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dimanche 13 mars 2016

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : SURGI DU FOND DES SIECLES, Hazel Head





Surgi du fond des siècles (1933, une révision pour Hazel Heald, Out of the Eons, Weird Tales 1935). Un texte qui est du Lovecraft pur jus, écrit sur la base d’une vague trame de momie proposée par sa cliente.
Le récit est celui du Dr Richard H. Johnson, Docteur en Philosophie et conservateur du Cabot Museum of Archeology à Boston. Il s’agit d’un ensemble de notes qui devront être remises « à des étudiants sérieux » après sa mort. Le musée est une petite institution, réputée par la qualité de ses collections, regroupant des vestiges de civilisations antiques et inconnues. A ce titre, il a recueilli, en 1878, une momie ramenée par l’équipage du cargo Eridanus, trouvée sur une nouvelle île du Pacifique, surgie au milieu de ruines cyclopéennes dans une grotte dotée d’une large trappe ; les marins n’osèrent pas en entreprendre l’exploration. Cette momie possédait un tube fait d’un métal inconnu au sein duquel était enfermé un parchemin recouvert d’hiéroglyphes indéchiffrables. Son visage reflétait une terreur indicible. Son corps, très dur, avait une texture rappelant celle de la pierre mélangée à du cuir.
Le musée réalisera en 1931 une acquisition spectaculaire, d’étranges corps bien conservés provenant du château des Fausses Flammes en France (création de Clark Ashton Smith dans son cycle Averoigne). Cela attirera un lot de curieux et de journalistes, dont Stuart Reynolds, qui repérera la momie et sortira une série d’articles à sensation, se référant à la théosophie et au Necronomicon. Ces textes, parus dans the Pillar, seront remarqués par l’érudit de la Nouvelle Orléans, Etienne-Laurent de Marigny (ami de Randolph Carter dans Le Cycle du Rêve) qui produira une étude très documentée dans The Occult Review. Les hiéroglyphes renvoient au Livre Noir ou Cultes sans nom de von Junzt.
Le conservateur va se procurer l’édition (tronquée) de la Golden Goblin et  découvrir l’histoire de l’Hyperborée qui adorait Tsathogga et de Mû, dont la province sacrée de K’naa abritait le mont Yaddith-Go, surmontée d’une forteresse cyclopéenne. Celle-ci aurait été construite par des rejetons stellaires venus de Yuggoth et abriterait le dieu infernal Ghatanothoa. Il est dit que l’on ne peut accéder à cette forteresse, sauf à se faire transformer en pierre et en cuir. Une pétrification maudite qui ne touche pas au cerveau qui continue de fonctionner au cours des éons dans sa prison crânienne. Un jeune homme de K’naa, T’Yog, grand prêtre de Shub Niggurat, relève cependant le défi, muni d’un sortilège qu’il emmène dans un tube pour le protéger. Las, les prêtres de Ghatanothoa, considérant cette entreprise comme un sacrilège, vont lui substituer le sortilège contre un document dépourvu de toute magie. On ne reverra jamais le jeune aventurier.
Cette légende, largement diffusée dans la presse, attirera un nombre considérable de visiteurs au muée, et notamment des personnages bizarres qui chercheront à plusieurs reprises à subtiliser la momie. Deux d’entre eux, munis d’un parchemin mystérieux, parviendront à passer la nuit dans le local des momies et on les retrouvera, l’un mort de terreur, l’autre pétrifié.
La momie sera ensuite soumise à une expertise détaillée. L’autopsie montrera que son cerveau… était toujours vivant et que les yeux gardaient trace de sa dernière vision : une créature d’horreur surgissant d’une trappe. Nul doute qu’il s’agissais bien de T’Yog.

° Les Livres

Cette nouvelle est très intéressantes par les détails qu’elle contient sur die Unaussprechlichen Kulten  de von Junzt (création de Robert Howard dans The Children of the Night, 1931 et The Black Stone, 1931.
(d’après la TocCylopédie) Comme son nom l'indique, l'ouvrage, également appelé Livre Noir, est une étude de cultes secrets que Herr Doktor Friedrich Wilhelm von Junzt, l'auteur, rencontra au cours de ses voyages à travers le monde. Die Unaussprechlichen Kulten a été publié en 1839 à Düsseldorf. Il contient quatorze chapitres et une dizaine d'appendices.
Les chapitres traitent de :
Chapitre I : Une secte allemande vénérant Cyaegha.
Chapitre II : Un culte de la Fertilité du sud de la France adorant le Signe de la Chèvre à Trois Têtes, le symbole sacré de Shub-Niggurath.
Chapitre III : Un culte païen anglais.

Chapitre IV : Une secte secrète cannibale résidant dans les bas-fonds parisiens.
Chapitre V : Un voyage en Asie durant lequel von Junzt rencontra le peuple Tcho-Tcho dans la péninsule indochinoise..

Chapitre VI : Un russe dément, habitant en Sibérie, prétendant vénérer le "Grand Dieu dans le Ciel".
Chapitre VII : Un mystérieux monastère tibétain dans l'Himalaya, dont les moines adorent des " esprits de l'air".
Chapitre VIII : Un culte consacré à Dagon situé dans la partie orientale de la Méditerranée. Von Junzt affirme que des cultes similaires existent dans le monde entier.

Chapitre IX : Un culte des morts dans le sud de l'Espagne.
Chapitre X : Une petite secte transylvanienne qui adore un monstre vivant dans un gouffre puant.
Chapitre XI : Un culte hongrois situé près de Stregoicavar qui adore un dieu blasphématoire apparaissant au-dessus d'un monolithe de pierre ayant traversé les âges.

Chapitre XII : La description des Frères du Signe Jaune, dont le but est de découvrir et stopper les plans des " diables de l'espace".
Chapitre XIII : Un culte secret, dirigé depuis la Transylvanie, dont le nom est la "Fraternité de la Bête". Ses membres attendent l'heure où le pharaon maléfique, Nephren-Ka, dirigera l'humanité.

Chapitre XIV : Un culte mondial qui se consacre au maintien en captivité d'un monstre inconnu.
Parmi les autres sujets traités, on notera également une mention de Fomalhaut, système stellaire dans lequel Cthugha aurait engendré Aphoom Zhah.
L'ouvrage contient également un essai d'environ 90 pages intitulé Récit du Monde Ancien, dans lequel von Junzt essaie de retracer l'histoire des Grands Anciens. Il affirme qu'Ils descendent d' Azathoth et d' Ubbo-Sathla. En réalité, cet essai est en partie une traduction des Papyrus de la Sagesse Obscure, le troisième livre du Liber Ivonis, et en partie une annotation et un exégèse de ces Papyrus

° Les Créatures

(d’après la TocCyclopédie)Après lui avoir creusé des cryptes sous la ville qu'ils avaient bâtie au pied du mont Yaddith-Gho, un volcan éteint du continent de Mu, les Fungi de Yuggoth ont laissé derrière eux leur monstrueux dieu. Les premiers hommes arrivés sur Mu ont ensuite voué à leur tour un culte impie à Ghatanothoa. Ses prêtres, dans la province de K'naa, sacrifiaient tous les ans douze jeunes guerriers et douze jeunes vierges sur les autels flamboyants d'un temple de marbre dressé au pied du Mont Yaddith-Gho. Ces cent prêtres de Ghatanothoa formaient l'élite de ce peuple antique : ils possédaient chacun une maison de marbre, un coffre d'or, deux cents esclaves, cent concubines, aucune loi ne s'appliquait à eux et ils disposaient d'un pouvoir de vie ou de mort.
A la décharge de ces prêtres, il faut préciser qu'il était préférable de satisfaire ce Grand Ancien. En lui offrant des sacrifices, somme toute limités, ils l'incitaient à ne pas venir se servir lui-même... Ghatanothoa n'aurait sans doute pas été aussi "frugal". Il faut ajouter que selon eux certaines divinités auraient été prêtes à assister l'humanité s'il avait fallu combattre Ghatanothoa : Shub-Niggurath, Nug, Yeb et Yig sont les plus fréquemment citées.
Mu est aujourd'hui sous les eaux et le dieu gît par des centaines ou des milliers de brasses de fond. Comme Cthulhu (dont il serait le premier des trois fils qu'il aurait eu avec une certaine Idh-yaa), il ne peut pas mourir et attend la résurgence de sa demeure engloutie. Selon Von Junzt, le culte de Ghatanothoa s'était principalement épanoui dans le Pacifique près de l'ancien emplacement de Mu. Mais il avait également atteint Atlantis, Leng, K'n-yan, l'Egypte, la Chaldée, la Perse, la Chine, l'Afrique, le Mexique, le Pérou et l'Europe. La culture occidentale n'a jamais favorisé la croissance de ce culte et a éradiqué plusieurs de ses branches. Néanmoins, il est vraisemblable que le culte est devenu secret et a survécu, sans doute en Extrême-Orient et dans les îles du Pacifique. Son enseignement a été absorbé dans certaines légendes polynésiennes.
Ghatanothoa est décrit comme grand, amorphe et malléable, avec des milliers de tentacules, une trompe d'éléphant, des yeux de poulpe, des gueules avides et une surface écailleuse et plissée. D'après les anciens, quiconque voit Ghatanothoa est pétrifié, changé en pierre et en cuir à l'extérieur, alors que son cerveau reste vivant pour toujours à l'intérieur...
Autres noms ou orthographes
Dieu-Démon, Dieu Sombre, Présence Maléfique, G'tanta, Gatan, Ghanta, Kahuantaloa, Ktan-Tah, Tanotah, Than-Ta...

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