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vendredi 21 septembre 2012

BUGARACH : PLACE AUX EXPERTS

Bugarach

Montagne inversée mais pas sacrée

Le 21/09/2012 à 06h00 par Bruno Coince | Mis à jour à 11h06
Un peu comme la pipe de Marcel Duchamp : ceci n\'est pas un pic sacré mais une montagne scientifiquement démontrable, descriptible et Vianney Choy met les croyances à l\'index.
Un peu comme la pipe de Marcel Duchamp : ceci n'est pas un pic sacré mais une montagne scientifiquement démontrable, descriptible et Vianney Choy met les croyances à l'index.
Des bruits de moteurs émanant de soucoupes volantes entendus dans quelque anfractuosité de Bugarach ? La chose fait sourire Vianney Choy.  Cet ancien informaticien reconverti dans le commerce des minéraux, à Grenoble, sa ville natale (où il tient boutique), est un peu agacé par toutes les énormités qui se racontent sur le célèbre pic. Il connaît bien la région : ses parents avaient acheté une résidence secondaire en Haute-Vallée. Et la famille venait chaque année y passer ses vacances.
"Les géologues appellent ça le 'trou souffleur'. C'est un phénomène lié au milieu karstique. Vous avez une conduite ou cheminée verticale, et bien droite, à l'intérieur de laquelle passe le vent, qu'on entend. C'est tout". Quant aux "symboles extraterrestres" retrouvés au pied du pic de Bugarach, datant de "civilisations perdues et très évoluées", il ne s'agit que de "végétaux et de restes d'organismes vivants qui ont été pris dans des concrétions calcaires voici des milliers d'années". Concrétions que l'on retrouve le long de toute la chaîne pyrénéenne et dont plusieurs sont conservées à l'université Paul-Sabatier de Toulouse.
Vérités scientifiques...
"Je ne suis pas diplômé en géologie", prévient Vianney Choy, "mais je me passionne pour cette discipline depuis des décennies. Et les conférences que je donne sur le sujet, en tant que géologue amateur, se basent sur les travaux d'érudits, de géologues, à commencer par Léon Carez qui, dès 1882, a évoqué le phénomène anticlinal du Bugarach, ou montagne inversée". Or, que n'a-t-on entendu comme âneries spiritualo-mystiques sur "Bugarach montagne sacrée car inversée...".
Ce n'est qu'un anticlinal, à savoir "un pli dont le centre est occupé par les couches géologiques les plus anciennes. Et au Bugarach, la couche du crétacé, la plus jeune, est en dessous de la jurassique, plus ancienne". Rien d'original. Des telles montagnes, en France, se comptent par dizaines. Même au niveau de l'étymologie, Bugarach n'a rien à voir avec les lutins Bug et Arach : "Selon toute vraisemblance, Burga signifie 'place forte, pointe' et Ragi 'plein de rochers'".
... contre l'irrationnel
Vianney Choy explique tout cela dans ses conférences dont l'entrée est gratuite : "Mon but est de rendre accessible la géologie au grand public, d'exciter la curiosité intellectuelle chez les gens et notamment les enfants. Il me faut donc vulgariser le sujet au maximum. Et je le répète, tout ce que j'expose est établi à partir des travaux de géologues reconnus : Léon Carez mais aussi Charles Jacob, Marcel Casteras, Michel Bilotte. Dans mes conférences, la seule chose payante sont les minéraux que je vends à la sortie, si les spectateurs veulent en acheter". Il fait d'une pierre deux coups. Mais le premier est gratuit, pour "le plaisir de partager mes connaissances" et de lutter "contre ces gens qui se réfugient dans l'imaginaire, au lieu d'accepter les vérités scientifiques".

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