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lundi 5 mars 2012

LES FRIANDISES DU CARDINAL : ET POUR QUELQUES GIGAHERTZ DE PLUS d'Ophélie Bruneau

Et pour quelques gigahertz de plus... d’Ophélie Bruneau
 
Dans le domaine de la SF il y a peu d’auteurs féminins, en France encore moins. Il faut donc saluer l’arrivée dans ce club très fermé d’Ophélie Bruneau qui, avec "Et pour quelques gigahertz de plus..." (Editions Ad Astra), nous livre un premier roman non seulement de SF mais, en plus, de space opera ! Avec le récit du contact entre le commandant Jean-Frédéric Serrano et son équipage du Viking et les Ruxis, de sympathiques extraterrestres belliqueux ressemblant à des kangourous chauves de grande taille, l’auteur nous livre un récit plein de drôlerie, sans temps mort, où sont intégrés tous les codes du space opera populaire - par moments j’ai irrésistiblement pensé à B.R. Bruss ou à Pierre Barbet - et de la quête à la manière du jeu de rôle. Il nous est indiqué en quatrième de couverture qu’Ophélie Bruneau a été nourrie de Naheulbeuk et l’on retrouve cet humour décalé dans sa manière d’écrire, dans les caractères des personnages - le commandant Serrano, le major Tikosh ou le docteur Terre mais aussi chez certains des Ruxis comme le chef des pacifistes ou les deux ambassadeurs -, dans la constitution de l’équipage du style grands gamins casse-cou ou dans la civilisation extraterrestre, ahurissante à nos yeux de naïveté (et là j’ai pensé à "Galaxy Quest"), découverte par le Viking. Cela nous donne un roman enlevé sur le premier contact, la manière de gérer une crise imprévue - se retrouver en plein milieu du début d’une guerre entre deux planètes à la culture identique (relents serbo-croates ? ) - tout en gérant son supérieur hiérarchique hostile, le tout dans un astronef où l’on parle le français, où l’on picole quelque peu et surtout où l’on s’adonne avec passion aux jeux vidéo. Et c’est là qu’Ophélie Bruneau a fait preuve d’originalité, en appliquant les théories de la psychologie humaine à ses ET qui sont fort heureusement assez proches de nous, le tout donnant un résultat plein d’ironie.
 
Voilà donc un fort sympathique premier roman qui ne plaira pas aux théoriciens de la SF vecteur de critique sociale (quoi que...) ou aux lecteurs de SF philosophique mais qui devrait séduire tous les autres, ceux qui lisent pour le plaisir, pour s’évader du quotidien un moment. Pour ceux-là l’auteur atteint parfaitement son but !
 

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