Halpin Chalmers
(Personnage fictif – Univers du Mythe de Cthulhu)
I. Première apparition : “The Hounds of Tindalos” (1929)
Halpin
Chalmers est un occultiste et métaphysicien visionnaire, que l’auteur
présente à travers le témoignage d’un narrateur anonyme, probablement son ami
ou son secrétaire.
Il vit dans un appartement encombré de livres ésotériques, de fioles, de plans,
et de formules griffonnées sur les murs — un lieu que Lovecraft aurait sans
doute décrit comme une bibliothèque d’angles.
Son but déclaré :
“Percer les angles du temps pour atteindre la source de la conscience éternelle.”
Pour ce faire, Chalmers expérimente des drogues hallucinogènes et des techniques mentales inspirées des mystiques orientaux, mais orientées vers un domaine inédit : les géométries de la durée.
II. L’expérience interdite
À travers une combinaison de rituels, de substances, et de calculs ésotériques, Chalmers parvient à quitter le temps linéaire et à percevoir les “angles” du continuum — zones interdites où le présent, le passé et le futur se croisent.
C’est
là qu’il découvre l’existence des Chiens de Tindalos :
des entités immémoriales qui vivent dans les angles de l’univers, à la manière
de parasites temporels.
Elles chassent ceux qui osent s’aventurer dans leur domaine et, une fois
qu’elles ont perçu leur trace psychique, elles les poursuivent à travers le
temps et l’espace jusqu’à les dévorer.
Le
récit se clôt sur une scène d’horreur pure :
les Chiens pénètrent dans la chambre de Chalmers par les coins des murs — ces
zones où deux plans se rejoignent à un angle aigu —, et le déchirent hors du
réel.
Il ne reste de lui qu’une bouillie visqueuse, un souffle d’air vicié, et
quelques pages couvertes de symboles.
III. Profil ésotérique et influences
Chalmers représente une fusion entre :
- le savant hermétiste du XIXᵉ siècle (à la Eliphas Lévi ou Fludd),
- le théosophe décadent du début du XXᵉ,
- et le chercheur lovecraftien typique, pris entre savoir et abîme.
Il cite ou semble s’inspirer de plusieurs corpus :
- les Pnakotic Manuscripts,
- le Necronomicon d’Abdul Alhazred,
- et un texte imaginaire, De Causis Temporum, dont certains fragments seront évoqués dans les Bulletins Wilmarth.
Chez lui, l’étude du temps devient un acte magique : une alchimie mentale visant à dissoudre la conscience humaine dans la structure cosmique.
IV. Postérité et réinterprétations
Le personnage de Chalmers a connu plusieurs réapparitions et expansions :
- Dans la suite apocryphe “Gateway to Forever” (1984) — où Thomas Granville reprend, à sa manière, les expériences de Chalmers (cf. ta notice précédente).
- Dans “The Space-Eaters” (1928), autre texte de Long, Chalmers apparaît de manière oblique comme l’auteur d’un traité interdit sur les “entités extradimensionnelles”.
- Dans les mythographies ultérieures (Chaosium, Encyclopaedia Cthulhiana, Delta Green), il est devenu un penseur ésotérique majeur, parfois mentionné comme “the Western Alhazred” — le “prophète des angles”.
V. Symbolique
Chalmers
est l’incarnation de la science mystique poussée à l’excès, là où la
recherche de l’infini devient une faute métaphysique.
Son destin illustre la thèse centrale du Mythe :
“La connaissance n’est pas un bien, mais une force corrosive.”
Là où Lovecraft s’arrête devant la porte de la folie, Chalmers la franchit délibérément.
Citation apocryphe attribuée à Chalmers
(Fragment des Papiers Wilmarth, Vol. II)
“Les lignes droites sont des mensonges, les courbes sont des illusions ; seuls les angles connaissent la vérité du temps.”


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