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jeudi 7 mars 2013

LE GRAVEUR BALNORENNAIS

Limoux. Dans le secret du graveur

portrait

 

La Dépêche

Guy Fontalavie dans son atelier de Rennes-les-Bains. / Photo DDM ()
Guy Fontalavie dans son atelier de Rennes-les-Bains. / Photo DDM
Passionné et passionnant, Guy Fontalavie exerce au plus haut niveau un art séculaire : la gravure. Il crée des œuvres rares dans sont atelier de Rennes-les-Bains. Rencontre.
Quel paradoxe: la gravure qui contribua à l'explosion de la connaissance des populations du Moyen Age grâce aux tirages en série d'images et de textes, semble être passé par le planning familial. Sa valeur intrinsèque dépend désormais de la limitation des tirages. Une sorte de régulation des naissances, qui a fait le tri entre les divers services rendus par la révolution de l'imprimerie, et les techniques de reproduction. Dans son atelier de Rennes- les bains, une maison de pierre à deux niveaux posée au bout du vieux pont qui enjambe la Salz, Guy Fontalavie, la soixantaine, regard vif sous une tignasse en bataille perpétue les gestes de ses lointains devanciers. Et qu'il a eu le temps de découvrir de 1974 à 76, au titre de pensionnaire et de lauréat du prix de la Casa Velasquez à Madrid, l'équivalent du prix de Rome.

La couleur dans un univers en noir et blanc

Une lignée illustre dont la vigueur s'est relâchée faute de combattants, rebutés par l'ingratitude de la tâche. Ancien élève des Beaux Arts de Paris, il a découvert la gravure après la peinture, la sculpture, mais surtout le travail sur les médailles qu'il a exercé pendant une vingtaine d'années pour le compte des ateliers de la Monnaie de Paris. C'est peut-être la persistance d'une odeur familière qui flottait dans l'atelier de gravure, et «la recherche de la transparence dans la couleur» qui a fixé définitivement son choix. Après 30 ans de Normandie, et un long séjour en Ardèche, il a débarqué sur les bords de la Sals en 2010, acheté une maison qui l'attendait puisqu'elle était à vendre. Et posé ses valises. Ses outils pour graver, ses plaques, et ses fioles contenant les acides, vernis, couleurs, rouleaux. Ses feuilles de papier aussi, élaborées à la main dans quelques rares ateliers. Sa presse à main enfin, qui est pour le graveur ce que la barre est pour le timonier. Attaché à deux techniques complémentaires: la quadrichromie où seuls les reliefs du motif de la plaque sont reproduits, et son contraire, l'eau forte, qui ne livre que les creux à la reproduction, Guy Fontalavie, est un des rares graveurs à utiliser la couleur. Et à la maîtriser dans le labyrinthe des compositions et des harmonies qui se précisent au fil des passages des plaques sous le rouleau de la presse à bras. Tous ses modèles sont creusés à la main,dans la plaque d'inox avec une gouge. Le répertoire de la gravure est immuable au fil des âges.

Primé à Séoul

On retrouve des personnages de légende empruntés à l'Ancien Testament , croisés au Moyen Age comme les 4 frères Aymon, sortes de «samourais» occidentaux. La technique de l'eau forte riche en effets visuels suggère avec fidélité l'ambiance feutrée des initiations que seul le langage symbolique peut aider à déchiffrer. L'illustration de livres représente une partie importante du travail de l'artiste, qui expose, avec parcimonie, en France mais également en Extrême Orient. Une de ses œuvres a récemment été primée à Séoul. D'un naturel taiseux sauf quand on le lance sur son métier, Guy Fontalavie reçoit ses stagiaires, «motivés», précise-t-il, la gravure est un travail de patience où le temps compte. On peut le rencontrer dans cette perspective, ou pour le plaisir de découvrir ses œuvres, mais il est prudent de téléphoner au 0468693729.

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