Un véritable pavé (366 pages grand format) que Le Fil d’or, Paul Le Cour et le Hiéron du Val d’Or (Equinoxis 2025). Ce recueil, composé par Christian Doumergue, nous offre un nouveau regard sur cette société mystérieuse. Il s’ouvre sur une introduction bien documentée, nous faisant une solide synthèse sur le fondateur, le Baron Sarachaga, la création du Hiéron, sa reprise par Paul le Cour après le décès du géniteur, les hésitations quant à son avenir qui aboutiront à sa mutation en « société d’études atlantéennes » et au lancement de la revue Atlantis. Nous sommes dans le registre de « la science chrétienne » qui veut que l’empreinte du Christ remonte aux origines de l’humanité, la naissance de Jésus n’étant qu’une étape sur le chemin de la Parousie. On cherche à y concilier science et religion, en rejetant bien sûr le darwinisme et en s’adonnant à une archéologie empreinte d’un profond symbolisme. Ce (lourd) dossier introductif est complété par toute une série de planisphères confectionnés par le Baron montrant l’évolution de l’humanité depuis ses origines. La lecture de ces documents n’est pas chose aisée !
Mais le cœur du travail du compilateur est de nous proposer la transcription de la correspondance échangée entre 1923 et 1926, donc après la mort du fondateur, entre Jeanne Lépine-Authelin, qui fut la secrétaire de ce dernier, et Paul Le Cour. Des documents inédits, parfois incomplets, qui auraient été retrouvés par Christian Doumergue ( ?). On prend connaissance d’un dialogue baigné de mysticisme, avec entre les deux correspondants une sorte de jeu « au chat et à la souris ». Le Cour est persuadé qu’il y a derrière le Hiéron un groupe occulte d’initiés dont il aimerait bien percer (et partager) le secret. L’ex secrétaire l’encourage dans ses recherches, le félicitant pour la rapidité de ses progrès dans le domaine des Arcanes et laissant entendre qu’il est presque mûr pour passer au stade supérieur. Le décès de la vieille dame mettra un terme aux investigations de Paul Le Cour, lequel se focalisera alors sur l’Atlantide, berceau selon lui de l’évolution christique.
Un dossier « Doumergue » ne pouvait bien évidemment éviter de faire référence à Rennes-le-Château ! Mais où est le lien ? Le chercheur produira en conclusion une courte étude, provenant des archives de Jacques d’Arès, successeur de Le Cour à Atlantis, étude pour le moins troublante. Dans les « vrais-faux » documents exhibés par Pierre Plantard dans le cadre de la confection de L’Or de Rennes (de Sède) figure un collage du livre de Le Cour sur L’ère du Verseau ». Il s’agit des Dossiers Secrets d’Henri Lobineau dont l’extrait proposé évoque la mythologie grecque et la persistance, au travers des millénaires, de certains symboles, passés du paganisme au christianisme. Le nom du Hiéron du Val d’Or figure en haut du document et la signature n’est autre que « le Poulpe, Paray-le-Monial le 5 février 1926 ». Mystère !

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