Il y est fait allusion au retour sur terre d’une créature nommée Y’Golonac. Cette œuvre peu connue est une sorte de bible inspirée par une puissance surnaturelle, Glaaki. Les Révélations se composent de douze volumes. Le dernier tome aurait été écrit par un homme « au sommet de Mercy Hill (Brichester), guidé dans ses songes ». Ce volume est encore moins connu et que ses onze prédécesseurs. Il a été retrouvé par un certain Sam Strutt chez un obscur bouquiniste de Londres. « le vieux livre était de taille ; la reliure craqua en découvrant des pages jaunies, couvertes de lignes irrégulières à l’écriture griffonnée »
Car même des adeptes de Cthulhu n’osent parler de Y’golonac ; pourtant, le temps viendra où Y’golonac quittera solennellement la solitude des âges pour revenir une fois de plus parmi les hommes...
Au-delà d’un abîme dans la nuit souterraine, un passage mène à une paroi de briques massives. Au-delà de ce mur trône Y’golonac pour y être servi par les êtres des ténèbres, dépenaillés et sans yeux. Il a reposé longtemps de l’autre côté de ce mur et ceux qui l’ont franchi en rampant passent sur le corps d’Y’golonac. Mais, lorsqu’on lit ou prononce son nom, il s’avance pour être adoré ou pour se nourrir et revêt alors parfois la forme et l’âme de ceux qu’il prend en pâture. Ceux qui recherchent les lectures diaboliques et tentent de s’imaginer ces êtres en pensée, les invoquent. Et alors, il se peut que lorsque la voie sera libre, Y’golonac revienne sur Terre parmi les hommes. Cthulhu sortira de sa tombe parmi les herbes sauvages. Glaaki ouvrira d’un geste la trappe de cristal. Les rejetons d’Eihort naîtront à la lumière du jour. Les foulées puissantes de Shub-Niggurath résonneront dans le cosmos. Le voile de l’illusion se déchirera et Daoloth révélera la réalité cachée.
Extraits du volume XII des Révélations de Glaaki
UNE NOTE DU LABORATOIRE ODÉSIEN DE L'IMPOSSIBLE
Les Revelations of Glaaki
Ce grimoire est une création de Ramsey Campbell. Il joue, dans son propre cycle du Mythe, un rôle comparable à celui du Necronomicon chez Lovecraft.
Il est censé avoir été rédigé par un disciple de Glaaki, après avoir reçu ses enseignements. L'œuvre est composée de plusieurs volumes, souvent cités mais rarement vus dans leur intégralité.
Le lien avec Y'Golonac
Dans Cold Print, le héros recherche un ensemble de pages arrachées des Revelations of Glaaki.
Ces pages ne sont pas anodines.
Elles contiennent les passages consacrés à Y'Golonac.
Campbell a une idée brillante : le danger ne réside pas dans le livre entier, mais dans quelques feuillets épars, suffisamment puissants pour attirer l'attention de l'entité.
Cela rejoint une vieille idée lovecraftienne : un fragment de savoir peut être aussi dangereux qu'une bibliothèque entière.
Une autre subtilité
Au début de Cold Print, les pages sont dissimulées dans ce qui semble être un ouvrage pornographique vendu sous le manteau.
C'est un procédé très campbellien.
Chez Lovecraft, les grimoires sont conservés dans des bibliothèques universitaires ou des collections privées.
Chez Campbell, le savoir interdit circule dans les marges de la société moderne : librairies douteuses, appartements délabrés, publications clandestines. L'horreur quitte les rayonnages de l'université pour investir le quotidien.
Pourquoi ce choix est remarquable
Campbell comprend que, dans les années 1960, le livre maudit ne peut plus être un énorme in-folio latin comme le Necronomicon.
Le danger est devenu plus diffus.
Quelques pages suffisent.
Un photocopie suffirait presque.
C'est une modernisation très intelligente du thème du grimoire interdit.
Natasha
























