Richard Billington
Sorcier colonial et point d’inflexion de la lignée Billington
1. Statut et datation probable
Nom
: Richard Billington
Période supposée : fin XVIIᵉ – début XVIIIᵉ siècle
Origine : branche ancienne de la famille Billington
(Nouvelle-Angleterre)
Statut : colon rural marginal, accusé de pratiques occultes
Catégorie : sorcier empirique pré-doctrinal
Richard Billington est généralement présenté comme un parent éloigné des premiers Billington du Mayflower, appartenant à une génération où la dissidence religieuse se mue en pratiques actives.
2. Richard Billington et la sorcellerie coloniale
Contrairement aux figures ultérieures (Alijah, Ambrose), Richard Billington :
- cherche,
- nomme,
- expérimente.
Il s’inscrit dans un contexte où :
- les grimoires circulent encore sous le manteau,
- les traditions européennes se mêlent à des savoirs indigènes fragmentaires,
- la frontière entre hérésie, magie populaire et sorcellerie est poreuse.
Les sources (souvent hostiles) l’accusent de :
- consultations nocturnes,
- usage de cercles tracés à même la terre,
- invocation de forces non chrétiennes sans médiation démonologique classique.
3. Une sorcellerie sans théologie
Point
essentiel :
Richard Billington n’est pas un sataniste au sens puritain.
Sa sorcellerie se caractérise par :
- l’absence de pacte diabolique formel,
- l’indifférence aux cadres théologiques,
- une approche fonctionnelle des forces invoquées.
Il
ne prie pas.
Il essaie.
Cette posture le rapproche davantage des sorciers empiriques que des hérétiques doctrinaux.
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4. Échec et bascule de la lignée
Les
récits convergent sur un point :
les pratiques de Richard Billington échouent partiellement.
On évoque :
- des effets incontrôlés,
- une peur croissante dans l’entourage,
- une mise à l’écart progressive,
- parfois une disparition ou une mort non documentée.
C’est à partir de lui que la lignée opère une mutation fondamentale :
on
cesse de chercher à comprendre
pour se contenter de maintenir.
5. Héritage paradoxal
Richard Billington est vraisemblablement le dernier Billington à avoir voulu savoir.
Après lui :
- les pratiques se figent,
- les gestes se transmettent sans explication,
- la sorcellerie devient survivance.
Alijah, Ambrose et leurs descendants héritent :
- non de ses textes (perdus ou détruits),
- mais de la peur de recommencer.
6. Lecture critique (Wilmarth)
Richard Billington a compris trop tôt ce que sa lignée ne pouvait pas porter longtemps.
Il incarne :
- la phase dangereuse de l’expérimentation,
- celle qui attire l’attention,
- celle qui appelle la répression.
Sa disparition marque le passage d’une sorcellerie active à une sorcellerie passive, bien plus durable.
7. Fonction mythique
Dans l’économie du Mythe, Richard Billington joue le rôle de :
- point de rupture,
- avertissement interne à la lignée,
- raison silencieuse de l’effacement ultérieur.
Il
est le souvenir que personne ne raconte plus,
mais dont les conséquences structurent tout le reste.
Conclusion
Richard
Billington a voulu nommer ce qui agissait.
Ses descendants ont compris qu’il ne fallait plus jamais le faire.
C’est
pourquoi la ferme s’est tue,
les gestes se sont figés,
et la lignée a survécu
là où tant d’autres se sont consumées.


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