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samedi 10 mai 2014

LES CHRONIQUES D'EL BIB : LE PIEGE DE LOVECRAFT Arnaud Delalande





Arnaud Delalande n’est pas un inconnu et j’avais déjà apprécié L’Eglise de Satan (Grasset, 2002), un thriller historique bien ficelé et pimenté par les lourds mystères du Razès. Avec Le piège de Lovecraft (Grasset, 2014), il aborde un tout autre registre, celui du Rêveur de Providence et de ses livres maudits. Le héros, David Millow, un étudiant de l’Université de Laval au Québec, consacre sa recherche doctorante aux manuscrits sulfureux, suite à la rencontre d’un condisciple appartenant à un cercle très fermé de rôlistes, Le Cercle Cthulhu. Un condisciple qui va commettre une affreuse tuerie après avoir semble-t-il fréquenté de trop près les pages du Necronomicon. Et l’enquête qui va être menée est passionnante, car le Necronomicon n’existe évidemment pas, n’étant rien d’autre qu’une création littéraire de Lovecraft, à l’instar du Livre de Sable de Borgès ou du Roi en Jaune de Chambers. La piste suivie passera par d’autres tueurs fous, un psychiatre qui basculera dans l’horreur et Stephen King himself qui sera pour le moins agacé par les questions du jeune chercheur. Car celui-ci est sur la piste, non pas du Necronomicon, mais du Livre des Livres, celui qui est à la source de l’inspiration des grands maîtres de l’horreur et le « master » de tous les livres maudits. La chute est grandiose. Elle m’a fait penser à la fin de 2001, Odyséee de l’Espace. On bascule totalement pour se retrouver à l’asile psychiatrique d’Arkham, en train d’envoyer des mails désespérés à Michel Houellebeck sollicitant – en vain - son assistance !
Deux petites choses encore :
° sur le plan du vocabulaire, j’ai appris comment on nommait un spécialiste en livres maudits : « un Libermaléficonaute ». Et quand on se fait absorber par un livre, on s’est fait « enlivrer vivant ».
° la bibliographie en fin de volume montre que l’auteur connaît bien l’ODS et a consulté nombre de nos fanzines. Christophe Thill est en outre plusieurs fois cité comme « spécialiste » dans le texte.


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