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dimanche 28 octobre 2012

CROIRE A L'APOCALYPSE ?

publié le 28/10/2012 à 04:00

L’Apocalypse pour ceux qui veulent y croire

Selon le calendrier maya, la fin du monde aura lieu le 21 décembre prochain. Les scientifiques et les météorologues, eux, restent dubitatifs. Enquête sur un phénomène irrationnel.


En France, le pic de Bugarach est assailli par les personnes convaincues que l’Apocalypse aura lieu  le 21 décembre 2012. Le maire de Bugarach, Jean-Pierre Delord, essaye tant bien que mal de gérer la situation. Photo AFP
En France, le pic de Bugarach est assailli par les personnes convaincues que l’Apocalypse aura lieu le 21 décembre 2012. Le maire de Bugarach, Jean-Pierre Delord, essaye tant bien que mal de gérer la situation. Photo AFP

Les millénaristes s’en étaient déjà donnés à cœur joie lorsque l’humanité avait basculé dans le XXI e siècle. Mais une fois le réveillon franchi sans autres dégâts que la gueule de bois, il avait bien fallu trouver autre chose.
Passé le flop de l’épidémie de grippe aviaire, les Mayas sont arrivés à point nommé. Selon leur calendrier, le monde actuel s’achèvera le 21 décembre 2012.
Ce qui se passera ce jour-là ? Les astronomes mayas n’en ont rien dit, laissant libre cours onze siècles après leur disparition à l’imagination débridée des scénaristes et aux fantasmes.
Peine perdue pour ceux qui croient lire dans leur bulletin météo les signes annonciateurs du cataclysme final : il n’y a pas plus de tempêtes ou de tornades en ce début de XXI e siècle qu’autrefois (lire ci-dessous)…
Et l’anéantissement final ne devrait pas plus venir de l’Espace.

Beaucoup de questions

En la matière, tout est certes affaire de statistiques mais « la probabilité pour qu’un corps céleste de plus d’un kilomètre de diamètre heurte la Terre est très faible, de l’ordre de un tous les cent millions d’années » résume François Colas, astronome à l’Observatoire de Paris.
La dernière fois, c’était il y a 65 millions d’années : une météorite de plusieurs kilomètres de diamètre s’était écrasée dans le Yucatan, creusant le Golfe du Mexique.
Mais en décembre prochain, aucun objet de grande taille connu – et ils le sont dans leur très grande majorité – ne croisera dans les parages.
D’autres théories évoquent aussi une mystérieuse planète invisible nommée Nibiru, une inversion du champ magnétique terrestre, ou encore l’alignement des principales planètes du système solaire.
Ce dernier argument amuse beaucoup François Colas : « La force d’attraction de Jupiter est inférieure à celle d’une personne qui se tiendrait à un mètre de vous » relativise-t-il.
Pour les grandes marées, il faudra donc se contenter de l’attraction lunaire, comme d’habitude…
Restent évidemment les séismes, les tempêtes, les accidents nucléaires, les épidémies… On n’est pourtant plus là dans le registre du cataclysme global, mais dans celui de la catastrophe ordinaire.
Moins grandiose ? Sans doute, mais le soufflé apocalyptique du 21 décembre serait déjà en train de retomber : « Les gens nous ont posé beaucoup de questions, mais plus on se rapproche de la date fatidique, moins on m’en parle » conclut François Colas.
Comme quoi on peut craindre la fin du monde, et aussi avoir peur du ridicule.
J.-M. LAHIRE.

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