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jeudi 21 mars 2013

RETOUR A BRAN

ROUMANIE Le château de Bran prisonnier de la légende de Dracula

Entre mythe, légende et désenchantement, le château de Dracula voit affluer de nombreux touristes. Ils viennent à Bran sur les traces du personnage de Bram Stoker, mais aussi pour fêter Halloween.
 
COURRIER INTERNATIONAL
Photo du château de Bran. Office de tourisme. Photo du château de Bran. Office de tourisme.
 
Le château de Bran, l'un des plus imposants monuments historiques de Roumanie, se trouve à l'entrée du col de Bran-Rucăr, dans les montagnes des Carpates. Il est situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Braşov, qui fut la première capitale de l'ancienne Valachie, territoire du prince Vlad Tepeş, surnommé Dracula. Bâti sur un rocher, le château abrite actuellement un musée qui s'étend sur les quatre étages ouverts au public. Et bien que les touristes étrangers viennent chaque année, attirés par la légende du comte Dracula, et que le guide n'hésite pas à mettre l'accent sur le côté mythique de la bâtisse, l'histoire vraie du château de Bran suffit à les enthousiasmer.
Le château de Bran est mentionné pour la première fois dans un document officiel le 19 novembre 1377. Le roi de Hongrie, Louis Ier d'Anjou, accorde alors aux habitants de Braşov le privilège de construire une citadelle de pierre sur le rocher qui porte le même nom. A la fin du XVIe siècle, le château est placé sous l'autorité des Sicules (population de Transylvanie de langue magyare), puis rattaché à la Transylvanie sous le règne de Iancu de Hunedoara. Ses liens de la forteresse avec Vlad Ţepeş datent de la même époque, lorsque le prince de Valachie est chargé de défendre la passe donnant accès à la Transylvanie.
Le 1er décembre 1920, le conseil de la ville de Braşov fait don du château à la reine Marie de Roumanie, en signe de gratitude pour sa contribution à l'union des principautés roumaines en 1918. Le château est restauré entre 1920 et 1927, sous la direction de l'architecte de la cour, Karel Liman. Du temps de la reine Marie, le château de Bran connaît son heure de gloire : il est l'une des résidences favorites de Sa Majesté. On raconte même que le cœur de la reine Marie est resté enterré quelque temps à Bran avant d'être déposé dans sa résidence de Baltchik, en Bulgarie.
La fille de la reine Marie, la princesse Ileana, hérite du château en 1938. Mais, en 1948, la famille royale est expulsée du pays par le régime communiste. Bran devint propriété de l'Etat roumain, qui le transforme en musée d'histoire et d'art féodal. L'état de délabrement avancé du château entraîne sa fermeture en 1987. Il n'est rouvert au public qu'en 1993, après restauration.
Actuellement, le château est la propriété de l'héritier de la princesse Ileana, un dentiste d'origine américaine, Dominique de Habsbourg. Il est ouvert à la visite, à la location (il semblerait qu'on puisse le louer pour un mariage pour la somme de 2 000 euros) et accueille de superbes fêtes d'Halloween.
Le mythe de Dracula : une bouffée d'oxygène pour le château

Mais il ne fait aucun doute que les touristes étrangers viennent visiter le château de Bran essentiellement à cause de la légende de Dracula.
Le mythe du comte Dracula vient du roman de l'écrivain irlandais Bram Stoker, publié au Royaume-Uni en 1897. Les personnages sont nés de l'imagination de l'auteur, mais l'essentiel de la trame narrative est issue des croyances populaires sur les forces du mal, tels les vampires ou les revenants. Le voïvode [comte] de Valachie, Vlad Ţepeş, a été associé à Dracula, bien que les données historiques ne confirment pas qu'il ait séjourné longuement au château de Bran. Et pourtant, le site est promu à travers le mythe du vampire qui se nourrit du sang de ses ennemis.
C'est l'une des raisons pour lesquelles le château de Bran fut classé par des journalistes de CNN parmi les dix plus beaux châteaux médiévaux. Ils le présentent en ces termes : "Aussi bien les administrateurs du château que les responsables du tourisme en Roumanie mettent en rapport de manière insistance le château et Vlad Ţepeş, source d'inspiration pour Bram Stoker lors de la rédaction de son Dracula. Les liens sont pour le moins subtils, mais on ne peut guère nier le charme sombre de cette structure massive. Certaines des pièces de mobilier ont appartenu à la reine Marie de Roumanie, une nièce de la reine Victoria qui, après avoir refusé la demande en mariage du roi George V d'Angleterre, épousa le roi de Roumanie."
Malheureusement, Bran n'a conservé qu'un lustre extérieur. Après sa rétrocession à Dominique de Habsbourg, le château s'est vidé peu à peu. Le mobilier a été déplacé par le ministère de la Culture et du Patrimoine. La nouvelle salle de projection, où l'on peut visionner des images des Archives nationales sur l'histoire de la famille royale et du château, n'est pas assez mise en valeur, et son aménagement n'invite pas les visiteurs à y rester plus de cinq minutes. Quant à la stratégie de l'actuel propriétaire, elle tend plutôt à démystifier le lieu et ses liens supposés avec le célèbre personnage du roman.

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