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vendredi 29 juillet 2011

RENNES-LE-CHATEAU, CAPITALE MONDIALE DE TOUS LES MYSTERES

« C’est devenu la capitale mondiale des mystères »

PHILIPPE MARLIN libraire et éditeur à Rennes-le-Château

E.G. | Publié le 29.07.2011, 07h00
Rennes-Le-Château (Aude) mars 1981. Peu avant son élection, François Mitterrand a visité le village et son église (ici devant le bénitier).

Rennes-Le-Château (Aude) mars 1981. Peu avant son élection, François Mitterrand a visité le village et son église (ici devant le bénitier). | (ANDRE GALAUP.)

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Fasciné par le mythe de Rennes-le-Château depuis 1973, Philippe Marlin a installé, avec son fils Nicolas, trois librairies, les Ateliers Empreintes, et lancé sa maison d’édition l’Œil du Sphinx. L’homme en a vu passer, des chercheurs de trésor…

A quand remonte la folie du trésor de Rennes-le-Château ?
PHILIPPE MARLIN. Le tam-tam commence dans les années 1950.
Noël Corbu, nouveau propriétaire du domaine de l’abbé Saunière à Rennes-le-Château, ouvre un restaurant. Pour attirer la clientèle, il conte l’existence d’un trésor fabuleux. « La Dépêche du Midi » et « l’Indépendant » font leurs gros titres sur « le curé aux milliards ». En 1967, l’écrivain Gérard de Sède publie un livre, « l’Or de Rennes », et les chercheurs de trésor arrivent de toute la France avec pelles et pioches. On en voit même arpenter les rues du village avec des pendules et l’un d’eux creuse des trous avec de la dynamite. Excédé, le maire de l’époque interdit les fouilles. Et ce n’est que le début.

C’est-à-dire ?
A cette époque, deux personnages bizarres, Pierre Plantard et Philippe Cherisey, vont greffer sur la légende du trésor du village un secret d’ordre sacré. Avec des faux documents déposés à la Bibliothèque nationale, ils distillent une histoire d’énigme liée à Marie-Madeleine. En 1982, trois Anglais publient un best-seller international, « l’Enigme sacrée », avec cette thèse : Jésus a eu des enfants avec Marie-Madeleine et leur descendance, via les Mérovingiens, s’est installée dans le village. Le tout sur fond de parchemins à décrypter, d’église codée et de société secrète, le prieuré de Sion.

Voilà qui rappelle furieusement le « Da Vinci Code »…
Tout à fait. Les couches de fantasme s’amoncellent sur Rennes. Du coup, en plus des chercheurs de trésor, le village voit affluer des cars de touristes du monde entier, passionnés d’ésotérisme et de secrets cachés. Beaucoup d’Anglo-Saxons mais aussi des Japonais et même des Chinois. C’est devenu la capitale mondiale des mystères.

Il paraît que est venu visiter le village…
Oui, en 1981, avant son élection. Il était venu assister à la communion du fils d’un de ses amis. A l’issue d’un repas, le futur président est venu visiter le domaine du curé et l’église. Il ne faut rien y voir de plus.

Quelle est l’ambiance chez les chercheurs de trésor ?
Chez les amateurs et les amoureux du mythe, c’est plutôt paisible, il y a même un méchoui autour du 15 août. En revanche, pour les pros, ceux qui consacrent leur vie au trésor, c’est parfois violent et ils peuvent en venir aux mains. Chacun est persuadé d’être le seul à détenir la vérité. L’étripage actuel sur la découverte de la grotte ne m’étonne pas.
Le Parisien

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