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vendredi 29 juillet 2011

LA GROTTE DE LA DISCORDE DANS LE PARISIEN

La grotte de la discorde

Claude Massonnet | Publié le 29.07.2011, 07h00
Sougraigne (Aude), hier. Dieudonné Roussette, le propriétaire du terrain, nous montre où se situerait le trésor de Rennes-le-Château, sur la colline dite du Pech d’En-Couty.

Sougraigne (Aude), hier. Dieudonné Roussette, le propriétaire du terrain, nous montre où se situerait le trésor de Rennes-le-Château, sur la colline dite du Pech d’En-Couty. | (TOPSUD/NELSON CHARLES.)

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Depuis dimanche, les gendarmes de la brigade de Couiza exercent une surveillance très discrète sur les alentours de la commune de Sougraigne, et particulièrement sur le pech d’En-Couty. Histoire de prévenir les rassemblements intempestifs de chercheurs de trésor. C’est là, dans cette superbe région rocailleuse, que trois écrivains chercheurs affirment avoir localisé l’entrée d’une grotte au trésor, celui des Wisigoths.
Explications.
Depuis trois ans, Michel Vallet, Didier Héricart de Thury et Franck Daffos ont mis en commun leurs connaissances historiques, dans le sillage du mystère de Rennes-le-Château, pour aboutir à une évidence : le fameux butin d’or et de pierres précieuses est caché non pas dans le village de l’abbé Saunière mais à douze kilomètres à vol d’oiseau. Ils ont même découvert, au sommet du pech d’En-Couty, l’entrée d’une cavité rocheuse qui pourrait, toujours selon eux, déboucher sur une grande salle au trésor. Seulement voilà, les chercheurs s’empoignent à propos de la découverte du trou. Didier Héricart de Thury et Franck Daffos ont sorti, le 12 juillet, un livre* qui donne quelques clefs sur le trésor wisigothique, sans le troisième larron, Michel Vallet, qui, fou de rage, dimanche dernier, a dévoilé sur le Net l’emplacement de la fameuse cavité rocheuse.

Le trésor des Wisigoths protégé par les templiers

« Nous nous étions fixé une obligation de discrétion sur cette découverte. Or Franck Daffos a régulièrement laissé fuir des informations sur les forums d’Internet. Il voulait surtout mettre la main sur le trésor, s’attribuer le mérite des travaux collectifs. Il a participé aux recherches mais son apport a été surtout technique », persifle Michel Vallet, retraité installé à Villeneuve-de-la-Raho. « Il voulait lui-même sortir un livre. Ses révélations sur Internet portent gravement préjudice au site. Elles peuvent être considérées comme une incitation au pillage archéologique. »
« Les autorités doivent très rapidement prendre des mesures pour protéger ce site », répond Franck Daffos, qui raconte avec passion l’existence d’une grande salle qui renfermerait les prises de guerre des Wisigoths derrière une issue murée par les Templiers au XIIIe siècle. « Selon les écritures, en pénétrant dans ce lieu mythique, on devrait relever les cadavres de trente hommes égorgés à l’épée pour sauvegarder le secret de l’emplacement de ce fabuleux trésor. » Pures spéculations. Pour le moment, aucun des chercheurs n’a exploré l’antre énigmatique.
« Je suis sceptique, rétorque le propriétaire du terrain, Dieudonné Roussette. En revanche, mon épouse, Paquita, elle y croit. Elle a tout lu de ce qui a été publié sur Rennes-le-Château. Elle dit que c’est bien le trésor wisigothique qui est enfoui sur notre domaine. »
Pour l’instant, en contrebas de la pente au trésor les chercheurs de trésor se font rares. Tout juste un piéton en chapeau de cuir et lunettes noires. « Depuis 1969, je viens ici chaque été. Je pensais faire fortune en trouvant le tombeau d’une déesse égyptienne. Mais j’ai renoncé », lance-t-il. A Rennes-le-Château, on reste placide. « Vous savez, des livres, il en est sorti cinq cents », répond entre ironie et philosophie le maire, Alexandre Painco, qui doit gérer 100000 visiteurs par an dans une ambiance de « Da Vinci Code » permanente. En attendant la nouvelle vague… wisigothique.
*« L’or de Rennes », aux éditions Arqa.
Le Parisien

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