Les épigones ont toujours la forme, et celui qui se cache derrière le pseudo de Charles Dexter Ward nous offre un récit sympathique, Greyharbor, Lovecraft savait (auto-édition 2026). Un livre construit un peu à la façon « livre dont vous êtes le héros », mais qui se parcourt de façon linéaire. Il s’agit d’un pastiche assumé du Cauchemar d’Innsmouth, avec quelques belles innovations qui rendent le récit prenant. On y suit les investigations de Elise Morrow, une enquêtrice spécialisée dans les « affaires anormales ». Elle cherche à comprendre ce qu’il s’est passé à Greyharbor, un petit port du Maine, mystérieusement abandonné. Les indices (notes, presse locale, photos…) l’amèneront rapidement à la conclusion que ses habitants avaient conclu un pacte avec une redoutable entité marine, leur assurant une prospérité paisible pendant cent ans, période à l’issue de laquelle ils devraient rejoindre la créature au fond de l’océan. L’enquête est truffée de pièges et Elise aura de plus en plus de difficultés à s’enfuir, le monstre exerçant sur elle une irrésistible attraction. Je ne spolierai pas la chute, qui fait intervenir un autre enquêteur qui tombera aussi dans le piège du Profond.
Ce petit livre -avis personnel- aurait été encore plus agréable s’il avait été monté autour d’une série de documents qui sont légion dans le récit (journaux intimes, comptes-rendus du conseil municipal, prêches du pasteur, symboles ésotériques…). Un peu à la Dracula !
En tout état de cause, un jeune auteur à suivre.


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