En cours de bouclage, sous une couverture de Marie Maitre.
mercredi 31 août 2022
mardi 30 août 2022
lundi 29 août 2022
CTHULHU EN REPUBLIQUE DOMINICAINE, Les Tentacules de Rita Indiana
Malgré son titre, Les Tentacules de Rita Indiana (Rue de l’Échiquier, 2020) n’est pas un roman lovecraftien. C’est une fiction glauque, difficile à lire, dans l’univers violent de la société de Saint-Domingue. L’anti-héros, Alcide, est une jeune femme qui passe son temps à tailler des pipes à de vieux cochons dans les jardins publics. Elle a besoin d’argent en effet pour acheter une plante miraculeuse qui va la transformer en homme ! Mais si je cite ce bouquin, c’est parce qu’il nous offre un bel échantillon des créatures de la Santeria qui rythment les croyances locales. On y rencontre notamment Olokun « l’esprit de l’Océan » qui représente la mer dans son aspect le plus terrifiant. Propriétaire des profondeurs, responsable d’épouvantables tempêtes menaçant d’engloutir le monde, il est maintenu au fond de l’eau par Obatala, Divinité de la Création, qui le neutralise pour l’empêcher de nuire.
samedi 27 août 2022
LA LITTERATURE MAUDITE BELGE
Le livret est ici :
https://mediatheques.ardenne-metropole.fr/les-mediatheques/mediatheque-voyelles/animations/281-sdlm-2022
lundi 22 août 2022
samedi 20 août 2022
DE LA CORRESPONDANCE INEDITE EN FRANÇAIS DE LOVECRAFT
Un recueil inédit en français de lettres 1925-1926 a été publié en 2022 sous le titre Ils sont tout ce qui me permet d’ouvrir les yeux le matin par les Éditions Saint-Jacques, traduction et notes de Vincent-Pierre Angouillant. Un excellent document qui couvre la période février 1925 – avril 1927, une période certes courte mais oh combien stratégique pour Lovecraft : la dernière année de son bref séjour à New York (deux ans) et un retour en fanfare à Providence. Le classement chronologique et la sélection « des belles pièces » font de la lecture quelque chose d’envoûtant et donnent le sentiment de suivre l’auteur pas à pas. Un sentiment que j’avais déjà éprouvé en lisant Moi, H.P. Lovecraft de Jacky Ferjault. Sur le fond, on retrouvera la violence du racisme de l’écrivain, manifestement attisée par son « échec new yorkais » ; mais on tombera surtout sous le charme de son amour pour Providence qui flirte parfois avec de l’idolâtrerie.
vendredi 19 août 2022
mercredi 17 août 2022
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : TOUT CE QUI EST SUR TERRE DOIT PERIR, Michel Bussi
Tout ce qui est sur terre doit périr (Pocket 2019) est la reprise de La dernière Licorne de Michel Bussi (2017). Un thriller ésotérique bien léché dont le héros n’est autre que l’Arche de Noé qui serait perchée sur le mont Ararat ! Le combat pour retrouver le navire mythique est sans merci entre le Parlement Mondial des Religions et ses services spéciaux (! cf 2017), protecteurs de la théorie biblique qui se retrouve du reste dans beaucoup d’autres Traditions[1], et des terroristes illuminés qui veulent faire éclater au grand jour la véritable nature de l’anomalie d’Ararat (photo prise d’avion qui suggère la forme d’un bateau). Car la découverte de celle-ci pourrait remettre en cause de nombreuses croyances. Je ne spolierai pas ce dont il s’agit, qui n’est du reste pas difficile à deviner quand on sait « que les Fils de Dieu trouvèrent belles les Filles des Hommes !). L’équipe d’aventuriers qui s’est glissée entre les protagonistes comprend une glaciologue, car le réchauffement climatique et la fonte des glaces pourraient prendre tout le monde de court et révéler aux yeux de tous « l’anomalie ! ». Ajoutons que la « licorne » est en permanence en arrière-plan du récit et qu’elle semble apprécier les contreforts de l’Ararat. Animal mythique produit de l’imagination humaine ou animal réel qui aurait été décimé lors du Déluge ? De nombreux chercheurs ont analysé les iconographies représentant cette catastrophe pour débusquer une corne légendaire. Les résultats ne sont guère probants.
Restons dans le sourire en rappelant que les créationnistes américains ont ouvert en 2016 un « Biblical Park » dans le Kentucky avec une reconstitution de l’Arche grandeur nature (d’après les indications de la Bible). Ils ont en projet de passer maintenant à Tour de Babel. Ils devraient faire un partenariat avec le Park von Dänicken d’Interlaken, ses « anciens astronautes » ne seraient pas dépaysés !
[1] Les récits bibliques de l'arche de Noé présentent des similitudes avec un mythe mésopotamien décrit dans le Poème du Supersage datant du XVIIe siècle av. J.-C., dans la légende de Ziusudra qui pourrait elle aussi dater de la fin du XVIIe siècle av. J.-C., puis repris au XIIe siècle av. J.-C. au plus tard dans la version assyro-babylonienne « standard » de l'Épopée de Gilgamesh, mythe qui raconte comment un Sage appelé Atrahasis, Ziusudra ou Uta-Napishtim selon les différentes versions du mythe, fut invité par le dieu Enki/Ea à construire un navire, dans lequel il pourrait échapper au déluge envoyé par l'assemblée des grands dieux3. D'autres versions, d'une ressemblance plus approximative, peuvent se retrouver dans de nombreuses cultures à travers le monde. L'histoire de l'arche a fait l'objet par les religions abrahamiques d'interprétations abondantes, mêlant raisonnements théoriques, problèmes pratiques et considérations allégoriques : les commentateurs, ainsi, pouvaient aussi bien se poser la question de la gestion du fumier que celle de l'arche comme première incarnation d'une Église offrant le salut à l'humanité
mardi 2 août 2022
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : POUTINE ET L'UKRAINE, Vladimir Fédorovski
Vladimir Fédorovski cherche lui aussi à coller à l’actualité avec Poutine, L’Ukraine, les faces cachées (Balland 2002). Diplomate, proche de Gorbatchev, écrivain reconnu, cet auteur d’origine russo-ukrainienne hante aussi les plateaux TV en cet été brûlant. Son ouvrage sent, hélas, le « vite fait », la partie strictement réservée à Poutine étant maigrelette. L’essentiel de l’ouvrage est une rétrospective historique (les influences de Poutine) et une analyse géographique (pour éclairer la géopolitique poutinienne), le tout accompagné de nombreuses annexes pour étoffer le volume ! J’ai bien aimé, pour illustrer la partie géographique, la reprise d’un article d’un journaliste, Alain Coulon, qui a fait Pékin – Berlin en train ! Sa conclusion, « entre Pékin er Berlin, la Russie du XXI ème siècle est-elle autre chose qu’une longue parenthèse ? ».
samedi 30 juillet 2022
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : VOLODYMYR ZELENSKY, Gallagher Fenwik
L’actualité toujours avec Volodymyr Zelensky, l’Ukraine dans le sang de Gallagher Fenwick (Le Rocher, 2022). Une biographie à chaud qui s’arrête avec le début de la guerre en février 2022. Un travail de journaliste, vite fait, et essentiellement sourcé par des https://. Ce n’est donc pas une vraie réflexion de fond, mais un bon résumé d’une aventure hors du commun que l’on connaît bien par les multiples reportages télévisés qui sont consacrés au personnage. Et Zelensky est attachant, une sorte de Coluche qui devient le Président en vrai après avoir été le Président fictif d’une série télévisée. On est touché par ses hésitations, son optimisme inébranlable face aux menaces les plus sordides de son voisin russe. Et on s’incline devant sa mutation éclair en un chef de guerre redoutable. La suite s’écrit sous nos yeux et l’on souhaite ardemment qu’il ne se transforme pas en martyr.
mardi 26 juillet 2022
LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L'ECLAIREUR, Serguei Jirnov
L’actualité en Ukraine incite beaucoup d’anciens participants à « la guerre froide » à raconter leurs souvenirs et à nous faire plonger dans l’infernale machine russe. Tel est le cas de Serguei Jirnov qui, avec L’Éclaireur (Nimrod, 2022), nous retrace avec moultes détails sa carrière au KGB. L’auteur est maintenant réfugié en France et hante avec beaucoup de talent les plateaux de télévision au gré des développements de cette guerre fratricide. Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est son approche très autobiographique. Il nous raconte en effet le cheminement d’un jeune garçon fort en thème dans l’univers soviétique où tout se passe comme si l’heureux élu était happé par une machine qui le conduira aux meilleures écoles, aux alcôves du Parti Communiste pour terminer dans le Saint des Saint, le KGB. Jirnov analyse son ascension avec humour, sans être dupe d’un système hypocrite et en voie de décomposition. Notre agent est francophone et francophile, et réussit à intégrer l’ENA par « le tour extérieur réservé aux étrangers ». La description qu’il nous donne de notre école de prestige fait frémir, par son fonctionnement archaïque et son enseignement ultra-light. Sa comparaison avec les grandes écoles soviétiques n’est pas en notre faveur ! Mais cela reste un endroit privilégié pour un « infiltré » pour nouer des contacts utiles avec les futurs dirigeants du pays. On a droit ici à un petit couplet amusant sur Valérie Pécresse qu’il a tenté de « retourner ». Jirnov quittera le KGB en pleine décomposition après la perestroïka et demandera l’asile politique à la France. Il soulignera avec humour ne pas avoir été repéré par la DGSE dont il a une piètre opinion !
Notre « ex illégal » a bien connu Poutine qu’il décrit comme un raté à l’esprit obtus, qui a végété à l’ombre du KGB dans un poste mineur à Dresde en RDA. Il a su cependant profiter de la débâcle du système soviétique et se tailler une belle fortune au parfum oligarchique prononcé. Il sera repéré par Eltsine, et on connaît la suite….



















