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jeudi 25 février 2016

LES CHRONIQUES d'EL BIB : L'HOMME DE PIERRE, Hazel Head





L’Homme de Pierre (1932, une révision pour Hazel Heald, in Wonder Stories 1932). Hazel Heald avouera dans une lettre à August Derleth avoir recommencé un nombre incalculable de fois sa nouvelle sur les conseils de Lovecraft. Ce qui fait dire à S.T. Joshi qu’il s’agit d’une nouvelle pratiquement écrite par notre auteur qui de surcroît y a ajouté plusieurs éléments de sa propre mythologie (notamment Le Livre d’Eibon). Et le résultat est tout à fait convainquant.  Il s’agit du récit de deux jeunes gens, passionnés par les sculptures anciennes qui vont se mettre à la recherche de mystérieuses statues dans la région des Adirondacks. Renseignés par Henry Jackson, un indigène de Mountain Top, ils seront mis sur la piste d’une grotte où gisent un chien et un homme pétrifiés. Ils apprendront également le passage dans la région du célèbre sculpteur Arthur Wheeler qui s’était installé provisoirement dans la tanière de Dan le Fou pour travailler. Et de découvrir le chien à l’entrée de la grotte et un homme pétrifié qu’ils reconnaîtront immédiatement comme étant le cadavre « en pierre » du dit Wheeler.
Poursuivant leur enquête, ils se rendront dans la maison de Dan où gît ce dernier ainsi que son épouse, tous deux également empierrés. Ben Hayden, l’un des deux acolytes, mettra la main sur le cahier journal du propriétaire. On y apprendra que Dan était un sorcier noir, de la lignée de Nicholas Van Kauran qui avait passé un pacte avec l’Homme noir et qui travaillait sur le Livre d’Eibon, transmis de génération en génération. On y apprendra également que Dan était fou de jalousie, son locataire Wheeler s’intéressant de trop près à son épouse. Pour se venger, il utilisera la formule de pétrification proposée dans le grimoire, et après avoir liquidé le sculpteur, commencera à empoisonner sa femme. Cette dernière, dans un dernier sursaut, parviendra à inoculer le poison à son mari.



° Livre :
Le Livre d'Eibon ou Liber Ivonis a été inventé par Clark Ashton Smith dans la nouvelle Ubbo-Sathla (1933), et a été repris par la suite par Lovecraft. Il est censé avoir été écrit par un sorcier d'Hyperborée, et s'être transmis au fil des siècles parmi les sorciers. Smith mentionne une traduction française médiévale dérivée d'une version grecque, mais on ne peut remonter au-delà. Il en existe également des traductions en anglais et en latin (le Liber Ivonis).Dans la nouvelle, Lovecraft donne certaines précisions sur les sorts proposés dans le livre :
-       La pourriture verte
-       L’émanation de Yoth (mais cela suppose le sacrifice d’un enfant).
-       La pétrification ou injection de la maladie de l’homme de pierre. Il s’agit plus d’une fabrication chimique que d’un véritable sort magique.

° La maladie de l’homme de pierre :
La fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), plus connue sous le nom de « maladie de l’homme de pierre » est une maladie génétique rare qui touche une personne sur deux millions dans le monde. Elle transforme progressivement les muscles et les tendons du corps en os.
Décrite pour la première fois au XVIIe siècle, la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP) se caractérise par une ossification progressive des muscles squelettiques et tendons les rattachant aux os, le plus souvent précédée de poussées inflammatoires. Mieux connue sous le nom de « maladie de l’homme de pierre », elle peut être décelée dès la naissance dans le cas de malformation du gros orteil qui est plus petit et courbé. On assiste ensuite à la transformation des muscles squelettiques, des tendons et des ligaments en os hétérotopique qui rend progressivement tout mouvement impossible. Cependant, cette maladie n’est pas mortelle puisque les muscles de la langue, du pharynx, du diaphragme, des sphincters et le cœur ne sont pas touchés. Malheureusement, l’espérance de vie moyenne des personnes atteintes de la FOP ne dépasse par les 40 ans.
En 2006, des chercheurs ont identifié le gène responsable de la maladie de l’homme de pierre. C’est la mutation du gène ACVR1 qui code pour le récepteur au BMP (Bone Morphogenetic Protein), une protéine qui induit la formation des os et du cartilage, qui entraîne un surproduction de BPM dans la cellule. Ainsi, les cellules musculaires deviendront cartilagineuses avant de se transformer irrémédiablement en cellules osseuses.
Actuellement, les spécialistes sont impuissants face à l’évolution de cette pathologie. Il faut en particulier éviter les traumatismes, même minimes du muscle, qui favorisent les poussées. Des chercheurs de la société de biopharmaceutique Regeneron Pharmaceuticals, basée aux États-Unis viennent de développer un anticorps qui serait capable de stopper l’excès de protéines BMP. Testé sur des souris, le traitement bloque l’activine A et empêche le gène de fonctionner. « L’anticorps a été efficace chez la souris jusqu’à six semaines, sans effet secondaire manifeste. Bien sûr, il reste à vérifier qu’elle est aussi efficace chez l’homme », commentent les chercheurs.
À l’heure actuelle, le seul traitement existant est un stéroïde qui permet de limiter les douleurs inflammatoires.

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