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lundi 11 novembre 2013

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : LA REGLE DE QUATRE, Caldwell & Thomason




Et bien voilà un livre dont un livre est le héros. Ian Caldwell et Dustin Thomason, dans La Règle de Quatre (Michel Lafon, 2005), mettent en scène un monument de la littérature mystérieuse, le fameux Hypnerotomachia plus connu sous le titre de Songe de Poliphile. Publié en 1429 à Venise par Alde Manuce, cet ouvrage est attribué à l’italien Francesco Colonna, du moins si on rassemble les premières lettres de chaque chapitre pour découvrir l’identité de l’auteur. Voilà qui commence bien et qui est du reste une première matière à polémique, certains érudits attribuant la paternité de ce travail à un moine obscur. Il s’agit, à première lecture, d’un conte d’amour totalement indigeste, entrecoupé d’apartés érotiques et de pensums architecturaux très fouillés. À tel point que l’ouvrage sera la coqueluche de nombreux architectes florentins et romains qui y puiseront leur inspiration. Pour d’autres, il s’agit d’un récit ésotérique crypté, véritable référence notamment chez la fameuse Société Angélique.



Dans le cadre de l’université de Princeton, le thriller met en scène un groupe de chercheurs érudits, bien décidés à percer le secret de l’ouvrage. Une quête sans merci, sur fond de jalousies, de besoin éperdu de reconnaissance pouvant aller jusqu’au plagiat par un professeur des travaux de l’un de ses étudiants plus avancé que lui dans la recherche. Les dégâts collatéraux sont nombreux : meurtres en série, ou plus classiquement explosions violentes au sein de certains couples où le livre a pris une importance démesurée.
Le travail de décryptage mené est passionnant et aboutit à la conclusion que Colonna avait construit une cache gigantesque pour abriter « quelque chose de fabuleux ». Et ce « quelque chose » pour une fois n’appartient pas à la famille des lourds secrets susceptibles de faire trembler l’Église. Sans tout dévoiler, disons simplement que nous sommes dans le registre de la culture et de l’art.
Un très bon bouquin ; lorsque je l’ai fermé, je n’ai pas dit comme souvent « excellent, je me suis bien amusé », mais « excellent, c’est fou ce que j’ai appris !  ».






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