhum, lui confirmera la saga des Lloigors,
expliquant qu’ils veulent reprendre leur monde ; nous, on est une
erreur. On retrouvera Ben mort et le camp des gitans, Llandalfen, dévasté
comme suite à une explosion atomique. Toutes les populations aux alentours sont
terrassées par une étrange fatigue. Urquat expliquera que les Lloigors n’ont
pas d’énergie naturelle et « pompent » celle des autres pour se ressourcer.
Le
récit se terminera par un combat désespéré de Lang et Urquat pour faire
comprendre aux plus hautes autorités l’importance de la menace qui plane sur l’humanité.
Sans succès, les deux compères étant vite classés dans la catégorie des
illuminés.
Ils
disparaîtront tous deux lors d’un vol en Cessna qui devait les conduire à
Washington rencontrer un sénateur perturbé par cette affaire. Le ciel était
clair et la météo excellente. On ne retrouvera jamais les débris et les corps.
mardi 7 février 2017
LA KABBALE DE PICHON DANS LA LETTRE DU CROCODILE
La Kabbale dénouée de et par Jean-Charles Pichon
La Kabbale dénouée de Jean-Charles Pichon, Editions L’œil du Sphinx.
La rencontre de Jean-Charles Pichon, penseur de haut vol, avec la kabbale ne fut pas une évidence comme il le signale dès les premiers mots du livre :
« C’est bien souvent qu’au cours d’un séminaire ou d’une rencontre, l’un de mes auditeurs m’a demandé de lui expliquer la kabbale. Il ne pouvait comprendre que, m’étant attaqué aux Machines les plus hermétiques et les moins connues, de l’Odyssée à Jarry, je pusse négliger le splendide appareil de l’ésotérisme juif. »
Jean-Charles Pichon avance le manque d’inspiration ou la peur de
l’échec pour reculer cette rencontre qui advint pourtant grâce à la
métaphysique de Heidegger qui ne traite pourtant jamais de kabbale. « Le
philosophe allemand m’a dénoué la Kabbale » confie-t-il.
Le « dénouement » est une science et un art. Jean-Charles Pichon distingue les solutions apportées à un problème dans un cycle donné, ce qu’il nomme les solutions in, des solutions apportées pour tous les cycles, des méta-solutions, qu’il nomme les solutions ex. Cette distinction, dans le dénouement, est pour lui la clef de l’ésotérisme universel.
Le « dénouement » avec ses deux sens principaux, celui du détachement (défaire le nœud) et celui de l’achèvement induit un dénouement intellectuel (le détachement) et un dénouement spirituel (le terme). Cependant, Jean-Charles Pichon met en garde : « Le double dénouement s’oppose à la fois à la perte et au retour. ».
Pour « ne pas perdre le fil » au cours du dénouement, en étudiant les perles qu’il porte, Jean-Charles Pichon ne perd jamais cette veille, intellectuelle et spirituelle, contre le risque de rupture ou de retour. En analysant les différentes « Machines pensantes » historiques de la Kabbale, depuis le Sepher Yetsira, Jean-Charles Pichon se concentre sur ce qui demeure, laissant de côté l’éphémère, le contextué. C’est là que Heidegger vient en appui avec « les quatre scissions par lesquelles Heidegger formule cela : le rapport du Temps à l’apparence, à la durée, au devoir, et à l’éternel devenir ». Il est remarquable que Jean-Charles Pichon, par Heidegger, rejoigne les grandes métaphysiques traditionnelles non-dualistes comme les travaux très actuels de certains scientifiques comme Philippe Guillemant.
Pour lui, la Machine de Heidegger et celle du Sepher Yetsira sont une seule machine. C’est dans la traversée sans fin des « apparaître » que « cela qui demeure » se laisse saisir :
« Il a été noté, nous dit Jean-Charles Pichon, que le dénouement-déliement n’est pas une rupture, car le fil demeure, et que le dénouement-terme n’est pas un retour, car une couleur différente succède à celle qui précéda, le Nouveau toujours à l’Ancien. Il faut aller plus loin : contrairement à ce que croit le mauvais cabaliste, le dénouement-terme fait rupture : lorsque l’objet physique finit, il n’est plus là, qu’il s’agisse d’une fleur ou d’un cycle ou du peuple. Mais le dénouement-déliement fait retour, car il n’est qu’une manière de dénouer la faveur qui liait le bouquet. »
Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com
La rencontre de Jean-Charles Pichon, penseur de haut vol, avec la kabbale ne fut pas une évidence comme il le signale dès les premiers mots du livre :
« C’est bien souvent qu’au cours d’un séminaire ou d’une rencontre, l’un de mes auditeurs m’a demandé de lui expliquer la kabbale. Il ne pouvait comprendre que, m’étant attaqué aux Machines les plus hermétiques et les moins connues, de l’Odyssée à Jarry, je pusse négliger le splendide appareil de l’ésotérisme juif. »

Le « dénouement » est une science et un art. Jean-Charles Pichon distingue les solutions apportées à un problème dans un cycle donné, ce qu’il nomme les solutions in, des solutions apportées pour tous les cycles, des méta-solutions, qu’il nomme les solutions ex. Cette distinction, dans le dénouement, est pour lui la clef de l’ésotérisme universel.
Le « dénouement » avec ses deux sens principaux, celui du détachement (défaire le nœud) et celui de l’achèvement induit un dénouement intellectuel (le détachement) et un dénouement spirituel (le terme). Cependant, Jean-Charles Pichon met en garde : « Le double dénouement s’oppose à la fois à la perte et au retour. ».
Pour « ne pas perdre le fil » au cours du dénouement, en étudiant les perles qu’il porte, Jean-Charles Pichon ne perd jamais cette veille, intellectuelle et spirituelle, contre le risque de rupture ou de retour. En analysant les différentes « Machines pensantes » historiques de la Kabbale, depuis le Sepher Yetsira, Jean-Charles Pichon se concentre sur ce qui demeure, laissant de côté l’éphémère, le contextué. C’est là que Heidegger vient en appui avec « les quatre scissions par lesquelles Heidegger formule cela : le rapport du Temps à l’apparence, à la durée, au devoir, et à l’éternel devenir ». Il est remarquable que Jean-Charles Pichon, par Heidegger, rejoigne les grandes métaphysiques traditionnelles non-dualistes comme les travaux très actuels de certains scientifiques comme Philippe Guillemant.
Pour lui, la Machine de Heidegger et celle du Sepher Yetsira sont une seule machine. C’est dans la traversée sans fin des « apparaître » que « cela qui demeure » se laisse saisir :
« Il a été noté, nous dit Jean-Charles Pichon, que le dénouement-déliement n’est pas une rupture, car le fil demeure, et que le dénouement-terme n’est pas un retour, car une couleur différente succède à celle qui précéda, le Nouveau toujours à l’Ancien. Il faut aller plus loin : contrairement à ce que croit le mauvais cabaliste, le dénouement-terme fait rupture : lorsque l’objet physique finit, il n’est plus là, qu’il s’agisse d’une fleur ou d’un cycle ou du peuple. Mais le dénouement-déliement fait retour, car il n’est qu’une manière de dénouer la faveur qui liait le bouquet. »
Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
www.oeildusphinx.com
lundi 6 février 2017
FAISONS MIAOU AVEC LOVECRAFT
Vient de paraître à La Clef d'Argent :
Lovecraft: Sous le signe du chat, étude de Boris Maynadier.
Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) entretient depuis qu'il est
enfant un lien privilégié avec les chats. Il vit à proximité des
chats, il construit son oeuvre en leur compagnie. À leur sujet, il
philosophe, il débat, il poursuit de vigoureuses controverses
épistolaires. Il leur dédit un essai, des poèmes, des nouvelles. On
peut même avancer qu'il vit comme eux, d'une certaine manière.
Lovecraft est un chat oisif projeté dans un monde hostile et
bouillonnant où il ne trouve pas sa place. On aurait tort de tenir
pour secondaire ou pour superficielle cette relation de Lovecraft aux
chats. Affirmons même qu'il est impossible de comprendre tout à fait
le personnage et ses écrits sans prendre la peine de penser cette
relation: les chats sont au centre de la vie, de la philosophie et de
l'oeuvre littéraire de Lovecraft.
Boris Maynadier est docteur en sciences de gestion et consultant
spécialisé en stratégie de marque. Il enseigne en école de commerce.
Il livre ici une étude originale sur Lovecraft, directement inspirée
des travaux de Gilles Deleuze et Félix Guattari, et notamment de leur
théorie du devenir-animal. Une contribution inattendue et
passionnante à la compréhension de Lovecraft.
La Clef d'Argent
Cordiales salutations,
Philippe Gindre
La Clef d'Argent - littératures de l'imaginaire
http://www.clef-argent.org
vendredi 3 février 2017
LA PORTE DE BRANDEBOURG DE SEDAN, CHEF D'OEUVRE EN PERIL
On connaît tous la Porte de Brandebourg de Berlin ; il en existe une autre, au cimetière de Sedan (Ardennes), édifié en 1915 par l'Allemagne en hommage à ses soldats tombés au début de la guerre. Faute d'être entretenu (la France et l'Allemagne se rejetant la responsabilité), ce monument s'est fortement dégradé. La Fondation du Patrimoine vient de prendre l'initiative de lancer une souscription pour sauvegarder cet étonnant témoignage d'un passé récent.
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : CEUX DES PROFONDEURS, James Wade
Il
est évident qu’avec un titre comme Ceux des Profondeurs (The Deep
Ones, James Wade, 1969) on va retrouver rapidement l’odeur du marché aux
poissons d’Innsmouth. Il s’agit de l’histoire d’un certain Dorn, spécialiste de
la perception extra-sensorielle qui va rejoindre, sur la côte californienne, le
Dr Frederick Wilhelm pour l’assister dans ses travaux à l’Institut d’études
zoologiques. Un institut qui travaille sur les dauphins et sur leur langage,
afin de pouvoir communiquer avec eux. Le Docteur est assisté par Joséphine
Gilman, une jeune femme qui ne manque pas de charme, malgré ses yeux globuleux
et sa peau « rêche ». Elle descend d’une famille d’Innsmouth et a
fait ses études à l’université de Miskatonic d’Arkham. L’institut est situé
dans un endroit isolé au bord de la mer, mais qui a été squatté par un groupe
de hippies dirigé par Alonzo Waite. Ce groupe proteste face aux expériences
menées par les chercheurs.
Les
expériences vont se succéder dans un grand bassin dans lequel se trouve Flip le
dauphin. Dorn est chargé de plonger Joséphine dans une transe télépathique,
afin de tenter d’échanger avec l’animal. Lors de ses « voyages mentaux »,
la jeune femme parle d’une cité sous-marine qu’elle nomme Arlayeh. Puis, après
d’une séance prolongée, ils retrouvent Joséphine à moitié déshabillée, en train
de hurler et de tenir des propos incohérents, en revenant sur Arlayeh, puis évoquant
Leng, Kadath, Cthulhu et Shub-Niggurath.
Profitant
d’une absence du Docteur parti faire des courses en ville, le gourou des
hippies contacte Dorn. Il lui explique avoir été professeur assistant en
psychologie à Miskatonic, et s’en être fait vider suite à des recherches l’ayant
amené à utiliser la drogue. Ces recherches avaient en effet entraîné de graves
dépressions nerveuses chez ses étudiants. Le but était d’explorer les
mythologies évoquées par le Necronomicon, à savoir la colonisation de la
terre par les Grands Anciens, leur expulsion par les Anciens Dieux, et leur
attente d’un retour lorsque les conditions seraient favorables. Il explique
également que Joséphine, une de ses étudiantes, est un pur produit de la dégénérescence
d’Innsmouth et qu’elle finira par aller vivre au fond de l’eau. Les dauphins sont les agents des Grands
Anciens.
Joséphine
avoue alors à Dorn qu’elle est enceinte et pense que le Professeur a abusé d’elle
lors d’une de ses transes léthargiques.
Elle
disparaîtra durant la nuit avec Flip dont le bassin a été ouvert, le corps du
savant gisant déchiqueté dans le mécanisme d’ouverture des portes donnant sur
la mer. Dorn retrouvera une lettre qui lui avait été laissée, dans laquelle
Wilhem reconnaît avoir injecté au dauphin un stimulant sexuel pour analyser ses
réactions. Sur une bande magnétique, il entendra un étrange cri d’amour, celui
de Flip qui va enfin pouvoir partir avec sa bien-aimée rejoindre les merveilles
de R’Lyeh.
Un
texte « téléphoné », mais bien écrit par un musicien américain
passionné par Lovecraft. On notera l’emprunt marqué de la théologie des Grands
Anciens développée par Derleth.
jeudi 2 février 2017
CHASSONS DE FANTÔME AVEC EMILE TIZANÉ
Ceci est le travail d'un fou comme nous les aimons, un passionné du nom de Philippe Baudouin. Ayant eu accès aux archives du gendarme chasseur de fantômes, il nous avait déjà proposé une intéressante exposition à Paris. Il récidive pour notre plus grand plaisir en publiant un livre, non un énorme pavé, reprenant la carrière et les enquêtes d'un gendarme traqueur de phénomènes paranormaux, Emile Tizané (1901-1982). J'avais déjà entendu parler de ce personnage dans la revue Planète. Je le redécouvre avec ce travail touchant, bourré de documents tous plus intéressants les uns que les autres. C'est aux Éditions Le Murmure et ne coûte que 39 €.
mercredi 1 février 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE REMPART DE BÉTON, Brian Lumley
Avec Le Rempart de
Béton (1969, Cement Surroundings, Bouquins T II), Brian Lumley nous
offre une nouvelle très classique, mettant en scène l’archéologue Amery
Wendy-Smith de retour d’une expédition en Afrique qui l’a manifestement
beaucoup marquée. Il invite son neveu dans sa maison isolée dans les marais du
Yorkshire pour partager avec lui son aventure et ses inquiétudes. La mission
visait à retrouver une cité soi-disant légendaire dont il est fait état dans
les Fragments de G’harne, ouvrage dont il avait fait la traduction. Il
en est rentré avec une nouvelle passion, la sismographie, se dotant de l’appareillage
nécessaire pour traquer le moindre mouvement affectant le sous-sol ; il a
ramené également deux magnifiques sphères nacrée recouvertes d’inscriptions
étranges. Ses coéquipiers ont tous
disparus, et, interrogé sur le sujet, il murmure des propos incompréhensibles,
faisant allusion à Shudde-M’ell et à Cthulhu. Il évoque des sacrifices
monstrueux qui sont cités dans les Fragments, mais aussi dans les Manuscrits
Pnakotiques. Le neveu découvre du reste dans sa bibliothèque une importante
collection de livres inquiétants, comme le Cthaat Aquadingen, le Culte
des Goules et les Notes sur le Necronomicon de Feery. Et il entend
régulièrement venant de la chambre de son oncle une mélopée bizarre :
Ce’haiie, ep-ngh, fl’hur G’harnr
fhtagn
Ce’haiie fhtagnngh ShuddlM’ell
Hai G’harne orr’e ep fl’hur,
Shuddle-M’ell
incan-icanicas jl’hur orr’e G’harne
L’agitation du sismographe
sème la panique chez sir Amery qui avoue qu’il s’est passé des choses horribles
dans la Cité de G’harne et que des créatures sans nom ont décimé l’expédition.
Depuis son retour, il se sent traqué par des choses ensevelies qui le
recherchent. De retour d’une expédition en ville, le neveu retrouve le manoir
complètement écroulé. Mais dans ce qui fut sa chambre, il remarque un trou,
avec le sentiment que la maison a été aspirée de l’intérieur par cet orifice. La
police lui remettra une lettre de sir Amery dans laquelle il explique être
traqué par Shuddle-M’ell. Les deux globes qu’il a ramenés étaient des couveuses
renfermant les rejetons de ce Grand Anciens, rejetons qu’il a grillés sous son
cigare….
On est loin de l’horreur
cosmique lovecraftienne et on flirte plutôt avec le gros gag !
mardi 31 janvier 2017
Le GHORL NIGRAL (Mülder)
Le Ghorl
Nigral de Mülder (lettre du 14
août 1936 à Willis Conover Jr, in Bouquins
tome II). Lovecraft évoque un rêve dans lequel il est question de l’infâme Ghorl Nigral de Mülder. Un manuscrit
maudit qu’il a vu une fois entre les mains d’un lecteur à la bibliothèque de
l’Université de Miskatonic. Un terrible éclair frappa le bâtiment et on
retrouvera le lecteur mort, son corps tombant en poussière. Lovecraft n’aura
hélas pas le loisir d’exploiter cet ouvrage. Mais sa « descendance »
saura le mettre à profit. L’Encyclopedia
Cthulhiana de Daniel Harms lui consacre une entrée. Les développements sont
basés sur deux textes de Lin Carter (The
Thing in the Pit et Zoth Ommog)
ainsi que sur le Lovecraft at last de
Conover. On y apprend que cet ouvrage, également connu sous le nom de Book of Night, a été découvert par le sorcier
Zbauka dont il est fait état dans Le
Livre d’Eibon. Il provient de toute vraisemblance de Yaddith. Il a été
récupéré par les prêtres de Mû qui y ont ajouté certaines parties, dénaturant l’original.
Il fut ensuite déposé dans le monastère de Yian-Hô puis retrouvé par Gottfried
Müller, un ami de Von Juntz, qui publia en 1847 The Secret Mysteries of Asia, with a commentary of the « Ghorl
Nigral ».
Il
semblerait qu’un exemplaire soit conservé à la bibliothèque de l’Université de
Miskatonic.
dimanche 29 janvier 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LE COMTE MAGNUS, M.R. James
Robert M. Price (in introduction à Le Cycle de Cthulhu, Oriflam 1988) voit dans Le Comte Magnus de M. R. James une « influence »
importante sur la fiction lovecraftienne (nouvelle reprise dans l’ouvrage cité ;
première publication dans Ghost Stories
of an Antiquary, 1904). Lovecraft, dans Épouvante
et Surnaturel en Littérature (cf 1927) relèvera l’originalité du style de l’écrivain
anglais, Les trois grandes règles utilisées par ce dernier seront du reste reprises
par notre auteur (cf Notes sur l’écriture
de la fiction surnaturelle, 1932) :
- L’histoire
doit toujours se dérouler dans un cadre familier, situé dans une époque
moderne,
- L’histoire
doit atteindre le plus près possible l’expérience et l’univers ressenti par le
lecteur,
- Tout patois
technique, style « occultisme savant ou pseudo-scientifique », sera à
tout prix évité.
-
L’histoire met en scène un certain
Wraxall, voyageur curieux et adepte de la rédaction de journaux de voyage, dans
l’esprit du Journal d’un Séjour au
Jutland et dans les îles danoises d’Horave Marryat. Des récits vivants,
collectant de nombreux témoignages et cherchant à plonger dans l’histoire de
quelques familles représentatives de la région étudiée. Sa nouvelle expédition
le conduit en Scandinavie où il est accueilli par les propriétaires de l’ancien
manoir de Rabäck dans le Vesterdothland qui acceptent de lui ouvrir leurs
archives. Et de plonger dans une saga familiale marqué par son patriarche, le
Comte Magnus de la Gardie. Un personnage qui a laissé un mauvais souvenir dans
la région. L’aubergiste où réside le voyageur laisse entendre que le Comte
avait effectué un Pèlerinage Noir dont il avait ramené quelque chose. Wraxall
continue d’enquêter, visitant l’église proche du domaine et son mausolée où
sont enterrés les membres de la famille.
Dans les archives, il met la main sur
un manuscrit d’alchimie du XVI ème siècle, rédigé par le comte, et intitulé Liber Negrae Peregrinatis. Il est fait
allusion à une visite au Prince Noir du village de Chorazin. L’aubergiste
raconte alors à son client l’histoire de deux chasseurs, à l’époque de son
grand père, qui étaient allés de nuit sur les terres du comte et qui
rencontrèrent des êtres qui ne devraient
pas se trouver là. Des êtres qui devraient se reposer et ne pas marcher la
nuit. On les retrouvera affreusement mutilés.
Wraxall fréquente de plus en plus
souvent le mausolée et remarque que les cadenas de la tombe du Comte sont usés.
Le couvercle cédera et le voyageur, paniqué, prendra les jambes à son coup et
rentrera en Angleterre. Il se sent poursuivi par deux silhouettes portant un
manteau noir. Il part se mettre au vert à Belchamp-Saint-Paul (Essex) dans une
pension où on le retrouvera mort le lendemain de son arrivée.
Un bon texte qui s’articule sur les
notes du voyageur, retrouvées par les propriétaires de la pension. Robert M.
Price fera une longue liste des fictions de Lovecraft influencées par cette
nouvelle. Notre auteur utilisera par exemple la ville de Chorazin[1]
où il situera la demeure hantée des van der Heyl dans Le Journal d’Alonso Tyler (1935).
[1] Chorazeïn, avec Bethsaïde
et Capharnaüm
sont trois villes (ou gros villages) mentionnées dans le même paragraphe de malédictions
prononcées par Jésus dans les évangiles de Matthieu (Mt 11 :23) et Luc (Lc 10 :13), car les miracles que Jésus y a accomplis n’ont pas entrainé de conversions.
D'ailleurs ces miracles ne sont mentionnés nulle part dans les évangiles. Si
Bethsaïde et Capharnaüm, toutes deux au bord du lac de Tibériade, sont connues car mentionnées
à différentes occasions dans les évangiles,
Chorazeïn reste mystérieuse : elle n’apparait dans les évangiles qu’en ces deux
paragraphes cités ci-dessus.
En raison de la malédiction
de Jésus, quelques auteurs médiévaux
affirmaient que l’Antéchrist naîtrait à Chorazeïn.
Lovecraft, dans la nouvelle citée,
localise Chorazin à New York. D’après Szymanski dans Dreams, Dark and Deadly, il s’agit d’une localité privilégiée pour
invoquer Cthulhu. Abdul Alhazred et Ludwig Prinn sont cesés avoir également
effuecué la « Pèlerinage Noir » (The Lord of the Worms, Brian Lumley ; The Transition of Abdul Alhazred, R.E.
Price).
samedi 28 janvier 2017
LOVECRAFT, DUNSANY ET LA FORME VIDE
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1919, la lecture de La Boutique de la Rue du Passage de Dunsany influencera profondément la propre vision mythologique de Lovecraft, et notamment celle de la forme vide. Robert M.
Price (in introduction à Le Cycle de
Cthulhu, Oriflam 1988) voit dans ce texte une source de L’Appel de Cthulhu. Cette nouvelle
figure dans le recueil cité. Elle fut publiée pour la première fois dans Tales of the Three Hemispheres (Boston,
John W. Luce and Company, 1919)
Mais si
l’endroit était sombre et lugubre, il y avait à l’autre extrémité une lueur
azurée ; en son cœur scintillait une multitude d’étoiles.
-
C’est ici le paradis des dieux en sommeil, fit le gros
homme.
Je lui
demandai de quels dieux il s’agissait, et il me fournit toute une liste de
noms, dont certains que je n’avais jamais entendu auparavant.
-
Et tous ceux qui ne sont pas vénérés de nos jours
dorment d’un profond sommeil.
-
Mais alors, le temps ne les tue pas ?
m’enquis-je.
-
Non. Mais pendant trois ou quatre mille ans, un dieu
est vénéré. Puis, sur une période aussi longue, il entre en léthargie. Seul le
temps ne dort jamais.
-
Mais tout ce que l’on nous apprend sur les nouveaux
dieux…. Ne seraient-ils donc pas si nouveaux que ça ?
-
Une nouvelle aube se lève et les prêtres poussent de
grands cris de joie, car ils ont entendu les anciens dieux qui bougent dans
leur sommeil, en préparation de leur éveil. Mais ces prophètes-là sont les
bienheureux, car d’autres entendent un ancien dieu leur parler alors qu’il
dormira encore longtemps, et ils peuvent prédire tout ce qu’ils veulent, l’aube
ne viendra pas.
vendredi 27 janvier 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA CITE SOEUR de Brian Lumley
La Cité Sœur de
Brian Lumley (The Sister City, 1969) fait partie de ces nouvelles sans
grande saveur. Le jeune Robert Krug se retrouve orphelin suite au bombardement
de la demeure familiale à Londres. Il passe de longs mois à l’hôpital où il
dévore toute la littérature qu’il peut trouver sur les Mondes Perdus. Son corps
subit de curieuses transformations comme ses doigts et ses pieds, qui
deviennent palmés. Il parcourt le monde à la recherche de la Cité Sans Nom
évoquée par le poète Abdul Alhazred, mais revient s’établir près des marais du
Yorkshire, dans le domaine familial, où il se sent vraiment « chez lui ».
Il aime y plonger, d’autant plus facilement que ses poumons sont aussi des
branchies. Il en remonte une pierre gravée, y découvre les cités de Ib et Sarnath.
Il finit par y retrouver ses parents qui avaient mit feu à leur maison de
Londres pour faire croire à une destruction par bombardement, afin de retourner
dans leur monde aquatique.
La
thématique des créatures d’Innsmouth est particulièrement galvaudée, quant à
notre brave Abdul, on se demande ce qu’il vient faire ici !
jeudi 26 janvier 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : SUEURS FROIDES, J. Ramsey Campbell
Avec Sueurs Froides (Cold Print,
1969, in Cold Print, 1985), J. Ramsey Campbell nous livre une nouvelle
amusante qui change de la thématique habituelle des « pastiches ». Il
nous conte l’histoire de Sam Strutt, collectionneur libidineux toujours à l’affût
de la perle rare dans les bouquineries spécialisées. Il croise un jour, chez
Good Books, un clochard qui lui propose de l’emmener dans une officine très
spécialisée. Malgré sa répugnance vis à vis du bonhomme, il accepte de le
suivre dans une échoppe improbable. Il y fait l’acquisition de La Vie Secrète
de Wackford Squeers, laissant la monnaie sur le comptoir, le libraire, dont
on aperçoit une ombre sans tête, étant manifestement très occupé à l’arrière-boutique.
Ravi de son acquisition, il retourne quelques jours plus tard chez le celui qu’il
pense être le commerçant, en train de fermer boutique, mais qui accepte de le
laisser entrer. Il l’appâte sur le thème « comment réaliser vos fantasmes »
en lui montrant le 12 ème tome, introuvable, des Révélations de Glaaki. Il
y est notamment fait allusion du retour sur terre de Y’golonac. Strutt, effrayé
essaie de s’enfuir, mais la porte est fermée. Il chercha alors à brûler le
livre, provoquant l’apparition d’une forme inquiétante. La porte du fond s’ouvre
et apparaît l’ex libraire, sans tête, qui se précipite sur lui avec des mains
dont les paumes s’ouvrent sur des gueules rouges et humides.
mercredi 25 janvier 2017
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : ON RODE DANS LE CIMETIERE, J. Vernon Shea
On doit à J. Vernon Shea
un excellent texte sur le Necronomicon (cf 1936). Il restera toujours
fidèle à Lovecraft, comme dans On Rôde dans le Cimetière (The Haunter
of the Graveyard in Tales of the Cthulhu Mythos, Arkham House,
1936). Un texte qui met en scène le prestidigitateur, Elmer Harrod, qui habite
sans une impasse contiguë à un cimetière désaffecté. Il découvre dans le
sous-sol de sa maison un large tunnel qui se termine par un mur nu. Il aime flâner
dans le cimetière, y lire des textes de Lovecraft et y préparer ses émissions de
TV dans lesquels il commente des films d’horreur. Il y tournera même avec
quelques étudiants de l’université de Miskatonic un court métrage qui sera
remarqué. Dans ce film en effet, les arbres s’agitent de façon curiese alors
que des bruits étranges se font entendre. Une nuit, alors qu’il bouquine sur la
tombe d’un vieux sorcier, il s’évanouit et se retrouve dans sa cave illuminée
dont le mur s’est effondré. Dans une vaste grotte dans laquelle se trouve un
lac, il assiste à une effrayante cérémonie, les participants psalmodiant :
Ph'nglui
mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn ! Iä Iä, Cthulhu fhtagn ! Appel
auquel répondra un être gigantesque doté de tentacules. Il se réveille
terrorisé, d’autant que le ciel semble se couvrir de l’ombre de visages
immenses et inhumains. Suite à son agitation, la dalle de la tombe glissera,
dévoilant un escalier. Elmer l’empruntera en entendant : descends,
Harrods, descends. On retrouvera son corps horriblement mutilé.
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