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jeudi 2 août 2012

LES VITOLETS D'EL JICE : La paille dans l'oeil de Dieu



La Paille dans l’Oeil de Dieu (The Mote in God’s Eye)
Larry Niven et Jerry Pournelle (1974 et 2007 pour la présente traduction française, éditions Le Bélial, Pocket)
Autre titre, paru chez Ailleurs et Demain : La Poussière dans l’Oeil de Dieu.
692 pages édition française POCKET.
Je termine la relecture de ce gros pavé considéré par beaucoup d’amateurs de SF comme le meilleur roman de Larry Niven (auteur aussi de la saga de l’Anneau Monde). Le présent roman conte la première rencontre des terriens avec une civilisation extra-terrestre venue d’une lointaine galaxie qui ressemble au visage de Dieu tel que le voit l’être humain et sise dans le secteur  nommé trans-Sac-à-Charbon. Une planète y gravite comme un grain de poussière autour d’un grand soleil, tel l’oeil gigantesque de ce visage divin : la poussière (ou la paille) dans l’oeil de Dieu, donc.
Tout y est écrit avec talent et originalité. Le mode de vie des ET imaginé par nos auteurs est surprenant et imaginatif. Leur but : sortir de leur sphère et émigrer vers d’autres mondes colonisables sans gêner personne (ce qui les différencie donc des humains qui, eux, ne s’embarrassent pas de savoir s’ils gênent quelqu’un). Le hic, justement, c’est que ces aliens tombent sur ce que l’humanité a de pire : les militaires. Qui dit militaire dit obtus, limité en neurones et paranoïaque voyant le mal partout. Mission donc impossible que de s’entendre avec de pareils individus. Et une fois encore c’est l’Homme qui aura le dessus et qui imposera sa loi de façon dictatoriale.
Le lecteur devra donc aimer l’ambiance des casernes, des Marines, des “garde-à-vous”, “rompez”, exécutez mes ordres”. A en croire Niven, il n’y a que ça sur notre planète : des hommes en uniforme pour régir le monde. Si l’auteur a voulu se moquer de cet univers de soldats, c’est totalement réussi mais s’il a voulu faire l’apologie de la force brute par rapport à la raison, au secours ! Dans le doute, j’opterai pour la première hypothèse.
On aurait malgré tout préféré y voir consacrer plus de temps à tout l’apport philosophique découlant de pareille rencontre, plus de poésie aussi mais sans doute est-ce là ce qui fait toute l’originalité de ce roman fleuve qui souffre néanmoins de pas mal de longueurs “militaro-protoclaire”. Autre originalité à épingler : lorsque les réflexions se font entre extraterretres, le texte est en italique et il est intéressant d’ainsi avoir les deux approches : celles des humains vis-à-vis de ces “étrangers” qui risquent de mettre en péril l’équilibre de l’Empire (on notera que quand il s’agit d’humains du futur, c’est souvent Impérial, rien de moins) et celles des “Pailleux” qui n’ont pas la même longévité et qui en souffrent, cherchant désespérément à sortir de leur univers restrint. Mais sans doute ne sont-ils pas aussi innocents que l’on pourrait l’imaginer. Une fois de plus, le conteur a tendance à faire de l’anthropomorphisme psychologique lorsqu’il s’agit d’ “aliens”.
Personnellement, je crois que 300 pages auraient amplement suffi pour traiter le sujet tel qu’il l’a été.  Cela dit, on est loin de E.T. ou STARMAN. Et il faut avouer, à la décharge de Niven, que quand on parle de rencontres (extraterrestres ou bien de chez nous), les militaires n’ont pas leur pareil pour fourrer leur nez là où il ne faut pas et pour tout faire foirer.  Les exemples sont nombreux tant dans la science-fiction que dans la réalité (pour qui y croit).  Comme disait Einstein, pour marcher au pas sur une musique militaire, il n’est pas besoin de cerveau, la moëlle épiniaire suffit !
El Jice

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