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dimanche 22 avril 2012

DRACULA A LA HUCHETTE, LA PRESSE EN PARLE

 

 

L'avis des médias

Jacques Nerson du Nouvel Observateur
Ce soir le Comte Dracula qui a quitté les Carpates pour s'établir en Angleterre devait donner une conférence sur sa vie et son oeuvre. Las ! Quoique plus immortel à lui seul que 40 académiciens réunis, l'amateur de globules rouges s'est fait porté pâle au dernier moment. Deux vamipres auxiliaires vont donc essayer de le remplacer.
Ail ! Ail ! Ail ! Dirigés par Nathalie Juvet, Bernard Gabay et Adriano Sinivia font un numéro de clowns fort réjouissant. On se paye une bonne pinte de bon sang.


Evelyne Trân du Monde (Le Monde.fr)
Il faut quand même le dire, Dracula a vu le jour ou la nuit à une époque où les écrivains pouvaient laisser libre cours à leur imagination de façon artisanale en compulsant leurs grimoires, leur environnement et en voyageant aussi beaucoup. Parfois les auteurs sont supplantés par les personnages qu’ils ont imaginés, de sorte que l’on se souvient bien davantage de Dracula que de son géniteur un certain Bram Stoker contemporain d’un individu très louche qui défraya la chronique à Londres, un certain Jack l’éventreur. Dracula vampirisa à ses débuts, le cinéma puisqu’il contraint le cinéaste MURNAU, en 1922 à raconter son histoire sulfureuse dans NOSFERATU. Son esprit délétère ou maléfique inspira également Roman Polanski dans le Bal des vampires et Werner Herzog dans des films époustouflants.
Il manquait cependant à DRACULA une incarnation de visu, celle que nous offre de façon instantanée une représentation théâtrale. Pour convaincre de  son existence un public de plus en plus large, Dracula a guidé la plume de deux auteurs sud-africains très  humoristiques Alan Committie et Gaétan Schmid et nous devons à  Nathalie  JUVET l’adaptation théâtrale de cette pièce qui se joue actuellement au théâtre de la Huchette en  pleine campagne électorale.
De la même façon que Dieu préfère laisser parler ses disciples à sa place, Dracula qui fait davantage référence au diable, ne se présente que par l’intermédiaire de ses valets qui déploient tous leurs efforts pour apologiser leur maître. Le résultat est catastrophique. En effet, nous croyions Dracula capable de terroriser les spectateurs, en les faisant hurler de frayeur. Hélas, ses deux domestiques ne réussissent qu’à  nous faire sangloter de rire. Il s’avère que l’un est analphabète et n’est capable que de mimer quelques bribes de son histoire, quand à l’autre qui voudrait revêtir l’aspect de Dracula lui-même, s’emmêle les pinceaux. Nous étions venus pour écouter une conférence sur le vampirisme, mais les vampires que nous avons devant nous sont anémiés, ils ne tiennent pas debout et nous les soupçonnons de faire diversion au milieu du public pendant que Dracula invisible mais bien présent serait en train de guetter sa future proie. Oui ces vampires, Adriano Sinivia et Bernard Gahey sont des imposteurs, des créatures malfaisantes et pitoyables qui ne disposent plus que d’accessoires obsolètes, crucifix, gousses d’ails, ou manche à balai et boite à musique,  oubliant entre leurs mains tout leur pouvoir horrifique.
Très souvent les maîtres ont de mauvais serviteurs, Dracula n’échappe pas à la règle. Ces deux zigottos réussissent quand même à nous mettre l’eau à la bouche en nous racontant l’aventure de la belle fiancée du notaire, victime de Dracula et nous avons droit à un sursaut d’angoisse lorsqu’ils choisissent parmi le public une jeune femme pour la représenter.
Hormis cet épisode, ces deux imbéciles qui ne savent pas lire, s’évertuent avec moult fanfaronnades à incarner quelques personnages du roman de Dracula, faisant davantage appel à l’imagination du public qu’à leur talent. Des pitres, des clowns, des baudruches, des monstres dégonflés, et peut être des âmes damnées que Dracula nous a envoyées dans l’espoir de titiller notre curiosité, sans nous asperger d’eau bénite. Nous avons compris qu’il se cachait derrière ses pâles acolytes, lesquels avant de devenir vampires étaient des humains.
Ce n’est pas tout à fait une espèce en voie de disparition. Des suceurs de sang  qui ont le toupet de se déclarer comme tels, il n’y a pas de meilleure façon de les étudier que d’assister à leur exhibition au Théâtre de la Huchette. Il y a un risque celui de se faire vampiriser à son tour, mais c’est pour la bonne cause, C’est le rôle des spectateurs de donner le change, ne serait-ce que pour délier le vrai du faux. Erudits et naïfs à vos marques, Dracula est de retour !
A défaut de grincer des dents, vous vous tordrez de rire et en cette époque de crise de foi, ça fait un bien fou !


Les coups de cœur de Myrtha de Politis
Deux excellents comédiens-clowns qui nous racontent l'histoire du vampirisme au 21ème siècle, sous forme d'une conférence loufoque. Spectacle intelligent à l'humour déjanté. Peur et frissons assurés. A ne pas manquer ! 

MM de Froggy's Delight (www.froggydelight.com)
Qui mieux que le comte Dracula en personne pourrait assurer une conférence sur l’état du vampirisme au 21ème siècle ? Encore faut-il que le plus célèbre des vampires soit au rendez-vous. Mais si celui-ci a pris la poudre d'escampette, qu'à cela ne tienne, ses deux valets-assistants mimétiques, visage blanc, oeil ténébreux et lèvres rouges, prendront le relais au pied levé en substituant à la conférence, et avec les moyens du bord, le récit de l'histoire de leur maître pour ne pas décevoir le public.

Tel est l'argument retenu par Alan Committie et Gaétan Schmid, deux comédiens, respectivement sud-africain et belge, formés à l'art du clown et du stand up, pour se boutiquer, à partir du roman de référence sur Dracula écrit à la fin du 19ème siècle par l'irlandais Bram Stoker, un one man show bicéphale avec une hilarante partition parodique tout simplement intitulée "Dracula, mon histoire".

Nathalie Juvet en assure l'adaptation et la mise en scène sous les auspices ludiques du Grand Guignol et sous une forme courte basée sur le duo de clowns, avec cet humour total qui va du comique de geste au cartoon qui rappellera aux cinéphiles l'humour pratiqué par Mel Brooks notamment dans son film "Frankenstein junior" qui ressortit au même registre.
Sur scène, pour composer une réussie hybridation entre certains codes du cinéma muet et l'interactivité du numéro de cabaret, le spectacle est assuré par un excellent duo de comédiens qui a plus d'une corde à son arc et qui fonctionne bien tant dans la générosité comique que dans la complémentarité de personnages.
Volant enfin a vedette à leur vampire de maître, le tendre pas terrible Ivan (Adriano Sinivia) et le prétentieux pas si magnifique Igor (Bernard Gabay) s'en donnent à coeur pour faire les cabotins et dispenser, par la voie du bénéfique rire spontané, un divertissement jubilatoire à inscrire résolument à l'arsenal de la gélothérapie.


Amelie Terranera de Toute La Culture (www.toutelaculture.com)
A y regarder de plus près (éloignez tout miroir capable de les offenser), les vampires trustent indéniablement l’actualité culturelle : la comédie musicale de Kamel Ouali, Dracula, l’amour plus fort que la mort part en tournée, la série The Vampire Diaries investit les chaînes françaises et la saga littéraire et cinématographique Twilight de Stephenie Meyer a rencontré le succès que l’on sait. Toutefois, c’est dans la petite salle du Théâtre de la Huchette, aux faux airs de crypte, que la lecture du mythe de Dracula se révèle actuellement la plus drôle. A l’aide d’une galerie de portraits d’outre-tombe et d’un humour anglo-saxon singulier, la « Trrransylvanie » s’invite au coeur du quartier latin.
Accueil blafard et musical de deux vampires. Étonnamment, lorsque l’un d’entre eux joue la mélodie d’ « Un jour mon prince viendra », le mythe du suceur de sang effrayant,  féroce  et érotique s’effondre. Il ne saurait s’agir du seigneur incontesté des catacombes, le comte Dracula, mais de ses deux assistants. Pour palier à l’absence de leur maître et maintenir coûte que coûte la conférence sur l’état du vampirisme au 21ème siècle, que ce dernier devait assurer, les deux subalternes se lancent dans un concours d’improvisations. Rassurez-vous, Dracula mon histoire… n’a rien du séminaire qui vous plonge dans un sommeil de mort, il s’agit plutôt d’une pièce de cabaret aussi tordante que mordante.
 Délire comique et sensuel
Les deux comédiens annoncent la couleur : ils égrènent, durant une heure, un chapelet  de comique burlesque, d’effets spéciaux gaguesques et autres numéros de mimes. Ces vampires assistants qui auraient voulu être acteurs tireront à boulets rouges (sang) sur leur concurrent. Un véritable duel de comédie s’instaure entre les deux personnages : qui aura l’honneur d’incarner le rôle de Dracula, l’icône absolu ?
Ce duo comique décalé, formé par Adriano Sinivia, que vous pouvez voir actuellement à l’affiche de Cloclo de Florent Emilio Siri et Bernard Gabay, qui prête sa voix à des acteurs tels que Daniel Day Lewis, Javier Bardem ou encore au personnage de Carlos dans la série à succès Desperate Housewives, vous fera oublier que vous étiez venu pour voir une nouvelle incarnation du grand et unique Dracula.
 « Ce qui a guidé mon désir de mettre en scène cette pièce, c’est précisément que les auteurs de Dracula… mon Histoire, ont abordé ce mythe dans une forme élaborée au cours d’improvisations, lui donnant une qualité de construction rythmique d’une efficacité rare. », Nathalie Juvet, la metteur en scène
Si les deux acteurs usent et abusent du travestissement et du comique de répétition, l’adaptation française par Nathalie Juvet de Dracula mon histoire… d’Alan Committie et Gaetan Schmid se joue habilement des évènements contemporains qui auraient amusé les vampires ancestraux à l’instar des « Chrétiens fous du Théâtre de la ville et du Théâtre du Rond-Point », allusion explicite aux débordements entourant les représentations de Gólgota picnic et de Romeo Castellucci.
Aucune levée de boucliers à prévoir à l’encontre d’un Adriano Sinivia aussi malléable que clownesque et un Bernard Gabay au charme anglais irrésistible. La contribution du public sera le point culminant de la connivence entre le duo moliéresque et les spectateurs du Théâtre de la Huchette. Pas effrayés pour deux gousses d’ail, ces derniers auront plaisir à redécouvrir l’œuvre de Bram Stoker.
Le mythe de Dracula n’a pas fini d’inspirer et c’est bien notre veine !


A.A du Canard Enchaîné
Un peu pâlichons après cent soixante-dix ans au service de leur maître, Igor et Ivan sont restés trés jeunes d'aspect. Les voici qui rejouent tous les personnages du trés célèbre et trés romantique «Dracula» de Bram Stoker : Jonathan Harker, le jeune notaire, Mina, sa fiancée disparue, le docteur Van Helsing, métaphysicien a jambe de bois, une Gitane, et, bien sûr, Dracula lui-même. On est ici entre le burlesque a la Polanski («Le bal des vampires») et l'humour sombre des films anglais de la Hammer («Dracula, prince des ténèbres»). Même traité drolatiquement, le mythe reste fascinant. Autant la comédie musicale «Dracula», chorégraphiée par Kamel Ouali, dans sa grandiloquence sirupeuse, trahit l'esprit sulfureux du héros gothique, autant cette réjouissante conférence régénère, sans esbroufe, le vampirisme. Enfin du sang neuf !

Dimitri Denorme de Pariscope
Remisez au placard gousses d’ail et autres crucifix… Les deux vampires qui ont élu domicile au Théâtre de la Huchette n’ont rien d’effrayant. Le seul risque que vous courez à les fréquenter est celui de passer un bon moment ! Sur scène, Igor et
Ivan, les deux assistants de Dracula, vous attendent. Cent cinquante ans déjà qu’ils sont au service du célébrissime comte!
Mais les temps changeant, ils s’occupent désormais d’organiser des conférences sur l’état du vampirisme au XXIe siècle.
L’arrivée de Dracula est imminente…
Mais ne frémissez pas trop vite : par un malheureux concours de circonstances, il ne pourra honorer ce rendez-vous. Plutôt
que de nous voir repartir bredouilles, ses deux joyeux assistants décident alors de profiter de la tribune qui leur est offerte pour nous raconter une des aventures de leur maître avec Jonathan Harker et la délicieuse Mina. A eux deux donc, le soin de jouer tous les rôles. Et croyez-moi, vous allez rire! A la base du spectacle il y a le texte d’Alan Committie et Gaétan Schmid tiré de l’oeuvre de Bram Stoker. Bien plus qu’une pièce de théâtre, c’est un esprit cabaret qui est ici célébré. On joue de la proximité avec le public et on semble reprendre les codes de l’improvisation. C’est drôle, joyeux, alerte et enlevé. Igor et Ivan n’ont rien de vampires, ce sont plutôt de vrais clowns. Sous le maquillage et les costumes, le duo que forment Adriano Sinivia et Bernard Gabay est impayable. Les deux comédiens à l’enthousiasme communicatif ne ménagent pas leurs efforts pour nous faire rire. Il faut les voir se titiller : ils sont tordants et on en redemande tant
le temps file vite en leur compagnie !
Nathalie Juvet, qui a assuré la mise en scène, a particulièrement veillé au rythme de ce spectacle que l’on vous recommande bien sûr à « sang pour sang ».

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