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mercredi 30 novembre 2011

BRUNO MAIORANA ET NOTRE VIEIL ONCLE DRACULA

SudOuest.fr
mercredi 30 novembre
 
SUD OUEST
 
 
06h00 | Mis à jour 09h12
Par Bertrand Ruiz
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Angoulême

Angoulême : Bruno Maïorana renoue avec le mythe du vampire en BD

Le dessinateur angoumoisin signe, avec Ayroles et Leprévost, le second volet de « D ».

 Bruno Maïorana avec le premier tome de « D ». Le second sort aujourd'hui.  PHOTO B. R.

Bruno Maïorana avec le premier tome de « D ». Le second sort aujourd'hui. PHOTO B. R.

Très attendu par les bédéphiles, le second volume de « D » sort en librairie aujourd'hui. D comme Dracula. Après avoir conté les aventures de la grenouille Garulfo (lire ci-contre), le trio constitué de Bruno Maïorana (dessin), Alain Ayroles (scénario) et Thierry Leprévost (couleurs) s'est en effet attaqué au mythe du vampire, par son versant le plus pertinent.
Sorti en janvier 2009, le premier volet installait l'intrigue dans la toute puissante Angleterre victorienne, à la manière du Dracula de Bram Stoker. Tout sauf un hasard. « C'est l'époque de la révolution industrielle, avec l'émergence du capitalisme, une forme de vampirisme moderne et mondial, où les puissants se nourrissent du travail des plus pauvres pour s'enrichir. L'Angleterre victorienne assume cette posture, sans aucune hypocrisie… Et avec Alain, on a voulu retranscrire la violence incroyable d'une société coincée, élégante d'apparence mais terriblement belliqueuse », raconte Bruno Maïorana.
Pourtant, « D » n'est ni une fable philosophique, ni un conte moral. La série reste avant tout une incroyable et trépidante aventure dans les pas du rugueux explorateur cartésien Richard Drake, lancé aux trousses d'un séduisant vampire dandy, Lord Faureston, pour les beaux yeux de Miss Catherine Lacombe.
Et puis, au fil du second volume, l'intrigue s'épaissit. Les personnages aussi. Certains se révèlent, d'autres font irruption avec fracas. Une mystérieuse Lady d'Angerès, sorte de Milady ténébreuse, affûte ses crocs. Et Richard Drake révèle sa part d'ombre. Du travail d'orfèvre signé Alain Ayroles, magnifiquement illustré par la patte nerveuse, précise, extrêmement documentée de Bruno Maïorana.
Caution vampirique
« Quand on a commencé à imaginer l'histoire, sur trois tomes, avec Alain en chef d'orchestre, on a aussi imaginé la dernière case du dernier tome. Jusque dans le texte de la bulle… Et le but, c'est de monter en puissance pour arriver sur la dernière révélation dans l'ultime case. On s'égare donc très peu en vérité », poursuit le dessinateur.
« Caution vampirique » du projet pour avoir bu la littérature et la production cinématographique sur le sujet, Maïorana rend grâce à l'intrigue mitonnée par son alter ego scénariste rencontré, en 1986, au concours d'entrée des Beaux-Arts d'Angoulême.
« Alain a réussi à insuffler un rythme qui me fait penser à la série « Les Soprano » : l'action paraît lente et, pourtant, on reste accroché au scénario parce que le rythme nous prend. Le surnaturel n'est pas omniprésent. Mais quand il apparaît, il n'en prend que plus de force. »
Brillante, référencée bien au-delà des classiques du genre, la série « D » a accroché son public dès le premier tome. Vingt mille exemplaires écoulés en six mois. Ce qui n'empêche pas son dessinateur d'être « mort de trouille » à l'heure de la sortie du second acte.
« Ça fait une semaine que j'observe l'album dans tous les sens », raconte le perfectionniste Maïorana : « Je sais que je suis assez infernal là-dessus. Je refais plusieurs fois chaque dessin, jusqu'à ce que je sois content. Et Alain est pareil. Chaque détail a été très réfléchi. »
Il faudra donc deux nouvelles et longues années à Bruno Maïorana pour achever le troisième tome et tourner définitivement la page des vampires. Pour aller où ? Le dessinateur confesse une faiblesse pour le « steampunk » (1) et avoue avoir « du mal à dessiner » l'après-1900. « Remarquez, avant Garulfo, je ne savais pas dessiner les animaux et le Moyen Âge ne me disait rien. Les univers m'intéressent à condition qu'il y ait une histoire qui me donne envie. Et ça, Alain sait faire. Il me connaît bien et je lui fais confiance à 100 %. »
(2) Genre littéraire de science-fiction, où les innovations technologiques marchent toutes à la vapeur.
Angoulême · Charente

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