mercredi 19 décembre 2012

JEROME VIGUIER ET LE BUGARACH


Graulhet et sa région Actu |  Sports |  Loisirs

Publié le 19/12/2012 08:09
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Graulhet. Jérôme Viguier dénonce les illuminés de Bugarach

insolite

Jérôme Viguier dans une grotte à Bugarach. ()
Jérôme Viguier dans une grotte à Bugarach.
«À l'approche du 21 décembre les médias ne cessent de parler du pic de Bugarach considéré comme piste d'atterrissage d'ovnis ou de vortex géants qui sauveraient les personnes qui se trouveraient sur place ce fameux jour d'apocalypse annoncé par plusieurs prophéties. Ça me fait sourire. L'affaire est surdimensionnée, et ceux qui l'ont provoquée, des illuminés… mais intéressés». Depuis 2006 Jérôme Viguier, gardien du stade de la Jonquière, explore, presque tous les week-ends, les cavités du Bugarach, passionné par la chasse aux trésors et notamment celui de Rennes-le-Château qui se situe à quelques kilomètres. «À ce titre, j'ai été contacté par NT1, M6 ou la chaîne allemande Der Spiegel pour réaliser des reportages à Bugarach et notamment, un réalisateur de film, Richard Stanley, pour son film-documentaire «L'Autre Monde», qui sortira en France mi 2013».
Que dire du Bugarach et de son lien avec la fin du monde annoncée ? «Il y a beaucoup de sottises sur le net. Il y aurait un garage à soucoupes sous le Bugarach, les avions ne pourraient pas le survoler et l'on ne pourrait pas le monter avec des appareils électroniques. Il faut savoir que j'ai passé de nombreuses nuits au sommet du pic, que j'y ai réalisé plusieurs vidéos et photos : vous pouvez les voir sur mon site www.viguierj.com. Le 21 décembre 2012 je ne serai pas à Bugarach, mais chez moi devant la télé. Par contre, j'ai mené ma petite enquête et je crois que l'alignement des planètes annoncé aura des effets et devrait perturber les technologies les plus pointues».

LE VATICAN MET EN PLACE UNE NAVETTE ENTRE LIMOUX ET LE BUGARACH


Limoux et sa région Actu |  Sports |  Loisirs

Publié le 19/12/2012 07:48 - Modifié le 19/12/2012 à 10:33
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Fin du monde à Bugarach : Limoux dans le premier périmètre de sécurité

organisation des secours

Un important dispositif est déployé autour du massif pour filtrer la circulation qui est  soumise à autorisation dans un large périmètre autour de Bugarach. ()
Un important dispositif est déployé autour du massif pour filtrer la circulation qui est soumise à autorisation dans un large périmètre autour de Bugarach.
D'aujourd'hui à vendredi trois périmètres de sécurité sont en place autour de Bugarach. Limoux sera le premier poste avancé réservé aux hélicoptères et autres matériels lourds et zone évacuation.
Stade, gymnase, réquisitionnés, une batterie de procédures plus ou moins discrètes ou visibles comme les contrôles aléatoires de gendarmerie qui sont prévus dans tout le Limouxin à partir du 19 et jusqu'au 23 décembre, 18 heures. Dans le cadre d'un plan ORSEC (organisation des secours ou organisation de la réponse de sécurité civile) en prévision d'une catastrophe avec afflux de véhicules, trois périmètres sécurisés ont été mis en place par la préfecture de l'Aude. Le premier sera le pic lui-même, totalement interdit à la circulation et bouclé par les forces de l'ordre. Une circulation régulée dans la deuxième zone géographique sensible en forme de triangle avec ses trois points de passages filtrants, un à l'ouest côté Saint-Louis-de-Parahou au croisement des routes départementales 46 et 45, à l'est à Cubières-sur-Cinobles au croisement de la RD 14 et de la RD 10 et le troisième au nord à l'intersection de la RD 14 et de la RD 52 proches du lieu-dit «La Vialasse». Deux périmètres ultrasensibles qui s'ouvrent sur une zone plus large quadrillée par les gendarmes qui partira de Limoux via Couiza, Nébias, Axat, Fenouillet, Saint-Paul-de-Fenouillet, Maury, Cucugnan, Rouffiac-des-Corbières, Mouthoumet, Couiza pour revenir à Limoux. Limoux, base arrière où seront réquisitionnés le gymnase de Monte-Cristo du 19 décembre au 23 à 18 heures pour accueillir d'éventuels rescapés, le stade du CES en zone d'atterrissage d'hélicoptères de la gendarmerie, du SAMU, de la Sécurité civile. Un dispositif lourd en terme de mobilisation de personnes et de moyens qui devrait être aménagé selon l'afflux de population sur les zones indiquées. Un dispositif certainement aussi très coûteux pour un non-événement mais indispensable si l'on a recours au sacro-saint principe de précaution.

le chiffre

Le chiffre : 19

AU 23 > Décembre. Évitez la promenade dominicale du côté de Bugarach, sans laisser- passer vous devrez faire demi-tour ou laisser votre véhicule sur le bord de la route et continuer à pied.

BUGARACH, 110 HABITANTS POUR 250 JOURNALISTES

Bugarach DR / le Nouvel Observateur

Fin du monde à Bugarach : 110 habitants pour 250 journalistes

Un important dispositif de prévention entre en vigueur ce jour. Interview du commandant en charge de la sécurité des lieux.

 

Nouvel Obs

Quelles est l’ambiance en ce moment à Bugarach ?

- C’est un petit village avec 110 habitants permanents. A l’heure où je vous parle, nous avons enregistré et accrédité 250 journalistes venus du monde entier. C’est plus du double que le nombre d’habitants... et nous ne sommes que le 19 décembre. Contrairement à ce qui circule sur Internet, nous n’attendons pas d’avions ni de bus venus du monde entier. Nos services de renseignements sont informés sur les arrivées dans les divers petits aéroports de la région, Carcassonne, Perpignan, Toulouse et Montpellier, aucune surfréquentation n’est à signalée.

Quelle sont les dispositifs mis en place ?

-A partir de 12 heures ce jour, la préfecture activera un plan de protection : dans la ville et aux abords du pic de Bugarach, qui est devenu un peu le centre du monde si l’on en croit les médias.
Dans la ville, plusieurs brigades sillonneront les rues, à pieds pour la prévention, en moto pour intervenir plus rapidement, mais également à cheval car la garde républicaine a mis à notre disposition cavaliers et chevaux pour avoir une vision "de haut" des éventuels événements.
Autour de la ville, dès 12 heures, trois barrages de gendarmerie contrôleront le flux de véhicules traversant le village. Les trois accès seront sous contrôle et auront pour ordre de boucler l’accès au village dès saturation, c’est-à-dire autour de 1.500 véhicules.
Enfin, aux abords du pic de Bugarach, la préfecture va, là aussi, boucler l’accès dès 12 heures. L’endroit est très dangereux, le sentier menant au pic est un ancien lit de ruisseaux : il y a des grottes, des cavités, des galeries souterraines... Elles seront contrôlées par un peloton de gendarmerie de haute montagne, mais aussi par des spéléologues. En tout, il y aura une petite dizaine d’hommes spécialement affectés au pic.

C’est un véritable siège ?

- Compte-tenu de la nouvelle renommée mondiale de Bugarach, dont la plupart des habitants se serait bien passé, nous nous devons de mettre tous les moyens de prévention afin qu’aucun débordement ne puisse se produire. J’ajoute que le dispositif est modulable. Il sera donc ajusté en fonction de l’évolution des événements. Il mobilise actuellement entre 50 et 70 hommes. Le problème de Bugarach est que nous n’avons pas de précédent en la matière. Je pense qu'il n’y a que deux possibilités : soit nous aurons beaucoup de curieux, plutôt venus de la région, car, encore une fois, nous n’avons pas d’informations crédibles sur un raz-de-marée humain venu du monde entier, soit on en a tellement parlé que plus personne ne veut venir.

CORINE CAUSE DANS PARIS MATCH

actu-match | mardi 18 décembre 2012

Bugarach. Journal de la fin du monde

Bugarach. Journal de la fin du monde
Le village de Bugarach, dans l'Aude. | Photo Pierre Terdjman

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Notre journaliste Rose-Laure Bendavid s'est réfugiée à Bugarach, village de l'Aude bientôt sauvé de l'apocalypse.


Un panneau indique que notre lieu d’arrivée se trouve à neuf kilomètres. Les terres catalanes sont derrière nous, nous foulons désormais la route des Corbières, où épicéas, buis, bouleaux et chênes ombragent une forêt toute droite sortie d’un comte de Grimm. Une pluie fine, mais tenace s’attaque subitement à notre voiture de location. Je regarde l’heure sur mon portable – 20 heures – je n’ai plus de réseau. Quant à Internet, je découvrirai plus tard que je peux oublier cette belle, mais surtout indispensable invention. Bienvenue à Bugarach. De nuit ce petit village de cent quatre-vingt-dix habitants, que l’on ne présente plus, paraît désert et peu accueillant. Les ruelles à double sens sont plus étroites que les trottoirs montmartrois, et les habitants, n’ayant pas l’habitude de croiser beaucoup de monde roulent à vive allure.
Le lendemain matin, après le temps qu’il a fallu pour réchauffer la maison, et nous par la même occasion, Marie-Noëlle, notre logeuse, se lance dans l’explication des légendes de la région. Je ne sais plus si je me trouve en terre Sainte ou avec Christophe Colomb en 1492, dans une montgolfière avec Jules Vernes, ou encore embarquée sur un galion avec Barbe noire à la recherche d’un trésor enterré par un prêtre infidèle. Outre une hypothétique fin du monde annoncée ce 21 décembre, ou d’incursions martiennes, la région connaît de nombreux mythes qui ne font pas que le bonheur des enfants le soir venu. Nous partons justement à la « Fontaine des amoureux » baptisée ainsi, en 1896, par Jules Verne, visiteur régulier des environs. Dans son roman « Clovis Dardentor », publié la même année, il donne pour nom à un des personnages « Capitaine Bugarach ». Il écrit également que, sous cette cascade, se trouverait la porte des Atlans, qui cache un monde souterrain et merveilleux remplis entre autre de sirènes. Et je passe sur le trésor caché… Le décor posé, j’ai l’impression d’être partie depuis une semaine. Sur le chemin, je rends visite à Uranie, une sorte de druide ufologue et dénicheur de complots qui habite dans une minuscule maison de berger entre Bugarach et Rennes-le-Château. Je reviendrai sur son cas plus tard, car un chapitre tout entier ne suffirait pas à le raconter.
Uranie, druide ufologue et dénicheur de complots. (Photo : Pierre Terdjman)

La cuvée "Bugarach 2012 : S’il n’en reste qu’un, je serais celui là"

Après maintes visites de chapelles creusées dans la roche, de source d’eau magique et autre fables, retour au centre du village au « Relais » qui vend la cuvée « Bugarach 2012 : S’il n’en reste qu’un, je serais celui là ». A l’intérieur, ça parle en italien et en anglais, et les propriétaires attendent avec impatience CNN et la BBC. Corine, qui tient ce petit commerce, principalement alimentaire avec son mari, depuis quatre ans, veut bien m’accorder une interview, à condition qu’elle puisse en même temps brancher ses champs électromagnétiques, qui « lui donnent la pêche », et qu’elle fait accessoirement payer 10 euros la demie heure. Autour des pains bio, trônent des romans à vendre tels que « L’appel de Bugarach », « Ces vérités que l’on cachent » ou encore «Orion et la tradition primordiale ». Corine, belle femme d’une cinquantaine d’années, s’allonge sur son divan au milieu de ses multiples diplômes de sophrologie. Elle botte en touche sur toutes mes questions : elle n’aime pas le traitement de l’information par les médias français à propos du village. « Les Américains posent des questions plus pertinentes, parce qu’ils croient d’avantage que vous ». Certes… Ses yeux bleus se perdent constamment dans le vide. Elle se retient de dévoiler sa pensée, et répète : « Je n’attends rien, je ne crains rien, les choses sont ce qu’elles sont ».
Très bien, mais votre point de vue dans tout ça, Corine ? « Je ne comprends pas pourquoi dans l’appellation OVNI, le « O » désigne le mot « Objet », il y a beaucoup d’autre choses non identifiées dans le ciel ». Les mots me manquent. Mais encore Corine, j’insiste : « La science est beaucoup plus utile que n’importe quel psy. J’ai vécu des expériences que je ne pourrais jamais décrire ou raconter, les réponses sont dans les astres et dans les rencontres ». Entendu. Elle ne croit pas au hasard, et ne se prononce pas sur la date fatidique du 21 décembre, car quoiqu’il arrive « Nous sommes émetteurs et récepteurs, ce qui se passera, c’est ce que nous avons choisi de provoquer ». Plus jeune elle voulait faire carrière dans le cinéma ou la chanson. Son cd à la main, elle explique que son truc à elle maintenant, ce sont les passages temporels et la médecine cantique. Rien n’est à voir comme une fin, mais plutôt comme un recommencement. A Suivre son regard, on sent qu’elle a souvent entrepris de recommencer.
Demain, je questionnerai son mari, qui ne sait plus où donner de la tête entre le roman qu’il écrit sur les « véritables énergies du coin » et les journalistes « qui ne racontent que des conneries sur Bugarach et les environs ». Parce qu’à mon grand bonheur, il n’y a pas qu’un village de mystique, mais toute une région. Mais surtout demain, ce sera la rencontre avec Jacqueline, « appelée » par les anges il y a une dizaine d’années. Je ne peux retenir mon excitation.Point final

DES FINS DU MONDE EN PAGAILLE

Bugarach: "La fin du monde est une notion relative"

Par , publié le
Enseignant en art et auteur d'un beau livre* sur le sujet, Jean-Noël Lafargue revient sur les grands mythes eschatologiques.
Bugarach: "La fin du monde est une notion relative"
FIN DU MONDE - "Même l'éclipse de 1999 a fait moins de bruit" que la fin du monde annoncée pour le 21 décembre 2012.
Christian Bellavia pour L'Express
A quand remonte la première annonce de fin du monde?
Le plus ancien récit de fiction connu est le poème dit du "Supersage", écrit en sumérien, qui date du xviiie siècle avant notre ère. Il sera fondu plus tard avec l'épopée de Gilgamesh, narrant les tribulations de ce personnage héroïque de la Mésopotamie antique. Ce texte raconte comment les dieux décident un jour de noyer les humains au motif qu'ils ne les supportent plus. Un seul survit à cette apocalypse. On retrouve à peu près les mêmes descriptions dans la Bible.
La fin du monde est-elle souvent confondue avec la fin de l'homme?
Ce terme recouvre en général la catastrophe elle-même, à laquelle survivent souvent certains justes. Le récit du Ragnarök des Vikings, cependant, parle de la destruction totale de l'univers, tout comme la science moderne, d'ailleurs, mais à plus longue échéance. En revanche, depuis l'invention de la bombe atomique, l'homme s'est mis à envisager la possibilité nouvelle de se détruire lui-même. Jusqu'alors, seules des forces supérieures étaient censées se faire le bras armé de cette punition.
Toutes les religions prédisent-elles la fin du monde?
Cela dépend, là encore, de ce que l'on inclut dans cette notion. Les Grecs anciens, les bouddhistes, les hindouistes ou les Mayas croient aux cycles, et donc à la fin d'un monde plutôt qu'à la fin du monde. Pour les chrétiens, l'affaire est plus complexe. Dans le livre de Daniel, par exemple, la fin du monde est une sorte de réparation, ce que dit aussi l'islam. Dans son Apocalypse, Jean de Patmos confirme que Dieu tuera les hommes et ne fera revivre que ceux qui le méritent. Il décrit l'avènement de la Jérusalem céleste, un lieu de perfection où il n'y a plus d'Histoire, de temps ni de matière. La fin du monde est une notion relative.
A qui profitent ces prophéties?
Beaucoup ont joué le catastrophisme pour tenter d'imposer un changement social, comme par exemple certains successeurs du prophète calabrais du xiie siècle Joachim de Flore. Ils prônaient une sorte de communisme avant l'heure et l'égalité entre hommes et femmes. L'apocalypse qu'ils annonçaient était le prétexte à ce renouveau politique. Luther les imitera pour mener à bien sa réforme; il était sans doute persuadé, comme Calvin, qu'il connaîtrait la fin du monde de son vivant. Cela était fréquent en ce temps-là et ne paniquait pas plus que ça les populations. A Münster, les anabaptistes, premiers hérétiques du protestantisme, ont, eux, créé un régime théocratique et leurs chefs se sont autoproclamés empereurs des derniers jours, chargés de fonder la Nouvelle Jérusalem. Après avoir instauré la communauté de biens et la polygamie, ils ont été persécutés. Depuis, les prédicateurs de ce genre ont fait florès - jusqu'aux Etats-Unis actuellement -, mais aucun ne s'est imposé.
Avait-on déjà vu un tel battage autour de ce thème?
Non, même l'éclipse de 1999 a fait moins de bruit. Mais, à l'époque, les gens n'avaient pas comme aujourd'hui le sentiment d'arriver à la fin d'un cycle, et les réseaux sociaux n'existaient pas. Aucune secte, aucun prophète ne revendique cette date précise du 21 décembre, lancée en 1987 par un obscur artiste new age, sans doute parce que ce jour correspond au solstice d'hiver. Jamais les Mayas n'ont parlé du 21 décembre ou de Bugarach. Ce remue-ménage est à mon sens un prétexte pour exorciser nos inquiétudes et pouvoir en rire.
Les Fins du monde, de l'Antiquité à nos jours, par Jean-Noël Lafargue. François Bourin éd., 306 p., 45 euros.

PLEASE, NE VENEZ PAS A BUGARACH

Toutes les régions

"Ne venez pas à Bugarach" : le cri des autorités

Maire, préfet, gendarmes : toutes les autorités déconseillent de se rendre à Bugarach, petit village de la montagne noire, prétendu refuge à la fin du monde. "Je lance un appel à la planète" déclare le maire Jean-Pierre Delord.
  • Par Laurence Creusot
  • Publié le 18/12/2012 | 16:25, mis à jour le 18/12/2012 | 16:31
Le maire de BugarachJean-Pierre Delord pose devant le pic © PASCAL PAVANI / AFP
© PASCAL PAVANI / AFP Le maire de BugarachJean-Pierre Delord pose devant le pic
"Ne venez pas à Bugarach!": les autorités lancent un cri du coeur à tous ceux, mystiques ou curieux, qui seraient tentés de converger vers
le village de l'Aude, refuge prétendu contre la fin du monde, et qui se heurteront de toute façon aux barrages dressés par les gendarmes autour d'une population excédée par ce ramdam.

"On demande aux gens de ne pas venir à Bugarach", a déclaré mardi à l'AFP le directeur de cabinet du préfet de l'Aude, Nicolas Martrenchard.
Un appel auquel fait écho le maire du village de 200 âmes, qui n'en revient toujours pas de la notoriété internationale acquise par son village depuis qu'il s'est publiquement alarmé il y a deux ans du risque de voir une foule d'illuminés accourir pour la fin du monde annoncée pour le 21 décembre 2012.

"Je lance un appel à la planète", dit Jean-Pierre Delord. "Ne venez pas à Bugarach" car l'espace y "est restreint". Si les gens viennent trop nombreux, "ils resteront aux portes du village et ils piétineront", prévient-il.


Interdit dès mercredi 19 décembre

Car à partir de mercredi et jusqu'à dimanche, les accès à Bugarach et à son pic dont le profil caractéristique a excité les imaginations, seront restreints.
Bugarach et son pic (ou puech), point culminant du massif des Corbières avec ses 1.231 mètres, sont l'un des endroits du globe où il faut
être si l'on ne veut pas disparaître avec le reste de l'humanité le 21 décembre.

C'est en tout cas ce que prophétisent les tenants du cataclysme, dont les théories, inspirées du calendrier maya, abondent sur internet.
"L'engouement médiatique pour la prétendue fin du monde" laisse craindre "une affluence que ce site montagneux ne pourrait contenir dans des conditions satisfaisantes", dit la préfecture dans un communiqué, "déconseillant vivement au public se se rendre à Bugarach et ses environs" pendant la période critique.
Aussi les routes menant au minuscule village et aux localités voisines seront-elles filtrées et, en cas de trop forte affluence, coupées. Les habitants ont dû demander des laissez-passer pour eux-mêmes et leurs proches désireux de venir leur rendre
visite pour les fêtes.

Les accès au pic et aux galeries souterraines du Bufo Fret et du Font de Dotz seront également barrés. Interdits aussi: le survol du pic, le camping, la randonnée, la chasse, les rave parties et autres apéros géants.
Cent cinquante gendarmes et pompiers seront mobilisés et pourront recevoir des renforts si nécessaire.

Plus de journalistes que d'illuminés

Les autorités n'ont pas d'indication particulière sur un afflux éventuel de mystiques ou de curieux. En revanche, elles sont sûres que les journalistes seront très nombreux.
A l'approche de la date fatidique, les visites de reporters venus du monde entier s'accélèrent, au grand dam des habitants exaspérés. "Ils commencent à en avoir ras la casquette", dit le maire. "Les journalistes ne sont pas tous bien reçus, les gens en ont marre", confirme un habitant d'un village voisin.
Historiens et chercheurs soulignent que le calendrier maya ne prévoit pas la fin du monde mais le commencement d'une nouvelle ère, à une date que certains fixent en fait plutôt au 23 décembre. Des célébrations de ce changement d'ère sont d'ailleurs prévues dans le sud du Mexique et dans d'autres pays où persiste l'influence de la culture maya (Guatemala, Bélize, Salvador, Honduras).

Cependant, les tenants de l'apocalypse ne manquent pas d'alternatives pour présager la fin du monde: ainsi celle-ci serait provoquée par une inversion des pôles ou par une collision entre la terre et une mystérieuse planète, toutes rumeurs que la Nasa s'est sentie contrainte de démentir dès 2009.
D'autres sites à travers le monde font figure de refuge aux yeux des mystiques.
Par exemple, le paisible village turc de Sirince, près de l'antique site d'Ephèse, serait traversé de fluides positifs car c'est de là que la Vierge Marie serait
montée au paradis, croient les millénaristes.

mardi 18 décembre 2012

BUGARACH, C'EST LA FIN

Bugarach, ouf, c'est bientôt fini!

Par , publié le
Vivement l'apocalypse: le petit village de l'Aude devenu une attraction planétaire attend avec impatience le 21 décembre. Quand les illuminés, les extraterrestres et les équipes de télé auront enfin rembarqué.... Impuissant face au phénomène, le maire, lui, ne rit plus.
Bugarach, ouf, c'est bientôt fini!
BUGARACH -Depuis deux ans, Bugarach, ce trou paumé au fin fond des Corbières a conquis une notoriété planétaire, suscitant fantasmes et documentaires à foison.
Christian Bellavia pour L'Express
Le 21 décembre prochain, à minuit trente-deux, le monde ne s'arrêtera peut-être pas de tourner mais, quoi qu'il advienne, Bugarach (Aude), son pic, sa légende et ses 180 habitants, sans compter les extraterrestres, en sera le centre. Depuis deux ans, ce trou paumé au fin fond des Corbières a conquis une notoriété planétaire, suscitant fantasmes et documentaires à foison. Selon les oracles de l'apocalypse, c'est d'ici que devrait décoller l'ovni à bord duquel une poignée d'élus réchappera du grand chaos. Forcément, ça vous pose un village, fût-il réputé jusque-là pour son fromage de chèvre.
> Lire aussi notre dossier sur la fin du monde
Il aura donc suffi d'un calendrier maya en instance de péremption et d'une vieille blague selon laquelle le pic de Bugarach émettrait, du fond de ses entrailles magnétiques, d'étranges bruits de moteur, pour que naisse la fable qui, aujourd'hui, inquiète les plus hautes autorités. Sur ordre du préfet de l'Aude, Eric Freysselinard, un bataillon de spéléologues fouille actuellement les grottes de la "montagne sacrée" à la recherche d'éventuels illuminés en salle d'embarquement interstellaire. Dès le 18 décembre, le village sera bouclé par une centaine de gendarmes. Et le jour J, une antenne de pompiers, doublée d'une cellule d'urgence psychiatrique, se tiendra prête à intervenir. Monsieur le préfet se demande encore s'il doit prévoir un service de restauration et l'installation de W-C chimiques dans ce bled dépourvu de toute infrastructure. "En même temps, je ne vais quand même pas organiser la fin du monde !" se reprend-il, d'un ton martial.
Des catastrophes, et des sévères, la planète s'en est vu promettre d'autres. De Nostradamus aux astronomes du peuple quiché, ce n'est que la 242e fois qu'on lui prédit l'apocalypse. Mais la prophétie de 2012 surpasse toutes ses devancières. Premier Armageddon de l'ère Internet, sa réputation a décollé à la vitesse d'une soucoupe volante. Personne ne sait exactement quand et comment Bugarach et ses quelques soixante-huitards en rupture de vie citadine se sont trouvés mêlés à cette affaire d'almanach guatémaltèque. Dans le dédale des blogs ésotériques, il faudrait des années pour retrouver l'auteur de ce coup de génie. Or, on n'a plus le temps.
En ce début décembre, L'Express n'est pas tout seul à Bugarach. Des équipes de télé y battent la semelle comme devant le siège de l'UMP un jour de retrouvailles Copé-Fillon. Le pic disparaît dans les nuages, les deux rues du village, sont désespérément vides. Venus de Paris, de Bruxelles, de Zurich et même de Moscou, des journalistes traquent le quinquagénaire barbu roulant ses cigarettes à la main dans l'espoir de dénicher un "babo", un "crudi", voire un "ufo", comme disent les agriculteurs du coin. Souvent, le type écarte les micros, l'air navré. Il est, lui aussi, journaliste. C'est juste qu'il ne s'est pas rasé.

Chaque jour, le maire reçoit des lettres d'illuminés

Au début, toute cette agitation a ravi Jean-Pierre Delord, le maire de Bugarach depuis près de trente-cinq ans. Il s'est même pris à rêver de faire de son hameau "le Lourdes des fêlés", reconnaît-il, dans un éclat de rire. Un éclat de rire vite réprimé. Sous ses aspects drolatiques, son quotidien est hanté par l'avertissement de Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui n'écarte pas l'hypothèse d'une tragédie collective façon Temple solaire, en décembre 1995, dans le Vercors: 16 victimes, dont 3 enfants.
Ce matin-là, à Bugarach, le maire épluche son courrier du jour. La première lettre émane d'un certain Gérard S., dont l'adresse mail témoigne qu'il travaille dans un ministère d'importance. "Contrairement aux rumeurs les plus fantaisistes propagées par divers médias, je dois vous préciser qu'une catastrophe majeure n'est pas inéluctable, écrit-il, rassurant. A condition que je puisse accomplir la tâche qui m'a été confiée par les autorités divines..." En l'occurrence, prononcer un discours au sommet du pic de Bugarach, le 21 décembre prochain. "Il conviendrait qu'une équipe de télévision puisse être présente à mes côtés", glisse notre sauveur sur le ton de l'évidence.
D'un air las, Jean-Pierre Delord décachette la seconde missive, postée dans le Nord, celle-ci. Son auteur y affirme, entre autres, que "les deux policiers des Renseignements généraux rencontrés au Café de Paris, à Lille, le 8 septembre 2010, à la demande de Nicolas Sarkozy" croient en ses théories d'invasion extraterrestre, plus largement développées sur le blog "Crop circles contact". C'est à ce moment-là que le téléphone sonne. Au bout du fil, Gérard Palaprat, immense interprète de Pour la fin du monde ("Mets dans ta valise une simple chemise, pour la fin du monde, pas de vêtement..."), disque d'or en 1971. L'artiste tient à assurer le maire de Bugarach de sa solidarité. S'il peut lui être d'un quelconque secours, il n'hésitera pas à prendre le train pour les Corbières afin de calmer les ardeurs des gourous de supermarché. Jean-Pierre Delord lui fait part de sa plus haute considération. "Et dire que l'on m'accuse d'avoir organisé toute cette dinguerie", soupire-t-il en raccrochant.
 

Ils voient des étoiles filantes rebondir sur la montagne

La petite troupe de ses accusateurs se retrouve au Relais de Bugarach, le seul commerce du village qui, hors saison, ne tire pas le rideau de fer. Dans cette épicerie new age, au milieu des bocaux de confit de pétales de rose, les conversations volent à très haute altitude. Un peu comme les "Awacs", ces avions-radars peuplés de militaires américains, que Patrice Etienne, le gérant des lieux, aperçoit souvent en train de tournicoter au-dessus du pic. Ou encore comme ces étoiles filantes que Josiane, dite Joyce, voit rebondir sur la montagne, les nuits d'automne. "Ah! oui, Josiane, celle qui boit son urine au petit déjeuner..." commentera, plus tard, Jean-Pierre Delord à son sujet. Tous ces babas dans la fleur de l'âge réfutent néanmoins la théorie du 21 décembre. Ils ne veulent pas croire à l'imminence de la fin du monde. Pour des raisons d'alignement planétaire auxquelles on n'a rien compris. Une chose est claire, en revanche, c'est qu'ils soupçonnent le maire d'avoir orchestré tout ce ramdam pour faire oublier son implication dans un dossier de construction d'éoliennes controversé. "Il n'y a qu'à voir la nouvelle voiture qu'il s'est offerte", suggère Patrice Etienne, l'air gourmand. On a vu: c'est une Kangoo achetée à crédit sur cinq ans.
Ainsi va la vie dans ce coin de France si longtemps ignoré par la folie du monde. Et après l'apocalypse, au fait, il se passe quoi? C'est Noël! A Bugarach, cette année, Jean-Pierre Delord a décidé de faire sobre. Ni sapins, ni guirlandes. Rien de rien. Même le traditionnel repas collectif du 25 décembre a été sacrifié. Un petit loto, peut-être? "Non! rugit monsieur le maire. Moi, après la fin du monde, je me barre en vacances!" Puisse-t-il être entendu...

lundi 17 décembre 2012

L'ERMITE, LA NAIADE ET LE BOUQUINISTE DU BUGARACH


VSD du 13/12/2012

BUGARACH, TOUT EST PRET POUR LE 22 DECEMBRE ET APRES


À Bugarach, on se prépare activement à l’après fin du monde


Par Gérard Caubet
L’actualité braque ses projecteurs sur le petit village de Bugarach dans les Pyrénées, plus précisément le département de l’Aude.
Selon le calendrier Maya, la fin du monde devrait intervenir le 21 décembre 2012. Bugarach serait le seul lieu de la planète épargné par l’Apocalypse.
Le récit qui suit est de pure imagination. Il brosse un tableau caricaturiste et croustillant des préparatifs à «l’après fin du monde».
Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées est purement fortuite.
Bugarach © Arno Lagrange
Bugarach © Arno Lagrange
Si la fin du monde devait avoir lieu, Bugarach émergerait comme l’île de Robinson au milieu d’un océan de ruines.
Depuis belle lurette, les édiles locaux réunis en « shadow cabinet » tirent des plans sur la comète et échafaudent des scenarii de gouvernance d’un monde nouveau.
À l’approche de la date fatidique, les réunions tenues dans le plus grand secret s’accélèrent à un rythme soutenu.
Les premières rencontres ont été animées par un énarque propriétaire d’une résidence secondaire en bordure du village. Les réflexions allaient bon train quand, patatras, une mauvaise chute en VTT mit un terme définitif à sa participation. Depuis il promène son crâne fêlé couvert de pansements dans les rues de Bugarach, le regard hagard et l’esprit ailleurs.

La Bugarachie, ou tout simplement le Bugarach pourrait voir le jour.

Le Bugarach Nouveau a été abandonné car faisant trop beaujolais.
Une demande d’adhésion à l’ONU a failli partir au courrier. Fort heureusement, la levée était passée. Comme l’a fait remarquer le benêt du village, le « machin » ne subsisterait plus après la fin du monde. Of course. On se contentera de jumelages avec d’autres contrées épargnées par l’apocalypse.
Le sentiment de « Peuple élu » fait son chemin dans les esprits. Il se traduit par un élan de retour à la messe.
L’église d’ordinaire fréquentée par les seules bigotes fait désormais le plein. L’escarcelle du curé n’en n’est pas plus garnie pour autant. Le barachois prudent par nature, épargne la moindre pièce en cuivre, dans la crainte toujours possible de lendemains difficiles.

Quelques décrets, étudiés et pondus dans le plus grand secret, sont prêts à être promulgués.

Le Maire serait le premier président de la nouvelle république. Le choix républicain n’est encore définitif. Les conseillers municipaux se verraient élevés au rang de ministre.
Leur mandat durera jusqu’à la mise en place d’élections nouvelles. Vraisemblablement dans le courant de l’année prochaine.
L’opposition jamais en reste de vacheries gratuites et coups bas divers, fustige à tout va le futur nouveau pouvoir.
Elle répète en boucle que les élections promises seront comme le Père Noël. Tout le monde en parle mais on ne les verra jamais.
Le président est pressé par ses conseillers de se débarrasser au plus vite de ces empêcheurs de tourner en rond.
On n’est jamais assez prudent.
Le projet est de nommer son chef de file  « Garde des sots ».
Par sa stupidité avérée, il ne verrait que du feu dans cette subtilité de langage.
Ses attributions s’arrêteraient là car les libertés individuelles seraient provisoirement suspendues … en attendant de voir.
Pour les autres, on leur distribuera des postes d’ambassadeur auprès des extra-terrestres.

Tout le monde rêve de découvrir le trésor de l’abbé Saunières, curé du village voisin de  Reynes le château.

Devenu immensément riche, il aurait été vu faire de nombreux allers-retours entre Bugarach et sa paroisse. Sans doute pour y cacher son trésor.
Cette découverte doterait le nouveau pays d’un budget conséquent.
Une partie serait dévolue à la restauration des ruines du château de Bugarach (XVIe siècle). La présidence y serait installée.
Un retraité du Crédit Lyonnais est pressenti pour devenir le futur ministre des finances.
La Banque de Bugarach remplacerait la banque de France. Elle émettrait sa monnaie.
L’euro n’aurait plus cours puisque l’Europe n’existerait plus.
Une réflexion est en cours avec l’appui d’un cabinet d’experts de Carcassonne.
Les rumeurs vont bon train sur la suppression pure et simple des impôts. On parle même de rayer le mot du dictionnaire.
Le Ministère de la défense serait confié aux chasseurs. Déjà armés de fusil à deux coups pour le sanglier, ce serait autant d’économies sur le budget du nouvel état.

La question du drapeau a été abordée et résolue.

Le sujet est d’importance car toute nation a besoin de symboles pour affirmer son identité.
La croix occitane occuperait le centre de l’oriflamme en référence au sentier cathare, dont Bugarach est une étape. De nombreuses controverses agitèrent la question des couleurs. Pour ne déplaire à personne, l’option patchwork en quinze teintes, autant que de participants à la commission,  fut retenue à l’unanimité.
Un modèle est en cours de confection par l’atelier couture du Club du 3° âge.
Une cérémonie de lever des couleurs aura lieu dès la fin de l’apocalypse.
Un quart d’heure a suffi pour délibérer sur l’hymne national. « Se canto » fut choisi a l’unanimité. Principal avantage, tout le monde connaît.

L’afflux de population nouvelle n’est pas sans poser de problèmes.

On y voit un risque de déstabilisation d’une structure sociale séculaire faisant la part belle aux Bugarachois de souche.
Il été décidé d’opter pour le modèle chinois : un pays deux systèmes.
Une délégation s’est discrètement rendue en Chine et à Taïwan en voyage d’étude. Quatre jours d’avion, trois sur place. La faute à l’internet. Les billets réservés en promo les ayant fait passer par le Koweït, la Terre Adélie et le Zimbabwe.
Les nouveaux arrivants seraient installés en bordure de la commune. Ils seraient chargés d’actionner des génératrices à pédalier destinées à produire l’électricité.
Les habitants des villages voisins se prévalent d’une priorité de fait, mais se prononcent résolument contre l’option pédalage.

Quant aux émigrants des premières vagues, ceux arrivés il y a un an et plus, que faut-il en faire ?

Faut-il les rejeter à la mer -si mer il y a- ou faut il faire preuve d’humanité ?
La question n’est pas tranchée.
La fin probable de l’Internet pose problème. La solution choisie serait de réhabiliter la fonction de garde champêtre.
Équipé d’une trompette, d’un porte-voix et d’un vélo 12 vitesses à triple plateau, il serait chargé de faire régulièrement le tour du village. Son rôle serait d’informer la population et collecter les doléances.
Le maroquin de ministre à la communication serait confié au facteur.
Il garderait le privilège de sa voiture jaune dans la limite des stocks d’essence.

Une personne de confiance devra rapidement être choisie parmi les commères notoires.

L’objectif est  de construire un efficace service d’espionnage. Les discussions achoppent sur le choix du nom, chacun préférant mettre à ce poste ultra-sensible quelqu’un de ses proches. On les comprend …
Notre bon vieux calendrier grégorien serait abrogé et remplacé par le calendrier maya.

Le 21 décembre 2012 deviendrait le jour 1 d’une ère nouvelle.

Un exemplaire, imprimé sur le modèle de celui des postes, serait distribué gratuitement à chaque habitant. Ceci, dès le cours préparatoire.
On ne mégotera pas sur la santé. La création d’un hôpital est prévue. Il sera installé dans un hangar agricole ultra moderne, financé avec force subventions européennes. Son propriétaire, opposant notoire, en serait expulsé en même temps que ses brebis. Ces dernières moins chanceuses seront destinées à alimenter en côtelettes tendres et juteuses, le premier banquet républicain de l’ère nouvelle. Les box de stabulation débarrassés de leur crottin, seraient aménagés en chambres individuelles.

Des petites annonces ont été déposées pour recruter un médecin.

Parmi la pléthore de candidatures reçues, celle d’un vétérinaire béninois, un peu sorcier a été retenue. Ce dernier détail a fait la différence.
Il sera assisté d’une équipe de personnel soignant, recrutée parmi les secouristes bénévoles à jour de leur recyclage par les pompiers.
La maternité sera certainement le premier service à fonctionner. La première parturiente sera vraisemblablement la petite X. Elle arbore fièrement un ventre ne laissant aucun doute sur son état.
Madame Y, pressentie au service d’espionnage se vante d’avoir tout vu derrière ses volets. Elle se refuse à donner le nom du père mais affirme que selon ses calculs la naissance devrait survenir le 21, au plus tard le 22.
La chapellerie et le tourisme seront les deux mamelles de l’économie locale.
La confection de couvre-chefs est une ancienne spécialité artisanale de Bugarach. Il faut remonter à Louis XIV pour en trouver l’origine. À cette époque, quelques bugarachois, prisonniers en Silésie, y apprirent l’art du chapeau. À leur libération, ils ramenèrent leur savoir faire au pays.
Le problème des débouchés sera réglé par la loi. Chaque habitant sera tenu de changer de couvre chef selon l’activité. Un chapeau pour travailler, un autre pour se reposer, un autre pour conter fleurette, etc. Les activités au noir (réalisées tête nue), seront passibles d’amende.

La question du tourisme est plus complexe.

Le Syndicat d’initiative deviendrait le ministère du tourisme.
Aux dires des responsables, les atouts de la région sont considérables. De nombreux produits sont à l’étude. Une des possibilités serait la visite du légendaire royaume souterrain de l’Agartha, dont on dit qu’il existe sous le village. Il serait peuplé de lémuriens et servirait de parking à des soucoupes volantes. Dès l’ouverture des entrées secrètes, les visites pourront commencer. Dans le meilleur des cas vers le début de l’année si des travaux d’aménagements sont nécessaires.
On parle aussi de l’ascension du Pic de Bugarach en colimaçon pour faire durer. Un vaste plan de formation au Maya ancien sera mis en place. Quant à la clientèle nouvelle des extra-terrestres, aucune étude n’existe sur le sujet.
Il est prévu qu’un « Ovni port » pour soucoupes volantes soit installé sur un terrain plat proche du village.
Comme on le voit, à Bugarach tout est prêt pour la fin du monde. Pourvu qu’elle ait lieu !

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LE BUGARACH DANS LE JOURNAL DE TOULOUSE


ET PAN SUR LE FENECH DE BUGARACH

16/12/2012

Georges Fenech a créé le buzz médiatique sur Bugarach pour relancer la machine antisecte !

On nous refera pas le coup du scandale du Temple solaire de 1995 ! Ce massacre aux ficelles occultes orchestré en haut lieu avait déclenché une hystérie antisecte en France ! Depuis quelques mois le député Georges Fenech surfe sur une rumeur internet reprise en boucle dans un conseil communal de Bugarach selon laquelle le village serait épargné par la fin du monde le 21 décembre 2012. Après avoir traité du phénomène apocalyptique dans le rapport annuel 2010 de sa mission, il écrivit un livre sur le sujet et créa un énorme emballement médiatique . Comme en 1996 cette mascarade a réussit à recueillir l'assentiment général au point que le "spécialiste antisecte" se voit aujourd'hui accorder la direction d'un 'groupe d'étude sur les sectes' à l'Assemblée nationale. Décryptage d'un curieux coup médiatique ...

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 Georges Fenech ne veut pas désarmer
Chronique d'un buzz méthodiquement entretenu
En 2010 lors d'un conseil municipal Jean-Pierre Delord, le maire du paisible village de 200 habitants de Bugarach (dans l'Aube) annonce qu'il a appris l'existence de rumeurs persistantes colportés sur internet selon lesquelles son petit village serait épargné de la fin du monde prévu le 21 décembre 2012. Ce qui devait rester une plaisanterie est tombé dans l'oreille d'un journaliste local qui a ébruité la nouvelle qui de fil en aiguille est tombée aux oreilles de la MIVILUDES;
Le 21 décembre 2010, quelques journaux locaux ont amorcé le phénomène en publiant un article 2 ans jours pour jours avant la fameuse date de fin du monde.
Début juin 2011, Georges Fenech alors président de la MIVILUDES survole en hélicoptère le fameux mont "pour localiser les bunkers de 'la fin du monde' "
• Le 15 juin 2011, il publie son rapport annuel tant attendu. Le drapeau rouge d'un suicide collectif à Bugarach est agité dès l'introduction...Le 30 juin suivant il subit le camouflet que constitue la condamnation de la France par la CEDH dans l'affaire de la taxation des deniers du culte des témoins de Jéhovah.
• Ne souhaitant pas désarmer, Georges Fenech prépare un plan de riposte élaboré. Il organise une réunion à la préfecture de Carcassonne en présence des forces de l'ordre et d'associations spécialisées dans la lutte antisectes.

• Juin 2012, Georges Fenech nouvellement élu député, quitte la Miviludes mais pas son obsession car il termine la rédaction d'un livre intitulé: "Apocalypse-Menace imminente; les sectes en ébullition". Autoproclamé «plus grand spécialiste de la lutte antisectes en France», l’homme raconte son survol en hélicoptère de la vallée de Bugarach, «là où plusieurs grandes sectes ont pris leurs quartiers depuis quelques mois». Pourtant le journaliste Nicolas Estienne d'Orves raconte que durant ces "quelques mois passés sur le plancher des vaches : hormis quelques gentils zozos, [il n'a] vu nulle trace de secte" ! Dans ce livre il révèle les desous de cette affaire: «L’Apocalypse, d’une actualité brûlante, me servira de fil d’ariane dans ce labyrinthe aux méandres insoupçonnés dont Bugarach sera la première étape.» Il y a donc vraiment une mise en scène !

• A partir de septembre 2012, il accorde des dizaines d'interviews pour faire le marketing de son ouvrage et pour marteler son message de peur. « Il y a eu une vaste paresse des journalistes qui se sont recopiés les uns les autres, constate Nicolas d'Estienne d'Orves, auteur du 'Village de la fin du monde'. Quant à la Miviludes, elle a joué à fond là-dessus pour justifier ses subventions alors qu'il n'y a pas de secte à Bugarach et aux alentours. » 

• Le 12 octobre 2012, Fenech se rend à nouveau à Bugarach accompagné de plusieurs associations anti-sectes; il obtiendra du préfet le déploiement de pas moins de 500 gendarmes et pompiers pour le seul village de Bugarach afin de prévenir d'éventuels dérapages !

• Le 3 décembre 2012, il déclare à Nice-Matin qu'il se rendra sur place le 21 décembre. « Ma place est là-bas, près de ceux qui luttent pour éviter un nouveau drame » dit-il théâtralement.
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  Une vaste manipulation médiatique sur fond de commerce
Bien sûr, il s'agit simplement d'un mythe échafaudé à partir duquel s'organise une vaste fumisterie médiatique. Cela n'empêche pas certains de faire tout un buzz autour de ce vrai faux-événement. Comme le relate Le Point du 11 août dernier, absolument rien ne se passe à Bugarach en ce début d'été 2011 et de citer le bon sens d'un villageois: "Ils ne trouvent rien, alors ils inventent". Reste que l'artisan incontesté de ce buzz est sans conteste Georges Fenech l'ancien président de la Miviludes avec l'emballement médiatique que nous connaissons. C'est tout ce qu'avait besoin Monsieur Fenech pour être nommé président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale et entretenir la sectophobie en France afin d'obtenir des subventions. A ce propos une enquête a été demandée par la Direction générale de la justice de la Commission européenne épingle la France pour son climat d'intolérance délétère. A la page 23 nous apprenons que « le nombre de personnes ayant le sentiment que la discrimination, fondée sur la religion ou les convictions, est répandue en dehors du travail varie de moins de 10% : en Lettonie (7%), Irlande et Lituanie (9%), à plus de 50% : en France (55%), comme en Belgique et Suède (52%)". Ce n'est donc pas étonnant.

dimanche 16 décembre 2012

CHEZ CARTIER (Quillan)




11500 – Hôtel Restaurant Cartier (31 Bd Charles de Gaulle, Quillan, tél 04.68.20.05.14). Bon, Quillan, c’est un peu la France des Grandes Profondeurs. Mais des Profondeurs Magiques, à proximité de Rennes-le-Château et de son trésor, du Mont Bézu et de ses fantômes de Templiers et de Montségur et de son bûcher cathare. On viendra se reposer entre deux expéditions occultes dans ce confortable Logis de France à la table bien garnie... de produits locaux. Et si vous voulez manger léger, essayer donc la fricassée de girolles suivie d’une omelette aux truffes garnie de salade verte ! Et à découvrir absolument, nature ou en potage, la rouzolle. Il faut du reste savoir que ce plat légendaire fait l’objet d’un conflit en revendication de paternité entre l’Aude et l’Ariège voisine ! Pour bien se démarquer, les Ariègeois l’appellent l’Azinat.
Contrôle qualité en 2012 : Papy Cartier a pris du recul et son fils tient désormais les rênes. Le cassoulet vient du supermarché low-cost du coin (nous avons surpris le fiston avec son caddie) et les champignons frais ont un redoutable pouvoir laxatif. Warning……

UNE BONNE ACTION A BUGARACH


Bugarach Fin du monde : ils ont sauvé douze cépages roussillonnais

Le 13 décembre à 6h00 par Jean-Paul Pelras | Mis à jour le 13 décembre
  • Venus des Pyrénées-Orientales, les 12 vignerons ont choisi le 12/12/12 à 12h12 pour planter 12 pieds de vigne afin de sauver la civilisation du vin.
  • Venus des Pyrénées-Orientales, les 12 vignerons ont choisi le 12/12/12 à 12h12 pour planter 12 pieds de vigne afin de sauver la civilisation du vin.
    Venus des Pyrénées-Orientales, les 12 vignerons ont choisi le 12/12/12 à 12h12 pour planter 12 pieds de vigne afin de sauver la civilisation du vin.
  • Venus des Pyrénées-Orientales, les 12 vignerons ont choisi le 12/12/12 à 12h12 pour planter 12 pieds de vigne afin de sauver la civilisation du vin.
    Venus des Pyrénées-Orientales, les 12 vignerons ont choisi le 12/12/12 à 12h12 pour planter 12 pieds de vigne afin de sauver la civilisation du vin.(Photo par J.-P. P.)
Voici l'endroit, un terrain agricole, appartenant à Marie Salles situé au pied du mythique sommet et cadastré sous le numéro www 12. Nous sommes le 12/12 2012. Et il est précisément 12 h 12 lorsque, s'étant transportés depuis leur terroir roussillonnais, 12 libres penseurs viticoles s'apprêtent à sauver de l'apocalypse annoncée 12 pieds de vignes. Lesquels ont été sélectionnés parmi nos plus emblématiques cépages avec un soin, osons le terme, qui relève du sacré.
Equipés pour la circonstance de nœuds papillons, c'est Robert Tricoire et Fernand Baixas, tous deux grands disciples de Bacchus, qui sont chargés d'officier alors que, déployés derrière une banderole de circonstance, le reste de l'équipe se recueille dos tourné au Pech de Bugarach désormais symbole de toutes les prophéties.
"Un petit geste pour l'homme, un grand geste pour l'humanité"
L'heure est grave. Et au moment où nos deux vignerons lèvent une borrona (comprenez barre à mine) datant du XVIe siècle pour forer cette terre désormais comparable à celle où Noé se réfugia sur le mont Ararat, chacun ici retient son souffle et son émotion.
Car il s'agit de sauver des millénaires de culture pour qu'adviennent encore des siècles de futailles, de jéroboams, de dames jeannes, de salmanazars sous les rameaux et les pampres de ceux qui survivront peut-être à la redoutable prédiction. Celle qui annonce la fin du monde partout ailleurs à l'aune du 21 décembre prochain. A ce moment-là, sans savoir s'il faut attribuer la formule à Jacques Paloc, à Pierre-Henri de la Fabrègue ou à Michel Molins, quelqu'un lance cette phrase dans l'unanimité du recueillement : "Un petit geste pour l'homme, un grand geste pour l'humanité"

Considérations solides et liquides
Chacun en convient alors, il faut se réchauffer. Car deux petits degrés seulement courent au-dessous de zéro. Une rasade de vin doux naturel et deux tartines de fricandeau plus loin, la plantation reprend. La terre est dure, mais nos hommes, tous nés pour la plupart en 1952, année où fut diffusé Le petit monde de Don Camillo, ont la foi. Ils savent, depuis qu'ils se rencontrent régulièrement du côté du Rombeau ou au mas Sainte-Barbe pour échanger quelques indispensables considérations solides et liquides, que seuls l'épicurisme et la dérision peuvent avoir raison du pire. Il est 12 h 20. La vigne sans droits, ni déclarations est plantée. Advienne que pourra. Advienne que porro. C'est à 12 h 12 le 12/12 que les libres penseurs viticoles ont officié dans la plus grande solennité".
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Y AURA-T-IL UN 22 DECEMBRE A BUGARACH ???


"Vivement le 22, qu'on passe à autre chose"

REPORTAGE - À une petite semaine de l'événement, le temps s'est comme figé à Bugarach. Aucun illuminé à l'horizon, pas une soucoupe repérée … Seuls les 250 journalistes signalés inquiètent.
"Nous viendrons juste parce que c'est The place to be." Gérant d'un restaurant de plage à La Grande - Motte (Hérault) , Fabrice arpente avec des amis les ruelles de Bugarach , aux confins de l'Aude et des Pyrénées-Orientales . Selon quelques tenants de l'apocalypse, les entrailles du pic qui surplombe le bourg, point culminant du massif des Corbières (1 . 231 m ), pourraient en effet dissimuler un garage pour engins intersidéraux. Moyen comme un autre de leur offrir une chance de survie … Mais Fabrice n'a que faire de telles croyances . À une semaine du jour J, curieux, il prend simplement ses marques dans le village . Et reviendra vendredi avec une seule idée en tête : s'amuser.
Les villageois , eux, ont fermé leurs volets. Sans doute pour se protéger des caméras : 250 journalistes , venus de 54 pays , ont été accrédités en préfecture! Trois chaînes allemandes, quatre américaines sont annoncées pour une couverture en direct digne d'un sommet de Davos. "Aujourd'hui, les habitants se sentent assiégés. Vivement le 22 décembre, qu'on range les jouets et qu'on passe à autre chose", soupire Jean-Pierre Delord, le maire, sans pour autant regretter d'avoir, en tirant à tout-va la sonnette d'alarme sur une possible invasion du bourg , alimenté la fabrique à fantasmes.

Un terreau fertile aux croyances

Les médias trouveront-ils ici de quoi nourrir leur attente? Pas si sûr … Samedi en tout cas, aucun druide ni adepte d 'une quelconque secte à l'horizon. Anthropologue à l'université de Louvain, en Belgique, Justine Vleminckx n'a pour l'instant rencontré que des habitants incrédules et agacés : "C'est une mobilisation autour d' une rumeur infondée. Mais c'est vrai que la région présente une concentration exceptionnelle de croyances spirituelles. Ici existe, depuis les Cathares, un terreau fertile à la quête spirituelle, à un retour aux sources, à la terre et peut-être à soi-même ." La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) confirme d'ailleurs que le pays cathare est devenu l'une des terres de prédilection des prophètes de l'apocalypse.
Pas de quoi pour autant faire des anciens hippies reconvertis dans l'élevage, égyptologue ou autre spécialiste de médecine chinoise implantés dans les Corbières de dangereux illuminés . Pierre s'est ainsi installé dans une forêt avec sa communauté. Au début, quand le groupe a posé ses yourtes au fond des bois, il a dû faire face à l'hostilité des élus locaux, qui voyaient en eux les éclaireurs d'une armée de 10.000 adeptes prêt s à envahir la vallée de la Sals. Mais pour Pierre et ses proches, Bugarach n 'a jamais rien évoqué d'ésotérique . Eux cherchaient juste un endroit tranquille et bien exposé pour vivre à l'écart du monde. Stéphane, lui, avec sa barbe, ses cheveux longs et ses grandes bottes de cuir, a le total look de l' illuminé idéal . Mais la fin du monde, la divine protection du pic au pied duquel il vit, Stéphane s'en moque . Guitare et bûcheronnage suffisent à l'apaiser . "Avec tout ce tintamarre, j'ai juste noté comme une accélération du temps" , médite-t-il avant de filer en auto-stop à son rendez-vous chez le dentiste.

Pour les Mayas, une renaissance

Curieux, Pierre est allé récemment assister à la conférence donnée par Simeth Maya, porte-parole d'Europe-Mexique, voix "autorisée" de la civilisation maya. La réunion s'est tenue au milieu d'une clairière, à 7km en contrebas du village . "La porte-parole a expliqué que ce n'était pas l'apocalypse mais la fin d'un cycle de plus de cinq mille ans, un nouveau départ, une renaissance. Au Mexique, ce jour sera un intense moment de joie et d'allégresse." La VRP aurait même exhibé le calendrier des années mayas 2013, 2014 et suivantes. Un démenti qui, semble-t-il, n'est pas parvenu aux oracles du Net .
Soucieuses de prévenir l'arrivée d'un flot d'illuminés et de curieux, les autorités ont interdit à partir du milieu de la semaine l'accès de la montagne et de ses grottes. Tout le secteur sera bouclé . Objectif : faire face "à un phénomène informe qui tourne autour de la rumeur sur la rumeur", selon les mots du préfet de l'Aude Éric Freysselinard. Difficile à cerner.
Jean-Simon Nours, à Bugarach (Aude) - Le Journal du Dimanche
samedi 15 décembre 2012

L'HERMES (Paris)






19 – L’Hermès (23 rue Mélingue, 75019 Paris, tél 01 42 39 94 70). Une des très belles tables du quartier de Buttes-Chaumont qui traverse le temps en maintenant un haut niveau de qualité. Nems de pieds de cochon, gelée de veau en terrine ou œuf meurette façon moléculaire ; puis on attaquera les joues de bœuf braisées ou l’étonnante côte de cochon noir du pays basque. C’est la première fois que je déguste une côte de porc aussi grosse qu’une côte de bœuf ! Et la cuisson est parfaite, sachant garder le moelleux de la viande. Pour ne rien gâcher, la carte des vins est tout simplement éblouissante. Ah ce gouleyant Pinot Noir d’Alsace !
Un petit truc pour les vrais amateurs : en vous y prenant quelques jours à l’avance, et en saison bien sûr, vous pouvez commander un lièvre à la royale. Et après, mais seulement après, vous pourrez commencer votre régime végétarien.

UNE EXPO BUGARACHIENNE A PARIS




kamel mennour
47 rue saint andré des arts paris 75006 france tel+33156240363 fax+33140468020

kamelmennour.com 

HUANG YONG PING BUGARACH
5 décembre 2012 – 26 janvier 2013 


Huang Yong Ping « Bugarach » est présentée à la galerie kamel mennour du mardi au samedi, de 11 h à 19 h.
Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter Marie-Sophie Eiché, Jessy Mansuy-Leydier et Emma-Charlotte Gobry-Laurencin par tél : +33 1 56 24 03 63 ou par email : galerie@kamelmennour.com.
Kamel Mennour est heureux de présenter la seconde exposition personnelle de l’artiste chinois Huang Yong Ping à la galerie.
Bugarach est le nom d’un village des Pyrénées françaises et du pic montagneux qui le surplombe, nommé « la montagne renversée » en raison de sa particularité géologique qui en fait une curiosité naturelle : ses couches inférieures sont plus récentes que ses couches supérieures. Hameau d’à peine 200 habitants, Bugarach est depuis les années 1970 un lieu de pèlerinage pour de nombreux adeptes d’ésotérisme New Age. Ce site est récemment devenu une destination très prisée en raison de la croyance selon laquelle le pic serait le seul lieu épargné lors de la « fin du monde » qui, selon certaines lectures du calendrier Maya, devrait advenir le 21 décembre 2012. Cette prophétie de l’apocalypse, ou plutôt les nombreuses théories de « grande transformation » ou de fin de cycle, avancées par les théoriciens ésotériques ou de fringe science (« science marginale ») est largement réfutée par les mayanistes. Elle se concrétise pourtant par l’afflux régulier de nouveaux habitants, pèlerins ou simples curieux venus du monde entier. Le pech de Bugarach est ainsi affublé de divers pouvoirs extraordinaires. Notamment considéré comme un haut lieu de présence extra-terrestre, il possèderait une cavité centrale, refuge des ovnis ou bien matrice d’un champ électromagnétique surnaturel qui empêcherait les avions de le survoler. Les différentes pratiques mystiques constatées récemment à Bugarach laissent entrevoir des syncrétismes de sagesses et de rituels orientaux, précolombiens ou amérindiens mâtinés de théories du complot. Les médias internationaux se pressent aujourd’hui à Bugarach en quête d’images folkloriques, et se font bruyamment l’écho de menaces de dérives sectaires, quitte à les alimenter en retour.
Dans notre société globalisée où la perte du sentiment religieux est contemporaine de l’essor de nouveaux extrémismes, la résurgence de ces spiritualités New Age à l’approche d’un cataclysme fantasmé n’est pas anodine. Il n’est pas étonnant que Huang Yong Ping s’empare de ce phénomène, lui qui depuis plusieurs années pointe avec justesse, dans ses installations monumentales, le rôle ambivalent de toute religion (Les Mains de Bouddha, 2006 ; Construction Site, 2007 ; Caverne 2009, 2009). La présente exposition est conçue en écho à une autre installation, Cirque, présentée simultanément à la galerie Barbara Gladstone à New York. Reliées dans le temps, elles sont également proches par leur thème : la fin des temps, ou plus précisément le temps de la fin.
En entrant dans la galerie, l’on est d’abord saisi par le vide de la première salle. Au plafond se trouve un dispositif d’alarme, objet préventif mais aussi menaçant, dont on craint qu’il se déclenche inopinément. C’est en accédant à la deuxième salle que l’on découvre de nombreux corps d’animaux de toutes espèces, seize en tout, qui ont la double particularité d’être entièrement blancs, et privés de leurs têtes. Dispersés, marchant dans toutes les directions, leur désorientation est manifeste.
La plus petite salle est, par un étrange effet de déséquilibre, au contraire de la première, envahie par une énorme masse de neuf mètres de longueur, semblable à un grand rocher qui aurait brutalement émergé de terre. En contournant cette réplique en « miniature » du pic de Bugarach, on découvre une grande assiette blanche de quatre mètres de diamètre qui semble s’être fichée dans, ou bien émerger de la montagne. A moitié enfoncée dans la roche, elle est inclinée, et l’on y retrouve les têtes des seize animaux errants, toutes dressées vers le ciel. Ces yeux écarquillés, ces gueules ouvertes semblent contempler, défier ou peut-être supplier un hélicoptère en survol, placé juste au-dessus d’elles. Ce dernier chercherait-il à se poser, qu’il ne le pourrait point, la totalité du paysage étant abrupt et instable. Un drame cruel se joue dans ce face-à-face sans issue entre les animaux qui cherchent le salut et cet hélicoptère, dont on ne sait s’il représente pour eux une menace ou un espoir.
La robe blanche des animaux rappelle la couleur souvent choisie par les groupes religieux ou sectaires pour leurs habits de culte ; c’est la couleur de la pureté et de l’endoctrinement. L’hélicoptère est un engin symbolique de la surveillance et du contrôle, corollaires du besoin de protection à l’œuvre dans toute société. Il rappelle aussi l’avion espion américain qui fut le sujet du
Projet chauve-souris (2000-2005), que Huang Yong Ping comparait à une 1
grande coquille vide , dénonçant ainsi le caractère illusoire de tout dispositif de contrôle.
Ainsi l’ensemble de l’exposition esquisse une scène de chaos, où sont constamment déjoués les repères d’échelle, et où sont bouleversés les rapports de forces entre le naturel et l’artificiel, le sauvage et le social. Ici ce n’est pas la montagne qui est renversée, mais bien plutôt le socle sur lequel reposent, impuissantes, les créatures terrestres. Cette « soucoupe volante » prise au piège, figée dans son instabilité, nous invite à percevoir cette scène comme l’apogée du drame, l’instant paroxystique du basculement.
De manière récurrente dans l’œuvre de Huang Yong Ping, les animaux jouent un rôle métaphorique pour les comportements humains. Ici les animaux sans tête ont sans doute le même rôle que les insectes vivants de Théâtre du monde (1993), à savoir de jouer le dernier acte d’une comédie de la cruauté dont nous sommes à la fois les sujets et les spectateurs.
Dans Arche 2009 (2009), les animaux taxidermisés se trouvaient au cœur d’un dispositif où la notion de protection est seulement illusoire, comme l’explique l’artiste dans le catalogue édité à cette occasion : « dès que
1 survient une crise, nous avons toujours l’illusion qu’il existe une « arche » (...) » ,
c’est à dire un lieu de refuge intact, alors même que le danger vient précisément du cœur de la société, de sa part irréductible de chaos. Ainsi Huang Yong Ping, lors de ses recherches pour la présente exposition, notait-il logiquement : « Bug-arach / Bug-arche ».
Si les théories de « la fin des temps » et la croyance en un refuge à Bugarach peuvent sembler anecdotiques ou risibles, Huang Yong Ping nous rappelle ici que la réalité n’est pourtant pas stable. En érigeant ce fait d’actualité au rang de monument, il réduit les différences de temporalité inhérentes à l’événement politique et à l’œuvre d’art, et suggère ainsi que l’un et l’autre ne sont jamais très éloignés. En conférant une portée symbolique plus large à cette affaire, symptomatique d’une perte de sens généralisée, il semble nous indiquer que le monde tel que nous le connaissons est plus que jamais incertain, et que la déroute est bien réelle, tant au plan social qu’environnemental. Le mythe de la « fin du monde » résonne alors ici comme le symptôme, la partie émergée d’une entreprise destructrice dont on ne saurait déceler la cause ni le remède, du moins tant que resteront séparés le corps et la tête.
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1. Huang Yong Ping, notes sur le
Bat Project, dans House of Oracles: A Huang Yong Ping Retrospective, Walker Art Center, Minneapolis, 2005 encart pp. 60-79.
2. Huang Yong Ping, “Arche perdue”, interview par Richard Leydier, dans
Huang Yong Ping, Myths, éd. Kamel Mennour, Paris, 2009, p.38

Né en 1954 à Xiamen (Chine), Huang Yong Ping vit et travaille à Paris depuis 1989.
Huang Yong Ping a participé à l'exposition "Magiciens de la Terre" au Centre Pompidou à Paris en 1989, et a représenté la France à la Biennale de Venise en 1999. En 2006, le Walker Art Center de Minneapolis lui consacre sa première rétrospective "House of Oracles," qui est devenue une exposition itinérante au Mass MoCA à North Adams (Massachusetts), à la Vancouver Art Gallery, et au Ullens Center à Pékin. Son travail a également fait l'objet de nombreuses autres expositions personnelles : au CCA Kitaky sh , au Japon ; à De Appel à Amsterdam ; à la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain à Paris ; au Astrup Fearnley Museum à Oslo ; à la Barbican Art Gallery à Londres ; au New Museum of Contemporary Art à New York ; à la Chapelle des Petits-Augustins des Beaux-Arts de Paris ; au Musée Océanographique de Monaco, ainsi qu’à Nottingham Contemporary à Nottingham.

Dans le cadre de la manifestation lille3000, le musée de l’Hospice Comtesse lui consacre une exposition personnelle jusqu’au 13 janvier prochain ; de même que le MAC – Musée d’art contemporain de Lyon du 15 février au 14 avril 2013.