dimanche 3 février 2013

LA TOUR MAUBOURG (Paris)

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07 – La Tour Maubourg (58 Bld La Tour Maubourg, 75007 Paris, tél 01 45 51 47 26). Que voilà une belle adresse. Une brasserie, certes, mais malgré la couleur huppée du quartier, qui ne cherche pas seulement à assécher votre carte bancaire. J’ai apprécié le beau choix de tartares, nature ou poêlés, au basilic ou encore au magret fumé. Les plats du jour sont variés : le jour de mon passage, de remarquables quenelles de brandade de morue, de belles moules à la crème et un confit de poule croustillant. A tester, les amis !

vendredi 1 février 2013

NOTRE PROCHAIN DINER DEBAT DU RAZES


DECES DE INGO SWANN




Nous venons d'apprendre le décès hier, d'une crise cardiaque, d'Ingo Swann ! C'était un peintre talentueux, collectionneur de tableaux du Far West, un parapsychologue remarquable, à l'esprit brillant et à l'humour acéré, qui avait mis au point les protocoles du "remote viewing" pour l'armée américaine et un grand médium. 
Nous avons  publié en français "Penetration", son ouvrage étonnant sur ses aventures avec un service discret et avec des ET, qu'il refusait de republier en anglais. 

Bon voyage, Ingo

lundi 28 janvier 2013

MON AMI MOMO DANS LE FIGARO


L'ATLANTIDE, Paris



05 – L’Atlantide (4 rue du Pot de Fer, 75005 Paris, tél 01 43 36 23 38). Une adresse bien franchouillarde dans ce quartier bobo/branché. Pas de grandes surprises dans une impressionnantes panoplie de menus, mais c’est varié et de bonne qualité : huitres, escargots, steak au poivre, sardines grillées. Le patron, truculent, est en train de mettre la dernière virgule à ses mémoires « 40 ans à la Mouffe ». Ah oui, un petit truc encore : si vous ne voulez pas le dessert du menu, vous pouvez choisir une seconde entrée. A savoir, non ?

A LA MEMOIRE DE JEAN-JACQUES BARLOY







JJ Barloy s'est éteint hier à l'âge de 75 ans. C'était un chercheur hors normes, ami de Bernard Heuvelmans et féru de cryptozoologie. C'était un compagnon agréable, fidèle de notre association et collaborateur précieux de notre maison d'éditions. L'ironie du sort voulait que je fasse une conférence samedi avec lui sur les dinosaures du Razès... On fera sans lui, et à sa mémoire.
A sa mère et à sa famille, nous adressons toutes nos condoléances.

samedi 26 janvier 2013

UNE CRECHE BALNORENNAISE

L'INDEPENDANT

Carcassonne Une crèche remarquable

Le 26 janvier à 6h00 par Correspondant
Les santons viennent de Bethléem.
Les santons viennent de Bethléem. PHOTO/© D.R
RENNES-LES-BAINS André Authier, maire, a invité les Rennois à venir découvrir la crèche, lors de la présentation des vœux. Elle a été conçue et réalisée par Marcelle Delmas et Régine Faucher avec un concept très "soft" et des symbolismes pourtant très marqués. La crèche est installée sur les fonds baptismaux. Elle simule une grotte illuminée avec des anges et des personnages dont les trois mages Melchior, Balthazar et Gaspard, Marie, Joseph et l'enfant Jésus installé dans une mangeoire "sur mesure" entre le bœuf et l'âne qui le réchauffent. Cette scène de la Nativité est exceptionnelle par la rareté des personnages qui viennent de Bethléem, d'un design moderne, et sont remarquables. Le tout étant une réalisation fort simple, mais très ornementale. Nous ne pouvons qu'inviter le visiteur à l'apprécier. Elle est visible jusqu'à la fin du mois de janvier, mais il est nécessaire de s'adresser auprès de Marcelle Delmas pour l'ouverture de l'église.

LES TAPIS VOLANTS ATTAQUENT TOULOUSE




Si vous n'avez pas encore vu la très belle exposition "tapis volants" à
Toulouse, vous avez encore la chance de la voir ce weekend.

A travers près d'une centaine d'oeuvres, cette exposition nous permet de
renouer les liens entre Orient et Occident, ici et ailleurs, présent et
passé.

Pour l'instant regardez ce documentaire, lequel était réalisé à partir d'une
visite guidée avec le guide Eric Vidal.


Documentaire


vendredi 25 janvier 2013

SAUNIERE AU THEATRE


Claude Cals nous offre, avec L’Etrange Invité de l’Abbé Saunière (auto édition, 1998) une véritable originalité, puisqu’il ne s’agit rien de moins que du livret d’une pièce de théâtre en trois actes. Une pièce qui met en scène, aux côtés de l’abbé, Marie et Emma Calvé. Et un étrange visiteur qui, sous le nom d’Ange, cache en fait le diable….. Un diable particulièrement vicieux, puisqu’il prend un malin plaisir à révéler l’avenir des protagonistes. Ce qui arrachera Emma des bras de l’abbé pour se précipiter à la rencontre de son futur nouvel amour. Ce qui détruira Saunière lorsqu’il apprendra ce que deviendra l’affaire de Rennes après sa mort et ce que l’on racontera sur lui. A découvrir.

CATHARES & PROTESTANTS AU PROCHAIN DINER-DEBAT DU RAZES



Le prochain dîner-débat du Razès sera animé par le pasteur Michel Jas sur le thème "Cathares et Protestants". Nous vous donnerons prochainement les indications pratiques concernant cette soirée.

Save the date : le vendredi 22 février à 19h30 à Rennes-le-Château.

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'ENFER DE RENNES-LE-CHAREAU, Bluche



Avec L’Enfer de Rennes-le-Château (Ecomarine-Techniscience, 1996), François M. Bluche ouvre la voie du polar saunièrisant. Un vrai polar, puisqu’il s’agit des enquêtes du Commissaire Guilhem qui semble s’être distingué, dans un précédent roman, en résolvant une mystérieuse affaire ayant pour cadre le Mont Alaric. Nous sommes cette fois en présence de meurtres en série commis dans une région-mouchoir de poche dont le centre serait Rennes-le-Château. Le fil : un chercheur de trésors fou, acoquiné avec un réseau d’antiquaires peu scrupuleux. Et lorsque le chercheur tarde à trouver, le réseau achète des antiquités à des locaux, puis les trucide afin de ne pas avoir à les payer. Un thriller somme toute assez classique dont le point d’orgue sera la découverte, dans les ruines du château de Blanchefort, du tombeau du roi wisigoth Théodoric Ier, mort en 451.

jeudi 24 janvier 2013

LES CHRONIQUES D'EL BIB : LE CHEVAL DE DIEU, Gérard Bavous



Avec Le Cheval de Dieu ou le secret de l’abbé Boudet (Gérard Bavoux, Pygmalion 1995), la littérature de fiction castelrennaise s’enrichit d’un nouveau genre, celui du roman initiatique. Un message initiatique du reste assez enfantin, celui qui nous décrit un monde agité par le combat entre les forces du bien et les puissances du mal, avec sa cohorte d’illuminés qui souhaitent accélérer le processus de destruction pour hâter la renaissance. On connaît hélas trop bien ce type de philosophie.
Alors quel est le secret de l’abbé Boudet ? Alors qu’il était en poste à Durban dans les Corbières, Boudet aurait reçu la visite d’Eugène Delacroix qui lui aurait remis des documents laissés par Charles Maurice de Tayllerand à Rennes-les-Bains. Et ces documents auraient permis à Boudet de découvrir un livre, ou plutôt Le Livre ! Un livre écrit de la main de Dieu, révélant tous les secrets de l’univers et donnant à son lecteur de fabuleux pouvoirs. Boudet le décrypte et le remet, avant de mourir, à l’un de ses amis du Bugarach, un certain Baillard.
Le roman va mettre en scène le petit-fils de Baillard, Benoît, dont la famille a été décimée dans des circonstances atroces. Un héros malgré lui, à la recherche de son passé et du sens à lui donner. Une queste qui lui fera rencontrer la secte du mal, la Confraternité Hermétique de Bélial, dirigée par Aleister Crowley, entouré de Georges Monti, Dietrich Eckart, Jules Bois, Anna Sprengel etc…  On l’aura deviné, cette assemblée de joyeux drilles vouent un culte passionné à Adolf Hitler, seul à même d’entreprendre le processus de régénération salvateur. Mais pour venir à bien de sa glorieuse mission, Hitler aura besoin du Livre…..  Ce qui nous vaudra un chapitre grandiose sur la rencontre entre le gentil petit Benoît et le Maître de Berchtesgaden……
Bon, un roman dont on peut faire l’économie, sauf si, comme moi, vous êtes un fervent admirateur de Lovecraft. Car sans être cité, l’Ermite de Providence est omniprésent dans le récit. Le Livre ressemble furieusement au Necronomicon, et les rituels prononcés par Boudet ou les membres du Bélial’s  Club semblent directement issus d’un certain…. Appel de Cthulhu !

lundi 21 janvier 2013

BUGARACH, CENTRE DE RECHERCHE INTERNATIONAL SUR LES MYTHES


LE BUGARACH RETROUVE SES PIERRES

Un mois après la fin du monde : Bugarach récupère ses pierres par la Poste

Le maire de la petite commune à la notoriété éphémère reçoit des colis de personnes déçues que la fin du monde n'aie pas eu lieu

Bugarach a été durant de longs mois sous les feux de la rampe

Bugarach a été durant de longs mois sous les feux de la rampe (Suire Thierry)

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SUD OUEST




 
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Le calme retrouvé. C'est cet immense soupir de soulagement, même pas voilé, que retranscrivent ce lundi matin nos confrères du quotidien Midi Libre.
Celui d'un village assiégé depuis deux ans qui se voit libéré tour à tour des illuminés, des rigolos, des journalistes et de la perspective d'un déjeuner de Gérard Depardieu à la ferme de Janou. Le calendrier Maya a repris son cycle sans moufter et le village son petit train-train pré-Apocalypse.
Des scories de la grande foire médiatique que fut cette farce mondiale ? Quelques carte de vœux. Et des pierres parvenant à la mairie... par la Poste. En colissimo s'il vous plaît.  "Ce mec me renvoie des pierres qu’il a ramassées sur le pic ! Il me les retourne car, écrit-il, la fin du monde n’a pas eu lieu, donc ces pierres ne lui servent plus à rien".
Fin du monde 2012 · insolite
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dimanche 20 janvier 2013

LES FRITES D'EL JICE : LATERRE EST UN BERCEAU d'Arthur C. Clarke




Arthur C. CLARKE + Gentry LEE

La Terre est un Berceau (The Cradle)

J’ai Lu - 1999 – 447 pages


Décidément, l’association de ces deux écrivains (qui nous ont livré la fabuleuse épopée de RAMA) fait merveille.  Le mariage du style scientifique de Clarke et de l’analyse des personnages vus par Lee, le tout agrémenté d’un soupçon d’érotisme bien marqué dans certaines descriptions plutôt osées font de ce roman un petit bijou.

Des extraterrestres dont le vaisseau a été accidenté par un de nos satellites qu’ils tentaient d’analyser se retrouve au fond de la mer et ils ont besoin des humains pour s’en sortir au plus vite.  Leur mission : parcourir des centaines de planètes et y prélever des échantillons de tout ce qui est vivant afin de les embellir encore et de les réimplanter sur leur monde d’origine sous la forme première de « zygotes » à l’intérieur d’un « berceau » déposé au fond de la mer. Louable projet mais….

Mais finalement, sur Terre, un trio d’humains les convaincra que ce n’est pas une si bonne idée que d’implanter des êtres parfaits sur un monde peuplé de gens imparfaits. Fatalement, un jour ou l’autre, ces demi-dieux asserviront la population existante ou, pour le moins, entreront en conflit avec les humains d’origine, bourrés de défauts comme on le sait.

Si les descriptions de Clarke, fort techniques, sont parfois un peu lourde sà digérer, Lee apporte ce qu’il faut de fraîcheur, d’humour et d’érotisme pour faire de ce roman une agréable aventure.  Sans atteindre le chef-d’œuvre de la tétralogie de RAMA qui restera une pièce maîtresse de la science-fiction, tous genres confondus.

LES FRITES DE EL JICE : Y A QUELQU'UN ? de Philippe Curval




Philippe CURVAL : Y a quelqu’un ?
Edition J’ai Lu – 1985 – 250 pages

A Paris, un couple se promène sur les Champs-Elysées et s’arrête devant une vitrine de magasin qui expose des colonnes de téléviseurs. Soudain, ceux-ci implosent et Nina disparait. Son mari part à sa recherche.  Cette quête incroyable lui fera découvrir que des étrangers, venus d’un univers parallèle tentent de pénétrer notre monde et de l’envahir en remplaçant ses habitants par leurs doubles vivant dans leur univers.
 Basé sur l’hypothèse scientifique qu’au moment du big bang deux univers ont été mis en expansion, l’un allant vers le futur (le nôtre) et l’autre vers le passé, Curval exploite brillamment le concept en démontrant que si nous perdons toutes nos valeurs spirituelles et artistiques c’est parce que les envahisseurs ont déjà investi la place (dans les domaines politique et spirituel, notamment). Ces “aliens” sont tournés vers le passé et risquent donc de mener notre humanité à l’obscurantisme et au retour à zéro.
Le fait d’avoir choisi un héros alcoolique, Clément Volgré, est bien pensé dans le sens où l’on met évidemment ses élucubrations sur le compte d’hallucinations éthyliques. En outre, Clément est rationaliste et a donc du mal à admettre les événements fantastiques et inimaginables qui lui arrivent (les retours et disparitions consécutives de sa femme Nina). Pour son ami Saint Aude, au contraire, le fantastique fait partie du quotidien. L’un et l’autre finissent par s’allier pour affronter l’ennemi.
Nina est cependant perdue. Elle est passée de l’autre côté et la «fausse» Nina qui la remplace et pour laquelle Clément s’est aussi pris d’amitié ne survivra pas. Elle lui avouera la finalité des choses et persuadera Clément de ne rien révéler à l’humanité de peur de perdre les deux mondes. Ses amis et lui agiront donc seuls pour tenter de sauver la planète en éliminant les conspirations naissantes.
Un roman au départ un peu lent mais qui va crescendo, basé sur une théorie d’ailleurs reconnue dans certains milieux scientifiques : celle de ces deux univers parallèles en expansion inverse où un jour les “présents” doivent s’aligner et se confondre. Un présent commun qui prendra alors une direction unique.

samedi 19 janvier 2013

UNE AUTRE MONTAGNE MAGIQUE

Le Snæfelsjökull
Le joyau de la péninsule. Souvent appelé le Fujiyama islandais, car de loin, sa calotte glaciaire lui donne des faux-airs du mont Fuji. D’ailleurs, comme son homologue japonais, le Snæfelsjökull est réputé détenir des pouvoirs ésotériques, mystiques : il est considéré comme l’un des sept chakras, ou points d’énergie, de la planète.
Le Snæfelsjökull, est à la fois volcan et glacier. 1448m de haut. Sa calotte de glace, qui malheureusement se réduit année après année (11km² à l’heure actuelle) cache l’entrée du cratère, profond de 200m. Le volcan est inactif depuis plus de 2000 ans.
La première ascension du Snæfelsjökull eut lieu en 1754. Aujourd’hui, avec l’aide d’un guide, grimper au sommet du volcan est monnaie courante. Et la vue d’en haut vaut le détour : entouré par l’océan, surplombant le plus beau glacier d’Islande. Parfois, un curieux arc-en-ciel circulaire accueille les visiteurs.

"Je voyais les vallées profondes se croiser en tous sens, les précipices se creuser comme des puits, les lacs se changer en étang, les rivières se faire ruisseaux. Sur ma droite se succédaient les glaciers sans nombre tels les pics multipliés, dont quelques-uns s’empanachaient de fumées légères. Les ondulations de ces montagnes infinies, que leur couche de neige semblait rendre écumante, rappelaient à mon souvenir la surface d’une mer agitée. Si je me retournais vers l’ouest, l’Océan s’y développait dans sa majestueuse étendue, comme une continuation de ces sommets moutonneux. Où finissait la terre, où commençaient les flots, mon œil le distinguait à peine."
Jules Verne, Voyage au centre de la terre

vendredi 18 janvier 2013

DECES DE JACQUES SADOUL


Une grande Entreprise du Rêve vient de nous quitter. Adieu au papa (entre autres) des Petits Rouges chez J'Ai Lu.

UNE TOILE BALNORENNAISE

Publié le 18/01/2013 03:52
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Quillan. «Au-delà de l'amour, mon amour» première

Un film plein de rebondissements tourné dans la haute vallée de l'Aude ()
Un film plein de rebondissements tourné dans la haute vallée de l'Aude
«Au-delà de l'amour, mon amour» est le dernier long-métrage de Malgorzata Debowska et Konstanty Udala. Debowska Productions Films vous invite à la première du film qui se déroulera, ce dimanche 20 janvier, à partir de 15 heures, à la salle des fêtes de Rennes-les-Bains. Ce film illustre parfaitement la nouvelle approche du cinéma qui commence à émerger de nos jours. Une approche simple et authentique, sobre et spontanée, qui laisse la part belle au ressenti plutôt qu'à la raison. «Au-delà de l'amour, mon amour» est un film enthousiasmant et rafraîchissant comme une brise de printemps. «Le magnifique environnement où se joue le film, les Corbières cathares entre Rennes-le-Château et le pic de Bugarach, fournit l'écrin idéal à la recherche intime que mène Magdalena. Dans ce paysage somptueux, où le soleil d'été exalte les couleurs et fouette les sens, les séquences en apparence anodines se succèdent, et sans que l'on s'en aperçoive, on se trouve pris au jeu d'une narration qui se déroule subtilement mais imparablement, et qui, l'air de rien, tisse une trame aussi fine que profonde dans laquelle on se laisse glisser avec plaisir», analyse Alexandre Rougé. Dans ce film, vous pourrez admirer la performance des acteurs comme Laura Rucinska, Pascal Bolantin, Mathias Liebig et la participation exceptionnelle de Montserrat Gascon, Jeanlin, Jean-Michel Raoux, Estaryia et Henry Lincoln… L'entrée est gratuite !
Réservations au 0468698723 ou www.debowska.fr
La Dépêche du Midi

mercredi 16 janvier 2013

LA SAPINIERE DANS LA LETTRE DU CROCODILE

 
 
 
Mercredi 16 janvier 2013
 
L'affaire de La sapinière. Intégrisme et catholicisme intégral par Emile Poulat, Editions L'Oeil du Sphinx, collection La Bibliothèque d'Alexandrie.
La Sapinière est une société secrète catholique intégriste anti-républicaine et anti-maçonnique dont le fondateur Mgr Benigni fut proche des mouvements fascistes de l’époque. Anti-moderniste, Cette « Compagnie de Pie », « Sodalitium Pianum » en latin, qui s’opposa notamment à la « Compagnie de Jésus », fut fondée en 1909, sous le pontificat de Pie X et dissoute en 1921 mais elle connut des prolongements, au moins idéologiques, jusqu’à notre époque.
Emile Poulat, directeur d’études à l’EHESS et au CNRS, consacra une étude importante à La Sapinière, publiée en 1969 chez Casterman. Cette étude fait toujours référence et il semblait nécessaire de la rééditer. En effet, Emile Poulat analyse une documentation originale importante, mettant en évidence les activités réelles de ce réseau, démontrant l’absence de fondements de nombre d’écrits de l’époque consacrée à La Sapinière. Il clarifie une période trouble de l’Eglise et ce que recouvre le terme d’intégrisme :
« Qu’est-ce alors que l’intégrisme ? En son sens strict et premier, un parti politique espagnol fondé vers 1890 sous l’invocation du Syllabus, avec lequel, cependant, Benigni ne veut avoir aucun lien (…). Au début du siècle, du temps même de Léon XIII, le mot s’oppose en France à progressisme en matière d’exégèse biblique ; dans les dernières années de Pie X, il désignera tous ceux qui combattent l’ouverture politique et sociale du catholicisme par n’importe quel moyen, y compris la délation ; plus tard, les adversaires de toute ouverture, qui confondent « la dévotion au passé avec la fidélité à l’éternel ». En Espagne, ce sont les intégristes eux-mêmes qui se sont choisis ce nom ; en France, il ne s’applique jamais qu’à des adversaires ; hors de ces deux pays, on l’ignore, bien qu’il commence à faire ça et là son apparition, et par exemple en Italie. Ceux qu’il vise se présentaient sous pie X comme des « catholiques intégraux » ou en Autiche-Hongrie, des « inconditionnels » (unbedingt).»
Depuis 1969, le mot a connu un développement considérable et est désormais utilisé pour désigner de multiples crispations, religieuses, politiques, culturelles, intellectuelles ou même personnelles.
Emile Poulat poursuit :
«  La banalité du phénomène l’a longtemps dissimulé. En réalité, il correspond à cette longue période de l’Eglise en état de siège, qui s’étend entre l’Eglise en état de mission dont on parle tant aujourd’hui et l’Eglise en état de chrétienté dont commence seulement à disparaître la nostalgie. L’image de deux camps opposés, tirant chacun de son côté depuis plus d’un siècle, les uns pour « réconcilier l’Eglise et la société moderne », les autres pour « défendre l’héritage du passé », n’est pas seulement simpliste : plus encore, elle est fausse et gravement déformante. (…)
Il faut en revenir à Pie IX : « Ce qui afflige votre pays et l’empêche de mériter les bénédictions de Dieu, c’est ce mélange de principes. Je dirai le mot et je ne le tairai pas : ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misérables de la Commune, vrais démons de l’enfer qui se promènent sur la terre. Non ce n’est pas cela ; ce que je crains, c’est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau », déclarait-il le 18 juin 1871 à une députation de catholiques français venus lui remettre une adresse qui portait plus de deux millions de signatures. Au catholicisme libéral s’oppose dès lors le catholicisme intégral, qui, par nature, ne peut être qu’un catholicisme social ; à la tentation du compromis, le devoir d’intransigeance ; au refus d’une société condamnée par ses propres erreurs, la vision d’une Eglise porteuse de la société à instaurer ; à l’athéisme social du laïcisme, l’ordre social chrétien du Christ-roi. »
A travers l’affaire de La Sapinière, Emile Poulat pose une question complexe : « Comment catholicisme social et catholicisme intégral en vinrent-ils donc à s’opposer après n’avoir été qu’un ? Voilà bien le cœur de l’affaire. Chacune de ces deux lignées divergentes s’affirme seule fidèle à l’héritage et reproche à l’autre d’avoir changé de camp. »
La Sapinière ne peut se réduire à une société conservatrice, anti-moderniste, anti-laïque et anti-maçonnique, elle est le symptôme d’une crise de l’Eglise de Rome qui a des prolongements de nos jours. Le travail d’Emile Poulat permet, encore aujourd’hui, de sortir du champ de la polémique pour entrer dans celui de l’histoire et de la sociologie des religions.
Les Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris, France.