Chez le Bibliothécaire

Chez le Bibliothécaire
Bienvenue

jeudi 28 février 2013

UNE SOUCOUPE DANS UNE ASSIETTE A TOULOUSE

A Toulouse, ils parlent soucoupe volante devant une assiette pleine

Des "crop circles", attribués par les ufologues à des soucoupes volantes - Photo CC

Tous les mois, des passionnés des OVNI se réunissent à Toulouse pour débattre des preuves d’existence d’une civilisation extraterrestre. Rencontre autour d’un plateau repas et de discussions à la frontière de l’étrange.


« On nous cache des choses »

La fin du monde est déjà loin derrière nous et aucune soucoupe ne s’est envolée de Bugarach. « On a bien rigolé. Pour Bugarach on s’attendait à rien », confie Isaure devant les vestiges de son dîner, dans un coin privé du premier étage du Flunch allées Jean-Jaurès à Toulouse. Le restaurant est en effet le QG des repas ufologiques toulousains, organisés tous les mois depuis douze ans. Devant les plateaux, ils sont quelques dizaines à venir ainsi débattre régulièrement de l’actualité des manifestations des objets volants non identifiés.

« On a bien rigolé. Pour Bugarach on s’attendait à rien »

Jeunes, actifs, retraités voire même homme politique local ce soir-là, les profils qui composent l’assistance sont variés mais partagent tous une chose : le doute. « On nous cache des choses, c’est évident », déclare Ange,  qui participe à son premier dîner ufologique. Ce tout frais retraité d’EDF est tombé dans les soucoupes tout petit. « Depuis tout gamin, la question me fascine. J’étais abonné à ‘Lumière dans la Nuit’ (revue ufologique créée en 1958 NDLR) ». Comme d’autres dans la salle, Ange est friand de sources d’informations alternatives face à des « médias très frileux » sur le sujet.

« Exo-civilisation »

Autour de sites internet ou de radio spécialisés, ils rassemblent ainsi des « preuves tangibles » qui interrogent sur la possible présence de visiteurs de l’espace. Dans le jargon, ces émissaires seraient en provenance d’une « exo-civilisation ». C’est en tout cas ce qu’explique au micro Denis Roger Denocla, le conférencier du soir.

Les Ummites, extra-terrestres venus sur Terre à des fins d’observation scientifique et ayant entretenu de véritables relations épistolaires avec plusieurs personnes…

Devant les diapos de son Powerpoint, ce Parisien détaille ses « quarante années de recherches » qui l’ont conduit à traduire le langage des Ummites, extra-terrestres venus sur Terre à des fins d’observation scientifique et ayant entretenu de véritables relations épistolaires avec plusieurs personnes en Europe de l’Ouest. Avec comme résultat la définition de la matière noire et des trous noirs. Rien que ça. Mais en réalité, ce qui pourrait faire office d’un mauvais pitch de série B est une théorie très débattue au sein de la communauté ufologique.

« La curiosité tout azimuts »

« Je ne connaissais pas », admet Ange qui dit avoir parfois du mal à « recouper » des informations qu’ils jugent parfois « farfelues. » Car même si certaines hypothèses peuvent sembler fantaisistes, être passionné d’OVNI n’est pas synonyme d’un aller simple en hôpital psychiatrique. « C’est de la curiosité tous azimuts », résume André, 74 ans.

« Je trouve suspect de voir les gens qui témoignent se faire systématiquement tourner en ridicule. »

En provenance directe d’une conférence à la médiathèque sur les vols spatiaux habités, ce commercial à la retraite s’est installé devant son quart de rouge et ses haricots verts en attendant le début de la conférence. Lui aussi a toujours été intrigué par le phénomène OVNI via des expériences vécues par des amis. « Quand il y a un faisceau de cohérence autour d’un sujet, ça m’intéresse. Et puis je trouve suspect de voir les gens qui témoignent se faire systématiquement tourner en ridicule. »

 « L’idée d’exo-civilisation est passée du ridicule au cadre de ce qui est possible. »

Car c’est aussi ça les repas ufologiques. Un endroit où l’on peut parler sans crainte de passer pour le dingue du bureau. « On n’est pas responsable des propos qui sont tenus ici. C’est simplement un lieu d’échanges. » Et même si certains flirtent volontiers avec la théorie du complot, la plupart espère que leur conviction se diffuse plus largement au grand public. « Depuis l’essor d’Internet, on voit de moins en moins de moqueries », constate Isaure. « L’idée d’exo-civilisation est passée du ridicule au cadre de ce qui est possible. » Un renforcement de la crédibilité due également à l’existence d’organisme tel que le GEIPAN, émanation du CNES, chargée de vérifier des témoignages d’observations d’OVNI.

Aucun commentaire: