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vendredi 22 juin 2012

L'AFFAIRE DE LA PORTE DE BRANDEBOURG A SEDAN

Publié le 22/06/2012 | 17:22

A Sedan, un monument allemand fait débat

Par JN  
Datant de 1915, ce monument est l'un des derniers du genre en France.
Datant de 1915, ce monument est l'un des derniers du genre en France.

La ville veut détruire un monument aux morts allemand datant de la Première Guerre mondiale.
Le cimetière Saint-Charles de Sedan abrite un bâtiment bien encombrant. Ce vieux monument aux morts allemands, datant de la Première Guerre mondiale et érigé en 1915, fait aujourd’hui débat entre la mairie et les historiens.
Extrêmement délabré au point d’en devenir dangereux, il pourrait être détruit par la municipalité qui juge sa rénovation trop coûteuse d'autant que la ville a d'autres dépenses à faire dans ce domaine. Une décision qui mécontente de nombreux historiens dont Sébastien Haguette, président de la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais.

Il a très vite alerté les spécialistes de la Grande Guerre qui ont, le 21 février dernier, adressé une lettre au maire de Sedan, Didier Herbillon. Elle est signée par une cinquantaine de personnes et demande la réhabilitation de ce bâtiment dont la destruction leur paraît « peu justifiable ». La lettre explique que l’ouvrage possède un intérêt pédagogique et qu’à l’approche du centenaire de la Première Guerre mondiale il serait inconcevable que les autorités françaises détruisent un patrimoine allemand.

Pour faire entendre leurs idées, des historiens ont organisé vendredi 22 juin un débat sur les enjeux du patrimoine. Mais si les Sedanais semblent favorables à la restauration du monument, beaucoup pensent que c’est à l’Allemagne de payer.  Problème, les autorités allemandes ne veulent pas non plus prendre en charge les coûts de rénovation de l’édifice car il ne contient plus de restes allemands. Ils ont été transférés dans un ossuaire à Noyers-Pont-Maugis.

Ce serait donc uniquement à la commune de Sedan de financer les travaux. Mais le maire n’en démord pas. Il ne financera pas la rénovation au-delà des 13 000 euros prévus pour la démolition. « Franchement, je ne connais personne autour de moi qui s’intéresse à ce monument », explique Didier Herbillon. Il doute également de la valeur patrimoniale de l’édifice, « construit comme une provocation » selon lui.

Il reste cependant un espoir pour Sébastien Haguette. « Des associations, notamment allemandes, sont intéressées par une souscription internationale et la Fondation du patrimoine suivrait ».Mais rénové ou détruit, le bâtiment restera un symbole du problème de la préservation du patrimoine.


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