samedi 27 décembre 2025

LE SORCIER RICHARD BILLINGTON

  


 

Richard Billington

Sorcier colonial et point d’inflexion de la lignée Billington

 

1. Statut et datation probable

Nom : Richard Billington
Période supposée : fin XVIIᵉ – début XVIIIᵉ siècle
Origine : branche ancienne de la famille Billington (Nouvelle-Angleterre)
Statut : colon rural marginal, accusé de pratiques occultes
Catégorie : sorcier empirique pré-doctrinal

Richard Billington est généralement présenté comme un parent éloigné des premiers Billington du Mayflower, appartenant à une génération où la dissidence religieuse se mue en pratiques actives.

2. Richard Billington et la sorcellerie coloniale

Contrairement aux figures ultérieures (Alijah, Ambrose), Richard Billington :

  • cherche,
  • nomme,
  • expérimente.

Il s’inscrit dans un contexte où :

  • les grimoires circulent encore sous le manteau,
  • les traditions européennes se mêlent à des savoirs indigènes fragmentaires,
  • la frontière entre hérésie, magie populaire et sorcellerie est poreuse.

Les sources (souvent hostiles) l’accusent de :

  • consultations nocturnes,
  • usage de cercles tracés à même la terre,
  • invocation de forces non chrétiennes sans médiation démonologique classique.

3. Une sorcellerie sans théologie

Point essentiel :
Richard Billington n’est pas un sataniste au sens puritain.

Sa sorcellerie se caractérise par :

  • l’absence de pacte diabolique formel,
  • l’indifférence aux cadres théologiques,
  • une approche fonctionnelle des forces invoquées.

Il ne prie pas.
Il essaie.

Cette posture le rapproche davantage des sorciers empiriques que des hérétiques doctrinaux.

4. Échec et bascule de la lignée

Les récits convergent sur un point :
les pratiques de Richard Billington échouent partiellement.

On évoque :

  • des effets incontrôlés,
  • une peur croissante dans l’entourage,
  • une mise à l’écart progressive,
  • parfois une disparition ou une mort non documentée.

C’est à partir de lui que la lignée opère une mutation fondamentale :

on cesse de chercher à comprendre
pour se contenter de maintenir.

5. Héritage paradoxal

Richard Billington est vraisemblablement le dernier Billington à avoir voulu savoir.

Après lui :

  • les pratiques se figent,
  • les gestes se transmettent sans explication,
  • la sorcellerie devient survivance.

Alijah, Ambrose et leurs descendants héritent :

  • non de ses textes (perdus ou détruits),
  • mais de la peur de recommencer.

6. Lecture critique (Wilmarth)

Richard Billington a compris trop tôt ce que sa lignée ne pouvait pas porter longtemps.

Il incarne :

  • la phase dangereuse de l’expérimentation,
  • celle qui attire l’attention,
  • celle qui appelle la répression.

Sa disparition marque le passage d’une sorcellerie active à une sorcellerie passive, bien plus durable.

7. Fonction mythique

Dans l’économie du Mythe, Richard Billington joue le rôle de :

  • point de rupture,
  • avertissement interne à la lignée,
  • raison silencieuse de l’effacement ultérieur.

Il est le souvenir que personne ne raconte plus,
mais dont les conséquences structurent tout le reste.

 

 


 

Conclusion

Richard Billington a voulu nommer ce qui agissait.
Ses descendants ont compris qu’il ne fallait plus jamais le faire.

C’est pourquoi la ferme s’est tue,
les gestes se sont figés,
et la lignée a survécu
là où tant d’autres se sont consumées.

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