dimanche 19 juillet 2026

LES CHRONIQUES D'EL'BIB : L’AUBERGE, "les journaux de l’étrange", Emilie Douessin

  


L’équipe des prolongateurs de l’œuvre de Lovecraft ne cesse de d’enrichir, pour notre plus grand plaisir. L’Auberge, les journaux de l’étrange, Emilie Douessin (auto-édition 2026, illustrations de l’auteur), fait partie de ces belles surprises qui montrent, s’il en était besoin, que l’esprit du Maître de Providence s’adapte facilement aux thématiques les plus variées. Une jeune journaliste, Alice, découvre sur Reddit une étrange histoire, se déroulant dans un gîte perdu dans la forêt de Bernack, l’Auberge de Pont Callec, dans le Morbihan. Bruits étranges la nuit, clients qui disparaissent, traces de griffes dans les chambres et pour couronner le tout, un propriétaire qu’on ne voit jamais, même si la maison est bien entretenue et les repas assurés. Elle arrive à convaincre, difficilement, son ami Bob, qu’il y a quelque chose d’anormal et qu’elle aimerait aller enquêter sur place pour faire un papier. Bob est un ancien policier, reconverti en détective privé et doté d’un esprit très rationnel. Nos deux comparses trouveront difficilement le gîte, les habitants de Bernak se montrant peu loquaces. Les clefs des chambres et le repas sont posés sur la table de la salle à manger, avec un petit mot d’excuse du propriétaire pour son absence. Ils seront réveillés au milieu de la nuit par une impression d’étouffement, puis par des bruits qui semblent provenir d’une bête sauvage. Un bruit assourdissant les interpelle, venant d’une chambre inoccupée qui a été entièrement saccagée alors qu’ils remarquent la présence d’une voiture inconnue sur le parking Ils descendent dans la pièce principale, vide, pendant que la créature s’agite au-dessus d’eux. Ils pénètrent dans une bibliothèque, attenante au séjour, et Alice remarque un rayonnage de livres occultes, dont un vieux manuscrit, écrit en arabe, et qui semble relié en peau humaine. Et partout, dans la maison, gravés sur les murs, les portes et les tiroirs, un étrange symbole occulte. C’est le repaire d’une secte, pense Alice ! La créature, au-dessus d’eux, s’agite et commence à descendre les marches. Nos deux investigateurs barricadent les portes et se réfugient dans un petit bureau attenant, manifestement celui du propriétaire. Il ne bouge pas, et sa calotte crânienne a été ouverte, il n’a plus de cerveau mais des fils sortent de sa tête.

 


 

Je ne spoilerai pas la suite, mais Alice et Bob arriveront à s’enfuir Ils contacteront la police et auront du mal à convaincre les autorités, les photos prises par Alice sur son téléphone portable étant toutes ratées. Ils retourneront sur les lieux pour découvrir une auberge en ruines, mangée par le temps.

Un petit livre qui se lit d’une traite ! Je regrette seulement de n’avoir pas appris à quelle lignée de Grands Anciens appartenait la créature ! Mais attendons un nouvel opus de ces « Journaux de l’Étrange ». 

 

(Inspi Celui qui chuchotait dans les Ténèbres, 1930)

 


 

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