mercredi 22 septembre 2021
mardi 14 septembre 2021
VERONIQUE CAMPION-VINCENT ET FRANÇOISE SAGAN
samedi 11 septembre 2021
vendredi 10 septembre 2021
CAMPUS MISKATONIC
L’association Miskatonic, fondée en 2019 à Verdun, a pour objectif de
faire connaître au public le plus large possible l’œuvre de Howard
Phillips Lovecraft, maître américain du récit d’horreur fantastique.
Elle tire son nom de la rivière Miskatonic, cours d’eau fictif du Pays de Lovecraft.
Jeudi 28 octobre
Conférence - H.P. Lovecraft, des Pulps aux Comics
Jeudi 28 octobre 2021 à 20h30|Médiathèque du Grand Verdun
H.P.
Lovecraft se trouve au confluent des pop cultures du vingtième siècle.
Mort en 1937, il a largement influencé les comic books, héritiers des
pulps de plus d'une façon. Quels sont les fils les reliant tous ?
Avec Alex Nikolavitch, auteur, scénariste, traducteur de BD
Exposition |Les Racines de l’Horreur
Du 25 au 30 octobre 2021|Médiathèque du Grand Verdun
Un roadtrip sur les traces de H.P. Lovecraft en Nouvelle-Angleterre.
Vendredi 29 octobre
L’Appel du Gaming
Vendredi 29 octobre 2021, de 10h00 à 17h00|Médiathèque du Grand Verdun
Du Grand Ancien Alone in the Dark au plus récent The Shore, venez tester une sélection de jeux vidéo inspirés de l’œuvre de H.P. Lovecraft !
L’Appel du Gaming
Vendredi 29 octobre 2021 de 14h00 à 15h00|Médiathèque du Grand Verdun
Un panorama des jeux vidéo inspirés de l’œuvre de H.P. Lovecraft.
Avec Julien Dorémus, dévoreur de mondes culturels
Jeux de société - Jeux de rôle
Vendredi 29 octobre de 19h00 à 00h00
4
tables de jeu de rôle dans 4 endroits étonnants de Verdun. Une soirée
dédiée aux jeux de société lovecraftiens dans la boutique de jeux
Tavernia.
Samedi 30 octobre
L’Autre chez Lovecraft
Samedi 30 octobre 2021 à 11h00|Médiathèque du Grand Verdun
Quel
regard porter aujourd’hui pour apprécier à sa valeur le grand écrivain
de l’imaginaire sans pour autant le suivre quand son chemin le mène de
la peur de l’inconnu au rejet de l’autre ?
Avec Christophe Thill, co-directeur des éditions Malpertuis
L'Indicible Salon
Samedi 30 octobre 2021 de 14h00 à 17h00|Médiathèque du Grand Verdun
Venez rencontrer, échanger et pourquoi pas faire dédicacer les ouvrages d’auteurs inspirés par l’oeuvre de H.P. Lovecraft.
Les invités : Gilberto Villarroel,Christophe Thill, Armel Gaulme, Bastien Bertine et Bruno Cariou
Projection|The Whisperer in Darkness
Samedi 30 octobre 2021 à 20h30|Salle Jeanne d’Arc à Verdun
Tourné dans le style des films classiques des années 1930 tels que Frankenstein, Dracula et King Kong, The Whisperer in Darkness
nous ramène à l'âge d'or du cinéma pour une aventure palpitante
d'horreur surnaturelle. Une des adaptations de H.P. Lovecraft les plus
réussies !
Introduction par Christophe Thill
jeudi 9 septembre 2021
LES CONFESSIONS DE FRANCESCA, Marie Maitre
Ceci est un roman de vie, largement inspiré de faits réels. Francesca ne s’est pas illustrée dans le mouvement « me too » ; on ne l’a pas vue sur les plateaux de télévision qui se multiplient en ce moment sur les thèmes ‘femme battue, viol, inceste…’. Et pourtant, elle y aurait toute sa place par la belle leçon qu’elle nous donne : on peut échapper à l’horreur grâce à l’Art !
L’Éditeur
Pour moi, l’Art est total, physique, entier, il s’explore en poussant à l’extrême les capacités du créateur.
Artiste autodidacte, je parle volontiers de quête. Cette quête qui m’anime sans cesse et m’accompagne à travers mes créations photo.
Désormais, cet Art-là nourrit mon âme et mon corps. Il répond à mes exigences humaines autant que je peux les provoquer, les étaler et les partager.
Marie Maitre
Disponible d'ores et déjà sur Amazon
Et bientôt dans la boutique ODS
mardi 7 septembre 2021
LE PAYS AUX MILLE COULEURS INVISIBLES, Pierre-Jean Canquouët
Cet ouvrage aurait pu s’intituler Petit Traité d’herméneutique kabbalistique. Dans le temps d’une écriture et pour la fugacité d’une lecture, cette science sacrée a survolé un archipel d’îlots épars. Par-dessus ceux-ci, l’Arbre de Vie a placé sa fonction organisatrice dans un glyphe fondateur, sceau de vies possibles. L’écharpe infinie de l’Alephbeth s’est déroulée pour révéler un aspect singulier du langage du monde.A.E. : derrière ce pseudonyme inspiré du tarot, se devine, comme le dit son biographe Henry Summerfeld, un homme à l’esprit myriadique, instruit par sa propre poésie qu’il a nommée « rétrospective ». Il a murmuré à l’auteur le titre de cet opuscule et lui a servi de guide tutélaire dans ce dévoilement. Dans son firmament intérieur, sa radiation est majeure.Pierre-Jean Canquouët, né en 1944, a rencontré une vie d’informaticien. A l’heure de la haute retraite, il a retrouvé ses projets profonds : la poésie, la musique et la kabbale. Il se promène dans les trous de ver de l’astrophysique par-delà les trous noirs si troublants – échappant à la tyrannie de la gravité et de la densité dans les libres pages de l’immédiateté imaginale.
Disponible chez ODS et sur Amazon
dimanche 5 septembre 2021
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA RELIQUE DU CHAOS, Giacometti & Ravenne
La Relique du Chaos, Giacometti et Ravenne (J.C. Lattès, 2020). C’est vrai qu’on finit par s’attacher à l’équipe infernale de nos quatre amis, et même éprouver de la sympathie pour Aleister Crowley qui reste certes un gros cochon, mais qui maîtrise parfaitement la magie opérationnelle ! On va rencontrer dans cette aventure un certain Gurdjieff (tiens), grand collectionneur de tableaux qui fut l’un des proches de Nicolas II. Mais le prix d’honneur revient cette fois-ci à Alfred Rosenberg, l’idéologue raté du Reich devenu spécialiste émérite des questions juives et pilleur particulièrement avide des biens de ses sujets d’étude. Le cœur du roman sera bien sûr la queste de la quatrième svastika sacré, une saga qui nous fera remonter dans l’histoire de la famille impériale, et bien au-delà. Tristan Marcas s’en sortira une nouvelle fois sur le fil du rasoir, non sans avoir risqué à plusieurs reprises la vie de ses jolies amies. Et on aura droit à un final grandiose sur l’île de Bornholm, entrée de la terre creuse mais aussi station de travail sur la terre… plate.
Pour le gag, on apprendra que Richard Nolane est un bobby londonien qui « manie une matraque généreuse et pédagogique. »
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA NUIT DU MAL, Giacometti & Ravenne
Avec La Nuit du Mal, Giacometti et Ravenne (Livre de Poche, 2019) reprennent du service à la recherche de la troisième swastika sacrée, artefact indispensable au Reich pour remporter la victoire. On retrouve avec plaisir l’agent double Tristan Marcas, l’archéologue nazillarde Erika et la belle résistante cathare, Laure. Et en bonus fera son apparition Ian Fleming, chargé d’une mission ultra secrète, parallèlement à l’opération de récupération de la croix qui aurait été localisée en Crète. On aura droit aussi à la participation d’’Aleister Crowley, plus « gros porc » que jamais, mais qui semble bénéficier d’une protection obscure de Winston Churchill !
A noter quelques belles pages bien documentées sur la jeunesse d’Hitler, ses années de galère à la recherche de la gloire artistique, ses années militaires faites de dévouement et d’efficacité et sa douloureuse recherche d’identité politique après la capitulation de l’Allemagne. On aura droit aussi à la participation efficace d’un petit gars étonnamment perspicace, Reinhardt Heydrich.
Et puis, tout à fait hors sujet, j’épingle cette citation qui me va droit au cœur :
Tristan avait pris ses quartiers dans la bibliothèque. À cette heure, elle baignait dans une obscurité qui accentuait son côté mystérieux. Enfant, il s'était souvent demandé ce que faisaient les livres en l’absence des hommes. Restaient-ils sagement rangés dans leurs rayonnages ou bien jaillissaient-ils de leurs étagères pour entamer une sarabande déchaînée ? Avant de s’endormir, il s’imaginait les livres assis côte à côte, se lisant les uns sur les autres. Il se demandait même, durant ses lectures clandestines, si les livres ne se mélangeaient pas entre eux, n’échangeaient pas des pages, pour finir par former un livre collectif, le livre des livres, que personne ne lirait jamais. Depuis, la vie s’était chargée de lui faire oublier ses rêves d’enfants, mais il avait gardé le secret espoir qu’un jour, dans une bibliothèque, il découvrirait ce que les autres hommes n’avaient jamais osé imaginer.
dimanche 22 août 2021
ROBERT LIRIS LU PAR REMI BOYER
Robert Liris, chercheur de mystères. Entretiens avec Claude Arz. Éditions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
C’est sans doute à propos du site de Glozel que vous aurez entendu parler de Robert Liris. Professeur d’histoire à Vichy, dans les années 60, Robert Liris accueillit dans sa classe le petit-fils du propriétaire du site. Suivirent des décennies de recherches sur les vestiges controversés de Glozel.
« Les productions de Glozel, dit-il, sont authentiques, mais en décalage chronologique. Pour moi, c’est une survivance d’inspirations néolithique et de l’âge du bronze. Selon le philologue suisse Hans-Rudolf Hitz, Glozel aurait été un lieu de pèlerinage religieux et médical ayant attiré un grand nombre de peuples sur plusieurs siècles qui auraient célébré des cultes cosmiques dédiés à la déesse mère. »
Glozel est le premier sujet abordé par Robert Liris et Claude Arz mais d’autres suivent car les entretiens sont thématiques : la Table des Bergers sur la montagne de Bozat, la fête aux mystères, la psychohistoire, Passions poétiques, Rencontres avec des hommes remarquables… Au fil des entretiens, ce n’est pas seulement une plongée dans « l’histoire mystérieuse » que vit le lecteur mais une belle rencontre avec un aventurier aussi attachant qu’intéressant.
Robert Liris définit ainsi la psychohistoire, qui donne sens à sa démarche :
« La psychohistoire est une discipline qui mêle l’histoire et la psychanalyse. C’est la recherche non pas du quoi, mais du pourquoi, de l’engagement profond de l’homme par rapport aux faits, la découverte de sa motivation profonde. »
Il précise :
« L’événementiel dépend de la sphère politique, économique ou sociale si l’on admet que le religieux est un masque pour passer à l’action sur les trois autres grands domaines déterminants. L’aventure freudienne permet de pénétrer et révèle le domaine caché des déterminations. C’est dans la psyché humaine que se tapissent des ressorts d’explication de la motivation de l’individu socialisé. Le champ d’étude de ce fait s’élargit en examinant des documents laissés pour compte. »
Nous comprenons mieux le décalage entre les hypothèses posées par Robert Liris et les affirmations officielles nécessairement contraintes et réductrices, pourtant les interprétations proposées en psychohistoire ouvrent de nouveaux champs d’investigations et de nouveaux possibles. « L’histoire, nous dit-il se conjugue avec le songe et le rêve. »
La poésie se glisse naturellement dans la pensée de Robert Liris et vient prendre une place centrale, en tant que telle ou comme regard sur le monde, visible et invisible. Et il a cette intuition remarquable qui envisage le son, qui précède le mot, comme porteur d’un sens propre.
Les entretiens, autant de rencontres où la profondeur et la méthode se mêlent, témoignent d’un voyage spirituel remarquable. Robert Liris démontre comment nous pouvons traverser ce monde-carcan en restant réellement vivant.
lundi 16 août 2021
LES DIALECTIQUES FACTRICES de Jean-Charles Pichon lues par Rémi Boyer
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Les dialectiques factrices dans les quêtes du Graal er les alchimies de Jean-Charles Pichon. Editions L’œil du Sphinx et Association des Amis de Thélème, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris.
Quatre parties composent ce livre magistral de méta-analyse et de métaphysique : le Graal, les Alchimies, la Forme vide, les Machines annexes. Une fois de plus, il est question de mettre l’accent sur les relations plutôt que sur l’objet et le sujet afin de rendre compte du tissage du réel hors des temporalités apparentes.
Jean-Charles Pichon en appelle aux Grandes Images de C.G. Jung : « Non seulement l’objet mais le sujet qui l’observe (JE) ne sont que des composés des Grandes Images, dont l’étude révèle la réalité profonde (l’Inconscient). ».
« L’objet de ce livre, indique-t-il, n’est pas autre que l’étude des processus par lesquels la Grande Image se fait un Système de symbole physique : ce sont les Quêtes du Graal, lors du dernier renversement. Et l’étude des processus par lesquels le Système de symbole physique donne lieu à de nouvelles Grandes Images : c’est toute l’alchimie. Il n’en suit pas que les quêtes du Graal et l’alchimie révèlent ce qui est l’Être en soi. Mais aucune quête et aucune science ne le révèlent, bien qu’elles l’imitent, le créent ou le connaissent parfois, soit symboliquement soit par l’image. »
Ceci modifie radicalement et de manière totalement pertinente, le rapport à l’initiatique qui n’est point une conquête (avoir et faire) mais une célébration (être). Les interactions créatrices, les dialectiques, entre Grandes Images et Système de symbole physique, ou encore Archétypes et précipitations, une fois identifiées permettent de comprendre comment les mythes se déplacent dans la temporalité et les cultures, se répliquant et se renouvelant simultanément et aussi comment ils imprègnent le langage.
Jean-Charles Pichon passe le cycle du Graal au tamis du système promesse-réponse. Remarquons que ce système opère en toute dimension initiatique et peut-être même dans tous les domaines de la vie. Ce schéma promesse-réponse en implique un autre : déliement-défi car on se délie de sa promesse et on répond au défi. Les personnages principaux du cycle du Graal et les événements qu’ils connaissent, souvent des épreuves, apparaissent comme les facettes d’un unique quêteur et d’une seule quête, indépendante des temps et des lieux qui sont des états de la conscience en mouvement.
Avec l’alchimie, l’Or remplace le Graal mais les enjeux demeurent, notamment le sujet essentiel du temps que Jean-Charles Pichon a parfaitement identifié à la fois du point de vue métaphysique, ce qui est classique, et du point de vue scientifique, ce qui fait de lui un précurseur.
« Le fondement de toute science rationnelle est la croyance en une flèche unique du temps. Cette flèche est axée de l’Avant vers l’Après : soit du passé vers le devenir, soit du devenu vers l’Avenir. Mais les deux sens eux-mêmes ne peuvent se succéder que de l’Avant vers l’Après : dans le cycle cosmologique, le matin précède le soir ou le printemps l’automne, dans le processus de vie, l’enfance précède l’âge adulte, ou (très probablement) le minéral la plante, qui précède l’animal.
Cette croyance est donc suffisamment prouvée, à cela près du moins que, quelque part, dans l’Instant, hic et nunc, le devenir précède le devenu (mais c’est alors le devenir qui est avant, le devenu qui est après). »
Intégrer ce principe est indispensable pour réaliser une quête initiatique, Graal, Pierre Philosophale ou plénitude du Vide.
Jean-Charles Pichon ne travaille pas à grands traits, il conduit le lecteur sur l’océan agité des ambivalences. Parfois un îlot de stabilité permet à la pensée de se poser avant de repartir. Etudier cette œuvre magistrale est un voyage aussi passionnant que risqué. Les certitudes volent en éclat sans que d’autres viennent les remplacer.
« Si, nous dit-il, tout le problème est celui-là : la maintenance et la plénitude de Ce qui est, l’Être ne dure pas sans se faire différent (autrement), il ne se change pas sans redevenir le même (la même chose). Ou, du moins, c’est ainsi que JE lit les processus, comme il voit le bâton se briser quand il le plonge d’un élément dans l’autre (demeurant le bâton même) et le nuage ou l’arbre se répéter dans le fleuve, la ville dans le mirage ou soi-même dans le miroir – une même chose dans l’autre.
Mais la réflexion (que provoque la réflection) et le sentiment de casse que provoque la réfraction ne sont que des illusions nées des lectures. »
Il faut encore traverser les apparences, se saisir des intervalles, car, conclut Jean-Charles Pichon, « le jeu seul permet à JE une approche acceptable de la réalité ».
mercredi 11 août 2021
GYMNOPEDIES AUTOUR D'UNE PHOTO DE JEAN-CHARLES PICHON, Robert Liris & Jean-Christophe Pichon
Entre les brumes et les bruits de l’image dérobée au temps qui l’efface,
nous avons essayé, Jean-Christophe et moi, de rendre à la prise de vue
fixée, son mouvement multiple, celui d’une incroyable aventure, celle du
mourir-n’être. Le procédé du fondu enchaîné rendait à une
troisième image le « figuratif d’apparition » mais l’immobile nous
rattrapait. On en était là, chacun sur notre estran, à marée basse…
sidéré !
Notre rencontre fut un flot qui nous porta au-dessus des
débris de naufrage de bien d’autres fragments déplacés d’images
retrouvées. Cela fut possible par une mystérieuse affinité élective,
celle de deux artistes qui écoutent le bruit du monde et savent sonder
des voies où la limite n’existe pas.
Faisons du lecteur de ces lignes
le complice actif de ce renouveau des écritures mêlées et des images
captées et confondues. Nous avons parfois broyé nos styles d’écrits et
lancé les phrases poignards pour déchirer de la nuit, la page parfois
bien noire. Robert Liris pour Jean Christophe Pichon.
Que
cache le portrait, saisi au vol il y a quelques décennies de
Jean-Charles Pichon immobile dans un singulier paysage ? Dont la
signification autrefois imperceptible, se découvre au fil de la mise en
lumière de l’œuvre du poète/métaphysicien. L’image, vivante, se modifie
selon l’observateur et la nature du regard porté.
Robert tente de
percer ce mystère apparu, au-delà d’une photo, dans les images qui nous
parviennent des confins de l’humanité, traversant des siècles de bruits
et de lumières, jusqu’aux images générées par notre propre culture.
Cela méritait bien une correspondance. Jean-Christophe Pichon pour Robert Liris.
Éditions de l'Oeil du Sphinx
vendredi 16 juillet 2021
ROBERT LIRIS, UN PSYCHO-HISTORIEN CHERCHEUR DE MYSTÈRES
Aux Éditions de l'Oeil du Sphinx
Robert Liris, chercheur de Mystères
Robert Liris est un enchanteur que j’ai
rencontré pour la première fois, un dimanche d’avril 2009 à Vichy. À l’époque
j’écrivais Voyages dans la France mystérieuse et je voulais avoir son
témoignage, lui, ancien président des Amis de Glozel. Sur le quai, je le
reconnus tout de suite avec sa crinière blanche et son sourire bienveillant. Je
ne savais pas grand-chose de lui sauf qu’au téléphone, il s’était défini comme
un psychohistorien : ce n’est pas le quoi de l’histoire, les faits qui
m’intéressent, m’avait-il expliqué, c’est le pourquoi. J’utilise les documents
de façon détournée, cachée, cryptée. Je travaille sur l’inconscient des objets
comme à Glozel par exemple.
J’allais vite comprendre que cet homme était plus qu’un érudit, mais aussi un
aventurier de routes lumineuses.
Claude Arz
Juin 2021
(18 € + 0,01 € de frais de port)
ISBN : 978-2-38014-041-5
vendredi 9 juillet 2021
FICTION & POESIE, Geneviève Beduneau
Vient de sortir aux Éditions de l'Oeil du Sphinx
Geneviève était pour moi essentiellement une chercheuse, rédactrice d’études sur les sujets les plus pointus. J’ai découvert, lors de nos fouilles bibliographiques, qu’elle était aussi une belle plume de fiction, ayant été « forgée » à la sympathique école du fandom des années 80. Un petit milieu où, sous le pseudo de Anne Vève, elle a pu faire montre d’une imagination étonnante et d’une écriture scintillante. Avec un regret bien sûr, celui qu’elle n’ait pas persévéré dans cette voie, nous laissant beaucoup de textes embryonnaires ou inachevés après nous avoir titillé les papilles !
Philippe Marlin
jeudi 8 juillet 2021
vendredi 2 juillet 2021
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : GOLEMS d'Alain Delbe
Golems, Alain Delbe (Phébus, 2004). Alain Delbe possède à la fois une belle plume et une expérience de psychiatre qui lui permettent d’assoir solidement une histoire incroyable, de surcroît parfaitement documentée. On y fait la connaissance d’un jeune garçon du Nord de la France, Jacques, à qui la propriétaire de la résidence familiale fait cadeau d’un petit livre, Les Camps de la Mort. Un petit livre fascinant dans les photos duquel le jeune garçon va s’évanouir, retrouvant dans ses cauchemars une petite fille torturée qui le supplie d’avouer son secret.
On zappe ensuite dans le Prague des années 1936 en compagnie de Nathan, un jeune juif venu faire ses études. Il possède un don exceptionnel, celui de la mémoire totale, capable d’enregistrer des pans entiers des livres sacrés et de les restituer de façon impeccable. Il est pris sous la coupe d’un vieux rabbin qui voit en lui le successeur à qui il pourra confier le secret de la communauté avant de mourir. Et quel secret puisqu’il ne s’agit de rien d’autre que de réanimer le golem qui gît dans un souterrain sous la tombe de rabbi Loew. Nathan fréquente parallèlement deux compagnons, Hermann, un chercheur allemand en occultisme et Camille, une étudiante française qui prépare une thèse sur « Le Prague de Kafka et de Meyrink ». Nathan tombera rapidement amoureux de Camille qui accepte de l’épouser s’il lui avoue son secret. Il craquera et la jeune fille commettra une petite indiscrétion en le partageant avec Hermann qui semble patauger dans ses recherches ésotériques. Les choses se précipitent alors : l’Allemand n’est autre qu’Otto Rahn, en mission sous les ordres de Karl Maria Wiligut. Nathan est arrêté, déporté à Auschwitz, torturé pour livrer le cantique qui permet d’éveiller le golem. Camille rentre précipitamment en France et Otto Rahn se suicide car il ne supporte pas d’avoir trahi son ami Nathan. Ce dernier mourra à Buchenwald juste au moment de la Libération, l’âme brisée, persuadé qu’il est que l’horreur infligée aux juifs est une punition envoyée par Dieu pour avoir dévoilé le secret d’Israël.
Nous retrouvons pour le final Jacques, qui est devenu psychologue. Il exhume le petit livre qui l’avait hanté et le montre à sa grand-mère, Nanou, qui s’évanouit. Elle reconnaît sur une photo Nathan et finit par avouer qu’elle en était enceinte lorsqu’elle a fui Prague et que son père n’est autre que leur fils. Mais le mal semble poursuivre son œuvre et une vague de crimes néo-nazis frappe l’Allemagne. Jacques se sent investi d’une mission et part sur les traces des coupables, sans omettre de nous proposer un périple assez complet de tourisme « brun » (Wewelsburg, Berchtesgaden, Nuremberg, Buchenwald…). Je ne spolierai pas la chute, si ce n’est pour dire que le secret de la fabrication de golems n’avait pas été perdu pour tout le monde !
dimanche 27 juin 2021
LE MUSÉE DES MYSTÈRES d'Alain Delbe lu par Rémi Boyer
Le musée des mystères
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Le musée des mystères par Alain Delbe. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.
Alain Delbe est psychologue et psychanalyste, auteur de littérature fantastique, romans et nouvelles. Dans ce livre, il compile une douzaine de dossiers sur des événements ou situations étranges, défiant la rationalité ordinaire. Ces expériences sont venues à lui par des rencontres ou encore par son travail de psychologue, elles illustrent combien le monde que nous croyons connaître est plein de failles qui ouvrent sur d’autres possibles à explorer.
« Dans la douzaine de « dossiers » qu’on y trouvera, annonce l’auteur, et où je cède souvent la parole à d’autres, je souhaite que le lecteur se laisse charmer, intriguer, amuser, voire effrayer, par ces multiples fissures du réel qui nous entoure, que nous avons si vite, trop vite, appris à ne plus voir ni entendre. »
Certaines des situations présentées sont absolument fascinantes comme la première, intitulée Le Muret qui nous fait plonger dans les constructions sans limites de l’esprit. Un autre grand moment de l’ouvrage concerne la mort mystérieuse d’Edgar Allan Poe que Louis Seignolle éclaire lors d’une rencontre avec Alain Delbe. Au cœur du mystère Poe et de cet autre mystère qu’est Claude Seignolle se trouve la manifestation, ou la matérialisation, des personnages créés par les auteurs. E.A. Poe serait mort, tué par l’un de ses personnages ou plusieurs…
Chaque dossier porte sur un mystère différent : démons, fantômes, créatures incertaines, porosités entre univers, messages anormaux, communication animale… autant de thèmes qui intéressent aussi bien la littérature que la métapsychie. Aujourd’hui les recherches scientifiques sur les états différenciés de la conscience jettent un autre regard, plus ouvert, sur ces phénomènes que trop de personnes encore cantonnent au domaine de la psychiatrie.
Nous pouvons lire ces témoignages comme s’il s’agissait de simples nouvelles, nous pouvons aussi nous interroger sur la nature de la réalité quotidienne et sur ce qui vient la bousculer. Alain Delbe nous annonce d’autres dossiers à venir que nous découvrirons avec autant de plaisir que d’intérêt.


















