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dimanche 22 janvier 2012

LES VAMPIRES ARDENNAIS


Sanglant à souhait


Publié le dimanche 22 janvier 2012 à 11H00 - Vu 5 fois

L'UNION / L'ARDENNAIS 


Il est LE spécialiste du mythe des morts vivants suceurs de sang. Jean Marigny, professeur de littérature vient de publier Vampires. Une somme de 192 pages qui revient sur le mythe de ses origines à la vampirmania qui sévit depuis une décennie dans tous les arts.
Ainsi, contrairement à l'idée reçue, la légende d'êtres revenus d'entre les morts pour sucer le sang des vivants n'est pas née en Europe de l'Est. Si on trouve plusieurs traces de ce récit dès l'Antiquité égyptienne, gréco-romaine ou amérindienne…, le mythe semble bel et bien avoir pris corps en Europe occidentale.
Combattu en tant que superstition à la Renaissance, il ne survit qu'en Europe de l'Est. Une histoire épique, marquée par un temps fort : sa résurgence en pleine vague néogothico-romantique du XIXe siècle avec la publication de Dracula de Bram Stoker en 1897.
Cette synthèse historique n'est qu'un prélude à une étude très détaillée sur la manière dont les différents arts se sont approprié l'image du Vampire. Peinture, BD, littérature mais aussi cinéma et séries TV… l'auteur y analyse l'évolution du personnage dans un texte richement illustré.
Démoniaque et pervers dans sa conception originelle, le Dracula interprété par Christopher Lee dans le film éponyme de Terence Fisher se veut plus séducteur que dangereux. Une rupture.
Aujourd'hui, les écrivains, cinéastes (notamment avec les films Twilight), scénaristes de la série True Blood ou Vampires diaries le dépeignent comme un être quasiment inoffensif pour les humains parmi lesquels il peut vivre. Se passant de sang humain, il peut même se montrer au jour sans être réduit en cendres. Des personnages attachants frappés d'une malédiction dont ils ne peuvent que souffrir, presque victimes de leur condition.
Un retournement qui connaît des limites. Bizarrement, le cinéma et la littérature des dernières décennies quand ils évoquent une version plus gore et violente du vampirisme, ne mettent en scène aucunement des vampires adultes mais des enfants. De petits monstres qui remettent en lumière l'horreur originelle associée à l'image du vampire. Très plaisant à lire, cet ouvrage donne également envie de se plonger dans les différentes œuvres vampiriques citées.
Manessa Terrien
Jean Marigny, « Vampires », éditions La Martinière, 198 pages, 40 euros.

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