Avec L’Ultime porte, les amis Giacometti et Ravenne (J.C. Lattès, 2026) signent un nouveau « Marcas » de qualité. La thématique qui soutient le roman est celle de « l’Architecture Sacrée », discipline des constructions de l’Impossible qui cherchent à canaliser les énergies telluriques et les faire rencontrer les forces célestes. D’où la conception des pyramides d’Égypte, du Temple de Salomon ou encore des cathédrales gothiques. Sans oublier, bien sûr, les nombreux gratte-ciels qui foisonnent dans nos capitales modernes. Cette jonction est supposée ouvrir les portes du Paradis ; mais toute erreur d’appréciation peut vous conduire aux entrées de l’enfer. Cette recherche du sublime sera menée par Napoléon et ses architectes, cherchant le lieu idéal pour construire un nouveau Paris, destiné à son fils tant attendu. Une démarche qui conduira à la déraison et à la mort plusieurs de ses Artisans. L’Empereur avait été marqué par sa campagne en Égypte, et l’un de ses accompagnateurs a mis la main sur un ouvrage mythique, rescapé de l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie. Il s’agit de La Porte, rédigé par Omphalos, qui ne serait autre que la recension, autour de la planète, des endroits où le Mal règne en maître absolu, et qu’il vaut mieux éviter. Une sorte de traité des Tours du Diable !
De nos jours, Marcas assiste, en enchérisseur anonyme, à une vente aux enchères suspecte, celle d’une sculpture rarissime représentant la déesse Ashérath, considérée pendant longtemps comme la parèdre de Yahvé. Le commissaire-priseur, ayant acquis cette pièce dans des conditions douteuses, sera arrêté et notre investigateur sympathisera avec une cliente malheureuse. Celle-ci était l’amie d’un architecte qui vient apparemment de se suicider en Italie et qui était un adepte passionné de l’Architecture Sacrée. Marcas l’accompagnera jusqu’à Venise pour tenter d’élucider les conditions cette mort. Dans les messages laissés par le défunt à son amie, on comprendra qu’il connaissait La Porte et qu’il était en relation avec une mystérieuse société secrète, l’Oculus. Cette dernière opère des manipulations mentales sur des cobayes possédés par le mal, officiellement pour extirper leur âme sombre. Leur siège, dans la Cité des Doges, est du reste situé sur un de ces points maudits. Je ne spolierai pas la chute, si ce n’est pour dire que Marcas, une fois de plus, a eu chaud !
Au total, un polar ésotérique solidement documenté, fortement imprégné d’un symbolisme maçonnique sur lequel plane l’ombre de Ereshkiga, la Reine des Enfers en Mésopotamie.
NOTES DU LABORATOIRE ODESIEN DE L’IMPOSSIBLE :
Ashéra est une grande déesse du Proche-Orient ancien, connue notamment par les textes d'Ougarit où elle apparaît comme l'épouse du dieu suprême El et la mère des dieux. Plusieurs découvertes archéologiques suggèrent qu'elle fut également honorée par certaines populations israélites avant l'affirmation du monothéisme biblique. Les rédacteurs de l'Ancien Testament condamnent fréquemment son culte et ordonnent la destruction des « Ashéras », objets sacrés qui lui étaient associés. Aujourd'hui, Ashéra constitue une figure essentielle pour comprendre les origines du judaïsme et l'évolution des croyances religieuses dans l'ancien Israël.
Pour l’étude de Jésus ou de l'histoire des croyances, Ashéra est particulièrement intéressante parce qu'elle rappelle que le monothéisme biblique ne s'est pas constitué d'un seul coup, mais au terme d'une longue évolution religieuse s'étendant sur plusieurs siècles.
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Ereshkigal est la souveraine du monde souterrain dans les mythologies sumérienne, akkadienne et babylonienne.
Son nom est généralement traduit par : "La Grande Dame de la Terre d'en bas" Elle règne sur le royaume des morts, appelé :
- Kur chez les Sumériens,
- Irkalla dans les traditions plus tardives.
Contrairement aux enfers chrétiens, ce monde souterrain n'est pas un lieu de punition morale. C'est la destination commune de tous les morts, qu'ils aient été vertueux ou non.
La sœur d'Inanna
Ereshkigal apparaît surtout dans un texte fondamental de la mythologie mésopotamienne : La Descente d'Inanna aux Enfers
L'histoire raconte comment sa sœur, la déesse céleste Inanna (Ishtar chez les Babyloniens), décide de descendre dans le royaume des morts. Pour y parvenir, elle doit franchir sept portes. À chaque porte, elle abandonne un attribut de son pouvoir :
- couronne,
- bijoux,
- sceptre,
- vêtements sacrés.
Arrivée nue devant Ereshkigal, elle est jugée, frappée de mort et suspendue à un crochet. Ce récit est souvent considéré comme l'un des plus anciens mythes initiatiques de l'humanité.
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À notre connaissance, il n'existe pas, dans les catalogues bibliographiques classiques ou les grandes bases universitaires, de traité célèbre intitulé : Omphalos – La Porte, traité sur l'Au-Delà qui aurait eu une influence reconnue comparable au Livre des Morts, au Bardo Thödol, au Corpus Hermeticum ou au Livre d'Hénoch.
L’Omphalos n’est du reste pas une personne, mais un objet sacré, un symbole fondamental des religions antiques : le nombril du monde. La question « Qui était‑ce ? » est pourtant légitime : dans l’imaginaire grec, l’Omphalos est traité comme une entité, presque une présence, mais historiquement c’est une pierre sacrée, un bétyle, investie d’un rôle cosmique.
Étude de Natasha et de Samantha





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