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mardi 9 août 2011

SAUNIERE, SECOND COUTEAU ?

Le mardi 9 août 2011 à 06h00 par Estelle Devic

| Mis à jour à 09h24



Rennes-le-Château



Rennes-le-Château : et si l'abbé Saunière n'avait jamais rien su ?

Des historiens affirment que l\'abbé Saunières de Rennes-le-Château n\'a jamais trouvé le fameux château. D\'autres pistes émergent.
Des historiens affirment que l'abbé Saunières de Rennes-le-Château n'a jamais trouvé le fameux château. D'autres pistes émergent. © Studio Guillaume

Au début des années 90, les chercheurs de trésor le détestaient car sa démonstration, limpide tuait le mythe actuel de Rennes-le-Château. Alors que la légende populaire née dans la fin des années 50 (lire ci-dessous) selon laquelle l'abbé Saunière avait découvert un magot formidable alimente toutes sorte de fantasmes et nourrit le tourisme local, Jean-Jacques Bedu s'est effectivement attaché à démontrer l'origine très cartésienne de la fortune éphémère de l'abbé de Rennes-le-Château. Aujourd'hui d'ailleurs, les principaux chercheurs ne renient pas ces travaux et considèrent Saunière comme un 'pion' .

1. Le trafic de messes
Ce dernier s'est, en fait, enrichi en vendant un nombre considérable de messes, une pratique courante à l'époque dont il avait fait une véritable industrie. L'auteur de 'Rennes-le-Château, autopsie d'un mythe' dispose d'archives de l'abbé Saunière qui ne laissent aucune place au doute. Le célèbre curé tenait effectivement très précisément les comptes non seulement de ces fonds 'secrets' mais aussi de toutes les lettres de sollicitations qu'il envoyait dans les congrégations religieuses du monde entier pour proposer ses services. Il sollicitait également de nombreux dons et publiait des annonces dans les revues religieuses de la France entière pour vendre ses messes. Un business qui fonctionnait tellement bien qu'il s'est même vite retrouvé débordé et incapable de dire toutes les messes pour lesquelles il avait été payé. "Il pouvait en recevoir jusqu'à 400 par jour alors qu'il ne pouvait légalement en dire que trois par jour" explique Jean-Jacques Bedu. Chaque messe coûtant entre 50 centimes et 1,5 franc, l'abbé Saunière s'est petit à petit retrouvé à la tête d'une somme d'argent rondelette qui lui a permis de financer les travaux de rénovation de l'église et la construction de la villa Béthanie.

2. Les travaux et la découverte d'un tombeau
La légende affirme que le curé aurait découvert une partie du trésor dans un tombeau sous l'église de Rennes lors des travaux. Là encore, elle serait née sur le seul témoignage d'un certain Antoine Verdier qui affirmait avoir été chassé de l'église par Saunière alors que ce dernier venait d'enlever le maître-autel. Mais Jean-Jacques Bedu, toujours soucieux de s'en tenir aux seuls faits, démontre que c'est faux. "Verdier est né en 1887 et les travaux commençaient à peine !". On voit mal comment le bébé qu'il était alors aurait pu travailler avec l'abbé aux travaux de l'église ! Toujours est-il que Saunière a certainement trouvé dans un balustre une fiole contenant l'emplacement d'un tombeau. Il aurait alors commencé des fouilles, notamment dans le cimetière, à la recherche de cette crypte. Le 21 septembre 1891, il écrit dans son journal où il consignait tout : 'Lettre de Granes, découverte d'un tombeau, le soir pluie'. Huit jours plus tard il consigne : 'Chez Gélis. Chez Carrière. Vu Cros et secret'. Cros était le vicaire général de Carcassonne. Certains voudraient croire que Saunière lui a alors raconté son secret. Mais la réalité est plus terre à terre selon Jean-Jacques Bedu. "Quand Saunière écrit secret, c'est en fait l'abréviation de secrétaire. Ce jour-là, il a donc vu ce fameux Cros et son secrétaire !".

Quant aux symboles qui seraient glissés dans le décorum de l'église, Jean-Jacques Bedu n'y croit pas non plus. "Prenons l'exemple du pavement noir et blanc censé être lié à la franc-maçonnerie. Du temps de Saunière, il était seulement blanc, il a été refait dans les années 60". Saunière n'était donc pour rien dans le choix de ces couleurs… Pour le reste du décorum, rien de bien mystérieux non plus, "Tous les éléments ont été commandés sur catalogue par Saunière" continue Jean-Jacques Bedu qui explique le côté surprenant de l'ensemble par le goût bling-bling du curé. "C'est la décoration d'un parvenu qui voulait en mettre plein la vue".

3. Les ennuis financiers
En faisant construire la villa Béthanie, l'abbé Saunière affirmait vouloir "édifier un havre de paix pour les prêtres âgés du diocèse". N'empêche. Voyant arriver la loi de séparation de l'église et de l'État (1905), il prend le soin de mettre tous les papiers au nom de sa bonne Marie Dénarnaud. En 1908, Mgr Billard, nouvel évêque, semble décidé à faire le ménage. Il exige de voir les factures et les livres de comptes de l'abbé. Les papiers de la villa étant au nom de Marie Dénarnaud, l'abbé Saunière est accusé d'avoir dépensé les deniers de l'église au profit d'un tiers. L'évêque n'apprécie pas non plus le trafic de messes et un procès est ordonné contre le curé de Rennes. Il le perd et est nommé à Coustouge où il n'ira finalement jamais officier. "C'est là qu'arrivent les problèmes financiers. J'ai retrouvé de nombreuses lettres de relance de la part des artisans qui avaient effectué des travaux et n'avaient pas été payés". Lorsqu'il meurt en 1917, l'abbé Saunière est ruiné. Marie Dénarnaud hérite des biens… et des factures ! C'est alors que quelques années plus tard, le mythe de Rennes-le-Château va naître…

1 commentaire:

Jérôme a dit…

Ou comment réécrire l'histoire en reprenant J.J. Bedu sans la moindre vérification:
Annonces passées qui ne l'ont jamais été par Saunière mais par des tiers.
Allongement de 7 ans de la vie de Mgr Billard.
Inversion chronologique du procès et de la nomination à Coustouges.

En voila une qui a de l'avenir dans la profession.