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mardi 25 mars 2014

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : DANS LA BIBLIOTHEQUE PRIVEE D'HITLER, Timothy Ryback





Dans la Bibliothèque Privée d’Hitler de Timothy W. Ryback (le cherche midi, 2009) est un livre fascinant qui se lit comme un thriller. Et on comprend qu’il ait été élu « meilleur livre de l’année 2008 » par le Washington Post car l’exercice qui nous est proposé est un véritable tour de force. Il ne s’agit pas d’un commentaire de la dite bibliothèque, avec tout le fastidieux que comporte cet exercice, mais plutôt d’une biographie d’Hitler au travers de ses lectures. Il a été retrouvé une partie de la bibliothèque du Führer, dont l’essentiel (environ 2000 ouvrages sur une estimation de 6000) est conservée à la Bibliothèque du Congrès à Washington et à la Bibliothèque John Hay de la Brown University à Providence (mais oui, l’Université de Miskatonic !). Et on découvre un ensemble assez hétéroclite d’ouvrages rassemblés par un inculte qui voulait avec rage se faire passer pour un intellectuel. Mais un intellectuel très particulier. L’histoire de l’Allemagne, certes, le passionnait. L’histoire militaire, également, était une véritable source d’inspiration. Artiste qui ne voulait pas s’avouer de raté, il entassait aussi les ouvrages d’architecture, surtout germanique. Mais les théories raciales étaient son véritable miel. Dietrich Eckart sera son premier maître à penser, avec ses développements sur la grandeur de la race allemande, empreinte d’occultisme et d’un violent antisémitisme. Et la grande révélation, sous ce registre, sera Le Mythe du XX ème siècle de Rosenberg.
« Les livres retrouvés dans la bibliothèque d’Hitler traitant de spiritualité et d’occultisme se comptent par douzaines et sont peut être les témoins les plus bavards des préoccupations les plus profondes de leur propriétaire ». Plusieurs de ces ouvrages le suivront partout, jusqu’au « bunker final ». Le Führer était toujours en interrogation sur Dieu et restait très marqué par ses origines catholiques. Quant aux sciences occultes, même si elles se confondaient souvent avec des préoccupations germaniques, elles étaient étudiées avec un grand éclectisme, mais aussi avec une grande curiosité pour tout ce qui touche à la mort et la vie au-delà.
L’ouvrage comprend également un fort intéressant chapitre sur la rédaction de Mein Kampf, qui, à l’origine, ne devait être qu’un simple pamphlet politique. Pris au jeu, Hitler se transforme progressivement en un « grand écrivain », multipliant les versions chaque fois un peu plus lourdes. Fort de cette « ivresse littéraire », il écrira du reste un second ouvrage (La Cible 589)  sur ses souvenirs de guerre, livre qui ne sera jamais publié.

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