Chez le Bibliothécaire

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mercredi 2 janvier 2013

LES FRITES D'EL JICE : LES GEANTS DE MU




Bob Morane – Les Géants de MU – Henri Vernes
Ananké n° 208 (Grand Format) - 2007
Avec un sujet tel que celui-ci et connaissant l’auteur pour ses excellentes trouvailles dans le domaine du fantastique et de la science-fiction, on était en droit de s’attendre à un fameux roman. Au contraire, Vernes accumule ici tout au long de ces 154 pages, les inepties en tous genres, les longueurs et on frise souvent le grotesque ! Dès le départ, même si en fin de parcours il va corriger le tir, on confond allègrement le continent de MU et la Lémurie, alors que selon la légende ils sont situés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre (MU dans le Pacifique et la Lémurie dans l’Océan Indien). On cite même le nom de Gondwana ! N’importe quoi !
Bill Ballantine apparaît à nouveau comme un sombre abruti, une masse de muscles sans cervelle s’exprimant en argot flanqué d’un Bob Morane qui lui répète toutes les trois pages qu’il ne doit plus l’appeler “commandant”. A un point tel que ç’en devient agaçant pour le lecteur. Morane est considéré par une sombre princesse nommée Rapa-Nui (!) comme le dieu qui va sauver le peuple de MU des forces des ténèbres. Le “viens à moi, Prince Rha-Mu” est répété sans cesse durant de nombreuses pages. Mais Bill ne s’en rend compte qu’au bout de trois chapitres : “v’là qu’on vous donne du Prince, maintenant, Commandant”. Mon Dieu ! On découvre aussi que pour Henri Vernes, le métal précieux des Atlantes (oui, ne lui en déplaise, il est notoire que ce métal est atlante), l’orychalque, ce n’est que du bronze. Pour le prouver, il faudrait d’abord avoir tâté ce métal qui, si je ne me trompe, est aussi légendaire que l’Atlantide.
Personnages grand-guignolesques, scénario qui se traîne pour n’aboutir à rien du tout : “les statues ne bougent pas, et si on avait eu une hallucination collective, commandant ?”, Morane qui répète chaque phrase qu’il émet “pourquoi pas, Bill, pourquoi pas ?” et “qui sait, Bill, qui sait ?” et encore : “les statues, Bill, les statues”....  affligeant ! On est très loin de l’auteur qui écrivit le cycle d’Ananké ou “La Prison de l’Ombre Jaune”, mais alors très loin ! Ce qui est le plus triste, c’est d’avoir gâché un tel sujet par un manque total d’inspiration. Voilà donc un Bob Morane que je mettrai dans ma liste noire et il est certain que je ne le relirai jamais.
Les vingt dernières pages du volume qui parlent de l’Ile de Pâques, Rapa-Nui donc, font le seul intérêt de cet insipide volume. Mais on a écrit quantité de pages et d’ouvrages sur le mystère des Moaï et les lubies de James Churchward.

1 commentaire:

paulsaussez a dit…

Les éditions Marabout ont sans doute trouvé que Henri Vernes était encore "bankable": c'était sans doute oublier qu'il a aujourd'hui 94 ans, et qu'on n'enflamme plus l'imagination du jeune public en 2012 comme c'était le cas pour moi, de la fin des années 50 au début des années 60...