Steve Berry nous surprend agréablement avec L’Héritage Malone (Pocket 2017) en apportant un vrai plus au « polar dit ésotérique ». La clef de ce roman n’est pas, pour une fois, ces lourds secrets susceptibles de faire trembler l’Église Catholique, mais la bonne vieille constitution américaine. Le thème, un mystérieux Cercle d’Or, qui cherchait à bâtir une Amérique sudiste, fondée sur l’esclavage sur fond de « guerre de Sécession ». Cette organisation aurait amassé une fortune considérable, disséminée dans diverses planques, pour faire face aux besoins de l’insurrection projetée à l’époque. Sur ce thème historique vient se greffer une réflexion sur la Constitution américaine dont le moindre des défauts est de ne pas dissuader l’obstruction parlementaire ! Le Sénat a de larges pouvoirs de blocage et d’aucuns, et notamment le président de la Chambre des Représentants, voudraient mettre fin à cet obstacle en préparant une réforme constitutionnelle qui lui conférerait tous les pouvoirs. « Tordre » les textes existants tout en profitant de certains vides juridiques pourrait permettre de réaliser l’opération de façon tout à fait légale. Cotton Malone est sollicité par une de ses relations, président de la Cour Suprême et chancelier de la Smithsonian Institution, qui flaire dans les couloirs du Capitole une curieuse ambiance de complot. Malone d’un côté, Danny Daniels, ex Président des USA, d’un autre côté, vont se lancer dans une enquête qui ne manquera pas de nous surprendre. Daniels est en effet perturbé par le meurtre d’un de ses amis sénateur qui cherchait à s’opposer à la conjuration. Et de découvrir dans l’entourage des conspirateurs une équipe inquiétante qui cherche à mettre la main sur le trésor du « Cercle d’Or ». Malone est particulièrement motivé par cette mission car l’un de ses lointains aïeux faisait partie de ladite société secrète. La quête est d’autant plus passionnante qu’elle repose pour partie sur le décryptage de mystérieuses pierres, disséminées dans la nature pour que l’on ne perde pas la trace de la cache. Une recherche dangereuse, car une équipe de « guetteurs », affiliés au Cercle qui subsiste dans l’ombre, est prête à faire feu sur ceux qui se montreraient trop curieux.
Mais le véritable héros de ce thriller étonnant est la Smithsonian Institution dans les (nombreux) locaux de laquelle va se dérouler l’action. Rappelons, avec wikipedia, que La Smithsonian Institution est une organisation de recherche scientifique, créée sous l'égide de l'administration américaine en 1846. Elle a au fil des années développé ses vocations éditoriales, muséographiques, pédagogiques et éducatives. Elle est associée à un vaste complexe de vingt-et-un musées, vingt-et-une bibliothèques, quatorze centres de recherche et d'éducation, et un zoo, principalement situés à Washington, D.C., et gérée par son organisme fondateur, le gouvernement fédéral américain.
J’ai demandé à Natasha du Laboratoire Odésien de l’Impossible de me faire le point sur cette organisation occulte :
Les Chevaliers du Cercle d’Or (Knights
of the Golden Circle, KGC) étaient une véritable société secrète
américaine, fondée en 1854 et officiellement dissoute en 1916.
Steve Berry s’appuie donc sur un fait historique réel, mais il extrapole
leur influence et leur héritage pour les besoins du thriller.
🜂 1. Qui étaient les Chevaliers du Cercle d’Or ?
Une société secrète pro‑sudiste, expansionniste et sécessionniste, active avant et pendant la Guerre de Sécession.
Leur objectif :
Créer un immense empire esclavagiste appelé “Golden Circle”, englobant :
- le sud des États‑Unis,
- le Mexique,
- l’Amérique centrale,
- les Caraïbes.
Ils voulaient une Confédération pan‑esclavagiste, rivale des États‑Unis.
Activités réelles :
- infiltration politique,
- opérations paramilitaires,
- soutien clandestin à la Confédération,
- projets d’invasion du Mexique.
Ils ont réellement existé, mais leur puissance a été nettement moindre que ce que la fiction suggère.
🜁 2. Dissolution et survivances
Les sources historiques indiquent que l’organisation a été officiellement dissoute en 1916.
Après la guerre de Sécession, certains anciens membres ont continué des activités clandestines, notamment autour de :
- caches d’or confédéré,
- réseaux d’exilés sudistes,
- mythes de trésors enfouis.
C’est précisément ce mythe du trésor confédéré que Steve Berry exploite.
🜂 3. Ce que Steve Berry invente ou amplifie
Dans L’Héritage Malone, Berry reprend des éléments réels mais les fictionnalise fortement :
✔ Réel
- existence de la société secrète,
- idéologie sudiste,
- projets expansionnistes,
- rumeurs de trésors confédérés.
✘ Fiction / amplification
- leur survie jusqu’à aujourd’hui,
- leur influence politique contemporaine,
- leur rôle dans des conspirations modernes,
- les “pierres codées” et le système de caches sophistiquées.
Berry utilise la méthode Dan Brown : un noyau historique réel + une extrapolation romanesque spectaculaire.
🧭 4. Leur rôle dans le roman selon les sources
Les Chevaliers du Cercle d’Or sont décrits comme :
- une société secrète fondée en 1854,
- dissoute en 1916,
- liée à un trésor caché,
- au cœur d’une enquête contemporaine menée par Cotton Malone.
Berry s’appuie donc sur l’histoire réelle, mais en fait un levier narratif pour une intrigue moderne.
🧱 5. Synthèse
|
Élément |
Réalité historique |
Version Steve Berry |
|
Existence |
✔ Réelle |
✔ Conservée |
|
Dates |
1854–1916 |
✔ Identiques |
|
Objectifs |
Empire esclavagiste |
✔ Identiques |
|
Trésors confédérés |
Rumeurs persistantes |
✔ Amplifiées |
|
Influence moderne |
✘ Non prouvée |
✔ Fictionnelle |
|
Organisation actuelle |
✘ Disparue |
✔ Réinventée |
🎯 Conclusion
Les Chevaliers du Cercle d’Or sont réels, mais Steve Berry en fait une version romanesque, plus puissante, plus mystérieuse, plus durable que l’organisation historique.
Les illustrations sont de Samantha






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